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Poutine... pour toujours ?

D 4 novembre 2015     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

France 2, après une série de trois documentaires consacrés à "l’Apocalypse Staline", riche d’archives inédites mais peu dialectique, programmait mardi soir un film de Jean-Michel Carré : Poutine... pour toujours ?. Jean-Michel Carré avait déjà réalisé en 2007, Le système Poutine. A un moment où Poutine s’impose comme un acteur encombrant de la politique internationale qui fascine l’extrême-droite et de nombreux dirigeants de la droite française (après Fillon, Sarkozy), il n’est pas inutile de revoir ces deux documentaires.

Le système Poutine

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Poutine pour toujours

Quatorze ans, bon sang ! Quatorze ans qu’il dirige la Russie d’une main de fer, et Poutine, tel un tsar sur son trône impérial, semble déterminé à présider son pays pour toujours. Cette perspective révolte une partie de la population qui hurle désormais sa colère et sa soif de changement dans la rue, au risque de prendre des coups. Car Poutine réprime comme jamais — la libération des Pussy Riot et de l’oligarque Khodorkovski n’étant bien entendu que des concessions faite à l’Occident pour échapper au boycott des Jeux de Sotchi.

Fort de ses victoires sur la scène internationale, le chef du Kremlin ne joue plus à l’apprenti démocrate. Il se pose aujourd’hui clairement en chef absolu d’une Russie regorgeant de gaz et de pétrole, et en gardien de valeurs morales (hautement conservatrices, cela va de soi) qui auraient déserté l’Occident dépravé...

Jean-Michel Carré reprend donc Poutine là où il l’avait laissé, en 2007, dans le passionnant Système Poutine. Quelques mois plus tard, en 2008, contraint de raccrocher son costume de président (la constitution ne tolère que deux mandats consécutifs), Poutine fomente un coup diabolique : il fait élire sa marionnette Dmitri Medvedev, qui le nomme Premier ministre. Entremêlant témoignages — d’historiens, d’opposants et de soutiens à Poutine — et archives de qualité, puisées jusque dans les émissions de variétés, Poutine pour toujours ? révèle la vraie nature du chef du Kremlin. Et esquisse son grand dessein, la constitution d’une sorte d’Union soviétique, l’Eurasie... — Marc Belpois


Sept ans après Le Système Poutine, Jean-Michel Carré, dresse un nouveau portrait du président russe, intitulé Poutine pour toujours ? « Je n’avais pas prévu de refaire un film sur lui. Sa politique dure, arbitraire m’y a contraint. Il fallait filmer cette nouvelle métamorphose, bien plus violente que celle observée dans mon premier film », estime Jean-Michel Carré. Dans le documentaire, diffusé ce mardi sur France 2 à 22h50, le cinéaste montre que comment Vladimir Poutine est devenu le maitre absolu de la Russie et a inventé, après les élections truquées de 2012, la « démocrature monarchique ». Mais comment tourne-t-on un film sur le chef du Kremlin dans un pays contrôlé par ce dernier ?

Rentrer en Russie

Le cinéaste a réactivé son solide réseau de contacts. « Paradoxalement, j’ai obtenu des témoignages assez facilement. Les intervenants ont été courageux et ont tous tenu, malgré la prise de risque, à témoigner à visage découvert car ils veulent se battre. »

« Il fallait que j’aille voir ce qui se passe en Russie », relate le cinéaste. Première difficulté pour le cinéaste, auteurs de films interdits en Russie : obtenir un visa. « Je suis passé par une demande groupée via une compagnie de tourisme », explique-t-il. A son arrivée, il est le seul de l’avion à avoir son passeport bloqué aux douanes. « Cela a duré une demi-heure. Je ne sais pas ce qu’ils ont vérifié, mais je suis passé. »

Redoubler de précautions

Filmer coute que coute. « S’il ne m’avait pas laissé rentrer, j’avais un plan B. Je connais des interprètes, des techniciens là-bas ». Sur place, le cinéaste redouble de précautions. « J’ai dormi chez des amis. Je me suis rendu à mes rendez-vous en prenant un taxi, puis un métro, puis un bus. Ma caméra était planquée dans une valise. Au restaurant, je me plaçais toujours dos au mur », énumère-t-il. Surtout ne pas être suivi. « Le FSB est moins efficace que le KGB. Il sont trop occupés à spolier les petits entrepreneurs, leur système a des failles », lâche-t-il.

Adapter son emploi du temps

Le tournage a duré quatre semaines, entre juin et septembre 2013. « J’ai profité des JO de Sotchi », explique-t-il. Un moment où Vladimir Poutine, qui craignait le boycott des pays occidentaux, avait lâché un peu lest. Les dates de tournages ont imposé un rythme de montage soutenu, « deux mois au lieu des six habituellement consacrés à un documentaire comme celui-ci ».

Autre difficulté, trouver des images d’archives. « Les télévisions nationales russes refusent de vendre des images de Vladimir Poutine. Nous sommes passé par des télévisions régionales et étrangères. » Pari gagné, Jean-Michel Carré a réussi à montrer les inquiétantes ambitions d’un aspirant Tsar, l’Eurasie. 20 minutes

Sollers écrivait le 30 juillet 2000 dans le JDD : « Il est membre du club, Poutine, un peu récent, c’est vrai, mais il va s’améliorer. » (Littérature et politique, p. 51)

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