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Amours (II) - Illustration 4

D 18 mars 2009     C 11 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   


André Masson, Cache pour L’Origine du monde de Gustave Courbet, 1955


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11 Messages

  • Vermeersch | 20 avril 2016 - 16:13 1

    Cher monsieur K.

    Le fût de colonne au premier plan, qui induit le code perspectif, appartient à la seconde phase du dessin automatique : ‘’académique surréalistement’’ (Folie et psychanalyse…, pp., 91-92). Alors que la corde est un moyen terme entre le ‘’geste pur’’ (p 91) qui relève de la première phase, mais de par son orientation semble aller vers le point de fuite suggéré par ce fût de colonne. C’est en cela qu’elle est convergente.
    Autrement dit le dessinateur adhère encore à l’espace géométral albertien avec lequel il doit composer.
    Alors que la consistance de la ligne, montrée et annulée à la fois par la figuration de la corde, relève de la structure du déni (la Verleugnung freudienne), qui induit le fétiche ; d’où l’imaginarisation du pénis féminin.
    En pointant l’équivoque, con-vergente, vous ramassez d’un trait le développement de la page 97 : un effet de vérité que vous m’avez soufflé.

    Bien à vous.


  • V. Kirtov | 18 avril 2016 - 08:45 2

    A Pierre Vermeersch,
    M’avait échappé votre dossier pdf, issu de « Folie et psychanalyse dans l’expérience surréaliste, sous la direction de Fabienne Hulak, Z’éditions, Nice, 1992, dans lequel vous présentez le chapitre réalisé par vous et intitulé « Le retour à la ligne / Du dessin automatique d’André Masson » (pp 90-101) du livre.

    Le livre sur amazon.fr

    Ce document vaut pourtant le détour. On y trouve des dessins d’André Masson comme celui-ci, commentés :

    Associée au dessin, la note suivante :

    « Dans un dessin de 1925 (archives Louise Leiris n° 9082-57117), un fût de colonne indique, au premier plan, la profondeur, une corde dans une direction convergente, donc géométralement parallèle, donne l’empan des cuisses écartées d’un corps féminin ; celui-ci présente sa vulve, d’où s’échappe une ligne reliée à un pénis baladeur, à hauteur du thorax. Détaché, on le rencontre plus loin, au creux d’une main géante dressée sur un socle. »

    (sic - je dois avouer que l’évocation de « direction convergente » m’a laissé un peu perplexe... encore que… dans convergente, n’y-a-t-il pas « con » et « verge »… Que la lumière éclaire mes ténèbres ! )

    Pour les curieux, le document intégral ICI… (pdf)

    oOo


  • Vermeersch | 16 avril 2016 - 14:16 3

    Cher monsieur K.,

    Merci de nous rappeler la leçon de Lacan. C’est en effet à s’arrêter sur ce qu’on ne comprend pas et à tenter de le déplier logiquement, en faisant bord au point d’énigme qui fait trou dans le savoir, qu’il y a la possibilité d’une avancée théorique.

    1° Le dossier PDF infra, se trouve à hauteur du commentaire du 10 avril de votre forum. Il contient : Vermeersch P., Le retour à la ligne- Du dessin automatique d’André Masson, in Folie et psychanalyse dans l’expérience surréaliste, sous la direction de Fabienne Hulak, Z’éditions, Nice, 1992, pp. 90-101

    En archive pileface ICI...(pdf)

    2° A propos du caractère szu, l’Unique trait de pinceau de Shitao : note du 29.06.2015,
    de notre blog :
    http://theoriedelapratique.hautetfort.com/

    Bien cordialement vôtre.


  • V. Kirtov | 15 avril 2016 - 11:27 4

    A Pierre Vermeersch,
    Lacan au terme d’une conférence particulièrement échevelée, interroge ses disciples : « Vous avez compris ? » et les disciples de répondre « oui » et lui de répliquer : « Vous avez bien de la chance ! »

    Ceci dit, j’ai apprécié votre message et vos explications.
    Par contre, et c’est dommage, manquent les liens que vous citez. Merci de me les communiquer pour que je les ajoute à votre message, ainsi :
    - « Dans Les soupiraux, … (se reporter au dossier PDF joint, infra).
    - et (se reporter à la question de l’ouverture du caractère szu ; lien infra).

    En ce qui concerne les références ci-après, ai ajouté le lien direct sur votre blog :
    (note du 17.02.2009 de notre blog)
    (notes du 17.05.2011 et 20.09.2012)

    Pour les lecteurs intéressés sur le thème des nœuds borroméens développé par Lacan, signalons aussi, sur pileface, cet article ICI…

    Bien cordialement,


  • Vermeersch | 12 avril 2016 - 12:53 5

    Monsieur Kirtov, je vais tenter d’apporter une réponse à votre demande et à l’adresse de vos lecteurs.

    Dans le dessin, d’une figure, la ligne de contour est inconsistante en raison de l’indécidabilité de son appartenance à l’un ou l’autre terme de l’opposition forme/fond.
    Dans Les soupiraux, l’artifice du toron fait valoir la consistance de la ligne (se reporter au dossier PDF joint, infra). Néanmoins dans la boucle, à hauteur de la pomme d’Adam de la figure, rien ne différencie le dessus du dessous dans le surmontement au point de croisement de deux consistances.
    Par contre dans la torsade de L’origine du monde, Masson marque l’interruption et la reprise du trait qui vaut pour l’écriture topologique d’un dessus-dessous.
    Ce menu détail fait montre d’une avancée dans ce savoir qui ne se sait pas de l’artiste. Il s’agit du contenu épistémique de l’art, évoqué par Hubert Damisch (note du 17.02.2009 de notre blog).
    En effet, cette écriture symbolise le point de réel qui se manifeste dans l’impossibilité de la présentation des trois dimensions de l’espace dans les deux du support (se reporter à la question de l’ouverture du caractère szu ; lien infra). Lacan reconnaît en cette impossibilité le fondement de l’histoire de l’art de la peinture (le Séminaire VII, pp. 168-169).
    Ce point de réel Lacan tente d’y confronter François Rouan, par une monstration borroméenne dans sa préface de l’exposition du musée Cantini (notes du 17.05.2011 et 20.09.2012).
    Le dessus-dessous est au principe de l’écriture du nœud comme structure de coinçage. Lacan y retrouve la dialectique de l’écrit et de la pensée comme tenant lieu de ce que l’on tient à tort pour métalangage (le Séminaire, L.XVIII, p.92 ; LXXIII, p. 144).


  • V. Kirtov | 10 avril 2016 - 11:51 6

    Vous avez pleinement raison, la date fait preuve. Homonymie.
    Raison de plus pour que vous nous développiez votre propre analyse, si je peux dire...
    (notamment sur les références lacaniennes et autres dans la tableau "Les Soupiraux" d’André Masson). A vous lire,


  • Vermeersch | 10 avril 2016 - 08:52 7

    Cette conférence de 1994 ne serait-elle du psychiatre homonyme qui habite à Angers ? Masson est mort en 1987 à 91 ans.


  • V. Kirtov | 9 avril 2016 - 20:37 8

    André Masson était un ami de Lacan et adepte de son approche analytique. Comme vous, il parlait le Lacan, avec grande aisance, mais c’est une langue difficile et oubliée du commun des mortels.
    Ce serait bien de nous développer votre texte pointu et condensé.
    Comme vous aviez suscité ma curiosité, ai effectivement vu le « trait figuré comme le toron d’une corde », dans le tableau Les Soupiraux, ce trait torsadé en forme de 8 que vous pointez dans le cache pour « L’Origine du Monde » réalisé par André Masson pour Jacques Lacan, son propriétaire d’alors.

    André Masson, Les Soupiraux, 1924
    GIF

    1) J’ai même lu une conférence d’André Masson à Angers, 15-22 juin 1994. où il se fait l’exégète de Lacan :

    « Mon appropriation de la topologie lacanienne, peut-être riche de bévues, s’approche doucement de la représentation du signifiant comme surface déformable, trouable, coupable, et retournable, matière immatérielle du point-trou. »
    GIF

    « Mayette Viltard, dans le n° 21 de Littoral intitulé « L’identité psychotique », […] tente d’écrire topologiquement l’échange envers/endroit, dedans/dehors, contenant/contenu, intérieur/extérieur, moi/objet par l’opération du trouage. »

    GIF

    « Mon travail me conduit à me représenter l’outil du nom, comme liant deux cercles : l’un se présentant avec une demi-torsion, en 8 : l’autre passant dessus, puis dessous, dessus, enfin dessous la consistance croisée avant de se refermer en 0. Ce nœud du fantasme réalise une sorte de nœud borroméen, mais à deux consistances au lieu de trois. La manipulation de ce nœud permet d’expérimenter le passage de cette demi-torsion du cercle torsadé à l’autre qui le devient à son tour, et ainsi de suite. La circulation de la demi-torsion véhicule la propriété mœbienne de faire correspondre chaque point avec l’inverse de son symétrique

    2) J’ai aussi découvert ce texte de vous, du 17/05/2012 sur arcane-17.com :

    « En appliquant dans son dessin automatique le programme des Champs magnétiques qui reposait sur le principe de l’association libre, André Masson fut confronté à un hiatus entre la synchronie de l’image iconique et la diachronie d’une expérience fondée sur la discontinuité de la chaîne signifiante. C’est alors qu’il éprouva la réduction de l’effet imaginaire de son dessin à la consistance de la ligne faisant toron. Dans l’été 1924 il écrivit à Michel Leiris, dans une lettre couverte de dessins de nœuds, « Tout le secret de la peinture tient dans le nœud d’une corde... »

    http://www.arcane-17.com/forum/forum/succession-de-l-automatisme.html

    Et aussi vos développements lacano-chinois dans votre texte du 29/06/2015/ sur theoriedelapratique.hautetfort.com et intitulé :

    « A propos du caractère szu, l’Unique Trait de Pinceau de Shitao »

    http://theoriedelapratique.hautetfort.com/archive/2015/06/29/a-propos-du-caractere-szu-l-unique-trait-de-pinceau-de-shita-5648068.html


  • Vermeersch | 9 avril 2016 - 12:37 9

    Le mamelon du sein droit du nu de Masson sur le cache de l’Origine du monde est inscrit comme une torsade du fil marquant la consistance de son trait. Il y applique l’écriture d’un dessus-dessous.
    Il y prolonge ainsi ce qu’il avait révélé de la consistance du trait figuré comme le toron d’une corde dans le tableau des Soupiraux de 1922, en le complémentant par ce dessus-dessous de sa dimension proprement topologique.

    JPEG - 181.7 ko

  • V. Kirtov | 8 avril 2016 - 14:34 10

    Peux juste vous indiquer le lien ci-après, avec une image (ZOOM 1600x1200) reproduite sur un support genre tapis de sol mais le rendu esthétique n’est pas convaincant pour moi :
    http://cmourey.blogspot.fr/2013/05/alentour-musee-courbet-ornans.html


  • vidal | 7 avril 2016 - 15:36 11

    Iconographe moi même, je souhaiterai savoir comment se procurer la photo en HD de cette oeuvre d’André Masson. Savez vous où elle est conservé aujourd’hui ? Merci d’avance.