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Les mystères du linceul de Turin

(suite des spéculations)

D 9 juin 2025     A par Albert Gauvin - C 1 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Pileface a consacré de nombreux articles à l’énigme du linceul ou du saint Suaire de Turin (cf. saint Suaire). J’ai moi-même relevé les multiples spéculations, scientifiques, religieuses, auxquelles elle avait donné lieu ces vingt dernières années. Cette question hante de nombreux écrits de Philippe Sollers. Rappelons, pour mémoire, quelques citations.

L’événement du jeudi du 23 décembre 1999 ; L’Infini 69, printemps 2000 :

« Jésus est la superstar du spectacle. On peut le mettre à toutes les sauces, des plus sublimes à la plus kitsch, des fresques de Michel-Ange aux bandes dessinées, de Hollywood à Jean-Sébastien Bach ou Mozart : il tient le coup, résiste à tout, avale tout. On le prêche, il rebondit. On le nie, il se multiplie. Il n’est pas jusqu’à sa photographie supposée, dite "linceul de Turin", ou Saint Suaire, qui ne soit l’objet d’une controverse scientifique. »

Une vie divine, 2006 :

« Quant au Suaire, est-il authentique ou faux ? La question semble encore suspendue entre la Palestine du 1er siècle du faux calendrier et le Moyen Âge du même. La science affirme que c’est un faux tardif (mais tardif par rapport à quoi ?), mais est encore incapable d’expliquer comment l’empreinte sanglante d’un crucifié aussi exact que solennel a pu s’imprimer sur ce linge. Est-ce LUI ? Vraiment LUI ? Le négatif photo est impressionnant, et, en effet, ce serait énorme. M.N. n’a jamais vu ce négatif, mais il savait que le Suaire était là, il ne pouvait pas ne pas y penser même s’il n’en parle jamais. Le Christ et l’Antéchrist dans la même ville, Dionysos et le Crucifié dans le même quartier, ça ne peut pas s’inventer.
Ricanez si vous voulez, moi j’écoute. »

Graal, le dernier roman de Sollers publié de son vivant, 2022 :

« Le Saint Suaire de Turin, et sa photo toujours inexplicable, est encore un objet de débats passionnés. »

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Photogramme du film Graal

« Alors entre aussi l’autre, le premier arrivé au tombeau, il voit, et il croit ». Cette parole de Jean (20.8), le premier à croire à la résurrection du Christ, ouvre le film Graal réalisé par G.K. Galabov et Sophie Zhang en 2022. Elle s’entend au présent alors que la plupart des traductions la mettent à l’imparfait. « Il voit, et il croit ». Vers la fin du film, la tête du Christ qui figure dans La résurrection de Piero della Francesca se superpose à celle du saint Suaire de Turin jusqu’à si confondre...

Cette tête du Christ de La résurrection de Piero figure telle quelle sur la couverture du numéro 19 d’art press daté de juin 1978 qui avait pour thème « Dieu est-il mort ? ». Un numéro, présenté par Jacques Henric, dans lequel Sollers donnait un long entretien intitulé La « lettre volée » de l’Évangile.

Un récent documentaire, diffusé sur arte le samedi 7 juin, veille de la pentecôte, tente à nouveau de faire le point.

Les mystères du linceul de Turin

Réalisation : Florian Höllerl

Pays : Autriche Allemagne
Année : 2025

Le linceul de Turin, qui pour certains aurait enveloppé le corps de Jésus après la crucifixion, continue de faire l’objet de recherches scientifiques passionnées, même si celles-ci ont déjà établi que le tissu remonterait au Moyen Âge.

L’étoffe jaunie d’environ 4 mètres de long et 1 mètre de large laisse entrevoir la silhouette d’un corps d’homme dont les caractéristiques correspondent à certaines descriptions de Jésus dans les évangiles : présenté publiquement en 1354 à Lirey, en Champagne, le linceul de Turin continue, aujourd’hui encore, de fasciner croyants et scientifiques. Si certains y voient alors le Saint-Suaire, qui aurait enveloppé le corps du Christ après sa crucifixion, d’autres tentent de prouver qu’il s’agit d’une fausse relique, comme l’affirmait déjà au XIVe siècle l’évêque de Troyes, Henri de Poitiers. Conservé depuis 1578 dans une chapelle de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin, il suscite un regain d’intérêt en 1898, lorsqu’une photographie révèle que l’empreinte du corps est en réalité l’équivalent d’un négatif. Près de cent ans plus tard, une datation par carbone 14 permet aux scientifiques d’affirmer que l’étoffe de lin daterait du Moyen Âge, les chercheurs estimant sa fabrication entre 1260 et 1390 avec une probabilité de 95 %. Si l’Église catholique rappelle alors considérer l’objet comme une simple icône, la découverte ne suffit pas à apaiser le débat. Une énigme demeure : les chercheurs ne savent toujours pas expliquer comment cette empreinte a été transférée sur le tissu. Si l’on ajoute à cela que les résultats de la datation au carbone 14 ont fait l’objet de nombreuses contestations et qu’une étude plus récente prétend démontrer la parfaite authenticité du linceul, le mystère semble insoluble...

Jeu de piste
Dans ce documentaire, on voit une petite pièce de monnaie figurant le linceul de Turin, c’est en France, au 14 ème siècle à Lirey, petite commune située au sud de Troyes, où se trouvait il y a environ 700 ans une église dans laquelle le linceul de Turin était exposé pour la première fois en 1357, après la mort de Geoffroy de Charny qui avait financé la construction d’une Collégiale pour accueillir la prestigieuse relique. Sa famille est la première à être entrée en possession du linceul. Dans un bosquet aujourd’hui en friche situé juste en dehors de Lirey, la famille de Geoffroy de Charny possédait une maison forte entourée de douves. Geoffroy de Charny était avant tout un chevalier, farouche guerrier et un homme pieux et meurt en 1356 à la Bataille de Poitiers [1].

De Jérusalem, lieu supposé de la crucifixion de Jésus, à Lirey, où les premières traces historiques du linceul apparaissent, en passant par Turin, où le tissu est toujours conservé, ce documentaire retrace l’histoire du suaire grâce à des chercheurs passionnés. Le réalisateur Florian Höllerl rencontre ainsi le chimiste Luigi Garlaschelli, qui a développé différentes théories sur la façon dont l’empreinte a pu être dessinée sur le drap, l’historien du christianisme Andrea Nicolotti, qui étudie les sources évoquant le linceul depuis le Moyen Âge, ainsi que l’archéologue Jodi Magness, qui explore les tombeaux antiques en Israël. Une palpitante enquête historique en forme de jeu de piste.

LIRE : Le linceul de Turin (CIELT - Centre international d’études sur le linceul de Turin)


[1] LIRE AUSSI : Le Saint-Suaire de Lirey (Archives de l’Aube).

1 Messages

  • Albert Gauvin | 24 février 2026 - 23:46 1

    1700 ans après sa découverte, le Saint-Suaire de Turin toujours au cœur des polémiques entre scientifiques

    Mystère insoluble de la chrétienté, objet archéologique le plus étudié au monde, le linceul de Turin divise et met en échec la communauté scientifique depuis des siècles. Dans cet épisode du podcast "Le Bureau des Complots", Peeters et Jacobs retracent l’histoire controversée de la plus célèbre des reliques de Jésus et tentent de percer les secrets d’un bout de tissu qui a fait couler beaucoup d’encre. LIRE ICI.