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"B" comme Bonaparte (Café Le)

Abécédaire sollersien

D 24 mars 2026     A par Viktor Kirtov - C 6 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Bonaparte (Café Le)

Extrait d’Abécédaire sollersien (work in progress)

31/03/26, ajout section : « Une deuxième photo (variante) du groupe Tel Quel à la terrasse du Café Le Bonaparte


Le Groupe Tel Quel à la terrasse du Café Le Bonaparte vers 1974
ZOOM : cliquer l’image
Cette photo à la terrasse du Café Le Bonaparte est emblématique à plusieurs titres de l’univers sollersien des années 1970. A gauche, probablement un membre des éditions du Seuil, puis Philippe Sollers et Marcelin Pleynet en position centrale, Josephine Fellier, Julia Kristeva à côté de Roland Barthes, François Wahl qui a fait partie du voyage en Chine et Severo Sarduy (conseiller littéraire aux Editions du Seuil).

GIF Une deuxième photo (variante) du groupe Tel Quel à la terrasse du Café Le Bonaparte

C’est à la suite du message de Joseph Pommier, nous signalant la présence de Severo Sarduy, à l’extrême droite de la photo, que nous avons retrouvé cette deuxième photo, une variante ! Et comme dans notre enfance, où nous étions invités à trouver les différences entre deux versions d’un même dessin, nous vous invitons à trouver les différences entre les deux photos :

Variante de la photo du groupe Tel Quel à la terrasse du Café Le Bonaparte
ZOOM : cliquer l’image

Source de la photo : cvc.cervantes.es

Avec cette légende  :

Fotografía del grupo Tel Quel en el Café Le Bonaparte, París, 1974. De derecha a izquierda : Severo Sarduy, François Wahl, Roland Barthes, Julia Kristeva, Josephine Fellier, Marcelin Pleynet, Philippe Soler y el responsable de prensa de Editions du Seuil,
© Mario Dondero

Nota 1 : L’écrivain cubain Severo Sarduy (1937-1993), qui s’était installé à Paris, en 1961, outre le fait d’avoir été conseiller littéraire au Seuil, et contributeur de la revue Tel Quel, il était le compagnon de François Wahl (cf. La note de Jacques Henric ci-après). François Wahl, par ailleurs éditeur éminent au Seuil, et son voisin sur la photo.

Nota 2 : La note de Jacques Henric sur Severo Sarduy dans les archives de l’IMEC
L’IMEC où sont entreposées les archives de Sollers, et celles d’ artpress avec un document manuscrit de Severo Sarduy et ce commentaire de Jacques Henric :

« La page écrite de la main de Sarduy est extraite du manuscrit de son beau roman Cobra publié en 1972 au Seuil, traduit de l’espagnol par Philippe Sollers (Sarduy est cubain). Severo Sarduy était le compagnon de François Wahl, responsable au Seuil du secteur philo / psychanalyse (il était proche de Barthes et Lacan), et... de la collection Tel Quel, dont, nous les jeunes auteurs, Philippe Sollers, Julia Kristeva, Marcelin Pleynet compris, avions pour chacun de nos manuscrits à subir l’étrange jugement et les commentaires qui pouvaient parfois provoquer d’étranges scènes comiques. Je m’en plaignais parfois auprès de Sarduy, lequel n’y échappait pas, lui non plus, et selon son témoignage, Barthes et Lacan eux-mêmes. Cette page manuscrite, avec d’autres d’amis écrivains, fut exposée dans une petite galerie, L’Arc en Terre, voisine du Studio 43 qui organisait notre 10e anniversaire. »
Jacques Henric
Archives artpress/severo-sarduy / IMEC

La solution du jeu des différences dans les deux photos

Dans la deuxième photo, variante de la photo présentée sur pileface, le personnage à droite de Sollers n’est plus une femme mais un homme : vraisemblable que ce soit l’homme qui a pris le cliché présenté sur pileface note Dominique Brouttelande.
Autres précision : le nom de la femme entre Marcelin Pleynet et Julia Kristeva : Joséphine Fellier , nous a appris la légende de la deuxième photo, en même temps que celui de Severo Sarduy que nous avions confondu avec Pierrre Guyotat, deux chauves ! .

Quartier général du groupe Tel Quel

Le groupe de la revue Tel Quel avait une sociabilité très marquée par les cafés de Saint-Germain-des-Prés, qui fonctionnaient comme des extensions informelles des maisons d’édition, des universités et des revues. Plusieurs lieux reviennent régulièrement dans les souvenirs des protagonistes et des témoins, dans le triangle d’or où aimaient se retrouver écrivains, journalistes, éditeurs :

GIF Café Le Bonaparte : de facto, le quartier général du groupe Tel Quel

C’est là qu’a été prise la célèbre photo du groupe.
Philippe Sollers aimait particulièrement ce café parce qu’on pouvait y rester longtemps à discuter sans être pressé par les serveurs — ce qui n’était plus toujours le cas au Flore dans les années 1970.
Les réunions y étaient souvent improvisées, longues, très bruyantes
Georgi Galabov, vidéaste attitré de Philippe Sollers, assistant officieux, a souvent rencontré Sollers en ce lieu. Il continue à administrer le site officiel de l’écrivain, et gère les archives de Sollers à l’IMEC avec son amie Sophie Zhang, qui elle, officiait comme photographe officielle du couple Sollers-Kristeva.


GIF Le café historique des intellectuels : le Flore

Lieu mythique depuis les années 1930-1950. Avant Tel Quel, on y croisait : Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir. Dans les années 60-70, le Flore reste un lieu de passage pour les écrivains et critiques.
Roland Barthes y venait parfois travailler seul, couvrant de son écriture ses carnets qui ne le quittaient pas.
Mais le groupe Tel Quel évitait souvent d’y tenir ses longues discussions collectives, car le Flore était devenu trop exposé médiatiquement.

GIF Les Deux Magots

Autre café historique du quartier. Il était fréquenté surtout pour des rendez-vous avec journalistes, des rencontres avec des écrivains étrangers.
Dans les années 1970, certains membres de Tel Quel trouvaient l’endroit un peu trop mondain.
Selon des souvenirs rapportés par des proches de la revue, Sollers ironisait parfois sur les écrivains qui y passaient leurs journées à “poser pour la littérature”.


GIF La Brasserie Lipp

Le café discret des discussions stratégiques. Un peu plus politique et journalistique. On y rencontrait souvent éditeurs, journalistes, intellectuels étrangers de passage.
Pendant la période maoïste de Tel Quel (début des années 1970), certaines discussions avec des militants ou des universitaires invités se faisaient là, car Lipp était réputé pour ses grandes tables propices aux réunions animées.

Que nous dit la photo du groupe Tel Quel ?

La photo est généralement attribuée au photographe français Jean-Claude Planchet (photographe très actif dans le milieu littéraire et éditorial parisien dans les années 1970).

Le contexte précis

La photo n’est pas un instantané improvisé mais une photographie posée, réalisée au milieu des années 1970 (souvent datée 1974 dans plusieurs archives).
Elle correspond à un moment particulier : la revue Tel Quel est au sommet de sa visibilité intellectuelle. Plusieurs de ses figures (Kristeva, Barthes, Pleynet, Sollers) dominent alors le débat théorique autour du structuralisme et de la sémiologie.
La photo aurait été réalisée à l’occasion d’un reportage photographique sur le groupe, probablement destiné à la presse culturelle ou à des archives éditoriales.
Le choix du Bonaparte est logique : il se situe à quelques minutes des Éditions du Seuil, éditeur de la revue ; c’était un lieu de rendez-vous habituel du groupe.

Pourquoi cette mise en scène ?

La photo correspond à une tradition française : le portrait collectif d’un groupe littéraire dans un café.
On peut la comparer aux célèbres photos : des surréalistes rue Blomet, des existentialistes au Café de Flore.

Ici, l’image affirme symboliquement que Tel Quel constitue une école intellectuelle organisée. qui s’affiche comme telle dans le paysage littéraire du milieu des annés 70.

Les relations personnelles entre Barthes, Sollers et Kristeva


Vers l’époque de la photo Sollers est le leader du groupe, Kristeva est la théoricienne la plus novatrice, Barthes est la figure prestigieuse associée mais indépendante.
Les relations entre Roland Barthes, Philippe Sollers et Julia Kristeva
étaient à la fois très proches intellectuellement et subtilement asymétriques.

Barthes et Sollers : admiration et distance

Barthes est plus âgé (né en 1915 contre 1936 pour Sollers) et représente déjà une grande figure critique lorsque Tel Quel apparaît.
Au début des années 1960, Barthes soutient la revue. il publie chez eux, il admire l’énergie de Sollers.

Sollers, de son côté voit en Barthes une figure tutélaire du structuralisme, mais il cultive aussi une posture de chef de file d’une nouvelle génération.
Les deux hommes ont une relation très cordiale mais jamais totalement égalitaire : Barthes reste plus indépendant du groupe, Sollers est le véritable organisateur du collectif.

Barthes et Kristeva : un lien intellectuel très fort

La relation entre Barthes et Kristeva est souvent décrite comme très profonde intellectuellement.
Quand Julia Kristeva arrive à Paris en 1965 , Barthes reconnaît immédiatement l’originalité de sa pensée, il soutient ses travaux de sémiotique et de linguistique.
Kristeva, de son côté voit en Barthes un mentor intellectuel, quelqu’un qui a contribué à l’intégrer dans le milieu intellectuel français.
Leurs échanges portent sur la sémiologie, la littérature moderne, la psychanalyse, la textualité.


Sollers et Kristeva : un couple central

Kristeva et Sollers forment à partir de la fin des années 1960 le couple intellectuel central de Tel Quel.
Leur relation est à la fois personnelle (ils se marient en 1967), théorique, stratégique pour la revue.

Kristeva apporte au groupe : la linguistique structurale, la pensée de Bakhtine, une ouverture vers la psychanalyse.

Sollers, lui, dirige la revue, orchestre les alliances intellectuelles, met en scène le groupe dans l’espace public.

Barthes participe aux discussions et aux publications, mais il reste toujours un peu en marge de la logique de groupe.
Plusieurs témoins disent qu’il observait souvent les débats de Tel Quel avec amusement, curiosité, une légère ironie.


La scénographie de la photo

On peut voir dans cette image, presque une “mise en scène” du pouvoir intellectuel du groupe autour de Philippe Sollers et de la revue Tel Quel.

Une composition presque cinématographique

La photo prise au Café Le Bonaparte, cliché pris à la volée : elle semble construite comme un portrait collectif organisé :
Les membres du groupe sont installés autour de tables qui forment une sorte de demi-cercle.
Ce dispositif crée une scène centrale, permet au regard de circuler d’une personne à l’autre, donne une impression de conversation intellectuelle collective. Contrairement aux portraits académiques : certains parlent, d’autres regardent ailleurs, certains fixent l’objectif. Cela donne l’impression d’une discussion en cours, comme si la pensée circulait autour de la table.

Sollers au centre : le “chef de troupe”

L’image place subtilement Sollers au centre symbolique du groupe. Il occupe une position légèrement avancée qui suggère une hiérarchie implicite :


- Sollers — le directeur et animateur du groupe
- Le noyau intellectuel : Julia Kristeva, Marcelin Pleynet
- Les figures associées : Roland Barthes, d’autres collaborateurs de la revue.

Le rôle particulier de Barthes dans l’image

Barthes est souvent placé légèrement sur le côté dans les reproductions.
Ce positionnement correspond assez bien à sa situation réelle : proche du groupe, admiré par ses membres, mais pas intégré dans sa direction. Certains commentateurs ont remarqué que cela correspond à la personnalité de Barthes : observateur, analytique, rarement chef de file d’un collectif.

Une photographie presque politique

La photo apparaît à une époque où les revues intellectuelles ont un fonctionnement proche des mouvements artistiques organisés. Tel Quel voulait montrer qu’il existait comme groupe, représentatif de sa génération avec sa propre cohérence intellectuelle. .
La photographie sert ainsi, en quelque sorte, de manifeste visuel.

oOo

6 Messages

  • Viktor Kirtov | 1er avril 2026 - 16:58 1

    Un nouveau merci à J. Pommier qui nous signale un autre lien relatif à cette photo avec Severo Sarduy, ainsi qu’à ses relations avec François Wahl, Roland Barthes, Jacques Lacan…

    Grâce à J. Pommier, nous avions déjà ajouté à notre entrée de l’Abécédaire sollersien « "B" comme Bonaparte (Café Le) » une section consacrée à la deuxième photo du groupe Tel Quel à la terrasse du Café (une variante) qu’il nous signalait.
    Ne manquez pas de vous livrer au jeu des différences.
    VOIR ICI

    *

    Et voici quelques extraits du nouveau lien signalé par J. Pommier :

    Par :Gloria Esquivel, New-York
    magazine Arcadia le : 28 juin 2012

    La première personne que l’écrivain cubain Severo Sarduy a rencontré en Europe était l’intellectuel français François Wahl . Sarduy avait quitté Cuba en décembre 1959, à l’âge de 22 ans, grâce à une bourse d’études en histoire de l’art. Il s’est rendu à Paris par bateau, mais c’est par hasard à Rome qu’il a rencontré Wahl , alors éditeur renommé aux Éditions du Seuil , responsable des œuvres de Lacan et de Derrida . Ils sont tombés amoureux.
    C’est Wahl qui l’a présenté à l’élite intellectuelle française des années 1960.
    […]
    Grâce à Wahl, Sarduy a fait la connaissance de Barthes . Dans un de ses textes autobiographiques, le Cubain se rappelle de cette première rencontre : « C’était un écrivain français qui se disait sociologue à l’époque. Je l’ai rencontré rue du Dragon […] » Leur amitié se traduisait aussi par un dialogue intellectuel qui transparaît dans leurs œuvres respectives et qui dura jusqu’en 1980, année de la mort de Barthes, renversé par une voiture.


    La nouvelle variante de la photo qui accompagne cet article, dans un format réduit, avec Roland Barthes au centre, et où Severo Sarduy, complètement à droite, apparaît cette fois-ci, de face, bien identifiable

    […]
    Barthes a reconnu et célébré l’hédonisme de l’œuvre de Sarduy dès ses débuts,, commentant son deuxième roman, D’où viennent les chanteurs (1967), comme étant « la fabrique à souvenirs d’une soie érotique de plaisir, où seul ce plaisir du langage est vérité ». Pour l’écrivain cubain, ce fut un privilège d’être témoin de la capacité d’observation et d’analyse sensorielle de Barthes .
    […]
    Les discussions de Tel Quel trouvèrent leur place dans l’œuvre de Sarduy qui, avec une malice teintée de provocation, s’empara des théories débattues par ses amis et les fusionna en récits débordant d’une imagination fertile, héritée de son obsession pour l’œuvre de Lezama Lima . Travestis, nains, hommes-chevaux, vestiaires de bordels et coupures de Harper’s Bazaar côtoient avec audace les idées poststructuralistes.
    […]
    Selon Wahl, Sarduy ne s’intéressait pas à la psychanalyse comme pratique clinique, mais plutôt comme représentation littéraire. Concernant sa relation avec Lacan, il raconte : « Severo avait l’impression que Lacan castrait tout le monde, et il le disait clairement dans ses romans. Lacan apparaît sous le nom de Docteur Ktazob dans Cobra : en arabe, cela signifie « coupeur de pénis ». Il était aussi jaloux de Lacan, peut-être parce que je l’avais connu auparavant et que je me consacrais pleinement à l’édition de ses écrits. De plus, Lacan m’appelait à deux heures du matin, et Severo n’appréciait pas du tout cela. »

    Parmi les grands amis de Sarduy figurait également Philippe Sollers, critique et romancier français, époux de Julia Kristeva. C’est Sollers qui a traduit Cobra et sa poésie.

    […]

    L’intégrale de l’article ICI

    PS : Cette autre photo communiquée par Joseph Pommier
    qui atteste de la proximité de Severo Sarduy et Roland Barthes :

    oOo


  • POMMIER | 1er avril 2026 - 10:15 2

    Bonjour,
    Je signale qu’il existe une autre photo de cette même scène "mythique", qu’on trouve sur le site grupolipo.blogspot.com, qui consacre des pages à Severo Sarduy ; la prise de vue est plus resserrée (à moins que la photo de groupe ait été partiellement coupée) et l’on y voit outre Josephine Fellier, Julia Kristeva, Roland Barthes, François Wahl et Severo Sarduy, lequel apparaît ici de face, ce qui par rapprochement avec les deux autres photographies que vous avez publiées, est de nature à lever tout doute sur le fait qu’il s’agit bien de Severo Sarduy.


  • Viktor Kirtov | 31 mars 2026 - 09:49 3

    PS : A mon message à Joseph Pommier
    Retrouvé cette photo :
    https://cvc.cervantes.es/literatura/escritores/sarduy/articulos/gallo.htm
    qui mentionne explicitement Severo Sarduy - une variante de la photo présentée sur pileface (le personnage à droite de Sollers n’est plus une femme mais un homme : vraisemblable que ce soit l’homme qui a pris le cliché présenté sur pileface note Dominique Brouttelande).
    Auttes précisions :
    1) le nom de la femme entre Marcelein Pleynet et Julia Kristeva : Joséphine Fellier. Quelqu’un peut-il en dire plus sur elle ?
    2) Cette deuxième photo est aussi datée de 1974. Je n’avais pas retenu la date de 1978 mentionnée sur le site de Philippe Sollers car d’autres commentaires la situait à l’époque du voyage en Chine (1974) du groupe Tel Quel, et la présence sur la photo de François Wahl participant au voyage renforçait cette hypothèse.


  • Viktor Kirtov | 31 mars 2026 - 09:02 4

    Dont acte et je retiens votre proposition pour Severo Sarduy bien que le nom de Pierre Guyotat m’ait été proposé par un proche de Sollers. Connaitriez-vous, par hasard, le nom de la femme entre Marcelin Pleynet et Julia Kristeva ?
    Merci cher Joseph Pommier pour votre proposition. Severo Sarduy était effectivement conseiller littéraire aux Editions du Seuil, ce qui explique sa présence sur cette photo
    Cordialement,


  • POMMIER | 30 mars 2026 - 22:27 5

    Bonjour,
    Il me semble qu’il y a une erreur dans la légende de la photographie de groupe au "café Bonaparte". Sur la photo reproduite plus haut, la personnalité située sur le bord à droite à coté de François Wahl n’est pas Pierre Guyotat, mais Severo Sarduy. Pierre Guyotat figure sur une autre photo.


  • Albert Gauvin | 24 mars 2026 - 12:27 6

    Sur le site de Philippe Sollers, la photographie est datée de 1978 (ce qui n’est pas forcément une preuve). Le café Le Bonaparte était aussi très proche du 44, rue de Rennes (aujourd’hui 4, place Saint-Germain des Prés). C’est au 44, rue de Rennes que se réunit le GET, le Groupe d’Études théoriques de Tel Quel d’octobre 1968 au printemps 1971. C’est là que Kristeva (L’engendrement de la formule) et Derrida (La double séance) intervinrent respectivement en janvier et février/mars 1969 (lire ici) et que Sollers fit sa série de conférences Sur le matérialisme (trois si ma mémoire est bonne). Un pot au Bonaparte pouvait suivre les séances. Mais ce sera peut-être pour un autre article de l’abécédaire...