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Mozart à Prague

D 7 novembre 2016     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Rolando Villazón rencontre Don Giovanni

Présentation : Rolando Villazón
Réalisation : Guy Evans
Pays : République tchèque
Année : 2016

C’est à Prague que fut créé en 1787 l’opéra de Mozart "Don Giovanni", sous la direction du compositeur lui-même. Un retour aux sources de l’oeuvre, guidé par le célèbre ténor Rolando Villazón.

Rolando Villazón nous guide à la découverte de la Prague du XVIIIe siècle, sur les traces de Mozart et de son Don Giovanni – l’opéra qu’il préfère depuis l’enfance. Après la réception enthousiaste des Noces de Figaro dans la capitale tchèque, en 1786, le compositeur avait accepté bien volontiers la commande d’un nouvel opéra pour les Praguois. Don Giovanni fut donc créé l’année suivante, avec Mozart en personne à la baguette, et un énorme succès public. Rolando Villazón livre des détails passionnants sur la création de l’œuvre (mise en scène et directives du maestro) puis sa représentation, de l’écriture du livret à la fabrication des costumes et décors. On apprend par exemple que la partition de l’ouverture ne fut livrée à l’orchestre que très peu de temps avant le lever de rideau…

Cette balade mozartienne se termine par la présentation du finale de l’opéra telle que les Praguois l’ont découverte en 1787, dans la mise en scène, les décors originaux et les effets spéciaux de la première, mais aussi avec un orchestre composé d’instruments d’époque.

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Mozart et Prague, une affinité intacte

Plus encore qu’à Vienne, le compositeur autrichien y a bénéficié d’une popularité qui a joué un rôle déterminant vers la fin de sa carrière. On peut déjà en juger par ce commentaire d’un journal praguois, le 12 décembre 1786, au lendemain de la création des Noces de Figaro en Bohême : « Les connaisseurs, qui ont vu cet opéra à Vienne, affirment qu’il est meilleur ici ; et ce, sans doute, parce que les instruments à vent, dans lesquels les Bohémiens sont les maîtres absolus, ont fort à faire tout au long de l’œuvre. Notre grand Mozart a dû en entendre parler, car le bruit court qu’il viendra personnellement voir la pièce ». Jugement hâtif et quelque peu chauvin, certes, mais la rumeur n’en demeure pas moins vraie : Mozart est en route vers Prague et y débarque en janvier 1787 afin de constater lui-même le succès de son œuvre. À peine arrivé, l’enthousiasme le gagne : « Ici, on ne parle que de Figaro, on ne joue, on ne chante, ne siffle que Figaro ». Accompagné de Konstanze, il prend part aux fastes de la vie mondaine : fêtes, bals et réceptions rythment quotidiennement son séjour, qui durera au final un mois. Il y donne également un concert comprenant la symphonie qu’il avait composée spécialement à cette occasion (« Prague », K. 504) : nouvelle ovation, nouveau triomphe, le public est conquis et porte définitivement Mozart dans son cœur. De même lorsque, trois jours plus tard, il dirige en personne les Noces au Théâtre Nostitz, la passion qu’il véhicule conduit le directeur à lui commander un nouvel opéra, qui devra être créé à Prague. Ce sera Don Giovanni...
Entre la commande et la création de cet opéra s’écoulent huit mois, pendant lesquels il ne s’en occupe d’ailleurs guère ; il ne commence à s’y atteler qu’à son retour, le 4 octobre 1787.
Ce second périple lui est encore plus bénéfique que le premier, au point qu’il confie à un proche : « On met tout en œuvre ici pour me persuader de rester encore quelques mois et d’écrire un nouvel opéra. Mais je ne peux accepter cette offre, si flatteuse soit-elle. » Un refus dont les causes nous restent obscures et qui peut paraître regrettable : Mozart se fût sans nul doute épanoui plus qu’ailleurs s’il était resté à Prague, tant l’accueil qu’on lui réservait était, à chaque fois, infailliblement positif. Qu’à cela ne tienne, le 29 octobre 1787, Don Giovanni est célébré comme il se doit, et, après les jours studieux qui avaient précédé sa première, la famille Mozart achève son séjour dans le calme de la villa de ses amis Duschek, la Bertramka (résidence qui abrite aujourd’hui un musée Mozart). On connaît par ailleurs la célèbre anecdote : c’est dans cette maison que la cantatrice, par jeu, aurait enfermé le compositeur et exigé pour le libérer qu’il lui écrivît un air de concert, ce à quoi il aurait bien fallu se plier (« Bella mia fiamma... », K. 528) !
Mozart reviendra deux fois à Prague mais de manière écourtée, pour quelques jours seulement, débordé comme il le sera par des voyages de plus en plus pressants. Le réconfort qu’il y trouve est cependant le même que lors de ses deux premiers passages, à tel point qu’il en repart la mort à l’âme, en septembre 1791, au cours de sa dernière visite, déjà très affaibli par un état de santé qui qui ne finirait plus de se dégrader.
Mozart et Prague ont partagé une véritable affinité. Témoin de ce lien encore intact, la « ville dorée » conserve précieusement la trace des lieux où l’artiste est passé – comme la maison des Trois Lions d’Or ou l’Église St Nicolas à Mala Strana, où Mozart venait jouer de l’orgue – et organise chaque année de nombreux événements en son honneur.

J. Streiff

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Symphony 38 in D major KV.504 "Prague"

Nikolaus Harnoncourt
Vienna Concentus Musicus

LIRE : La symphonie des heures claires

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