
Qui se découvre
Offert au désir
Sublime beauté de la nature
Dans sa rondeur et courbure
Formes parfaites
Seul un Tartuffe peut dire
« Couvrez ce sein que je ne saurais voir »
« Nobles rondeurs, effroi de la pudeur chagrine !
Et c’est d’un trait pieux que mon doigt vous burine »
corrige heureusement le poète Albert Mérat [1]
« Et quand vibrent sur vous mes lèvres harcelantes,
Libellules d’amour dont vous êtes les fleurs,
Votre incarnat rougit, pointes ensorcelantes ! »
ajoute Maurice Rollinat [2]
Ou encore :
« J’aime tes seins frais, aux pointes épanouies.
J’aime tes seins cabrés, aux magiques frissons.
J’aime tes seins polis, durs comme des glaçons.
J’aime tes seins purs, pleins de lueurs inouïes.
Je butinerai sur ta gorge, au tourbillon
Des désirs, les senteurs sitôt évanouïes.
Ton sein est la fleur, ma lèvre est le papillon,
J’aime tes seins frais, aux pointes épanouïes. »
(Léon Gandillot, Tes seins, 1888)
Qu’ils soient en forme de poire ou de pomme
Le christianisme en a fait des fruits défendus
Depuis Adam et Eve
Qui ayant goûté à la pomme d’amour
Se découvrirent nus
Et furent chassés du Paradis
Mais grâce à cet éveil à la connaissance
Nous pouvons aujourd’hui apprécier
Comme ce sein est beau
« Et quand vibrent sur vous mes lèvres harcelantes,
Libellules d’amour dont vous êtes les fleurs,
Votre incarnat rougit, pointes ensorcelantes
J’admire tes beaux seins qui s’enflent et s’abaissent. »
(Maurice Rollinat, Les Névroses, 1883)
Comme les poètes, les peintres, les sculpteurs, les photographes ont célébré leur beauté :

« Les nus de Willy Ronis, dans leur extraordinaire naturel, sont sacrés ».
(Philippe Sollers)
V.K.

Sur pileface :
Les "Nues" de Willy Ronis
Philippe Sollers : La Beauté avec Willy Ronis
L’Infini n°105, hiver 2008 - La beauté
L’oeil de Willy Ronis se referme

Seins nus
Les cultures préchrétiennes et prémusulmanes d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Australie et d’Océanie considéraient la nudité de la poitrine comme normale et acceptable, du moins avant l’arrivée des missionnaires chrétiens, et cela continue d’être le cas dans de nombreuses cultures aujourd’hui.
Dans de nombreuses sociétés de nos jours, la dissimulation des seins est une norme culturelle de pudeur féminine à partir de l’adolescence lorsque les seins des jeunes filles commencent à grossir. Cependant, les attitudes par rapport aux poitrines dénudées varient considérablement suivant les cultures et dans l’histoire.

Deux femmes wichitas (tribus amérindiennes du Kansas, de l’Oklahoma et du Texas) , en costume traditionnel en 1870.

Une femme de l’ethnie himba à Opuwo en Namibie (dans les années 2000), où les seins nus sont considérés comme une norme.



« Femme_au_miroir », Christoffer Wilhelm Eckersberg (1841) (détail) © CC0/WikiCommons
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Marjane Satrapi l’autrice de la BD et du film « Persepolis » s’en est allée à 56 ans.


