Reçu le 27 février sous le titre mais la foi en l’infini renaîtra.
Cher Albert Gauvin,
ENCORE QUELQUES PSAUMES NOUVEAUX EN ATTENDANT LE PRINTEMPS
Bien cordialement vôtre,
Claude Minière

. XXXIV
(colonnes)Et maintenant, vois, ces deux colonnes derrière toi
à l’entrée elles ne pèsent pas lourd, il n’y a plus de temple
et léger tu contemples les anciens rois XXXVEt maintenant redescends, Terre,
redescends au niveau de notre souffle
et de ma main ouvrière
terre, ne sois plus dans les nuages ni les pantoufles ! XXXVI
(l’aurore)Mai arrive chaque année,
tout sera volé envolé pendant la foire
d’apocalypse en ellipse des siècles,
mais la foi en l’infini renaîtra.
A l’aurore, à l’avenant. Vous êtes là ou non ?
Les instruments tour à tour soutiennent cette publication permanente XXXVIIJe suis à l’abri des coups j’ai touché le ciel.
La myrrhe, l’aloès et la casse parfumaient mon sentier
et le lys, blanc comme Liban.
Je connais désormais l’alpha et l’oméga, l’o de l’a. XXXVIII
(mauvaise pioche)Il y a du je dans l’assemblage que nous formons,
ce n’est pas une machine comme celle
d’Ignace d’Antioche, pour un temple une pioche,
c’est un jeu, un jet, un feu, un grain de sel XXXIX
(peuple)Toi, l’Universel, les Palestiniens
étaient Ton peuple, et cependant Tu
as permis qu’ils soient chassés de leur terre, terrorisés,
pourchassés. Tu avais pourtant
proclamé « Je déclare l’Égypte et Babylone
parmi ceux qui me connaissent ». XL
(dôdi)Le dôdi , l’amant des Cantiques,
maintenant fait dodo, dorémi
à l’antique suavité des chants,
comme un enfant aux méfaits remis L
(safran)Tu m’as aidé par ton vocabulaire,
les mots joueurs bien en rang,
Tu m’as fait voir la fleur jaune
du safran dans le bleu des crocus.
Et tous ces types que j’ai croisés dans les bureaux
vulgaires, ce sont les figures de quoi ? LI
(l’Euphrate)La joie qui déborde comme l’Euphrate,
qui ne l’a connue un jour
ne connaît pas la vie,
la vie qui rate
ou vous inonde pour toujours,
nu limon LII
(Fiancées)Vous les connaissez ?
Il y a Abishag de beauté rugissante
et celle du Cantique qui dit à ses amants
venez, enivrez-vous de ma vigne puissante. LIII
(si je t’oublie)Qu’est-ce que j’oublierais ?
Non, je n’oublierai jamais
que la littérature est ma Cité
ma citation, mon cœur et ma comparution
comme le bœuf l’aigle le lion et l’homme,
ils sonnent ensemble comme un ensemble

- Lilium longiflorum
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