
- En tant que directeur littéraire, Jean Cayrol révéla Philippe Sollers, Marcelin Pleynet, Roland Barthes... © PHOTO DR
L’ Histoire de Tel Quel, celle que raconte Philippe Forest (Edition du Seuil, 1995) et, sans doute, aussi, la véritable histoire de Tel Quel, commencent par une rencontre avec un poète, né à Bordeaux en 1911, résistant, déporté, qui publie en 1945 Poèmes de la nuit et du brouillard. Il s’appelle Jean Cayrol.
Marcelin Pleynet le rencontre pour la première fois en mai 1955. En octobre 1956, Jean Cayrol publie le premier numéro de la revue Ecrire dont "la vocation singulière, nous dit Ph. Forest, est la publication exclusive de premiers textes, la découverte d’auteurs encore inconnus".
Un jeune inconnu, Philippe Joyaux, lui écrit le 14 décembre 1956 :
Parmi les raisons que j’ai de vous écrire, il me plaît de choisir celle-ci, la plus insignifiante : j’ai 20 ans et je suis bordelais. Bon, direz-vous, mais qu’y a-t-il là qui justifie cette indiscrétion ? Hélas, j’ai ce malheur de n’être pas froissé avec la littérature et d’avoir contre moi un informe (mais court !) manuscrit dont j’aimerais savoir les faiblesses.
J’en viens à l’important : mon envie de vous connaître. Et je vous prie bien profondément de ne voir en elle nulle habileté... Si, au risque de ce doute, je vous assure que vos poèmes - et cet admirable cri de Nuit et brouillard - sont pour moi d’une matière très précieuse et très intime, vous pouvez m’en croire sans sourire.
Bien entendu, il serait inélégant de feindre d’ignorer qu’"Ecrire" est une tentation (...) "
Cet "informe manuscrit", c’est Le défi. Jean Cayrol — qui, toujours selon Forest, accorde un entretien à Philippe Joyaux "dès le début du mois de janvier 1957" — le publiera en octobre de la même année dans le numéro 3 d’Ecrire. Le défi portera pour la première fois la signature de Philippe Sollers.
Enfin, Jean Cayrol présentera Philippe Sollers à Marcelin Pleynet en 1958.
Ce sera donc, à tous points de vue, une rencontre décisive.
Jean Cayrol est mort le 10 février 2005.


Jean Cayrol - Un homme en résistance
A l’occasion de la publication par les Editions du Seuil d’une partie de l’Oeuvre lazaréenne, Marcelin Pleynet revient sur la résistance de Jean Cayrol, poète et romancier.
J’ai rencontré pour la première fois Jean Cayrol en mai 1955. J’avais 22 ans. Et, après avoir publié dans le numéro 2 d’Ecrire, je ne devais pas tarder à travailler pour lui, aux éditions du Seuil, puis à devenir son secrétaire personnel, et à l’accompagner dans divers voyages, en Hollande, en Angleterre, en Ecosse...
Cayrol était déjà occupé par le projet de Nuit et Brouillard, et j’ai suivi toute la réalisation du film par son intermédiaire ; nous en parlions souvent. Nuit et Brouillard est désormais généralement présenté comme "un des grands classiques sur les camps de la mort", cette formule aurait fait frémir Cayrol !Ce que je retiens de ma fréquentation de Jean Cayrol et de mon amitié pour lui ne me porte pas à le fixer, à l’enfermer dans "l’effroyable expérience de l’exil et de la déportation", comme si l’on voulait oublier que l’exil, la déportation, l’enfermement dans les camps de la mort, furent déterminés par son entrée dans la Résistance et sa participation au réseau Notre-Dame du colonel Rémy, dès 1940. Je considère aujourd’hui encore que, pour le jeune homme que j’étais, rencontrer et partager l’existence et la méditation de ce Résistant français de la première heure, ce fut une chance, et une dette comme on en contracte peu au cours de son existence. Une chance notamment dans un pays où, comme Cayrol l’écrit alors, "c’est la France elle-même qui fait tomber sa nuit et son brouillard".
- Alain Resnais, Nuit et brouillard
Jean Cayrol résista contre l’Occupation de 1940 à 1943, date à laquelle il est déporté au camp de Mauthausen-Guren. Et lorsque je pense à lui, c’est d’abord et essentiellement la figure de ce résistant qui s’impose à moi. La Résistance les conduisit, lui et son frère, qui n’en revint pas, dans les camps de la mort. Jean Cayrol en revint très profondément blessé et bouleversé, mais pas moins résistant. Sa vie et son oeuvre en témoignent, et sa vigilance quotidienne. Lazare parmi nous, Nuit et Brouillard, sont d’abord des actes de résistance, comme, au titre du retour et du témoignage poétique, existentiel, son oeuvre romanesque. Sans oublier son activité d’éditeur, et son intuition, son extraordinaire et subtile perspicacité de lecteur.
Complexité aventureuse
Je me souviens de l’accueil qu’il réserva et de l’attention qu’il porta au récit Le Défi, que lui fit parvenir Philippe Sollers en 1956. Est-ce un hasard si Sollers adressa à Cayrol ce récit, qui devait paraître dans le numéro 3 d’Ecrire ? Les archives du Seuil en conservent une définition qui éclaire bien l’enjeu d’un mode de résistance que Cayrol ne pouvait que reconnaître. Sollers écrit alors : " J’ai essayé avec Le Défi d’atteindre à ce pur domaine de l’être où ce dernier est sommé de se défendre sous peine de ne plus exister suffisamment. " Est-ce un hasard si, en 1958, c’est Cayrol qui me fait rencontrer Philippe Sollers ?
Rien n’est dit de la complexité aventureuse de cet écrivain si l’on ne s’arrête pas d’abord à cet engagement initial dans la Résistance. Résistance, comme il l’écrit lui-même, dans "la défense surnaturelle de l’homme".
Dans les dernières pages, "Rêves post-concentrationnaires", de Lazare parmi nous, Jean Cayrol évoque un "post-scriptum" aux rêves concentrationnaires, avant d’aborder son essai Pour un romanesque lazaréen. A-t-on remarqué que l’intrigue de ses romans se constitue d’un secret partage entre l’ailleurs des rêves et la réalité ; et que leur forme, si singulière, participe d’une organisation cellulaire, aussi bien au sens biologique du mot ?
Mais qui peut aujourd’hui lire l’auteur de Lazare parmi nous et entendre la voix qui prononce et traverse Nuit et Brouillard ? Faut-il rappeler que le film ne put obtenir son visa d’exploitation qu’en retranchant une image où l’on voyait le képi d’un gendarme français dans le camp où étaient parqués les déportés ? [1]
En tête des Corps étrangers, dédié à l’éditeur Claude Durand, Jean Cayrol écrit : "Quand me croira-t-on ? Quand me répondra-t-on ?" Cette édition partielle de son oeuvre, intitulée curieusement Oeuvre lazaréenne, ne semble malheureusement répondre à aucune de ces questions. On peut même se demander si l’éditeur a pris la peine de relire ce qu’il publiait. Dans la "Note" qui introduit le volume, ne cite-t-il pas faussement le titre d’un des romans qu’il publie : "On vous parle de vous" pour On vous parle ? Et, reprenant à la lettre l’édition de Nuit et Brouillard publiée, dans la collection "Liberté", aux éditions Fayard en 1997, l’éditeur de cette Oeuvre lazaréenne semble ne pas s’être aperçu qu’il reprenait textuellement, page 1005, sous le titre De la mort à la vie, l’ensemble qu’il avait déjà publié page 801, sous le titre, plus vraisemblable, de Pour un romanesque lazaréen.
"Quand me répondra-t-on ?" Se donneront une chance d’entendre, et de lire Jean Cayrol, ceux pour qui un semblable traitement de son oeuvre, est, non seulement inadmissible, mais intolérable.
Le mode de résistance propre au Jean Cayrol que j’ai connu, je le trouve, en lettres capitales, en tête du sixième chapitre de son premier roman (1947) : "MAIS OUI J’ÉCRIRAI, et personne ne m’en empêchera." Reste à respecter ce qui est écrit. Nous sommes quelques-uns à lui devoir cette certitude.
Marcelin Pleynet, Le Monde des livres, 1er février 2007.



Nuit et Brouillard
Un film d’Alain Resnais. Texte de Jean Cayrol
(1954)
« Même un paysage tranquille, même une prairie avec des vols de corbeaux, des moissons et des feux d’herbe, même une route où passent des voitures, des paysans, des couples, même un village pour vacances, avec une foire et un clocher, peuvent conduire tout simplement à un camp de concentration... »

Franck Nouchi, « Nuit et Brouillard », film de toutes les polémiques

Quel meilleur commentaire que le silence ? C’est ce à quoi s’oblige et nous oblige Pleynet dans Vita Nova.

J’ai coupé arbitrairement la séquence. Le plan suivant de Vita Nova montre la Résurrection, le tableau d’Andrea Mantegna (1457-1459).


L’émission « Un siècle d’écrivains », numéro 247, diffusée sur France 3, le 23 novembre 2000, écrit par Jean-Luc Alpigiano et réalisée par Jacques Loiseleux.


Jean Cayrol (1910-2005) : un poète en résistance
France Culture, Toute une vie, 26 janvier 2025

- Jean Cayrol dans son bureau des éditions du Seuil
© Archives Jean Cayrol
Résistant et déporté, le poète Jean Cayrol a écrit le remarquable texte de "Nuit et Brouillard" d’Alain Resnais. Également romancier, scénariste et cinéaste, il fut un grand découvreur de talents dans l’édition. Un passeur de mots, libre, toujours en alerte.

« Même un paysage tranquille, même une prairie avec des vols de corbeaux, des moissons et des feux d’herbe, même une route où passent des voitures, des paysans, des couples, même un village pour vacances, avec une foire et un clocher, peuvent conduire tout simplement à un camp de concentration... »
Ainsi débute le puissant texte que Jean Cayrol a écrit pour accompagner les images du documentaire Nuit et Brouillard réalisé par Alain Resnais. Commandé par le Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, dix ans après la libération des camps, le film sera projeté au Festival de Cannes en 1956, après de vives polémiques. Jean Cayrol le présentera « non seulement [comme] un exemple sur lequel méditer, mais un appel, un “ ;dispositif d’alerte” contre toutes les nuits et tous les brouillards. »

- Jean Cayrol au retour du camp, 1945
© Archives Jean Cayrol
Ancien résistant et déporté, il a « l’étrange privilège d’être né deux fois », l’une à Bordeaux en 1910, la seconde au printemps 1945, revenu d’entre les morts. Participant au réseau Notre-Dame du colonel Rémy, il est dénoncé par un ami, interné à la prison de Fresnes, puis envoyé en mars 1943 au camp de Mauthausen-Gusen. Il survit grâce à l’aide de ses camarades, des Pères Gruber et Jacques, et de sa lecture de La Colonie pénitentiaire de Kafka. Mais, aussi sans doute, parce qu’il ne cesse jamais d’être un poète jusque dans l’Enfer. Lui qui s’est consacré très jeune à l’écriture et qui a fondé une revue de poésie à 16 ans, continue à rédiger des poèmes dans d’effroyables conditions, caché sous la table d’un atelier. Là-bas, se souvient-il, « la littérature revenait par d’autres moyens, tous les moyens possibles », comme un acte de résistance et d’humanité face à l’anéantissement.
Après la guerre, Jean Cayrol publie les Poèmes de la Nuit et du Brouillard et se met à la fiction, obtenant, en 1947, le prix Renaudot pour son roman Je vivrai l’amour des autres. Par leur rapport novateur aux personnages et aux objets, certains de ses livres seront considérés comme précurseurs du Nouveau Roman.
Auteur de nombreux recueils de poésie, d’essais, de romans et de récits, il poursuit un travail d’écriture sans équivalent, hanté par la figure de Lazare, et empreint par l’expérience des camps. Cependant, sa poésie est riche d’images, vibrante d’évocations de la nature et de spiritualité chrétienne, comme si la force de la vie, l’espérance l’emportaient en lui. L’écriture agit pour lui comme « un phénomène de récupération de soi-même ».
Sa foi en la littérature, il la mettra durant plus de quarante ans au service des écrivains. Nommé conseiller littéraire au Seuil en 1949, il devient un grand découvreur de talents, à travers Écrire – à la fois collection et revue de premières œuvres, lieu de rencontre et d’expérimentation. Il publiera Roland Barthes, Philippe Sollers, Claude Durand, Geneviève Dormann, Marcelin Pleynet, Pierre Guyotat, Denis Roche, Mohammed Dib, Kateb Yacine, Raphaël Sorin, Régis Debray, Bertrand Visage, Michel Braudeau, Patrick Grainville, Erik Orsenna, Didier Decoin et Jean-Marc Roberts. Nombreux sont ceux qu’il inspirera et qui deviendront des éditeurs reconnus et audacieux.
Figure discrète de Saint-Germain-des Prés, il sera membre de l’Académie Goncourt de 1973 à 1995. Toujours attentif, à l’affût, il demeurera libre, en marge et en mouvement,
Après Nuit et Brouillard, il travaillera à nouveau avec Alain Resnais, comme scénariste et dialoguiste, sur Muriel ou le Temps d’un retour, et réalisera plusieurs films et court-métrages avec Claude Durand, tel Le Coup de grâce où Michel Piccoli incarne un ancien collaborateur de la Gestapo.
Disparu le 10 février 2005, Jean Cayrol laisse derrière lui l’une des plus belles œuvres poétiques d’après-guerre et des grands textes sur l’expérience concentrationnaire. L’œuvre d’un homme en résistance, à la fois inquiète et généreuse, dont les mots nous invitent à une vigilance quotidienne. Il aura toute sa vie illustré ces mots : « Mais oui, j’écrirai. »

- Jean Cayrol, à la fin de sa vie,
chez lui à Pujols sur Dordogne
© Archives Jean Cayrol
Pour en parler
Didier Decoin, de l’académie Goncourt, écrivain et scénariste.
Pascal Flamand, fils de Paul Flamand, fondateur des éditions du Seuil, et éditeur.
Xavier Houssin, journaliste et écrivain.
Erik Orsenna, de l’Académie française, écrivain.
Michel Pateau, neveu par alliance de Jean Cayrol et auteur d’une biographie sur Jean Cayrol.
Marcelin Pleynet, poète, essayiste, secrétaire personnel de Jean Cayrol.
Liens
Film Pourquoi ? Visages de la Shoah - sortie le 29 janvier 2025. 80 ans après Auschwitz, des survivants témoignent une dernière fois.
Nuit et brouillard (fiche du film).
À écouter
8 mai 1945 : le cinéma a-t-il réécrit l’histoire ?
Lectures et chant par Catherine Ringer.
Lectures d’extraits de textes de Jean Cayrol par Catherine Ringer
« Écrit sur le mur », Miroir de la rédemption, précédé de Et Nunc.
« Qui me croira, je suis si loin », Alerte aux ombres 1944-1945.
« Retour », Poèmes de la Nuit et du Brouillard.
Préface, Les mots sont aussi des demeures.
Commentaire de Nuit et Brouillard.
Les Lettres françaises, février 1956 (article de presse).
Les Corps étrangers.
Chanson
Catherine Ringer interprète le Chant d’espoir des bagnards de Mauthausen, de Jean Cayrol et Rémy Gillis. Il a été écrit et chanté à Gusen en mars 1944. Il existe très peu d’enregistrements.
Bibliographie sélective
Livres de Jean Cayrol
Poèmes de la Nuit et du Brouillard, Seghers, 1946, Le Seuil, 1998.
Œuvre lazaréenne (l’ouvrage rassemble Je vivrai l’amour des autres, La Noire, Le feu qui prend, Lazare parmi nous, Les Corps étrangers et Nuit et Brouillard), Le Seuil, 2007.
Les Enfants pillards, Seuil, 1978.
Il était une fois Jean Cayrol, Seuil, 1982.
Nuit et Brouillard, Fayard, 1995.
Chacun vient avec son silence, anthologie réunissant des poèmes de Jean Cayrol, choix et préface par Xavier Houssin, Points Poésie/Seuil, 2009.
Livres sur Jean Cayrol
Michel Pateau, Jean Cayrol. Une vie en poésie, Seuil, 2012.
Filmographie (sélection)
Nuit et Brouillard, d’Alain Resnais sur un texte de Jean Cayrol, 1956.
Muriel, d’Alain Resnais, scénario et dialogues de Jean Cayrol, 1963.
Le Coup de grâce, de Jean Cayrol et Claude Durand, 1964.
Extraits des films et des musiques diffusés
Films
Nuit et Brouillard, d’Alain Resnais sur un texte de Jean Cayrol.
Muriel, d’Alain Resnais, scénario et dialogues de Jean Cayrol.
Musiques
Jean Françaix, Concerto allegro moderato pour basson par Matthias Rácz.
Darius Milhaud, Trio à cordes op274 par le Trio Roussel.
Chilly Gonzales, Venetian Blinds.
Julien Clerc, Partir.
Luc Ferrari, Et si tout entière maintenant.
Luc Ferrari, Chansons pour le corps.
Jason Beck, Robert On the Bridge.
Pau Casals, El cant dels ocells.
Hanns Eisler, Largo et Andante (du film Nuit et Brouillard).
Alfred Bruneau, Requiem.
Jean Ferrat, Nuit et Brouillard (live).
Hans Werner Henze, Demain la peur d’aimer (du film Muriel).
Jean Ferrat, Les Beaux Jours (du film Le Coup de Grâce).
Archives INA
Entretiens de Roger Vrigny avec Jean Cayrol. France Culture. 1970
Compartiment réservé. Jean Cayrol. RDF/RTF. 1959
Jean Cayrol ou l’ombre de la voix. ORTF. 1973
Radio libre : Hommage à Jean Cayrol. Claude Durand. France Culture. 2005
Nuit et brouillard : enquête sur un film au dessus de tout soupçon. Alain Resnais. France Culture. 1994
Compartiment réservé. Philippe Sollers. RDF/RTF. 1959
Générique
Un documentaire de Capucine Ruat, réalisé par Angélique Tibau. Prises de sons, Florent Bujon, Jean-Baptiste Etchepareborde et Nicolas Depasgraf. Mixage, Bruno Mourlan. Documentaliste INA, Ingrid Lecointe. Coordination, Emmanuel Laurentin. Chargée de programme et édition web, Sandrine Chapron.
Voir en ligne : Oeuvre lazaréenne
[1] Note A.G. « La France refuse d’être la France de la vérité », Jean Cayrol, Le Monde, 11 avril 1956.

- Le képi caché
Pithiviers ou Beaune-la-Rolande ?
Le cliché fourni par le Centre de documentation juive contemporaine à Alain Resnais indique au dos que le camp est celui de Pithiviers. Depuis lors, aucune investigation poussée n’a été entreprise, note Sylvie Lindeperg en 2007.
En 2010, pour le Cercil, Catherine Thion a mené ce travail d’expertise. La mention de Pithiviers a été mise en doute. « Le travail de comparaison et l’identification des bâtiments présents à l’arrière-plan permettent de conclure que la photo dite du gendarme représentait en fait la partie sud-ouest du camp de Beaune-la-Rolande, et non le camp de Pithiviers ». Toujours d’après le Cercil, la photo aurait été prise en mai 1941.
Jean Cayrol a été le scénariste d’un autre film d’Alain Resnais, Muriel ou le temps d’un retour (1963) où, derrière la banalité de la vie quotidienne des personnages, la torture en Algérie se trouve violemment dénoncée.

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1 Messages
Cher Albert Gauvin,
Merci de remettre en ligne ces documents. Hommage à Jean Cayrol ! Peut-être peut-on rappeler les deux premiers essais qui lui ont été consacrés, tous deux de Daniel Oster, à qui la ferveur et la finesse n’étaient pas mesurées : "Jean Cayrol et son oeuvre" (Seuil, 1968) et "Jean Cayrol" (Seghers, "Poètes d’aujourd’hui", 1973) ?
Reconnaissance quotidienne pour votre travail sur ce site.
Cordialement
Christian Augère