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L’Académie française en panne

Pourquoi les écrivains la boudent

D 1er mars 2008     A par Viktor Kirtov - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Philippe Sollers : « C’était il y a sept ans. Pierre Rosenberg, l’ancien conservateur du Louvre alors récemment élu, m’a invité à déjeuner avec Hélène Carrère d’Encausse. Elle avait l’air très pressée, m’a dit penser à moi depuis toujours. Mais pourquoi aurais-je cédé à cette comédie sociale ? Pour me retrouver dans un groupe qui ne compte pas d’écrivains notoires ?

[...]

Aucun des écrivains que j’admire n’est à l’Académie, affirme Sollers, qui ajoute aussitôt : mais y a-t-ïl encore de grands écrivains ? [...] L’Académie n’est plus une promotion que pour ceux qui n’ont pas fait d’oeuvre, continue Philippe Sollers. Elle est réservée aux médiocres, à ceux qui ne laisseront pas de traces durables. »

Un candidat régulièrement cité, Patrick Besson, ne piaffe pas, non plus, à la porte : « Le seul avantage serait d’être soigné au Val-de-Grâce. », commente-t-il, perfide.

Et que dire du vaisseau amiral de la francophonie, le dictionnaire en ligne de l’Académie. Un monument à découvrir... dans la catégorie « Chefs d’oeuvres en péril ». Polytechnicien, marins, philosophe... parmi les "modernes" n’ayant pas relevé le défi [1], le temps est peut-être venu d’élire un "esprit informaticien"
 [2].

Crédit : Bibliobs.com


A propos du dictionnaire

Fondée en 1634, par Richelieu, l’Académie française publia la première édition du dictionnaire(*) en 1694, les suivantes en 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878, 1932-1935. La neuvième édition, dont la publication a débuté en 1992, est en cours. Wikipedia va un peu plus vite...

(*) Vaugelas, Corneille, Bossuet y travaillèrent sans tous en voir l’issue. La mission que se donnèrent les premiers académiciens : « se préoccuper de la pureté de la langue et la rendre capable de la plus haute éloquence. » Langue devenue celle que l’on pratique dans les banlieues et au Salon de l’Agriculture, le dernier salon où l’on cause.
Messieurs les académiciens, réveillez-vous, redevenez mortels, sous la pression du temps : « nôt’ lang’ fôut le camp ! »

J’ai fait un rêve...
Un dictionnaire de français en ligne
Convivial, actuel et ancien, complet et gratuit
Là, maintenant
J’en ai besoin.
—oOo—

[1Ni Valéry Giscard d’Estaing, cerveau que l’on dit bien structuré, ni Eric Orsenna dont la force d’enthousiasme et d’entraînement sont restées sans effet. Ni Jean-François Deniau avant que ses forces ne lui échappent. Ni Michel Serres, ce familier des universités américaines, l’homme qui déclare pourtant que la révolution de l’information actuelle est du même ordre de grandeur que celle qui a fait passer l’homme du paléolithique au néolihique, de chasseur-cueilleur à agriculteur avec l’apparition des premiers outils pour travailler la terre. Les outils pour travailler la langue, l’information sont maintenant là.
"Labourage et pâturage" les deux anciennes mamelles de la France. Rien à changer à la formule sauf le champ d’application. Passer du champ de culture au champ de la culture et de la langue.

[2le ci-devant Dendien Jacques est sur liste noire
"Conception et réalisation informatiques (du dictionnaire en ligne) :
Jacques Dendien"... (c’est écrit dessus)

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3 Messages

  • anonyme | 3 mars 2008 - 13:13 1

    Je comprends votre point de vue, le mien est autre : pour avoir, pas comme chercheur mais comme étudiant, transporté en bibliothèque - devant parfois attendre qu’un autre en ait fini avec tel volume - les immenses, pesants et nombreux tomes de ce fabuleux dictionnaire qu’est le TLF, entreprise philologique monumentale, presque allemande, et qui est à ma connaissance le dictionnaire général du français le plus fiable et le plus rigoureux, quand le Robert a largement atteint sa limite, --- je trouve que sa version en ligne est un miracle d’ergonomie, de rapidité, de légèreté et de gratuité... Le design est un peu militaire, et rien n’est moins publicitaire que ce site-là, mais enfin, il y a bien une fenêtre toute simple qui permet, comme Google, la plus facile des recherches...


  • V.K. | 2 mars 2008 - 23:03 2

    Connais la puissance du moteur qui est derrière le dictionnaire. Reste que l’interface homme-machine ne vaut pas un Kopek.
    _ - qu’un petit clan de chercheurs y trouve son bonheur, soit.
    _ - que la multitude francophone y trouve un outil utilisable, à l’état de l’art et convivial, hélas non !

    C’est très français de développer des spécificités « à la française » dans tous les domaines. Qui se souvient encore du format français de télévision NB 618 lignes ?, Du format français SECAM de la télévision en couleur de Mr de France. Oui, c’était son nom. Puis, nous avons eu le Minitel et le Concorde.
    _ Toujours novateur, toujours mieux que « les autres » mais, chaque fois, a été sous-estimée une chose importante qui conduit ces réalisations au placard.

    (Sans parler des nombreux projets réalisés avec subvention d’Etat ou fonds européens dont la renommée n’a pas dépassée le cercle des intervenants. Sans parler des moutons à 5 pattes qui ont vu le jour, à grand frais, émanation de comités de pilotage pléthoriques émettant des demandes en tout genre et contradictoires. Un mètre et demi de spécifications techniques pour l’Informatique de la Bibliothèque nationale de France.)
    _
    _ Ce que je reproche à ATILF, c’est de ne pas avoir eu la sagesse et la modestie - va souvent de pair -, de dire à l’Académie : « Nous avons un excellent moteur de recherche, mais nous ne sommes pas des ergonomes et VOUS DEVEZ faire appel à une société dont c’est la spécialité, dès lors que vous voulez vous donner une vitrine sur Internet, (par nature au niveau mondial et qui engage l’image de l’Institution). »

    Alors que je suis convaincu que l’effort financier pour doter le dictionnaire d’une interface convivilale, à l’état de l’art, est modeste voire dérisoire, eu égard aux budgets des Institutions ou ministères qui devraient se sentir solidaires de ce projet. L’Académie, Le Ministère de la Culture, les fonds de soutien à la francophonie du Ministère des Affaires Etrangères. L’Education nationale qui n’en finit pas de s’interroger sur ce que sont « les fondamentaux » en matière d’éducation. La langue, le dictionnaire en font partie, non ? Le CNRS et sa myriade d’antennes ( je suis toujours étonné, presque chaque jour sur France Inter ou Europe, d’entendre un spécialiste « Directeur de recherche au CNRS » commenter l’actualité sociétale du jour. Je croyais que CNRS signifiait « Centre National de la Recherche Scientifique ». . Quelques sociologues, oui, une armée...? Combien de divisions sur les énergies renouvelables ? ...Je propose de remplacer un sociologue par un ergonome. Non, ce serait une initiative erronée.)

    Il est temps de sortir le dictionnaire de son cocon de recherche pour mieux valoriser son "moteur de recherche".

    D’autres aspects ont été traités dans mon commentaire à l’article « L’Académie en panne » sur le site du Nouvel Observateur ici.

    —ooo—


  • D. | 2 mars 2008 - 19:48 3

    J’espère quand même que vous connaissez l’admirable TLF, le Trésor de la Langue Française, qui est en ligne ici ?