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Agent secret : "splendide", "magnifique", "bouleversant" d’après Le Masque & la Plume

D 18 mars 2021     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Après Le nouveau et Le désir, l’écrivain de 84 ans a décidé de se dévoiler dans un roman autobiographique qu’il consacre à ses souvenirs, revenant notamment sur ses premières années. Un livre que les critiques ont salué à l’unanimité.

France Inter, le 18 mars 2021.


"Agent secret" - Philippe Sollers fait l’unanimité chez Le Masque & la Plume.
© AFP / ULF ANDERSEN / AURIMAGES. ZOOM : cliquer sur l’image.

"Agent secret" - Philippe Sollers fait l’unanimité chez Le Masque & la Plume

Le livre présenté par Jérôme Garcin

Le livre en forme d’autoportrait dont la première phrase va en surprendre plus d’un :

Contrairement aux apparences, je suis plutôt un homme sauvage : fleurs, papillons, arbres, îles… Ma vie dans les marais, les vignes, les vagues…

La suite est le récit surprenant, mais aussi linéaire de sa vie, son enfance bordelaise, ses études à Paris, la publication de son premier roman Une curieuse solitude, sa rencontre avec sa grande amoureuse Dominique Rolin, la Chine de Mao, la bénédiction du pape Jean-Paul II. Il y a plusieurs lignes sur ce moment-cardinal de sa vie comme l’amitié de Barthes, Venise, l’île-de-Ré, ce qu’il appelle sa "mauvaise réputation", et même quelques pages qui m’ont beaucoup touché, c’est très court, sur son fils David, qu’il appelle "cet innocent qu’il aime". Avec quelques photos qui m’ont beaucoup ému.

Pour un agent secret, il est quand même très loquace.

Frédéric Beigbebder "signe tout de suite et salue une écriture splendide qui sait rester simple"

FB : "Je dois avouer que j’avais renoncé à Philippe Sollers, j’avais l’impression que c’était terminé. Les cinq derniers romans, c’étaient des commentaires de l’actualité. On a l’impression qu’il commente l’évolution du monde en la regardant à la télévision. (sic)

Là, vraiment, je retrouve un écrivain. En termes d’écriture, de style, de forme, c’est absolument splendide tout en restant très simple.

Il y a le côté Montaigne, il saute aussi du coq à l’âne brillamment. Il y a le côté virevoltant, le côté très net, comme Sartre dans Les mots. Notamment cette magnifique trilogie amour, poésie, frivolité irréductible.

Évidemment, je signe tout de suite.

Il y a aussi cette enfance très étrange, complètement double, avec ses deux frères qui épousent deux sœurs qui habitent dans deux maisons mitoyennes. Il s’appelle Sollers mais aussi Joyaux. Il aime Dominique Rollin et Julia Kristeva.

Tout est double, sauf David, qui est unique et au centre. C’est une déclaration d’amour vraiment inouïe et je regrette qu’on se soit beaucoup moqué de Philippe Sollers, on avait oublié son importance".

Jean-Louis Ezine salue un livre magnifique et bouleversant

J-L E : "C’est le dernier des Mohicans. Il commence à nous émouvoir singulièrement. J’ai adoré. Tous les détails qu’il peut donner, comme ses soirées avec Jacques Lacan ou avec Roland Barthes, c’est absolument prodigieux ! Il y a des scènes que j’adore, comme, par exemple, lorsqu’il met à la poubelle un livre d’Elsa Triolet qu’elle lui avait dédicacé maternellement ; il y a aussi une vacherie sur Louis Aragon que j’ai du mal à lui passer quand il dit "Aragon est un admirable écrivain, c’est tout". Ça veut dire qu’il y aurait autre chose d’important quand on écrit que d’être un admirable écrivain".

C’est absolument magnifique et bouleversant.

Si Olivia de Lamberterie applaudit le livre, elle regrette que Sollers y rappelle qu’il est un grand écrivain

OL : "J’ai l’impression que, plus qu’un agent secret, c’est un agent double, Philippe Sollers. Il y a une partie que j’adore, j’aime l’homme, j’aime tout ce qu’il raconte de Dominique Rolin, j’aime le fils qui appelle sa mère "la magicienne", j’aime le père quand il dit cette phrase absolument somptueuse à la naissance de son fils : "J’ai senti pour la première fois que j’étais mort". Une phrase est sublime. Le portrait qu’il fait de Barthes est très beau, il raconte ses plissements des yeux, il raconte comment, à la mort de sa mère, il ne pouvait pas dire le mot "deuil", mais qu’il préférait le mot "chagrin".

Il y a, dans ce livre, une sorte de philosophie de la vie à toujours préférer le bonheur.

Mais, parfois, il y a toujours, subitement, le retour d’un Philippe Sollers qui veut rappeler qu’il est le grand écrivain Philippe Sollers. Dans ce cas-là, moi je préfère Leïla Slimani qui se justifie plutôt que, tout à coup, un Philippe Sollers qui nous balance les trois pages de François Mauriac à sa gloire. Mais pourquoi ?

On n’a pas besoin qu’il nous rappelle qu’il est un grand écrivain, bon Dieu !

Ou alors quand tout d’un coup, hop, il consacre un paragraphe à mettre à bas le puritanisme de l’époque ; il prend Woody Allen et Roman Polanski qu’il met dans le même panier alors que ça n’a rien à voir, pour expliquer que les filles sont folles de vouloir être contre eux… Alors que vraiment, pour moi, Philippe Sollers a été le plus grand commentateur de l’époque. Pourquoi là, tout d’un coup, il se sabote ? D’ailleurs, dans son livre, j’aime Joyaux, mais je n’aime pas Sollers" (sic).

C’était le Michel Houellebecq d’aujourd’hui : à chaque fois qu’il se passait quelque chose, il avait la parole juste et intelligente sur tout.

Arnaud Viviant ébloui par "ce magicien de la langue française"

AV : "Il y a quelque chose de très, très beau. Vous avez un écrivain au soir de sa vie. Il a 84 ans quand même et il apparaît soudainement comme un magicien qui vient d’une espèce de Prospero, qui vient vous expliquer ses trucs, qui vous révèle que, finalement, ce fameux truc, c’est rien et que tout était vrai !

On commençait à sentir ce sentiment quand on pouvait penser qu’il était mythomane, quand on lisait ses romans, avec notamment l’édition de la correspondance avec Dominique Rolin, qui est vraiment une grande histoire d’amour.

Concernant les femmes et les avis à l’emporte-pièce qu’il semble avoir parfois sur les sujets d’actualité, rappelons quand même que c’est le mari de Julia Kristeva qui est quand même la philosophe et la théoricienne du genre. Tout le monde semble oublier cet aspect-là. (sic)

Il ne croit pas à la fidélité sexuelle. C’est ce qu’il dit. C’est un refoulement et il n’en veut pas.

Voilà quelqu’un qui écrit depuis 60 ans et marque une traversée de la langue française.

Au soir de sa vie, il est totalement dans l’épure. Là, soudainement, il y a une simplicité, une fluidité, une musicalité de la phrase très simple. C’est magnifique comme langue. Il est passé par toutes les étapes : la préciosité dans ses premiers romans, les romans expérimentaux, et, là, finalement, il arrive à l’épure".

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