A l’heure où l’actualité met l’Iran à la une, on peut se souvenir du poème philosophique "Ainsi parlait Zarathoustra" de Friedrich Nietzsche. Le personnage éponyme est Zarathoustra, aussi appelé Zoroastre, premier prophète perse à évoquer la distinction du bien et du mal, du vice et de la vertu.
De la loi de « Promotion de la vertu et prévention du vice » dans l’Iran d’aujourd’hui
En 2015, le parlement des mollahs approuvait une nouvelle loi intitulée « Promotion de la vertu et prévention du vice ». En fait, nouvelle mesure répressive mise en place par le régime des mollahs contre les femmes.
Cette loi autorise les bassidjis (les agents paramilitaires du régime) et les pasdaran (les membres du Corps des gardiens de la Révolution) d’assumer le rôle de la police des mœurs et procéder à l’arrestation et à la punition des femmes qui ne respecteraient pas le code vestimentaire draconienne imposé par le régime.


2 novembre 2024, Ahou Daryaei a retiré ses vêtements pour protester contre le harcèlement des milices lui reprochant un voile mal porté

Samedi 2 novembre 2024, une étudiante, Ahou Daryaei, à la prestigieuse université Azad de Téhéran était arrêtée samedi après s’être mise en sous-vêtements, afin protester contre le harcèlement des agents de sécurité qui lui reprochaient un voile mal porté.

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Son acte audacieux a fait d’elle un symbole de la résistance contre les lois strictes du code vestimentaire iranien et l’application du hijab obligatoire, deux ans après la mort de Mahsa Amini pour les mêmes raisons. Devant la mobilisation internationale, la justice iranienne a choisi de faire passer pour folle la courageuse Ahou Daryaei et l’a finalement remise à sa famille après trois semaines d’internement en centre psychiatrique.
La protestation d’Ahou Daryaei s’inscrit dans un mouvement plus large, baptisé Femme, Vie, Liberté (زن، زندگی، آزادی), qui a émergé après la mort de Mahsa Amini en septembre 2022. Ce mouvement a vu une mobilisation sans précédent des femmes iraniennes, défiant les lois vestimentaires imposées par le régime islamique et réclamant des droits fondamentaux.
Le peuple iranien n’en peut plus de ces mollahs, des miliciens bassidjis et des gardiens de la Révolution qui règlementent leur mode de vie, qui ont conduit le pays à la faillite économique avec une inflation galopante. Ils n’en peuvent plus de la barbarie des bassidjis et pasdarans, sans limite, comme l’ont montré les massacres de janvier 2026, dont on commence seulement à mesurer l’ampleur.
Les gardiens de la révolution
“ La démence, chez l’individu, est quelque chose de rare, —
chez les groupes, les partis, les peuples, les époques, c’est la règle. ”
Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal (1886).
La répression en Iran aurait fait plus de 30 000 morts
en deux jours, les 8 et 9 janvier 2026,
le pire massacre depuis l’instauration de la République islamique.
Courrier international
Le bras armé de la révolution islamique
Les " Pasdarans " – ou Gardiens de la révolution - sont le bras armé de la révolution islamique de 1979. Leur effectif est estimé entre 150.000 et 200.000 membres, selon les Occidentaux. Ils sont une armée d’élite qui dispose de moyens terrestres, de leur propre marine, de leur propre aviation. Mieux payés et mieux entraînés que l’armée régulière, ils constituent une sorte de force parallèle

Mission de propager la vertu et interdire le vice.
Leur mission principale est de propager la vertu et interdire le vice (amr be maʿrūf va nahy az monkar), un principe islamique chiite selon lequel chaque croyant a le devoir d’encourager le bien et de décourager le mal.
Cette tâche prend forme dans des actions concrètes : contrôle social, surveillance morale, pression pour l’application des codes religieux (par ex. dress code), et parfois répression de comportements jugés « immoraux ».
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De quels moyens disposent les Gardiens ?
Selon les observateurs, ils sont colossaux. Les Pasdaran détiendraient 40 à 70 % du PIB brut du pays ! Cela passe par le contrôle de sociétés publiques et privées, présentes dans tous les secteurs stratégiques de l’économie iranienne : les infrastructures (ports, transports, barrages, etc.), l’énergie (gaz et pétrole), les technologies, les télécoms, les secteurs financier et bancaire.
Leur budget militaire est estimé entre 6 et 9 milliards de dollars par an, soit environ 40 % du budget militaire officiel iranien, selon les données récoltées par le chercheur David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la fondation Jean-Jaurès.
Comment opèrent les gardiens de la révolution ?
Les Gardiens ont mis en place un vaste réseau de renseignement au sein du régime. De quoi leur permettre d’identifier rapidement les chefs d’un réseau de contestation et de démanteler ce dernier. Ils s’appuient pour cela sur une milice paramilitaire, les Bassidj, recrutée essentiellement dans la jeunesse et insérée dans toutes les institutions et toutes les strates de la société. Ils seraient entre 600.000 et 900.000 personnes, selon David Khalfa.
Les Echos
Ainsi parlait Zarathoustra
Friedrich Nietzsche, par Edvard Munch, 1906

Et que fait le saint dans les bois ? » demanda Zarathoustra. Le saint répondit : _ Je compose des chants et je les chante, et quand je fais des chants, je ris, je pleure et je murmure : c’est ainsi que je loue Dieu.
Mais quand Zarathoustra fut seul, il parla ainsi à son cœur : « Serait-ce possible ! Ce vieux saint dans sa forêt n’as pas encore entendu dire que Dieu est mort !

DES HALLUCINÉS DE L’ARRIÈRE-MONDE
Un jour Zarathoustra jeta son illusion par-delà les hommes, pareil à tous les hallucinés de l’arrière-monde. L’œuvre d’un dieu souffrant et tourmenté, tel lui parut alors le monde.
Le monde me parut être le rêve et l’invention d’un dieu ; semblable à des vapeurs coloriées devant les yeux d’un divin mécontent.
Bien et mal, et joie et peine, et moi et toi, – c’étaient là pour moi des vapeurs coloriées devant les yeux d’un créateur. Le créateur voulait détourner les yeux de lui-même, – alors, il créa le monde.
Hélas, mes frères, ce dieu que j’ai créé était œuvre faite de main humaine et folie humaine, comme sont tous les dieux.
Jadis l’esprit était Dieu, puis il devint homme, maintenant il s’est fait populace.
Zarathoustra répondit : « Pourquoi t’effrayes-tu ? – Il en est de l’homme comme de l’arbre. Plus il veut s’élever vers les hauteurs et la clarté, plus profondément aussi ses racines s’enfoncent dans la terre, dans les ténèbres et l’abîme, – dans le mal ? » « Oui, dans le mal ! s’écria le jeune homme.
Ainisi parlait Zarathoustra
Dans Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche critique la morale collective comme une idole :
« L’État est le plus froid de tous les monstres froids. »
(Zarathoustra, “De la nouvelle idole”)Même si Nietzsche ne parle pas de l’Iran, la phrase colle parfaitement :
un État qui prétend incarner le Bien devient un monstre moral.
Les gardiens de la révolution fonctionnent précisément comme bras armé d’un État qui dit :
• “nous sommes la vertu”
• “nos ennemis sont le vice”
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1 Messages
Il s’agit d’une entrée du dernier essai de Charles Dantzig, Inventaire de la Basse Période, Grasset, 01/2026. Notre monde occidental d’aujourd’hui – « en période basse, comme il y a marée basse » -, disséqué sous forme d’un Abécédaire impitoyable et ironique dont cette entrée est un exemple du ton et du style de l’ouvrage. Une forme de prolongement à un autre de ses essais digne d’intérêt : Encyclopédie capricieuse du tout et du rien.
Voici la première entrée qui a retenu mon attention :
Comme je venais de publier mon billet du jour : « Ainsi parlait Zarathoustra /Du bien et du mal, du vice et de la vertu dans l’Iran d’aujourd’hui », La République islamique m’a naturellement interpellé !
L’enrée se poursuivait aussi avec la mention de « l’art religieux ».
A l’entrée IRONIE on trouve également ceci :
Vous pourrez découvrir vous-mêmes les entrées ISLAM RIGORISTE, RELIGIONS…
Charlie Hebdo, 14 janvier 2026, n° 1747.