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Chine : Stratégie d’une conquête ou la partie de jeu de « go » planétaire

Chine 1975-2020 : un documentaire avec décryptage percutant et captivant

D 15 juillet 2020     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Partie 1. LAPARTIE DE GO PLANETAIRE

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Le Covid-19 a braqué tous les projecteurs sur la Chine et sa ville de Wuhan. Une folle rumeur disait même que le virus était sorti de son laboratoire de haute sécurité biologique. Deux ans plus tôt, il ouvrait grâce à l’appui de la France. Une collaboration scientifique devait en naître. Elle fut vaine. Ce documentaire, Chine, stratégie d’une conquête, tente de comprendre comment les Occidentaux ont accepté, depuis les années 1980, de nombreux transferts de technologies jusqu’à ce que la Chine dépasse ses maîtres et les rendent dépendants.

La réalisatrice, Anne Loussouarn, retrace l’émergence d’un pays encore arriéré en 1975. Un homme en est à l’origine : Deng Xiaoping, chef suprême après la mort de Mao. En 45 ans, la Chine est passée de l’état de pays sous-developpé à celui de 2ème puissance mondiale avec une ambition affichée de devenir la première. Comment ceci a-t-il pu arriver ?

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Une conquête menée comme une partie de jeu de go. Contrairement à une partie d’échec qui vise l’élimination de l’adversaire, le jeu de go vise son « encerclement » progressif. L’art de la guerre chinois revisité : lorsque les véritables hostilités commencent, l’adversaire a déjà perdu la guerre. C’est ce qu’explique magistralement ce documentaire « Chine, stratégie d’une conquête », dans le cadre du magazine « Le monde en face » sur la chaîne 5, un document captivant d’histoire contemporaine

De nombreux témoignages de spécialistes éclairent en profondeur la méthode de la deuxième puissance mondiale. Il revient également sur plus de 40 ans de relations sino-occidentales. Mais ce décryptage percutant peut laisser pensif. La pandémie Covid-19 n’a-t-elle pas révélé aussi, la faille du système chinois ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer.

Une puissance technologique

Arrivé au pouvoir en 1978 après la mort de Mao, Deng Xiaoping est le premier à vouloir sortir son pays du sous-développement. L’ouverture sur le monde séduit les Occidentaux, attirés par cet immense marché. Ils consentent à transférer leur technologie, persuadés qu’ils sont irrattrapables. S’ils s’offusquent de la répression sanglante des manifestants en quête de liberté sur la place Tian An Men en 1989, leurs intérêts économiques reprennent vite le dessus.

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Xi Jinping
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Xi Jinping, qui accède au pouvoir en 2012, l’a bien compris. Il veut faire de son pays une hyperpuissance dominante, et ne cache pas son autoritarisme. Son projet semble en bonne voie : les nouvelles routes de la soie rendent les pays dépendants, la Chine s’est érigée en puissance technologique inégalée et menace les États-Unis.

Le dernier chapitre du documentaire, « la guerre est déclarée », revient sur le conflit ouvert entre les deux puissances. Le jeu de go est encore en cours, la partie n’est pas terminée, mais rien ne semble ébranler la détermination du leader chinois.

Crédit : · Maxence Logeais, www.la-croix.com · le 07/07/2020


Prologue :

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Wuhan et son laboratoire P4

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Chine, stratégie dune conquête

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Chapitre 1. Le visionnaire

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Chapitre 2. L’appât du marché

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Chapitre 3. Le piège des transferts technologiques

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Chapitre 4. Le nouvel empereur rouge

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Chapitre 5. Les routes de la conquête

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Chapitre 6. La guerre est déclarée

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GIF Partie 2. DANS L’ACTUALITE

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ESPIONNAGE : La Chine enrôle deux agents de la DGSE dans un scénario digne du “Bureau des légendes”


Le quartier général de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), à Paris le 4 juin 2015.
PHOTO/MARTIN BUREAU/AFP,
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La cour d’assises spéciale de Paris a condamné, vendredi 10 juillet, deux ex-agents de la DGSE pour des faits d’espionnage, apparemment au profit de la Chine. Pour le quotidien The Times, cette affaire rocambolesque réunit tous les ingrédients d’un épisode de la série Le Bureau des légendes.

“On se croirait dans un épisode du Bureau des légendes, une série d’espionnage française qui a des fans dans le monde entier”, écrit le journal britannique The Times. Le procès inédit qui s’est déroulé vendredi 10 juillet à Paris a tout d’une fiction : “Un agent tombe amoureux d’une femme superbe lors d’une affectation à l’étranger et est ‘retourné’ par l’ennemi.”

Les deux agents – retraités lors de leur arrestation en décembre 2017 – ont été condamnés à des peines de prison ferme. Huit ans pour Henri M., ancien représentant de la DGSE à Pékin aujourd’hui âgé de 73 ans, et douze ans pour Pierre-Marie H., 69 ans, ayant “fait sa carrière dans le contre-espionnage”. La femme de ce dernier, Laurence H., a elle aussi écopé de quatre ans de prison.

L’audience a eu lieu à huis clos et les précisions sont distillées au compte-gouttes, si bien que la nature des informations divulguées par les deux agents est encore floue. Les quelques détails ayant fuité dans la presse nourrissent les fantasmes : on parle de la relation qu’Henri M. aurait entretenue avec une interprète chinoise en 1997 alors qu’il était le plus haut gradé de la DGSE en poste en Chine, ou encore de l’interpellation de Pierre-Marie H. juste avant son départ pour la Suisse, une mallette remplie de billets à la main.

La série a changé l’image des renseignements

Au premier abord, cette affaire n’est pas de nature à redorer le blason des services de renseignement français, qui pâtissent d’une image sulfureuse. Le journal britannique rappelle qu’il y a trente-cinq ans l’opération de la DGSE destinée à maintenir au port le Rainbow Warrior avait conduit à une explosion provoquant la mort d’un photographe néerlandais. Le navire de l’organisation Greenpeace, qui mouillait en Nouvelle-Zélande, devait prendre la mer dans le Pacifique sud pour protester contre les essais nucléaires français. Par la suite, “les films et les séries montrant les espions plus comme des Johnny English [un agent secret britannique un brin gaffeur, interprété par Rowan Atkinson] que des James Bond n’ont pas arrangé les choses”, ajoute le Times.

Ces dernières années, la DGSE a pourtant retrouvé un certain prestige en étant présentée comme le principal acteur de la lutte contre le terrorisme islamiste. Mais, selon le quotidien, la donne a surtout changé avec la diffusion du Bureau des légendes :

Quand elle a été approchée par Éric Rochant, le réalisateur, la DGSE a vu le potentiel publicitaire de la série. Elle l’a autorisé à utiliser son logo, à rebondir sur les idées de son personnel et à filmer certaines scènes devant la Piscine, le siège parisien.

Les services de renseignement ont enregistré une augmentation significative des candidatures. Selon le journaliste Jean Guisnel, interrogé par le Times, cette dynamique positive n’est pas près de retomber, et cela malgré la mauvaise publicité occasionnée par cette affaire.

Crédit : ww.courrierinternational.com/

Source : The Times Londres www.thetimes.co.uk

Le plus ancien des quotidiens britanniques (1785) et le plus connu à l’étranger appartient depuis 1981 à Rupert Murdoch. Il a longtemps été le journal de référence et la voix de l’establishment. Aujourd’hui, il a un peu perdu de son influence

HONG KONG. : Face aux critiques, les diplomates chinois montrent les crocs

Courrier International. Publié le 10/07/2020


Liu Xiaoming, ambassadeur de la Chine au Royaume-Uni, lors d’une conférence de presse le 6 juillet 2020. Capture d’écran Twitter.
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Le 30 juin, la Chine a promulgué une “Loi sur la sécurité nationale” qui menace les libertés dont jouissait jusqu’alors Hong Kong. Le texte s’est attiré de nombreuses critiques, mais les diplomates chinois sont en première ligne pour s’attaquer aux pays qui s’y opposent.

“Si vous considérez la Chine comme un pays hostile, à vos risques et périls”, jamais Liu Xiaoming, ambassadeur chinois au Royaume-Uni ne s’était montré si dur envers ce pays. Cette phrase musclée, prononcée le 6juillet lors d’une conférence de pressea été reprise en titre d’un post sur le réseau social Wechat parXiakedao, un compte tenu par des journalistes du journal Renmin Ribao, organe du Parti communiste.

“La Chine n’intervient jamais dans les affaires intérieures d’autres pays, y compris celles du Royaume-Uni, et espère qu’il ne s’immiscera pas dans les affaires intérieures de la Chine”, avertit M. Liu dans cette même vidéoconférence.

La colère de l’ambassadeur chinois fait suite à la réaction de Londres vis-à-vis de la Loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, son ancienne colonie. Dès l’entrée en vigueur de cette loi, promulguée par Pékin et très controversée, le gouvernement britannique a confirmé son projet de proposer aux détenteurs hongkongais d’un passeport britannique d’outre-mer (BNO) la possibilité de devenir citoyens britanniques : ils pourront vivre, travailler ou étudier au Royaume-Uni durant cinq années, obtenir un statut de résident et demander la naturalisation un an plus tard. Actuellement, quelque 350000 Hongkongais sont titulaires d’un BNO, mais ce sont 3 millions des 7,5 millions d’habitants qui sont concernés.

“On peut partir et revenir librement enChine”

Cette potentielle émigration massive des Hongkongais a été évoquée lors de la conférence de presse du ministère chinois des Affaires étrangères le 4juin. “Près de 37% des Hongkongais envisagent d’émigrer. Pourquoi ce pourcentage augmente-t-il brutalement ? La Chine s’inquiète-t-elle de cette émigration ?”, demande un journaliste. “Je ne sais pas ce que vous voulez dire par cette question. On peut partir et revenir librement en Chine”, rétorque le porte-parole ministériel Zhao Lijian, note Guanchazhe, site nationaliste chinois.

Pékin, qui avait pourtant déclaré l’accord sur la rétrocession “dépassé”, accuse désormais Londres de ne pas le respecter. En effet, Lu Kang, un autre porte-parole du ministère des Affaires étrangères, avait déclaré le 30 juin 2017 qu’“en tant que document historique, la Déclaration commune sino-britannique n’[avait] plus de sens pratique”. Deux ans plus tard, le 20 août 2019, le présentateur star de la télévision centrale de Chine, Kang Hui avait qualifié cette Déclaration commune de “document obsolète”, rapporte l’agence officielle de presse Xinhua.

Mais le 2 juillet 2020, le porte-parole ministériel Zhao Lijian, a martelé que “tous les Hongkongais, y compris ceux qui possèdent un passeport BNO, sont des citoyens chinois”. M.Zhao soulignait qu’avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine, le gouvernement britannique avait promis dans le mémorandum de ne pas accorder le droit de résidence aux titulaires du statut de BNO. Il a qualifié la nouvelle décision de Londres de “violation grave de ses propres engagements, violation grave du droit international et des normes fondamentales des relations internationales”, relate le Huanqiu Shibao, tabloïd politique de Pékin. Et le 7 juillet, lors de la conférence de presse du ministère des Affaires étrangères à Pékin, Zhao Lijian a invité “le gouvernement britannique à solliciter d’abord l’opinion du peuple britannique, avant de prendre une décision finale”, peut-on lire sur le réseau social Wechat parXiakedao.

Les Canadiens devraient se préparer à desreprésailles

En dehors du Royaume-Uni, les relations sino-canadiennes se dégradent rapidement. Dans un entretien exclusif accordé au journal canadien The Star, publié le 7 juillet, Cong Peiwu, ambassadeur de la Chine au Canada, a accusé d’“ingérence dans les affaires intérieures de la Chine” le gouvernement canadien, qui a suspendu le traité d’extradition Canada – Hong Kong. “Les Canadiens devraient se préparer à des représailles”, affirme M.Cong. Quand le journaliste lui a demandé de quelles conséquences il s’agissait, l’ambassadeur chinois a répondu froidement : “Je vous suggère d’attendre, et vous verrez”.

L’Australie doit probablement à son tour s’attendre à des représailles de la part de la Chine. Le 9 juillet, avec l’annonce de son Premier ministre Scott Morrison, ce grand voisin de l’empire du Milieu est devenu le deuxième pays à suspendre son traité d’extradition avec HongKong.

Quant à la France, le président Emmanuel Macron vient de débarquer sur TikTok, application chinoise très prisée des jeunes. Reste à voir si cela pourra aider consolider les relations franco-chinoises…

Zhang Zhulin
Crédit : Courrier International, 13/07/2020

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2 Messages

  • Viktor Kirtov | 18 juillet 2020 - 16:58 1

    Par Marine Vazzoler
    Le Quotidien de l’Art, Édition N°1991
    16 juillet 2020

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    HERGÉ (Georges Remi dit), Le Lotus bleu , encre de Chine, aquarelle et gouache sur papier pour la couverture initiale de l’album Le Lotus bleu (1936), 34 x 34 cm. © Hergé Moulinsart 2020 / Courtesy Artcurial.
    ZOOM : cliquer l’image
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    On le pensait perdu : sorti des radars depuis plus de 80 ans, le dessin de la couverture originale du 4e tome de la bande dessinée relatant les aventures du célèbre Tintin en Chine, Le Lotus Bleu, vient d’être redécouvert par Artcurial et fera l’objet d’enchères le 21 novembre prochain à Paris.

    Refusée par l’éditeur de Hergé en 1936 car trop coûteuse à reproduire, la quadrichromie avait été conservée, pliée en six dans un tiroir, par le fils de Louis Casterman. Protégée de la lumière pendant plus de huit décennies, cette encre de Chine réhaussée d’aquarelle est, de ce fait, dans un très bon état de conservation, d’où son estimation oscillant entre 2 et 3 millions d’euros.

    Avant son adjudication, l’œuvre est exposée à la galerie Artcurial de Monte-Carlo jusqu’au 11 septembre, puis sera présentée à Bruxelles du 22 septembre au 2 octobre. Le public parisien pourra également l’admirer les 19 et 20 novembre. Spécialisée dans la bande dessinée depuis plusieurs années, la maison de ventes connait d’ores et déjà bien le travail de Hergé : en 2014, elle avait cédé pour 2,6 millions d’euros les premières pages de garde des albums de Tintin, un record de vente jusqu’à présent jamais dépassé.

    artcurial.com


  • Albert Gauvin | 17 juillet 2020 - 00:07 2

    « A l’heure où la Chine s’affirme comme une puissance économique incontournable, sa conception du développement et du "management" — capitalisme débridé + politique autoritaire — pourrait en séduire et en faire rêver plus d’un parmi les classes dirigeantes occidentales. La Chine contemporaine n’est-elle pas, finalement, une des meilleures illustrations de cette fusion entre le spectaculaire diffus et le spectaculaire concentré que Guy Debord décrit dans ses Commentaires sur la société du spectacle sous le nom de "spectaculaire intégré" — et dont "l’américanisation du monde", contrairement à ce que pensait Debord, ne serait peut-être pas le dernier mot ?
    Quand Debord écrit en 1988 : "La société modernisée jusqu’au stade du spectaculaire intégré se caractérise par l’effet combiné de cinq traits principaux, qui sont : le renouvellement technologique incessant ; la fusion économico-étatique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel", n’annonce-t-il pas autant l’avenir possible d’un modèle chinois de globalisation qu’il ne décrit le présent des sociétés capitalistes occidentales ? Voilà une hypothèse que certains hérauts de la "démocratie" planétaire — nouveaux candides — n’ont peut-être pas suffisamment pesée. Laissons la question ouverte.
    En 1998, Sollers écrivait à propos "du grand jeu de masques du communisme chinois" : "Ce dernier est toujours là, mais dans quel état : celui du cynisme policier technique, conforté par des démocraties affairistes malgré le massacre à ciel ouvert de Tiananmen en 1989.
    La Chine sera-t-elle, un jour, vraiment démocratique ? Sans doute, mais quand ? Leys écrit : "Il ne fait aucun doute qu’à long terme les Chinois sauront finalement avaler, digérer et totalement transformer le communisme peut-être en conserveront-ils le nom par une sorte de conservatisme purement formel et quelque peu ironique." Le processus est en cours, mais il faut sans cesse y revenir, insister... "
    Les régimes passent... Les Chinois demeurent. »

    Voilà ce que j’écrivais le 4 juin 2009 dans mon article sur le printemps de Pékin (celui de 1989).