
Chronologiquement, c’est la chronique de Philo Magazine du 14 février intitulée « Quand Barthes chantait Diana Rosss » qui a d’abord attiré notre attention. Et c’est l’objet de la partie 1 de cet article. On y évoquait brièvement le Palace, la discothèque parisienne, à la mode qui venait d’ouvrir (nous sommes en 1978) et qu’aimait fréquenter Roland Barthes : « […] le Palace me séduit. Je m’y sens bien. ». Nous y apprenons aussi qu’il a écrit un article pour Vogue Hommes N° 10 (mai 1978) intitulé « Au Palace ce soir ».
La curiosité aiguisée, nous partons à la recherche de ce texte : les archives de Vogue ne donnent rien. Google et ChatGPT aidant, nous en trouvons une copie dans un essai intulé « Incidents », publié post mortem en 1987 aux éditions du Seuil : une collection de fragments, de notes et de réflexions, recueil de textes considéré comme l’un des plus personnels de Barthes, car il y aborde des sujets intimes tels que la mort de sa mère, sa relation avec son père et son homosexualité.
Le chapitre « Au Palace ce soir » fait l’objet de la partie 2 de cet article que nous avons prolongée par un extrait du dernier chapitre, intitulé « Soirée de Paris », et plus précisément la dernière note du livre datée du 17 septembre 1979, 6 mois avant sa mort le 26 mars 1980, des suites d’un accident de la circulation, renversé par une automobile alors qu’il traversait, dans les clous, la rue des Écoles. Il était âgé de soixante-quatre ans.
Quand Barthes chantait Diana Ross
Philosophie Magazine, publié le 14 février 2025


« "Love Saves the Day". C’est l’amour qui nous sauve. J’y crois, mais n’attendez pas de moi que je fasse le Valentin transi ni le romantique fiévreux. Je goûte peu les Cupidon en carton et les effusions à date fixe. Si je cite ces mots doux, écrit un 14 février 1970, c’est que je les ai lus dans une superbe exposition qui vient d’ouvrir sur la "disco". Où l’on redécouvre une quête des plaisirs, non dénuée de gravité.

Difficile de résister au déhanché. Car la visite de l’exposition Disco. I’m coming out qui ouvre ce vendredi à la Philharmonie de Paris se fait en musique. Le DJ Dimitri from Paris en a composé l’irrésistible bande-son, puisant à la source africaine-américaine, soul et funk, de ce genre dont l’institution retrace l’histoire. Tout débute dans le contexte des luttes pour les droits civiques, des mouvements féministes et LGBT. Sous le glamour, les discriminations. Le parcours souligne cette ambivalence. […] cette vogue portée par des divas afro-américaines devenues icônes gay – Diana Ross, Donna Summer, Gloria Gaynor… – coïncide aussi avec les émeutes de Stonewall et l’épidémie de sida.


Diana Ross revient en France pour un concert exceptionnel à l’Accor Arena.le 6 juillet 2025
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[…] Roland Barthes s’est-il trémoussé au Palace ? Il décrit en tout cas l’atmosphère de cet ancien théâtre, transformé en discothèque, dont de rares photos en couleurs sont accrochées dans l’expo. Le lieu ouvre en 1978 sur le modèle des clubs new-yorkais, alors que de nombreuses discothèques essaiment en Europe. La même année, dans "Au ‘Palace’ ce soir", un article publié dans Vogue Hommes, le sémiologue évoque un "art total […] où se combinent les scintillations, les musiques et les plaisirs". Selon lui, le Palace "rassemble dans un lieu original des plaisirs ordinairement dispersés : celui du théâtre comme édifice amoureusement préservé, jouissance de la vue ; l’excitation du Moderne, l’exploration de sensations visuelles neuves, dues à des techniques nouvelles ; la joie de la danse, le charme des rencontres possibles. Tout cela réuni fait quelque chose de très ancien, qu’on appelle la Fête, et qui est bien différent de la Distraction ; tout un dispositif de sensations destiné à rendre les gens heureux, le temps d’une nuit."
Mais rapidement les scintillations et les plaisirs défrisent les plus réactionnaires. Aux États-Unis, une "Disco Demolition Night" est même organisée dès 1979, où sont brûlés dans un stade de Chicago des disques disco, en protestation contre tout ce qu’incarne ce mouvement d’émancipation. L’instigateur de cette "panique morale" scande le slogan "Disco Sucks" et conspue les Village People… lesquels ont été aujourd’hui, par une ruse de l’histoire qui n’a rien de brillant, phagocytés par Donald Trump. Le président conservateur, qui n’est pas l’égérie des minorités queer, s’est en effet dandiné durant toute sa campagne sur le tube YMCA, chantant "que les jeunes hommes s’amusent"… avec l’aval du groupe. La fête est finie ? »
« Au Palace ce soir », de Roland Barthes
L’article « Au "Palace" ce soir » de Roland Barthes a été publié en mai 1978 dans le numéro 10 du magazine Vogue Hommes, puis reproduit dans le recueil posthume de Roland Barthes intitulé Incidents, publié en 1987. Dans cet article, Barthes analyse la célèbre discothèque parisienne et la nuit parisienne de l’époque.
Lorsqu’il écrit cet article en 1978, il est déjà depuis longtemps un intellectuel reconnu, très présent sur la scène médiatique et récemment élu professeur au Collège de France. En choisissant de parler dans ces titres emblématiques de la presse masculine comme Vogue Hommes, mais aussi Playboy (septembre 1977 et mars 1980), Roland Barthes déjoue donc les attentes liées à son statut d’intellectuel : ce choix n’est pas anodin, et suscite notre curiosité, mais faut-il y voir une intention particulière ?
La Coréenne Suk-Hee JOO, Docteure en Littérature française, Chargée de cours à l’Institut national des langues et civilisations orientales, a publié une analyse de ce texte dans la revue Roland Barthes N° 3 (mars 2017), sous le titre : « La parole de Roland Barthes dans la presse masculine : de la figure subjective au « mythe contemporain »
Nous en avons extrait quelques passages :

La figure subjective de Roland Barthes dans Playboy et Vogue Hommes : le « je » démultiplié.
En lisant les deux entretiens publiés dans Playboy (septembre 1977 et mars 1980) ou l’article de Vogue Hommes (mai 1978), le lecteur a l’impression d’entrer dans l’intimité de Roland Barthes. En effet, celui-ci aborde des sujets issus de son expérience personnelle. Dans le cas du premier entretien, c’est la publication des Fragments d’un discours amoureux qui suscite une discussion avec Philippe Roger […] Quant à l’article publié dans Vogue Hommes, il est consacré au Palace, célèbre boîte de nuit parisienne que Roland Barthes fréquente personnellement.
Ainsi, la figure de l’intellectuel semble parfois s’effacer partiellement, dans les pages de ces magazines populaires, pour laisser apparaître des aspects plus intimes de sa personnalité. Or cette subjectivité de Roland Barthes s’affirme régulièrement à travers des figures littéraires. On étudiera successivement trois de ces figures littéraires (le narrateur d’À la recherche du temps perdu, le héros de La Montagne magique, et Werther) afin de voir comment elles permettent à Roland Barthes de construire sa propre figure subjective et de déployer une parole personnelle dans ces articles. Un premier exemple se trouve dans l’article « Au “Palace” ce soir », où le regard de Roland Barthes et celui du narrateur proustien se superposent métaphoriquement dans une allusion explicite à un passage du Côté de Guermantes :
Proust aurait-il aimé ? Je ne sais : il n’y a plus de duchesses. Pourtant, me penchant de haut sur le parterre du Palace agité de rayons colorés et de silhouettes dansantes, devinant autour de moi dans l’ombre des gradins et des loges découvertes tout un va-et-vient de jeunes corps affairés à je ne sais quels circuits, il me semblait retrouver, transposé à la moderne, quelque chose que j’avais lu dans Proust : cette soirée à l’Opéra, où la salle et les baignoires forment, sous l’œil passionné du jeune Narrateur, un milieu aquatique, doucement éclairé d’aigrettes, de regards, de pierreries, de visages, de gestes ébauchés comme ceux de déités marines, au milieu desquelles trônait la duchesse de Guermantes. Rien qu’une métaphore en somme, voyageant de loin dans ma mémoire et venant embellir le Palace d’un dernier charme : celui qui nous vient des fictions de la culture [1]
Dans les lignes de Roland Barthes comme dans le passage de Proust [2], auquel il semble même emprunter l’ampleur de ses phrases, la métaphore est suscitée par l’impression que produit l’observation d’un espace clos, régi par les règles d’une société mondaine. Ce sont ces règles, dans l’un et l’autre cas, que l’observateur entreprend de déchiffrer. Après avoir rappelé que le Palace était à l’origine un théâtre, Roland Barthes, en sémiologue, recourt à l’étymologie : « Théâtre : ce mot grec vient d’un verbe qui veut dire voir. Le Palace est bien un lieu dévoué à la vue : on passe son temps à regarder la salle ; et, lorsqu’on revient de danser, on regarde de nouveau. » (OC V [1978], p. 456). Ainsi, aux yeux de Roland Barthes, le Palace n’est pas simplement un lieu de distraction, mais un espace dont l’architecture et la décoration sont au cœur de pratiques sociales. À partir de cette analyse du Palace comme dispositif visuel, la mémoire littéraire de Roland Barthes ouvre un prolongement de ce lieu réel vers l’espace-temps fictionnel d’À la recherche du temps perdu, reproduisant le phénomène par lequel le narrateur proustien pénètre dans un « monde nouveau » en suivant dans la salle un homme qu’il suppose être le prince de Saxe allant rejoindre la duchesse de Guermantes :
Du moins en disant cette phrase au contrôleur il embranchait sur une vulgaire soirée de ma vie quotidienne un passage éventuel vers un monde nouveau ; le couloir qu’on lui désigna après avoir prononcé le mot de baignoire et dans lequel il s’engagea, était humide et lézardé et semblait conduire à des grottes marines, au royaume mythologique des nymphes des eaux. Je n’avais devant moi qu’un monsieur en habit qui s’éloignait ; mais je faisais jouer auprès de lui, comme avec un réflecteur maladroit, et sans réussir à l’appliquer exactement sur lui, l’idée qu’il était le prince de Saxe et allait voir la duchesse de Guermantes [3].
Au moment où le narrateur pénètre dans la salle de l’Opéra, ce n’est donc pas une illusion d’optique mais plutôt une disposition mentale qui fait surgir la vision d’un monde mythologique dont la duchesse de Guermantes serait la figure centrale. À l’instar du narrateur proustien, Roland Barthes se place temporairement à distance du monde réel pour « rêver » et mieux percevoir l’étrangeté du lieu dans lequel il est immergé :
Solitaire, ou du moins un peu à l’écart, je puis “rêver”. Dans cet espace humanisé, je puis m’écrier à un moment : “Comme tout ceci est étrange !” Étrange l’ancien rideau de scène, où je lis une publicité imagée de la French Line : Le Havre-Plymouth-New York (bizarre : dans cette chaîne de lieux, c’est Plymouth qui me fait rêver : peut-être le mythe romantique de l’escale ?). Étranges les danseurs sombres (par l’effet de la contre-lumière) dans le brouillard qui couvre par instants la piste, articulés comme des pantins sous un plafond de rayons verts et rouges. Étrange le miroir basculant. Étranges les fresques bistres, vaguement grecques, qui courent comme une sagesse un peu rétro le long de la frise.(OC V [1978], p. 457-458)
L’atmosphère « étrange » du Palace, où les silhouettes des danseurs s’estompent sous l’effet de l’éclairage intermittent et du brouillard artificiel, est créée par la superposition de plusieurs époques et de plusieurs lieux dans la perception qu’en a Roland Barthes, car la salle est à la fois ancienne (notamment par le style rétro des décorations « vaguement grecques ») et moderne :
Voilà peut-être pourquoi le Palace me séduit. Je m’y sens bien. C’est moderne, très moderne ? Et pourtant j’y retrouve le vieux pouvoir de la véritable architecture, qui est conjointement d’embellir les corps qui marchent, qui dansent, et d’animer les espaces et les édifices. (OC V [1978], p. 456)
La rêverie, très proustienne, sur les noms de lieux de la publicité pour la French Line accentue cet effet de brouillage spatial et souligne l’aspect fantasmatique de la description. En se référant à la salle de l’Opéra telle qu’elle apparaît « sous l’œil passionné du jeune Narrateur » (OC V [1978], p. 458), le sémiologue assume en effet pleinement une posture subjective dans laquelle la mémoire littéraire, par l’intermédiaire de la métaphore, participe de la pratique de déchiffrement du monde. C’est pourquoi le souvenir de la description proustienne apparaît, à propos du Palace, « transposé à la moderne » (ibid.). L’affirmation de ce regard subjectif permet donc d’intégrer les « fictions de la culture » (ibid.), c’est-à-dire la mémoire littéraire, à la parole de Roland Barthes telle qu’elle se déploie dans l’article de Vogue Homme.

Nota : Ce rapport étroit entre le « je » et ses doubles littéraires se manifeste dans d’autres textes de Roland Barthes, où le procédé ne caractérise pas seulement son regard, mais aussi la manière dont il parle de son corps. C’est le cas quand il mentionne les conséquences de la tuberculose sur sa propre morphologie dans l’entretien accordé à Laurent Dispot pour la page « Santé » de Playboy [4].
Crédit : Suk-Hee JOO



« Au Palace ce soir » extrait (la fin du chapitre)
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« Soirées de Paris », note du 17 septembre 1979
« Au-delà de cette limite
votre ticket n’est plus valable »
Romain Gary
(note pileface)Cette note du 17 septembre 1979 clôt le chapitre « Soirées de Paris » et le livre « Incidents . Roland Barthes va bientôt avoir 64 ans, un moment de sa vie, où comme le personnage principal de Romain Gary il est en fin de parcours et son "ticket" n’est plus valable : l’impuissance sexuelle dans le roman de Romain Gary et chez lui, l’insuccès dans ses dragues homosexuelles...
« Je voyais dans l’évidence qu’il me fallait renoncer aux garçons, parce qu’il n’y avait pas de désir d’eux à moi, et que je suis ou trop scrupuleux ou trop maladroit pour imposer le mien. »
17 septembre 1979
Hier, dimanche, Olivier G. est venu déjeuner ; j’avais donné à l’attendre, l’accueillir, le soin qui d’ordinaire témoigne que je suis amoureux. Mais, dès le déjeuner, sa timidité ou sa distance m’intimidait ; aucune euphorie de relation, loin de là. Je lui ai demandé de venir à côté de moi sur le lit pendant ma sieste ; il est venu très gentiment, s’est assis sur le bord, a lu un livre d’images ; son corps était très loin, si j’étendais le bras vers lui, il ne bougeait pas, renfermé : aucune complaisance ; il est d’ailleurs vite parti dans l’autre pièce. Une sorte de désespoir m’a pris, j’avais envie de pleurer. Je voyais dans l’évidence qu’il me fallait renoncer aux garçons, parce qu’il n’y avait pas de désir d’eux à moi, et que je suis ou trop scrupuleux ou trop maladroit pour imposer le mien ; que c’est là un fait incontournable, avéré par toutes mes tentatives de flirt, que j’en ai une vie triste, que, finalement, je m’ennuie, et qu’il me faut sortir cet intérêt, ou cet espoir, de ma vie. (Si je prends un à un mes amis - à part ceux qui ne sont plus jeunes-, c’est chaque fois un échec : A., R., J.-L. P., Saül T., Michel D. - R. L., trop court,
B. M. et B. H., pas de désir, etc.) Il ne me restera # plus que les gigolos. (Mais que ferais-je alors pendant " mes sorties ? Je remarque sans cesse les jeunes hommes, désirant tout de suite en eux, d’être amoureux d’eux.
Quel sera pour moi le spectacle du monde ?) -
J’ai joué un peu de piano pour O., à sa demande, sachant dès lors que j’avais renoncé à lui ; il avait ses très beaux yeux, et sa figure douce, adoucie par ses longs cheveux : un être délicat mais inaccessible et énigmatique, à la fois doux et distant. Puis je l’ai renvoyé, disant que j’avais à travailler, sachant que c’était fini, et qu’au-delà de lui quelque chose était fini : l’amour d’un garçon.
Sollers et Barthes
Sollers apparaît brièvement dans une note du chapitre « Soirées de Paris », datée du 27 août 1979 :
27 août 1979 [5]
J’attends Philippe S. au Select (la Coupole étant fermée en cette fin d’août) ; la terrasse est encombrée, ce café m’est hostile - peut-être parce que inhabituel ; une femme seule : une « poule » ? Non, elle s’en va sans rien dire. Derrière moi, voix de femme bien timbrée ; parle à un type qui doit lui faire du gringue ; il est question d’horoscope ; on cherche les bons signes complémentaires du Sagittaire (que doit être le type) ; comiquement, tous sont complémentaires, même le Taureau ». Le garçon parle avec un client ; on ne peut obtenir son attention avant qu’il n’ait soigneusement fini sa phrase, comme on plie sa serviette (scène proustienne : coup de sonnette des patrons à la cuisine). Nous allons diner à la Rotonde, dans un box ; à côté, un petit vieux très excité fait du gringue (encore) à une femme plus jeune, un peu édentée.
J’ai eu le tort - et l’idée bizarre, inhabituelle - de prendre un alcool de poire pour fumer un second cigare et prolonger la soirée ; d’où un mal d’estomac assez aigu. Je suis rentré seul. Tout était désert, ce dimanche d’août à onze heures du soir. Rue Vavin, j’ai croisé une jeune femme, belle, élégante, fardée, qui tenait un chien en laisse ; elle a laissé derrière elle une fine odeur de muguet. J’ai longé le Luxembourg, la rue Guynemer vide à perte de vue. Sur une colonne Morris, grande affiche pour un film ; les noms des acteurs (Jane Birkin, Catherine Spaak) sont annoncés en gros - comme si c’étaient des appâts incontestables (mais qui est-ce ? qu’est-ce que je m’en fous ! vous me voyez me déranger pour Catherine Spaak, etc.). Devant le 46 rue de Vaugirard (maison fourre-tout d’activités protestantes), une silhouette attrayante de garçon ; il entre avant que je puisse le voir. Au lit, sans me forcer à lire les pensums modernes, je reprends tout de suite Chateaubriand : page étonnante sur l’exhumation de Napoléon à Sainte-Hélène.


- Roland Barthes et Philippe Sollers au Colloque de Cerisy-la-Salle en juillet 1972. (photo Stanislas Ivankow)

Dans Femmes (1981), Roland Barthes est Jean Werth :

Je revois Werth, à la fin de sa vie, juste avant son accident... Sa mère était morte deux ans auparavant, son grand amour... Le seul... Il se laissait glisser, de plus en plus, dans des complications de garçons, c’était sa pente, elle s’était brusquement accélérée... Il ne pensait plus qu’à ça, tout en rêvant de rupture, d’ascèse, de vie nouvelle, de livres à écrire, de recommencement... Savait-il que son surnom, désormais, prononcé en douce au cours des soirées un peu particulières organisées par ses amis pour lui fournir des occasions de drague, était « Mamie » ? Mamie ! Tout un programme...
..
Mais de plus en plus, maintenant, c’était les intrigues de X et Z, les petites cloques psychologiques liées à l’énervement physique... Rien de plus psychologisant que la perversion... (La suite ICI)



Sélection
La mort de Roland Barthes
Ph. Sollers. L’amitié de Roland Barthes
Sollers écrivain par Roland Barthes
Roland Barthes tel quel
Roland Barthes, de Tiphaine Samoyault
Roland Barthes, du coeur à l’ouvrage / Fragments d’un discours amoureux

L’intégrale
Roland Barthes sur pileface

VOIR AUSSI :
roland-barthes.org/

[1] Roland Barthes, Œuvres complètes, tome V [« Au “Palace ce soir” », 1978], p. 458.
[2] La description de la salle et du public sous l’aspect d’un monde de divinités aquatiques ouvre la scène de la soirée à l’Opéra : voir Marcel Proust, Le Côté de Guermantes, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », 1988 [1920-1921], p. 32-35.
[3] Ibid., p. 32.
[4] Roland Barthes, Œuvres complètes, tome V [« Entretien », 1980], p. 938-940. Toutes les références à cet entretien seront désormais notées sous la forme « OC V [1980] », entre parenthèses, dans le corps du texte.
[5] [En note, en haut de page :] Mettre au passé composé.
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2 Messages
Eric Jean-Pierreclos,
Une belle occasion de relire Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven.
A propos de cette époque, du Palace, ce samedi 22 février 2025, Ingrid Caven montera sur la scène du Théâtre des Bouffes du Nord à Paris. Jean-Jacques Schuhl a écrit 3 des 16 textes de cette soirée.