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Sollers chez Ardisson

Documentaire : La face cachée de l’homme en noir

D 15 juillet 2025     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


L’“‘homme en noir’ − sa tenue préférée, veste et tee-shirt noir” s’est éteint à l’âge de 76 ans, des suites d’un cancer du foie, ont annoncé ses proches, lundi 14 juillet. Ironie du sort, Ardisson est mort un jour de fête républicaine, lui qui “affichait ses convictions royalistes”. En 20 ans de carrière, de " Lunettes noires pour nuits blanches " à " Tout le monde en parle ", en passant par " Paris dernière ", Thierry Ardisson s’était construit une réputation d’animateur télé insolent et provocateur et était devenu un agitateur incontournable du petit écran tricolore.

Sollers chez Ardisson

Thierry Ardisson : Est-ce que vous pensez que vous aurez eu une belle vie ?
Philippe Sollers : « Oui. Sérieux »
Emission TV « Tout le Monde en parle » du 7 nov 2004 Interview lapidaire façon Ardisson sur le thème « Dernière interview »

13 novembre 1987 Bains de minuit. Philippe Sollers entre littérature et érotisme

Bains de minuits | La Cinq | 13/11/1987 Dans l’ambiance feutrée de la boîte de nuit parisienne Les Bains Douches, Thierry Ardisson reçoit Philippe Sollers pour une interview aussi littéraire qu’inattendue. Ensemble, ils feuillettent et commentent les derniers ouvrages de l’écrivain : Photos licencieuses de la Belle Époque et Les surprises de Fragonard. Entre confidences et réflexions, Sollers éclaire le lien entre érotisme, art et littérature.

21 septembre 2002 Tout Le Monde En Parle | Philippe Sollers : « Je veux être un 11 septembre éditorial »

Tout Le Monde En Parle | France 2 | 21/09/2002 Thierry Ardisson reçoit l’écrivain Philippe Sollers. Il présente son nouveau livre et aborde ses thèmes habituels : la misogynie, l’exhibitionnisme... Puis il parle de la lecture et du fait que les gens lisent moins qu’avant. Philippe Sollers dit que la sortie de son livre est comme un "11 septembre éditorial". Enfin, il répond à une interview "Citations".

7 janvier 2006, Tout le monde en parle. Philippe Sollers, « Une vie divine »

Philippe Sollers face à Lio chez Thierry Ardisson | INA Arditube
suivi de Interview Upside Down

Tout Le Monde En Parle | France 2 | 07/01/2006 Philippe Sollers est l’invité de Thierry Ardisson pour parler de son roman « Une Vie divine », de philosophie, de Nietzsche, Michel Houellebecq, de sexualité et de son rapport aux femmes.
Lio fait part de son désaccord avec Philippe Sollers sur les femmes et les hommes.
Philippe Sollers : "j’ai un narrateur qui vit d’une certaine façon qui s’intéresse aux choses fondamentales, il se demande comment on pourrait sortir du 20ème siècle ; il tombe sur Nietzsche, il trouve ça très frais, très électrique, très actuel, très caustique, très au-delà des lois, très par-delà le bien et le mal... puisque c’est ça votre discussion, le bien, le mal.... Très loin de la morale. Qu’est-ce qui infeste à ce point la vie humaine depuis 2000 ans, sinon la morale, le bien, le mal, la religion, qu’est-ce qui fait qu’on pourrait peut-être sortir de ce cauchemar..."

VOIR ICI

2 avril 2011 Salut Les Terriens ! Sollers, Trésor d’amour

16 février 2019, Sollers chez Ardisson : « le problème aujourd’hui c’est la haine »

VOIR ICI

Thierry ARDISSON, L’Homme en Noir

Il y a deux mois, le 7 mai 2025, il venait de publier chez Plon, un livre testament : « L’Homme en noir » :
le livre sur amazon.fr
• 224 pages

Ardisson se raconte comme jamais.
Juste après le générique, en plein " bonsoir ", l’Homme en Noir, l’animateur du plus gros talk-show du pays, entend un coup de feu !
Qui a tiré ?
Les flics commencent l’enquête.
L’émission continue.
Là, avec la même lumière, la même musique, les mêmes applos que tous les invités habituels du samedi soir, les personnages de sa vie débarquent à tour de rôle sur son plateau, par le grand escalier.
[…]
Ils sont tous là, à commencer par Catherine Barma, plus Baffie et Corti, pour un jugement dernier en forme de show télé émouvant et déjanté, où Ardisson se raconte comme jamais.

« Je veux l’encens, les enfants de chœur… La totale ! »

« Le jour où je sentirai la fin approcher, je déciderai de tous les détails pour mon enterrement », avait confié Thierry Ardisson au journal Le Parisien, lors de la sortie en mai dans son livre-testament, « L’homme en noir ».

« Je veux l’encens, les enfants de chœur… La totale ! J’ai déjà toute la playlist en tête », avait-il ajouté auprès de l’hebdomadaire, citant David Bowie. « Ce n’étaient pas des paroles en l’air » et « il a laissé des instructions », a confirmé son entourage à l’AFP lundi.

Documentaire : « La face cachée de l’homme en noir »

Il avait également choisi de se dévoiler dans un documentaire écrit et réalisé par son épouse Audrey Crespo-Mara, "La face cachée de l’homme en noir", diffusé sur TF1 mercredi 16 juillet.
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Audrey Crespo-Mara et Thierry Ardisson, le 16 janvier 2017, à Paris. © LAURENT BENHAMOU/SIPA

Vous l’avez vu interviewer Mikhaïl Gorbatchev, Angelina Jolie, Robbie Williams, Mariah Carey, Brad Pitt, Jane Fonda, Robert De Niro... Vous le connaissez, mais vous ne le connaissez pas. Ardisson, tout le monde en a parlé sans jamais approcher sa vérité.
« Mon ambition : vous faire découvrir celui qui se cache derrière le costume de " L’Homme en Noir ". Je me suis dit : s’il est quelqu’un qui doit pouvoir le percer à jour, c’est moi qui suis journaliste, portraitiste, et qui vis avec lui depuis 15 ans. Qui est l’intime Thierry derrière le spectaculaire Ardisson ? C’est à travers les 10 Commandements de sa vie que je le révèle : 1. Ta famille, tu fuiras. 2. De ton métier, tu feras une fête. 3. Le destin, tu provoqueras. 4. À la drogue, tu succomberas. 5. Pour créer, tu t’obsèderas. 6. Ta chance, tu saisiras. 7. Tu transgresseras. 8. En écrivain, tu te rêveras. 9. La postérité, tu chercheras. 10. La mort en face, tu regarderas. Ce que l’on découvre, c’est combien l’histoire personnelle d’Ardisson reflète les époques qu’il a traversées, leurs contradictions, leurs utopies, leurs outrances, leurs violences. Comme autant de facettes d’un homme et de la société au tournant du siècle. »

Audrey Crespo-Mara

Audrey Crespo-Mara et Thierry Ardisson étaient en couple depuis 2009 et mariés depuis 2014, mais s’aimaient encore comme au premier jour. Dans une interview datant de 2020, le journaliste avait révélé avoir eu « un véritable coup de foudre » pour sa consœur à l’instant même où il l’a rencontrée, et ce, alors qu’ils étaient encore tous les deux mariés à ce moment-là

Le post de Cécile Guilbert sur sa page Instagram


14 juillet 2025
https://www.instagram.com/p/DMFdQ8BN0rZ/

Cécile Guilbert sur pileface

Et aussi :

De loin, Ardisson pouvait sembler cuistre, cynique et puant ; de près, il était loyal, fidèle et curieux de tout.
Franz-Olivier Giesbert
Le Point, 17 juillet 2025 (pdf)

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2 Messages

  • Viktor Kirtov | 12 août 2025 - 08:37 1


    Archive INA, 2001.
    oOo


  • Albert Gauvin | 28 juillet 2025 - 23:37 2

    Ardisson, quel joli nom. Ça sent bon la France, même si c’est d’origine italienne, et ça sonne bien. On entend « hardi », comme Philippe le Hardi. On entend aussi « unisson ». Celui qui le portait était né à Bourganeuf, dans la Creuse, non loin de Limoges. Ce qu’il a voulu qu’on sache de lui s’étale depuis sa mort, le 14 juillet, de ses derniers entretiens palliatifs en promo du livre « testamentaire », L’Homme en noir (éd. Plon), jusqu’à son enterrement, semble-t-il réglé par le mort au cordeau. C’est le quart d’heure de célébrité crématoire. La mort est un spectacle, elle aussi : une manière comme une autre de mourir pour de faux, comme chez les baroques espagnols, en sachant qu’on meurt pour de vrai. Il s’habillait en noir comme un pou, comme un tueur, comme un personnage du Greco. Sa chevauchée d’hidalgo et d’aventurier audiovisuel a été à l’image de notre époque : un simulacre performant, divertissant, qui alimente un pouvoir.

    En 1973, il a 24 ans et il publie son premier livre autobiographique, Cinémoi (éd. Seuil). Ça débute par des gamins qui jouent aux cow-boys et aux Indiens en Savoie, où habitent les Ardisson après quelques années en Algérie. Thierry est un Indien, baptisé Pou rêveur. Dans une grange, il attend l’attaque des cow-boys, qui « sortiront vainqueurs de cet affrontement. Alors, pour la première fois de ma vie, il m’arrive ce qui malheureusement se reproduira bien souvent ensuite : le monde m’apparaît à travers cet étrange hublot aux coins arrondis qui découpe le faisceau de la projectionneuse sur un écran de cinéma.

    Le jeu cesse d’être un jeu.

    Je deviens réellement Pou rêveur, le vrai, celui du film, prêt à mourir pour défendre sa terre convoitée par les Visages pâles  ». Il met le feu à la grange, puis il pleure en entendant le tocsin : « Je ressentirai pour la première fois mon désespoir de n’être que Thierry Ardisson. » Comment faire pour devenir quelqu’un en n’étant que Thierry Ardisson ?

    Aventure balzacienne

    Sa vie a l’air d’une aventure balzacienne, avec enfance et adolescence tristes en province, fuite à 16 ans, tentative de suicide à 20, genre Rubempré, et entrée dans le monde pour devenir Lousteau, le journaliste ambitieux et cynique. La fête ! Et sa mise en scène, mélange de Voyage au bout de la nuit et de Dolce Vita. Ceux qui survivent sont des spadassins à peau d’iguane. La morale commune n’est pas leur affaire. Ils se forgent la leur, comme une épée de Tolède, sur mesure. Tel fut Ardisson, as des as de la vraie-fausse interview, du montage télévisuel en camisole, de la provocation calculée, des effets et des turpitudes annoncés ; du second degré tellement souligné qu’il finissait par rejoindre, vulgairement, brutalement, le premier. On ne comprend bien ses audaces, sa dureté, son succès, que lorsqu’on a vécu les eighties : fin des illusions et des vieux cons, liberté grande, compassion morte, permis de chasse, de jouir et de tuer.

    À lire aussi : De quoi Ardisson est-il le nom ?, 17 juillet 2025

    Je l’ai rencontré une fois, en 1988, à l’aube de sa notoriété. J’avais 24 ans. J’étais allé l’interviewer, dans son agence, pour Libération. À propos de quoi ? J’ai oublié. La plupart des sujets, dans la presse, sont sans importance : ils fanent plus ou moins vite, comme les célébrités ou les événements qui les portent. On ne se souvient que du reste : une situation, une rencontre, une ou deux répliques, quelques gestes. Je suis entré dans le bureau, il s’est levé, déjà tout en noir. Puis il a sorti une bouteille de champagne et deux flûtes. Il était 11 heures. L’interview a débuté comme ça, debout, en sifflant du champagne, lui assis le cul sur son bureau, très cool, moi ne sachant où poser le mien, pas cool mais amusé, puis de plus en plus cool, champagne aidant sur estomac vide. Évidemment, c’était du Moët.

    Un jour, il demande à Guy Bedos vieillissant : «  Vous pensez qu’avec le retour des années 70 vous allez redevenir à la mode ? » Bedos : « Redevenir à la mode ? Mais la mode me suit !  » Je ne sais pas si la mode a suivi Pou rêveur, ou s’il a su l’utiliser, posé sur le crâne des autres. Je ne sais pas s’il a mis le feu à la grange audiovisuelle. Je ne sais pas si elle prend feu ou si, simplement, elle s’éteint dans une suite de présences et d’oublis.

    La fin spectaculaire de l’animateur est plutôt réussie. Elle m’attriste, parce que même à travers lui, à travers ce personnage fameux et sans lendemain, je me vois vieillir et, une fois de plus, mourir ; mais il ne faut pas exagérer : cette mise en scène, ce n’est ni Supplique pour être enterré sur la plage de Sète de Brassens, ni American IV de Johnny Cash, ni Ten New Songs de Leonard Cohen, ni Blackstar de Bowie.

    Charlie hebdo, 23 juillet 2025.