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Didier Decoin raconte Etty Hillesum. A écouter !

75e anniversaire de la libération d’Auschwitz

D 15 février 2020     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


La Lettre de Didier Decoin à Etty Hillesum


Etty Hillesum est morte à 29 ans à Auschwitz. DR

Dans un style simple et lumineux, la jeune juive Etty Hillesum, morte à 29 ans dans le camp de concentration d’Auschwitz, a laissé derrière elle des écrits infiniment profonds.

En ce 75ème anniversaire da la libération du camp de la mort, encore tout proche, Didier Decoin rend hommage à Etty Hillesum dans une lettre qu’il lui adresse, un texte inédit qu’il nous lit sur le plateau de l’émission Boomerang (France Inter), invité d’Augustin Tapenard le 10 février 2020.

Une lecture audio que nous avons aimée :

Programmation musicale
AYO - Rosie Blue

Nota : La spiritualité de Didier Decoin qui croît en Dieu, exprimée en début d’émission doit aussi trouver un écho dans celle de Etty Hillesum, au-delà de son altruisme en faveur des Juifs en partance pour les camps de concentration, avant de faire elle-même partie d’un convoi de la mort.

Le Journal d’Etty Hillesum

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De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de vingt-sept ans tient un journal. Le résultat : un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui émane. Une foi indéfectible en l’homme alors qu’il accomplit ses plus noirs méfaits. Car si ces années de guerre voient l’extermination des Juifs en Europe, elles sont pour Etty des années de développement personnel et de libération spirituelle. Celle qui note, en 1942, " Je sais déjà tout. Et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. A chaque instant. ", trouve sa morale propre et la justification de son existence dans l’affirmation d’un altruisme absolu. Parti le 7 septembre 1943 du camp de transit de Westerbork, d’où elle envoie d’admirables lettres à ses amis d’Amsterdam, Etty Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre de la même année.

Préface de Didier Decoin, de l’académie Goncourt

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« Tant souffrir et tant aimer » selon
Etty Hillesum

par Marie-Hélène du Parc Locmaria

« ....un de ces livres qui vous réveillent au cœur de votre nuit, qui vous secouent, vous décillent, vous soulèvent... La leçon la plus éblouissante qu’Etty Hillesum nous donne, et que Marie-Hélène du Parc Locmaria nous restitue avec autant de simplicité que d’acuité, est l’exigence qu’elle s’impose de ne pas haïr ses persécuteurs – non, jamais la haine, jamais, en aucun cas ! C’est cela, Etty, telle que nous la confie, telle que nous l’offre le beau livre de Marie-Hélène du Parc Locmaria : une femme qui accroche des mots d’amour et de joie aux épines des barbelés. Marie-Hélène du Parc Locmaria a écrit l’histoire d’une âme – ce qui nous renvoie au titre de l’autobiographie de Thérèse de Lisieux, dont d’une certaine façon Etty n’est pas si loin. »

Didier Decoin

2014. Centenaire de la naissance de Etty Hillesum avec la participation de Didier Decoin

jeudi 23 janvier 2014

Didier Decoin était l’un des invités de la série d’émissions « A vue d’esprit » sur Espace 2 (Suisse) proposée par Gabrielle Desarzens du 27 au 31 janvier 2014. Son titre : « Etty Hillesum, la liberté retrouvée ».

Dans le journal qu’elle a tenu de 1941 à 1943, Etty Hillesum s’est dite incapable de relier le ciel et la terre. « Or c’est ce qu’elle a parfaitement réussi à faire, s’exclame à Paris l’écrivain et scénariste Didier Decoin1. Elle l’a fait en mettant de la transcendance dans la boue, dans tout ce qui est répugnant à nos yeux. C’est cette façon de verticaliser le monde qui est rare et qui me fascine chez elle. »
L’auteur français ajoute avoir toujours préféré la poutre verticale de la croix à celle horizontale : « Il faut lever la tête ! » Et de mentionner la manie d’Etty de tomber à genoux très souvent, même si elle trouvait au départ cette attitude anormale pour l’être humain. « Mais plus tard c’était devenu presque automatique chez elle, parce qu’elle disait que cela lui permettait de lever la tête vers Dieu. »
Pour l’auteur français, la jeune femme est une « fille des Béatitudes », qui ose dire qu’elle souffre mais qu’elle est bienheureuse : « Non pas parce qu’elle souffre, mais parce qu’il y a autre chose que la souffrance qui existe et qui est la splendeur, la fulgurance de la vie. »

Spirale de restrictions et persécutions

Née en 1914 aux Pays-Bas, Etty Hillesum commence à tenir son journal sous l’influence de son thérapeute, ami et amant Julius Spier. Elle y relate la spirale des restrictions des droits et des persécutions qui amènent en masse les juifs néerlandais vers les camps de transit, puis vers la mort en déportation. Confrontée à l’épreuve nazie, elle découvre ce qu’elle appelle Dieu : non pas une croyance oubliée ou un concept théologique, mais une réalité intérieure qui l’emplit de joie.

Fragile et insatisfaite au début de son itinéraire, elle entreprend en fait une démarche d’introspection qui lui fait dire notamment qu’il y a en elle un puits très profond : « Et dans ce puits, il y a Dieu. Parfois, je parviens à l’atteindre. Mais le plus souvent, des pierres et des gravats obstruent ce puits et Dieu est enseveli. Alors il faut le mettre au jour. » Au fil de ses écrits, elle rend compte de son cheminement spirituel qui la rapproche du don absolu de soi, tout en gardant un formidable amour de la vie.

« Il y a plus que l’espoir »

Ni juive pratiquante, ni chrétienne confessante, Etty Hillesum échappe à tout dogme et à toute institution. Pour Didier Decoin, l’actualité de son message est ainsi double. La première est, selon lui, qu’il n’y a pas forcément un système religieux « plus vrai » qu’un autre ; « et dans notre époque de formidable intolérance interreligieuse, c’est intéressant ! » La deuxième « qui devrait résonner dans notre temps qui est douloureux », c’est de dire que même dans la souffrance, il y a plus que l’espoir : il y a déjà la joie, et la joie que l’on peut trouver dans l’ici et le maintenant. « Etty a confirmé une chose à laquelle je crois, c’est la surpuissance de la joie, déclare Didier Decoin. J’ai toujours pensé que si Dieu était celui qu’il prétend être, que si la Résurrection était vraie et que si la promesse de la vie éternelle était solide, cela ne pouvait pas être quelque chose de triste. Sa relation à Dieu ne pouvait en aucun cas être un machin sinistre où on pleure et où on ’fait la gueule’ ! Etty est venue conforter cela. »

Gabrielle Desarzens
Cédit : La Free info

Etty Hillesum, la liberté retrouvée (3/5) avec Didier Decoin

L’émission du 29 janvier 2014


Si vous disposez d’un peu de temps, ne manquez pas d’écouter cette émission. Vous y découvrirez une évocation d’Etty Hillesum attachante par un Didier Decoin passionné, jubilatoire et authentique. Quelque chose de précieux, rare et inspirant. Vraiment à écouter !

Crédit : Play RTS.ch


GIF Auschwitz : 75e anniversaire de la libération du camp de la mort

AFP


Auschwitz : 75e anniversaire de la libération du camp de la mort © AFP/Archives / Pablo GONZALEZ
ZOOM : cliquer l’image

Des survivants de l’Holocauste se sont rassemblés lundi 27 janvier 2020 sur le site d’Auschwitz pour marquer les 75 ans de la libération par les troupes soviétiques de ce camp de la mort où l’Allemagne nazie a tué plus de 1,1 million de personnes, principalement des Juifs.
Le président polonais Andrzej Duda, a prononcé un discours lundi à Auschwitz, lors des cérémonies en l’honneur des six millions de Juifs européens tués dans l’Holocauste, en présence des têtes couronnées, des chefs d’Etat et de gouvernement de près de soixante pays, dont le Premier ministre français Edouard Philippe. Mais en l’absence des leaders des grandes puissances.

[…]

Les Alliés savaient, dès 1942 Pour certains, les cauchemars du camp restent vivaces malgré les décennies écoulées.

Les soldats allemands "n’avaient qu’à vous pointer du doigt pour vous envoyer dans une chambre à gaz", se rappelle Bronislawa Horowitz-Karakulska,88ans, Juive polonaise survivante d’Auschwitz, où elle a été emprisonnée à12ans avec sa mère.

"Quiconque avait l’air faible, maigre, osseux, était sélectionné pour la mort", raconte l’octogénaire. Elle a survécu grâce à sa mère qui a soudoyé les gardes avec un diamant qu’elle avait fait entrer clandestinement dans le camp.

"C’était plein de soldats allemands, de chiens qui aboyaient —des bergers allemands—, d’agitation, de peur, de cris, Auschwitz était une grande horreur", insiste-t-elle.

Si le monde a appris toute l’étendue des horreurs seulement après l’entrée de l’Armée rouge dans le camp le27janvier 1945, les Alliés disposaient bien avant d’informations détaillées sur le génocide des Juifs.

En décembre 1942, le gouvernement polonais en exil à Londres a transmis aux Alliés un document intitulé "L’extermination massive des Juifs dans la Pologne occupée par l’Allemagne".

Ce document, accueilli avec méfiance, comprenait des comptes rendus détaillés sur l’Holocauste dont les membres de la résistance polonaise avaient été témoins.

Les résistants polonais Jan Karski et Witold Pilecki ont risqué leur vie lors d’opérations distinctes pour infiltrer puis s’échapper des camps de la mort nazis et des ghettos juifs en Pologne occupée, y compris Auschwitz.

"Solution finale"Considérés comme exagérés ou faisant partie de la propagande de guerre polonaise, "nombre de ces rapports n’ont simplement pas été crus" par les Alliés, a expliqué à l’AFP le professeur Norman Davies, historien britannique d’Oxford.

Malgré les "fortes demandes" de la résistance polonaise et juive pour que Londres et Washington bombardent les voies ferrées menant à Auschwitz et d’autres camps de la mort, "l’attitude des militaires consistait à se concentrer sur des cibles militaires et non sur des questions civiles", a déclaré M. Davies.

"L’une des cibles que l’armée (britannique) a bombardées était une usine de carburant synthétique près d’Auschwitz" en 1943-44, a-t-il ajouté.

Bien que les avions de guerre britanniques aient survolé le camp de la mort, aucun ordre de bombardement n’a été donné.

Le professeur Dariusz Stola, historien polonais et expert de l’histoire des Juifs polonais, se fait l’écho de ces remarques.

"Les chefs militaires n’aimaient pas que les politiciens civils se mêlent de leurs affaires", a-t-il indiqué à l’AFP.

Pour les dirigeants militaires alliés, bombarder Auschwitz ou ses lignes de ravitaillement "ressemblait à une opération humanitaire et ils n’en voulaient pas", a ajouté l’ancien directeur du Musée Polin de l’histoire des Juifs polonais, à Varsovie.

Le plus grand et le plus meurtrier de tous les camps nazis de concentration et de mort, Auschwitz-Birkenau est le seul à avoir été préservé. Il a été abandonné par les Allemands fuyant l’Armée rouge qui avançait.

Créé et géré par les nazis allemands de1940 à 1945, Auschwitz faisait partie d’un vaste réseau de camps à travers l’Europe, mis en place dans le cadre de la "Solution finale" d’Adolf Hitler, en vue du génocide d’environ dix millions de Juifs européens.

Sous l’occupation allemande entre1939et 1945, 90% des 3,3 millions de citoyens juifs d’avant-guerre en Pologne ont été tués.

Publié le 25/01/2020 Varsovie (AFP)- © 2020 AFP

Crédit : lepoint.fr

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1 Messages

  • Viktor Kirtov | 17 février 2020 - 11:23 1

    Dans le prolongement de l’évocation d’Etty Hillesum par Didier Decoin, voici un entretien d’Auugustin Trapenard dans l’émission Boomerang de ce jour 17 féfrier 2020. Il recevait le philosophe historien de l’art, écrivain, Georges Didi-Huberman, lequel sonde les silences, la fragilité et la puissance des images. Dans "Eparses", son nouveau livre, il pose son regard sur des archives méconnues du ghetto de Varsovie. Images miraculeusement exhumées des ruines.


    Georges Didi-Huberman en 2008 © Getty / Leonardo Cendamo

    Depuis toujours, il interroge les images, la mémoire, l’indicible et l’invisible.
    Dans Eparses, il nous invite à regarder l’histoire du ghetto de Varsovie autrement, par le prisme de textes et d’images, qui constituent les traces d’un désir de survie face au désastre.
    On parle de ruine, de la Syrie, de larmes, d’imagination, de dissémination, d’images avec Georges Didi-Huberman.