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La virtuosité

D 31 janvier 2006     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

« La virtuosité, voilà ce qui rapproche Jack-Alain Léger et Philippe Sollers. Et aussi : la précocité, le fait d’écrire sous pseudonyme, le goût de la lecture, de la peinture à fresque, de Venise et de la musique, le sens de la provocation et l’aptitude à saisir sur le vif les travers du monde contemporain. Pour le reste, tout sépare le brillant directeur de collection et de revue chez Gallimard et celui qui est devenu une sorte de paria de l’édition française. »
Isabelle Martin,
Le Temps (Suisse)
Samedi 28 janvier 2006

Léger, prince de l’artifice

Le meilleur Léger, on le retrouve dans les trois romans réédités parallèlement par Denoël : Hé bien ! la Guerre, Le Siècle des ténèbres, Jacob Jacobi

[...]Léger fait heureusement son retour sur le devant d’une scène littéraire dont il connaît toutes les ficelles pour en avoir été une des figures marquantes, à différentes périodes et sous des identités diverses. Tout commence en 1969 [...]Plus récemment, il s’est fait passer pour le jeune beur Paul Smaïl en publiant quatre livres sous cette identité, de Vivre me tue à Ali le magnifique, monument de véhémence bouffonne et de violence obscène, avant de jeter l’éponge dans On en est là, à la fois bilan et règlement de comptes tous azimuts.

[...]Léger refait surface aujourd’hui avec Hé bien ! la Guerre, condensé de tous les livres qu’il n’a pu achever. Car ce surdoué imprévoyant est aussi sujet à la dépression, face sombre de son immense appétit de vivre. Et la guerre du romanesque qu’il a déclarée à ce qu’il appelle « l’invivable de la vie actuelle » (en vrac, l’inculture et le nihilisme généralisés, la société de consommation, le formatage des esprits, l’économie de marché), il doit la mener d’abord contre lui-même et la tentation du suicide. « Ce que j’écris, je le vis. Ce que je vis, je l’écris. »

[...]Le meilleur Léger, on le retrouve dans les trois romans réédités parallèlement par Denoël : mélancolie et caprice, fantaisie et désinvolture, panache et allégresse, extases et ranc ?urs, tout y est. L’envers comme l’endroit, à l’image de ce Siècle des ténèbres, d’un auteur qui rêve des Lumières en écoutant un motet de Mozart. Et qui se dissimule à peine sous des masques divers dont le plus réussi est sans conteste ce Léger Lazare, alias Zanzaro ou Bibi, qui sert de nègre au Prix Nobel de la paix Jacob Jacobi : un autoportrait en virtuose, qui est aussi un bel éloge littéraire de l’artifice romanesque, seul moyen pour dire le vrai dans un monde où règne le faux.
Isabelle Martin,
Le Temps (Suisse)
Samedi 28 janvier 2006


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