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Patrice Trigano, Bataille au procès

Rentrée littéraire

D 13 octobre 2026     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Bataille au procès

RENTRÉE LITTÉRAIRE : Première sélection du Prix Goncourt 2026 Deuxième sélection du Prix Sade 2026 Première sélection du Prix Philippe Sollers, en librairie le 21 août 2026

En 1956, Georges Bataille est appelé à témoigner au procès de Jean-Jacques Pauvert, poursuivi pour avoir publié les œuvres de Sade. L’auteur d’Histoire de l’oeil comprend que la morale menace de mort la littérature. L’audience devient le miroir de sa propre vie. Les souvenirs affluent : enfance marquée par la folie d’un père aveugle et paralytique, indifférence d’une mère réfugiée dans la religion. Des événements qui ont émaillé son parcours surgissent : expériences limites dans ses amours placées sous l’égide de la transgression, visions de guerre et de sacrifice qui le hantent, traversée du mal, liens tourmentés avec le parti communiste, haine du fascisme… Réflexions et fulgurances se mêlent en un vertige où pensée et vie s’entrelacent, entre érotisme et sacré, extase et mort. Mais derrière ces éclats affleure aussi une énigme plus obscure. Refusera-t-elle de se dévoiler ?
À travers cet épisode de la vie littéraire, Patrice Trigano accompagne Bataille au plus près de son vertige intérieur. Il explore ce point où l’écriture n’obéit plus à l’auteur, où l’œuvre surgit comme une puissance étrangère, excessive, qui le dépasse.

Patrice Trigano a fait des études de droit et de philosophie avant de consacrer sa vie à l’art en tant que galeriste, écrivain et dramaturge. Ses livres sont publiés aux éditions de la Différence, Léo Scheer, Mercure de France et Maurice Nadeau. Il a publié en 2024, La Promesse de l’art, Mémoires d’un galeriste aux Éditions du Canoë.

LE DÉBUT DU ROMAN

EXTRAIT

Extrait 1 : «   Hier, sa femme, Diane, lui a reproché ses ambiguïtés. Elle, habituellement si douce, si attentionnée, est montée sur ses grands chevaux.
— Décidément, je n’arrive pas à te comprendre… Ta personnalité est un sal-migondis de paradoxes, un empilement d’indéfendables contradictions. Ton visage est doux, mais ton âme est violente. Les choses de la chair te répugnent, mais elles t’éblouissent. Tu es poète, mais tu t’opposes au lyrisme. Tu te donnes à tes livres pour mieux effacer ton nom. Tu as été l’un des premiers à dénoncer la terreur nazie, sans t’indigner des catastrophes qu’elle a engendrées. Tu prétends avoir de la tendresse pour les enfants, mais tu es fasciné par Gilles de Rais, qui, de sang-froid, en a tué deux cents. Tu combats le fascisme, tout en étant subjugué par son « irrépressible » supériorité. Tu nies l’existence de Dieu, mais tu ne cesses de l’apostropher. Ton idéal réside dans la fange, à laquelle tu trouves de l’« angélisme » !
La colère de Diane l’a désappointé. Surtout lorsqu’elle s’est écriée :
— Et quel est le rôle de l’amour dans tout cela ?
Ce n’était vraiment pas le moment de sortir une de ses phrases favorites : « L’amour ne doit pas élever, mais rabaisser. » Il a préféré répondre calmement :
— Tu sais très bien que j’en ai une vision poétique. »  

Extrait 2 : «   L’interrogatoire du juge, qui accable insidieusement Pauvert, amène Bataille à une réflexion sur le rôle de la littérature transgressive. C’est une libération. Un phare qui éclaire le monde. Elle mobilise sur les effroyables aspirations des hommes à se vautrer dans le mal. À y trouver du plaisir. À vouloir recommencer encore et toujours des actions qui les mènent à leur perte ! On la croit frivole, elle ne l’est pas. Elle ne cherche pas à flatter les pulsions, mais à les mettre à nu. Elle n’ajoute rien, elle ôte les voiles. Elle scandalise parce qu’elle atteint au cœur des certitudes. Elle force chacun à voir ce qu’il s’échine à refuser : la part maudite, l’ombre et l’omniprésence du mal. Sa mission est de rompre, de briser la surface, de troubler la paix factice des consciences. Sans transgression, il ne reste qu’un discours d’ornement, décoratif, servile. La littérature véritable est blessure, effraction, vertige. Elle nous parle d’effroi, de sexe, de sacré, de mort. Écrire contre les mœurs, contre la loi, c’est rappeler qu’aucune société ne se tient debout sans refouler, sans exiler ce qui la menace. La littérature transgressive vient rendre la parole à cet exil. Elle libère, au prix du danger. Elle expose, au prix de la honte. Elle démasque, au prix de la condamnation. C’est sa fonction, son rôle, sa nécessité.   »

Éditions Maurice Nadeau

Ce qui caractérise les avant-gardes du 20° siècle, c’est le lien étroit qu’elles ont maintenu entre la littérature et l’art, le surréalisme en est l’exemple emblématique. Dans son sillage, et ce fut la dernière, il y eut l’alliance entre le groupe Tel Quel et les artistes de Support-Surface, Devade, Bioulès, Cane, Viallat, Dezeuze... Nous aurions pu croire, Catherine Millet et moi, ce compagnonnage vital mort et bien mort si l’occasion ne s’était pas présentée d’une toute récente rencontre avec un acteur de l’art dit contemporain. Rencontre de hasard ? Non, il s’agissait, en l’occurrence. plutôt de « rendez­ vous », selon le mot de Cocteau. Et comment dire mieux puisque le lundi 22 juin nous avions en effet rendez­ vous avec Patrice Trigano au restaurant la Société, place Saint-Germain.

MALLARMÉ, BLOY

Le monde de l’art sait qui est Patrice Trigano. En 1973, il a ouvert la Galerie Beaubourg en association avec Pierre et Marianne Nahon et, en 1983, il a sa propre galerie rue des Beaux-Arts. On a pu y voir exposés les plus grands artistes de l’art moderne : Soutine, Chagall, Picabia, Matisse, Giacometti, Masson, Hartung... Il fut aussi le fidèle défenseur de Bernard Dufour. Mais ce qu’on sait moins. c’est qu’il est un passionné de littérature, auteur de pièces de théâtre, essayiste ayant écrit notamment sur Artaud, Jarry, Raymond Roussel. Et quelle ne fut pas notre surprise, à Catherine et moi, de découvrir que sa culture littéraire ne se limitait pas au surréalisme, mais qu’il était fin lecteur des écrivains des dernières années du 19e siècle, Lautréamont, Huysmans, Barbey d’Aurevilly, Mallarmé, et que l’œuvre de Léon Bloy lui était familière.
Mais j’en viens à l’un des écrivains particulièrement admiré par Patrice Trigano, auquel il consacre aujourd’hui un livre singulier, Georges Bataille.

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Georges Bataille (Ph. André Bonin)

UN LIVRE PIEUX

Le penseur à mes yeux et à ceux des gens de ma génération, je pense aux écrivains du groupe Tel Quel, le plus profond, le plus scandaleux du siècle passé. Je rappelle que le colloque de Cerisy du 29 juin 1972 intitulé "Vers une révolution culturelle’’ que dirigeait Philippe Sollers, lui était consacré avec l’autre grand dissident du surréalisme, Artaud.
Titre du livre de Patrice Trigano : Bataille au procès. En 1956, l’éditeur Jean-Jacques Pauvert est poursuivi par la justice pour avoir publié les oeuvres de Sade. La censure va bon train à cette époque. René Coty est Président de la République. Ne pas oublier que c’est aussi sous de Gaulle qu’il y a eu le plus grand nombre de livres interdits. À ce procès de Jean­ Jacques Pauvert, Georges Bataille est appelé à témoigner. L’auteur d’ Histoire de l’œil (1928) est évidemment le premier concerné par cette atteinte à la liberté d’expression. Le contenu de ses déclarations est connu. Le jeu auquel se livre Patrice Trigano est de signaler à quels épisodes marquants de sa vie est renvoyé Bataille lors des débats entre Pauvert, juges, témoins (Jean Paulhan est présent). avocats, dont l’admirable Maurice Garçon. C’est un vaste pan de la vie de Bataille, de son univers intérieur qui est ainsi dévoilé. C’est aussi l’occasion pour Trigano de s’interroger à sa façon sur la notion du Mal, si cruciale dans l’œuvre de Bataille. D’entrée fatigué, plus ou moins somnolent, Bataille n’a pourtant que 59 ans, les propos entendus lui remettent en mémoire son enfance, le père syphilitique, aveugle, fou, violent, délirant, obscène qui le terrorise. Est-ce ce traumatisme qui amènera le petit Georges en août 1914 à se convertir (alors qu’il est déjà baptisé) à la cathédrale de Reims, à entrer au séminaire pour se préparer à la prêtrise, et à écrire un livre pieux dédié à Léon Bloy ?
Un bizarre début dans la vie pour un enfant qui, devenu adulte, deviendra le farouche auteur d’un pamphlet antichrétien et qui, devant l’agonie, chez lui, de sa maîtresse Colette Peignat, dite Laure, laquelle, avant de mourir, après une vie de débauches avec lui, souhaitait recevoir l’extrême­ onction, avec l’appui de sa famille, de Michel Leiris, témoin ébahi de voir son ami, le doux Georges Bataille, à la voix si sage, se muer en un haineux trublion déclarant que « si un prêtre franchissait le seuil de cette chambre, il le tuerait ».

PETITS CHEFS-D’ŒUVRE

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Patrice Trigano
(Po. Christian Chamourat)

Ce ne sont pas les souvenirs de sa tendre enfance qui rameutent la mé­moire de Bataille durant le procès de Pauvert. Patrice Trigano met notamment en lumière quel réel s’impose à Bataille dans les années 1950 : la guerre d’Algérie, la Hongrie, la menace du fascisme. Bataille a alors le projet d’un livre sur ce mal qui gangrène la société. Il se rappelle ses engagements et les débats avec sa femme Diane et avec Leiris. À d’autres moments des plaidoiries, ses écrits sur le sacré, la transgression, la mort, le sexe lui font oublier les effets de voix et de manches des impétrants de ce procès. Les portraits qu’en fait Patrice Trigano sont autant de petits chefs-d’œuvre. « L’avocat se lève. Retire ses lunettes. En rabat les branches méticuleusement. Son geste fait penser à un prestidigitateur mobilisant son public sur un détail pour mieux le circonvenir. Un regard demi-circulaire sur la salle et sur l’estrade, où, est installée la cour. Il ouvre alors.les mains, paumes vers le haut [...], les joint en prière... )) L’écrivain Trigano est au mieux de sa forme. Son humour n’y est pas pour rien.
Jugement du 10 janvier 1957 : J.-J. Pauvert condamné à deux amendes, à la destruction des livres saisis. 1958, fin des poursuites, éditeur relaxé par la Cour d’Appel.
Bataille meurt le 9 juillet 1962. Il a 65 ans.

Jacques Henric, art press 547, octobre 2026

Bataille à la barre

La rentrée littéraire de Pascal Louvrier

4 octobre 2026

Dans son livre, Patrice Trigano (notre photo) évoque la figure de Georges Bataille, appelé à témoigner dans les années 50 au procès de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert.

Je me promène dans les couloirs de la Fondation Miró à Barcelone. Derrière les baies vitrées, j’aperçois le ciel bleu et quelques cyprès. J’arrive dans un espace plus sombre, un peu à l’écart. Silence. Quelques photos sont consacrées à Georges Bataille, ami de Miró, l’art subversif et la lutte contre le fascisme les ayant réunis. L’une d’entre elles, en noir et blanc, illustre un court texte de Bataille intitulé Le gros orteil. Un cor le déforme, l’ongle semble rongé par une mycose. C’est répugnant. Pourtant, l’équilibre que nous cherchons en permanence repose sur ce pied posé par ailleurs dans la boue. Bataille : « Mais quel que soit le rôle joué dans l’érection par son pied, l’homme qui a la tête légère, c’est-à-dire élevée vers le ciel et les choses du ciel, le regarde comme un crachat sous prétexte qu’il a ce pied dans la boue. » La boue terrestre est aussi montrable que la beauté céleste. C’est l’un des enjeux de la littérature, mais pas n’importe laquelle : celle qui explore et montre toutes les facettes de l’homme, sans exception, jusque dans son inacceptable vérité. Chez Bataille, il y a la promesse d’une aube souillée mais vraie.

De retour en France, je constate que le roman de Patrice Trigano, neveu du créateur du Club Med, Bataille en procès, figure sur la première liste du Goncourt. Petit livre de 140 pages, « pas essentiel », selon un journaliste d’un célèbre hebdomadaire, soudain victime d’un prurit germanopratin, alors que les autres romans sont solides, bien ficelés, dans le moule d’une rentrée littéraire globalement morose, voire franchement déprimante – notre terrain de jeu contaminé par la machine . Oui, mais voilà, ce livre s’adresse « à ceux qui préfèrent la brûlure au mensonge ». Ça élimine presque la totalité du lectorat français. Il est publié chez Maurice Nadeau.

Trigano est un homme atypique. Il a fait des études de droit et de philosophie avant de se consacrer à l’art en tant que galeriste, expert international et écrivain. Ainsi a-t-il refusé de participer à la grande aventure du tourisme de masse pour promouvoir la culture. Son roman, documenté et sobrement écrit, rappelle que les éditeurs peuvent être traînés devant les tribunaux pour publication jugée immorale. C’est le cas de Jean-Jacques Pauvert, qui a publié les œuvres de Sade. Il est convoqué devant la XVIIᵉ chambre correctionnelle. Nous sommes le 15 décembre 1956. Il est défendu par maître Maurice Garçon. Trigano s’appuie sur sa plaidoirie. Georges Bataille est venu soutenir son ami et éditeur. Il témoigne. Outre le fait de rappeler que, même condamnée, une œuvre de qualité triomphe toujours de la frilosité et de l’hypocrisie des juges soumis à la classe sociale dominante, les « pensées saines » ne résistant pas à l’épreuve du temps, l’intérêt majeur du livre réside dans le rappel des grandes périodes de la vie de l’auteur du Bleu du ciel.

La littérature contre la morale

La réflexion que mène Bataille sur la force de la littérature subversive est capitale. Il confirme que la littérature du Mal, pour reprendre son expression, finit par prendre sa revanche sur les dévots transformés en spectres shakespeariens. La salle d’audience devient le réceptacle de son existence scandaleuse ainsi que de ses écrits qui le sont tout autant. Bataille le débauché, l’amateur de prostituées, de bacchanales dans des lieux de perdition, le promoteur de la dépense – pour faire hurler les capitalistes – se tient droit devant la cour. Dans son morne costume gris anthracite, les cheveux blancs gominés, la raie sur le côté, il parle d’une voix douce. On lui donnerait le bon Dieu sans confession, lui qui faillit être prêtre. Il est certes irrité par le débat au ras des pâquerettes. Il transpire, sa cravate noire le serre un peu. C’est qu’il a le sang chaud, celui qui arpentait dans les années trente, ivre, l’angoisse au ventre, le quartier des filles fardées, à Barcelone. Il évoque l’érotisme, le sacré, la souillure, la mort, tout ce qui fonde la littérature. « Si la littérature doit être morale, elle mourra », affirme-t-il. Puis il politise son propos en déclarant que l’œuvre de Sade – comme la sienne – est «  un moyen de détourner l’homme de l’ordre moral, de la stabilité qui gangrène les sociétés en les attirant vers le fascisme ».

La pureté, la « pensée saine » ont conduit à la construction d’Auschwitz. Le désir d’ordre étouffe la vie, qui n’est que perpétuelle violation de l’ordre. Au nom de la vertu, combien de morts sur les bords de la mer de Sibérie orientale ? Le communisme, en effet, ne vaut guère mieux. C’est pour Bataille « une machine morale ». Il sait que le franquisme a tué autant que les staliniens à Madrid. Patrice Trigano exhume un texte de Bataille dans lequel l’écrivain, loin d’équilibrer les comptes, souhaite les faire exploser, résumant ainsi sa pensée : « Vous croyez à la révolution productive. Je crois à l’insurrection de la dépense. » Insoutenable pour ceux qui ont encouragé la construction de Disneyland et préparent le triomphe du technofascisme. Bataille, dans ses excès, offre une critique lumineuse de notre époque soumise au nouveau puritanisme. Le roman de Trigano, en puisant aux sources de la pensée bataillienne, le démontre efficacement.

L’insurrection de l’impur

Des fragments de la vie de Bataille, donc, né à Billom (Puy-de-Dôme) en 1897 et mort à Paris en 1962. Son père est paralysé et aveugle. Ses propos sont obscènes ; son fils le voit uriner sous ses yeux, la robe de chambre entrouverte. Il meurt abandonné par sa famille, sous les bombes en 1915, devant la cathédrale de Reims. Bataille ne se remettra jamais de cet abandon. Sa mère est maniaco-dépressive, en proie à de longues périodes de mélancolie. Elle tente de se suicider. Quand son fils lui révèle qu’il a été victime d’attouchements par un prêtre, cette femme pieuse refuse de le croire. Le déni la protège des déviances sexuelles. Son fils nourrit envers elle les pires fantasmes. Dans Ma mère, il raconte l’hommage sacrilège qu’il lui rend, nu, devant son cadavre éclairé par deux bougies. Bataille joue avec les limites, les dépasse, plus transgressif que jamais. C’est impardonnable, car Jocaste reste intouchable. Trigano évoque les femmes qui ont compté pour Bataille, Sylvia, Colette, Denise, Diane, toutes complices de ses excès de débauche. Diane, pourtant très amoureuse, décide de rompre, épuisée par les orgies, le sacré dans la luxure, la mystique de l’impur. Bataille, à propos de l’amour, déclare en riant : « J’en ai une vision poétique. »

Le procès intenté à Jean-Jacques Pauvert, qui n’est au fond qu’une mascarade, permet de découvrir l’un des penseurs les plus séditieux du XXᵉ siècle. L’une des phrases qui résume le mieux cet athée intraitable, enterré sur la colline de Vézelay, au pied de la basilique grandiose, est celle-ci : «  Personne n’a deviné plus loin que moi. » Il faut lire la scène finale du Bleu du ciel, le meilleur livre de Bataille, qui se déroule dans un cimetière d’Allemagne, pour s’en convaincre. Dirty, sainte bataillienne, ne jouit que parmi les tombes. Thanatos est aux commandes, avec, dans le lointain, la fanfare du défilé de jeunes nazis, «  raides comme des triques », qui annonce le massacre général. Comme le note Philippe Sollers dans La Guerre du goût : « La mort est l’ersatz de la jouissance sexuelle quand celle-ci est bloquée de tous côtés. »

Patrice Trigano, Bataille au procès, Éditions Maurice Nadeau, 146 pages.

Pascal Louvrier, Causeur

Pascal Louvrier est l’auteur de Georges Bataille et la fascination du Mal


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