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Rencontre Maillol-Picasso en pays catalan

D 30 juin 2025     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Nous avions déjà donné écho d’un été en Catalogne française sur les pas de Maillol et sa muse Dina Vierny (née Dina Zviguilsky, à Odessa en Ukraine), dans l’atelier de Maillol - la « métairie » -, dans l’arrière-pays de Banyuls
Et aussi en Catalogne espagnole sur les pas de Dali et sa muse Gala à Port Lligat . (Gala, également d’origine russe, née Elena Dmitriena Diakonova, à Kazan, et surnommée Gala dès le berceau ). Déjà deux artistes catalans.

Aujourd’hui avec l’exposition « Maillol – Picasso. Défier l’idéal classique », au musée Hyacinthe Rigaud à Perpignan, c’est le même artiste Maillol qui se trouve associé à un autre Catalan célèbre, Picasso.

Et oui ! Picasso regarde Maillol tandis que Maillol est fasciné par la période cubiste de Picasso. Plongez au cœur d’un parcours où les œuvres d’Aristide Maillol (1861-1944) et de Pablo Picasso (1881-1973) dialoguent et renouent avec un ancrage territorial qui a dynamisé leur créativité.

Un peintre et un sculpteur, opposés en apparence, mais ils partagent en réalité de nombreux points de convergences. Aristide Maillol et Pablo Picasso, sont des artistes majeurs du XXe siècle, profondément attachés à la Catalogne dont ils sont issus.


L’exposition met en lumière l’influence mutuelle des deux artistes
© Radio France - Victor Costa-Mousnier - ZOOM : cliquer l’image

Maillol-Picasso : la rencontre posthume à Perpignan

Entre 1953 et 1955, Picasso séjourne à Perpignan dans l’hôtel particulier de Jacques et Paule de Lazerme. Quant à Maillol, mort à cette époque, il a doté la ville de l’un des bronzes originaux de Méditerranée. Picasso observe la modernité de Maillol, tandis que Maillol s’était intéressé à la période cubiste. Cette rencontre posthume constitue le point de départ de l’exposition Maillol Picasso - Défier l’idéal classique, qui se tient au Musée d’art Hyacinthe Rigaud.

Le parcours fait dialoguer les deux maîtres du XXe siècle en six sections et 110 œuvres, dans un espace de 400 m². Le but ? Trouver les points de convergence esthétiques et techniques de la sculpture à la peinture, du dessin à la gravure entre les deux artistes. Un « deux à deux » qui tisse un lien autour de l’identité catalane, de la féminité, du portrait et des paysages du Roussillon.
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Picasso et Maillol, des artistes liés au territoire


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De passage à Perpignan cet été ? Profitez de vous promener dans le quartier de l’hôtel de ville pour saluer la Méditerranée, l’une des statues de bronze originales sculptées par Aristide Maillol en 1905.


© Raymond Fabre (studio visage)

C’est aussi là, au cœur du centre historique, que se niche l’ancien hôtel particulier des de Lazerme – aujourd’hui Musée d’art Hyacinthe Rigaud – où séjourna Pablo Picasso à plusieurs reprises entre 1953 et 1955. Une maison d’hôtes transformée en musée d’art, et un lieu hautement symbolique pour accueillir, du 28 juin au 31 décembre 2025, une exposition ambitieuse réunissant ces deux géants de la modernité : Maillol – Picasso. « Défier l’idéal classique », qui, à l’instar de Van Gogh et Arles ou de Cézanne et Aix-en-Provence, ont tissé un lien particulier avec la petite ville des Pyrénées-Orientales.


Femme assise, Pablo Picasso – Photo Grand Palais Rmn (musée national Picasso-Paris) © Succession Picasso 2025 |
Jeune fille à l’épine, Aristide Maillol © Ville de Perpignan, Musée d’art Hyacinthe Rigaud
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Si Maillol incarne un retour au classicisme à la ligne pure, Picasso, plus iconoclaste, déconstruit sans relâche les formes. Leurs parcours se croisent pourtant : tous deux taillent le bois à leurs débuts et tous deux se nourrissent d’influences communes telles que Gauguin, le primitivisme, ou encore l’Antiquité.
Les œuvres classiques et originales d’Aristide Maillol et de Pablo Picasso sont ainsi mises en regard, évoquant leur carrière respective, mais aussi leurs expérimentations parallèles. Ce dialogue artistique s’inspire du projet d’exposition Museum for a Small City imaginé par l’architecte Ludwig Mies van der Rohe au début des années 1940, à travers une scénographie pensée pour abolir les frontières historiques et formelles entre les œuvres.


Buste de Marthe Denis, Aristide Maillol – Photo Musée d’Orsay, Dist. Grand Palais Rmn |
Tête de femme, Pablo Picasso – Photo Grand Palais Rmn (musée national Picasso-Paris) © Succession Picasso 2025 - ZOOM : cliquer l’image

Le musée Rigaud reprend cet esprit libre et fluide dans un parcours de 400 m², où les sculptures et les toiles se déploient entre murs texturés, verrières et jeux de motifs géométriques.
Parmi les œuvres exposées, certaines sont présentées pour la première fois à Perpignan, comme La Rivière ou L’Air de Maillol, tandis que d’autres, issues des collections du musée, reviennent pour enrichir la lecture des artistes. Au total, plus de 110 pièces sont rassemblées grâce à des prêts exceptionnels : le musée d’Orsay, le musée de l’Orangerie, le Petit Palais, le musée Rodin, mais aussi la Fondation Dina Vierny, la National galerie de Berlin ou encore la collection Oskar Reinhart de Winterthour ont répondu présent.


Femmes devant la mer, 16 Février 1956. Huile sur toile 195 x 260 cm. Signé, en bas à gauche « Picasso ». Paris, musée national d’art moderne-Centre de création industrielle

Un tour de force quand on sait que les pièces de cette collection ne sortent que très rarement de ses murs. Le Centre Pompidou, partenaire majeur de l’événement, a notamment accepté le prêt de Femmes devant la mer (1956), une toile magistrale de Picasso, mise en regard avec La Méditerranée, scellant ainsi ce dialogue à travers le temps.

L’exposition se décline en six sections thématiques, aux titres volontairement ambigus – Classique ? Renversé ? Primitif ? Sculpteur ? – pour mieux interroger nos certitudes visuelles. En filigrane, c’est une redécouverte de Maillol qui s’opère, dont la modernité apparaît avec plus d’évidence encore lorsqu’il est confronté à l’audace plastique de Picasso. Une façon aussi, pour le musée Hyacinthe Rigaud, de poursuivre son travail entamé depuis plusieurs années autour de ces deux artistes et de leur ancrage local.

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Aristide Maillol, est né en 1861 à Banyuls-sur-Mer. Il a marqué la ville de Perpignan pour avoir été le premier à la doter de l’un des bronzes originaux de son œuvre « Méditerannée ». Pablo Picasso, lui, né en 1881 à Malaga, est lié intimement à l’histoire du musée. Il a vécu pendant deux ans à l’hôtel de Lazerme, qui abrite l’actuel lieu d’exposition. Cette rencontre entre les deux artistes permet de « conforter et de poursuivre l’étude de ces maîtres » entre identité catalane, féminité, portraits et paysages du Roussillon.
Cette idée a émergé il y a cinq ans. « C‘est un long chemin pour aboutir à ce projet, d’abord parce qu’il y a ce travail de réflexion intellectuelle, ensuite parce qu’il y a la conquête auprès de nombreuses institutions », indique Pascale Picard, directrice et conservatrice du musée Hyacinthe Rigaud. En effet, 17 musées, fondations et collections privées différentes ont contribué à cette rencontre. Parmi eux, le musée d’Orsay à Paris, la National galerie à Berlin ou encore le Stedelijk Museum à Amsterdam.

Le collier offert par Picasso à la comtesse de Lazerme

L’un des aspects majeurs de cette exposition est la présentation inédite d’un collier réalisé par Pablo Picasso en 1953. Influencé par ses origines espagnoles, l’artiste a conçu un bijou faisant référence au combat d’un taureau dans l’arène. Au centre, une tête de taureau est représentée. Le reste de son corps démembré est suspendu tout autour de la chaîne. Pascale Picard parle d’une réalisation « extraordinaire », qui « reprend naissance en terre catalane ». Le musée de Perpignan a ainsi l’opportunité de l’ajouter à sa collection pour une durée de trois ans.


Picasso (1881-1973), Collier au taureau sur chaîne articulée, (avant oct.1953),
Or, fonte à la cire perdue réalisée par Roger Chatagner Chaîne 44,6 cm. Sans marque, poinçon, numéro, ni date ou signature. Perpignan, musée d’art Hyacinthe Rigaud, dépôt.

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Ce bijou témoigne d’une grande originalité artistique, il ne faut pas oublier la part plus sombre de la personnalité de Pablo Picasso. L’homme était connu pour son comportement souvent cruel, en particulier envers les femmes de sa vie. Il les utilisait parfois comme muses avant de les rejeter ou de les briser psychologiquement.
Très bien accueilli à Perpignan à l’Hôtel particulier de la famille de Lazerme à Perpignan rue de l’Ange, c’est pourtant à Paule Dabadie, comtesse de Lazerme - la très belle épouse de son hôte, chez qui il a séjourné à plusieurs reprises entre 1953 et 1955 - qu’il a offert ce collier réalisé selon ses soins à Vallauris avec l’aide du dentiste des lieux, seul dans le village à avoir le matériel adéquat pour réaliser un tel bijou.

D’après Emma Lemaire, Made In Perpignan


Portrait de la comtesse de Lazerme par Picasso, Musée Rigaud, Perpignan

Aristide Maillol Jeune fille à l’épine 1921,
terre cuite. Perpignan, musée d’art Hyacinthe Rigaud.

Le portrait de jeune fille d’Aristide Maillol, est entré par donation dans les collections du musée de Perpignan, il y a presque deux ans.

Musée Hyacinthe Rigaud, Perpignan

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