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Le Procès Céline

D 28 septembre 2013     C 3 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Le Procès Céline

Réalisateur : Alain Moreau et Antoine de Meaux

(France, 2011, 54mn)

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La présentation d’Arte

Cinquante ans après sa mort, Louis-Ferdinand Céline n’en finit pas de susciter la controverse. Le génie exonère-t-il de l’ignominie ? Un voyage étourdissant dans la nuit célinienne, où l’accusé dialogue avec des adversaires et défenseurs de poids.

Cinquante ans après la mort du docteur Louis Destouches, alias Louis-Ferdinand Céline, le 1er juillet 1961 dans sa villa de Meudon, son "cas" fait toujours débat, comme l’a encore rappelé son retrait du recueil des Célébrations nationales, au début de cette année — une décision prise par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand à la demande de l’avocat Serge Klarsfeld. Il y a de quoi : avec brio, Alain Moreau et Antoine de Meaux montrent combien la figure du génie de la littérature est à jamais indissociable de celle de l’antisémite forcené puis collaborationniste sans remords passé entre les gouttes de l’épuration. Dans ce film dense, l’accusé dialogue, par archives interposées, avec une quinzaine de détracteurs et défenseurs aussi talentueux que passionnés, écrivains et essayistes, biographes et historiens (François Gibault, Philippe Sollers, Stéphane Zagdanski, Émile Brami, Pierre Assouline, Pascal Ory, Pierre-André Taguieff, Annick Durafour, Serge Klarsfeld...).
Thématique et chronologique, le récit explore en parallèle l’éblouissante création littéraire de Céline et sa compromission progressive avec l’antisémitisme exalté par le IIIe Reich : pamphlets (dont le premier, Bagatelles pour un massacre, sera salué avec enthousiasme par la majorité de la critique en 1937), appels au durcissement des lois antijuives dans la presse de l’Occupation, candidature plausible pour le poste de Commissaire général aux questions juives (trop indiscipliné, jugent les autorités nazies), dénonciations de collègues médecins dont il vise la place...

Guignols’s band

Sans trancher, Le procès Céline aligne une à une les pièces du dossier, avec en toile de fond le fascinant matériau photographique, filmique et sonore dédié à l’écrivain, dont quelques chansons de sa composition qu’il vocifère avec entrain, et les nombreux entretiens qu’il a dispensés pour se justifier à la fin de sa vie. Rythmé par la ronde des "guignols" humains qu’il a pourfendus avec tant d’impitoyable lucidité (joués par les marionnettes du Luxembourg), mais aussi par le flot de ses diatribes antisémites, le film nous entraîne dans un vertigineux voyage au bout de la nuit célinienne.

arte.tv/fr

Première mise en ligne le 17 octobre 2011.

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3 Messages

  • philippe parichot | 5 novembre 2011 - 11:10 1

    Merci Viktor de vous être souvenu de moi, de Gregory, et surtout de cette très intéressante entrevue. Il y est en particulier question des biographes de James Joyce, de Sigmund Freud, de Marcel Proust, - entre autres, certaines de ces biographies étant d’ailleurs devenues quasi introuvables (en particulier l’excellente Painter) ; cette entrevue a été pour moi décisive, et je peux confirmer, pour les avoir achetés et lus que les livres cités par Philippe Sollers sont excellents et témoignent de l’admirable culture de cet écrivain très sensible et très fin (bien que beaucoup plus difficile qu’il n’en a l’air) dont on ne saurait trop louer les qualités.
    Bien à vous,
    Philippe Parichot

    Voir en ligne : philippe parichot le blog


  • V.K. | 25 octobre 2011 - 15:48 2

    Le signalement du « Procès de Céline » sur ce blog, vous le devez à A.G., mais en voyant votre nom dans le forum, en profite pour signaler à nos lecteurs, une interview inédite de Sollers, sur votre ancien blog :

    Philippe Sollers sur les biographies

    dont l’initiative revient, je crois, à l’un de vos amis Gregory Franchini qui l’a réalisée (dixit mes notes, au moment où vous nous avez confié la pérennisation de ce document en l’héhergeant dans la base Sollers du serveur pileface).
    Merci pour vos encouragements, et votre fidélité.


  • philippe parichot | 25 octobre 2011 - 10:57 3

    J’ai écouté et regardé attentivement ce "reportage", ce montage d’images, bref.... les interventions des amateurs de Céline sont très intéressantes, rien de neuf mais Nabe, Sollers, Zadganski, Gibault, sont remarquables, intelligents, et les images d’archives de ce splendide écrivain qu’est Céline sont émouvantes. Mais l’idée de refaire un Procès de Céline est atroce, une horrible voix gutturale de matrone-mattone fait un fond terrorisant (ce qui en dit long sur l’esprit du film). Tout çà veut faire la justice, mais au nom de quoi ? D’autre part je ne sais au mon de quel "objectivité" on donne la parole à des gens comme Pierre Assouline (une caricature de petit critique, jaloux et verbeux, du type même de ceux dont Céline disait qu’ils sont de écrivains ratés), et autres "détracteurs" de Céline. Ces gens là sont inutiles et nuisibles à la connaissance du travail de Céline, selon moi, il ne faut pas leur donner la parole. L’ambiance générale du reportage, bois des stalles de palais de justice, sonorités rauques, est affreuse, - cela suffit à rendre le "visionnage" de ce document d’un intérêt anecdotique.
    L’inconvénient de ce genre de documentaire est qu’ils laissent entendre que l’oeuvre de Céline puisse être quelque chose de secondaire écrit par un demi-fou assassin, quand la voix de Céline est l’une des deux ou trois plus importantes pour comprendre notre Epoque, là, tout de suite, et qu’il est le témoignage le plus considérable sur la guerre 39_45 (à l’heure où l’on bassine les élèves de terminale avec la vanité grotesque des Mémoires de de gaulle).
    BRAVO pour votre site, magnifique, dont je lis des extraits, presque tous les jours

    Voir en ligne : Bof