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Edouard Limonov, le punk russe des lettres est mort

D 18 mars 2020     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

L’écrivain russe est mort ce mardi à Moscou, à l’âge de 77 ans. Tombé dans l’oubli depuis le début des années 2000, son ancienne gloire a été ravivée en France par le roman « Limonov » d’Emmanuel Carrère, paru en 2011.

Limonov. Fin de vies

Par Lucien Jacques correspondant à Moscou, Libération — 17 mars 2020

Edouard Limonov. Photo Sophie Bassouls. Sygma. Getty Images

« Quand je mourrai, ce sera un deuil national », déclarait Edouard Limonov en août2018, dans une longue interview accordée au youtubeur russe Youri Doud. Le voilà mort, ce mardi à Moscou, à l’âge de 77ans, sans l’ombre d’un deuil. Cela faisait presque dixans que l’on n’entendait plus vraiment parler de lui.

Ainsi s’achève, étouffée par le fracas du coronavirus, la dernière vie de Limonov, qui en connut plusieurs. Voyou de bas étage à Kharkov, en Ukraine, où il naît en1943, puis poète dissident moscovite, bientôt expulsé d’URSS, clochard aux Etats-Unis et domestique d’un milliardaire entre1974 et1980. Il s’établit en France dans les années80 et devient une coqueluche des milieux littéraires branchés. De chaque épisode de sa vie mouvementée, il a tiré plusieurs livres, qui séduisent par leur romantisme grinçant, un romantisme de l’échec et de l’amertume, de la colère et du nihilisme, qui se fantasme en nazi tueur de Juifs dans Paris occupé et rêve d’une révolution sanglante, d’un déchaînement de violence qui jetterait tout à bas. Le petit salaud (1986) raconte son enfance de petite frappe à Kharkov. Le poète russe préfère les grands nègres (1979) et Journal d’un raté (1982) sont une chronique de ses mésaventures new-yorkaises.

Limonov provoque, il amuse, il est à la mode. Il contribue à la fois à l’Humanité et à des journaux d’extrême droite. C’est d’ailleurs lui qui invente le terme de « rouge-brun ». Il devient infréquentable. Il s’en moque. Rentré en Russie après l’effondrement de l’URSS, il y crée en1993 un « Parti national-bolchévique », dont l’étendard représente une faucille et un marteau noirs sur fond de cercle blanc au milieu d’un drapeau rouge. On le retrouve, pendant la guerre de Yougoslavie, faisant le coup de feu aux côtés des nationalistes serbes. En1999, il organise une tentative de sécession de la Crimée depuis l’Ukraine avec comme objectif de la rattacher à la Russie. En2001, il est arrêté au Kazakhstan pour « tentative de coup d’Etat » et condamné à quatorze ans de prison. Il n’en purgera que deux.

« Ere de la littérature soviétique »A partir des années 2000, Limonov tombe peu à peu dans l’oubli. La Russie se lasse de lui, de ses provocations et de ses excès. Il évoque trop les années90, que beaucoup, à Moscou, préféreraient oublier. Les années2010 seront celles des derniers soubresauts, alors qu’en France, le roman Limonov(2011) d’Emmanuel Carrère lui rend une partie de son ancienne gloire.

« C’était l’un des derniers écrivains de l’époque soviétique, a réagi l’écrivain russe Sergueï Loukianenko,

Crédit : Libération


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