

24 février 2022 - 24 févier 2025, la guerre d’invasion de l’Ukraine par la Russie entre dans sa quatrième année
Après trois ans de guerre, l’héroïque Ukraine doit maintenant faire face au « Munich américain ». Un tournant historique également pour l’Europe.


Des chefs de gouvernements et d’États européens dont Olaf Scholz (chancelier allemand), Giorgia Meloni (Première ministre italienne), Pedro Sanchez (Premier ministre espagnol), Antonio Costa (Président du Conseil européen), Ursula von der Leyen (Présidente de la Commission européenne), se réunissent autour d’Emmanuel Macron à l’Élysée à Paris, le 17 février 2025, pour évoquer la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Photo : Remko De Waal/ANP Mag/AFP.
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Pour qui, à Kyiv, sonnerait le glas ?
Par Bernard-Henri Lévy
La Règle du Jeu, 24 février 2025
Retour des États-Unis. Côte Ouest, avec ces nouveaux bad guys à la manœuvre d’une révolution au technicisme délirant et au folamourisme débridé qui a, dit Elon Musk, 80% de chances d’apporter à l’humanité une félicité nouvelle et 20% de chances de la détruire. Côte Est, avec ces Gremlins, ces Doge kids lancés par le même Musk à l’assaut de tout ce qui, dans l’État fédéral, finance la santé, l’éducation, le bien-être des États-Uniens et, accessoirement, à travers l’Usaid, un peu de la survie du monde. Et, entre-temps, la Floride, terre natale du trumpisme, d’où j’ai vu les images du coup de téléphone de Trump à Poutine ; puis celles de son vice-président, J. D. Vance, exhortant les Européens, à Munich, à voter AfD, Rassemblement national, tout ce qu’ils voudront, pourvu que ce soit au détriment du « plus jamais ça » fondateur de l’Europe d’après 1945. Imprévisible, la nouvelle administration américaine ? Une force qui va, brise les tabous et, ivre d’« un rêve héroïque et brutal » (Heredia), nous réserverait le meilleur comme le pire ? Rien de cela pour le moment. Juste une idéologie de brutes, forte avec les faibles (les migrants, le Groenland), faible avec les forts (Poutine donc, à qui l’on a donné, avant toute négociation, l’essentiel de ce qu’il demande : les territoires conquis en Ukraine et la non-entrée de l’Ukraine dans l’Otan). Munich américain où on lâche en rase campagne ces femmes et hommes – les Ukrainiens – qui défendent, armes à la main, depuis trois ans, les valeurs et la sécurité de l’Occident. American vertigo.
Je repars pour l’Ukraine. Maintenant. Car il n’y a pas un autre endroit au monde où je souhaite me trouver, ce 24 février, date anniversaire de la guerre atroce – la première, depuis 1945, sur le continent européen – qu’a déclenchée le Kremlin, il y a trois ans, sur les côtes de la mer Noire et dans le Donbass. Je verrai bien. Je raconterai. Mais j’en sais déjà assez pour dire que la fameuse offensive russe dont se gargarisent les défaitistes piétine depuis des mois. Je connais, j’ai filmé, chaque rue de la ville martyre de Pokrovsk et j’en ai vu suffisamment pour savoir que les Ukrainiens, pour peu qu’on continue de les aider, tiendront la ligne aussi longtemps qu’à Bakhmout ou, aujourd’hui, à Tchassiv Yar dont nul ne parle plus mais où ils résistent encore. Je ne pense pas, en d’autres termes, que l’Ukraine soit à genoux. J’ai du mal à croire à ces désertions massives dont se gaussent les agents d’influence russe. J’ai vu, il y a quelques semaines, à Paris, le président Zelensky. J’ai revu, plus récemment, son connétable, Andriy Yermak, géant taiseux et, lui aussi, héroïque qui devrait être le premier, le moment venu, dans l’ordre des compagnons de la Libération que créera l’Ukraine quand elle l’emportera. Et de ceci, je peux témoigner : un esprit de résistance indompté ; une détermination inentamée à défendre et l’Ukraine et l’Europe ; « croyez-vous, m’a dit le jeune Churchill de Kyiv, que nous ayons consenti tant de sacrifices pour donner, in fine, 20% de notre pays à un voisin génocidaire ? et ne voyez-vous pas, vous, les Européens, que c’est pour vous que nous nous battons et pour vous que sonnerait le glas si nous étions contraints de céder ? ».
Alors, oui, les Européens. J’écris alors que s’ouvre, à Paris, la grande conférence sur l’Ukraine, voulue par le président Macron. L’Europe, en vérité, n’a pas le choix. S’unir ou mourir. Agir ou subir, dans deux, trois ou cinq ans, un nouvel assaut russe mais, cette fois, dans un pays Balte, en Pologne, ailleurs. Et agir, en la circonstance, ne peut avoir qu’un sens. Savoir que nous avons, depuis trois ans, fourni à l’Ukraine plus d’avions, d’hélicoptères, de tanks et autres canons howitzers que les États-Unis. Et avoir la volonté politique, non seulement de poursuivre, mais de franchir un pas de plus en créant, dès aujourd’hui, en conclusion de cette conférence, la fameuse armée européenne qui est un serpent de mer depuis trois quarts de siècle et sans laquelle, pourtant, nous serons vassalisés. Pas l’Otan, l’armée de l’Europe. Peut-être pas toute l’Europe mais ceux qui, en Europe, refusent de se coucher devant les poutinistes, islamistes et, un jour, Chinois qui veulent nous soumettre. Et pasex nihilo car : 1) l’Union européenne, personne n’a l’air de s’en souvenir, a déjà approuvé la création d’une Force de réaction rapide dont certains éléments étaient à l’entraînement, en octobre 2023, dans le sud de l’Espagne et qui ne demande qu’à être étoffée ; 2) il existe, aux marches de l’Europe, une armée formidablement aguerrie qui s’appelle l’armée ukrainienne et qui, comme l’a proposé le président Zelensky, peut être, du jour au lendemain, le fer de lance de cette nouvelle armée. L’Europe, avec son logiciel inachevé, saura-t-elle vouloir ce qu’elle peut ? Cette communauté dont la grandeur était, jusqu’ici, comme la princesse Europe des Grecs, d’être un mythe d’autant mieux chanté qu’il n’advenait jamais tout à fait se résoudra-t-elle à cette incarnation ? Et serons-nous, citoyens, à la hauteur de la dignité tragique requise par le moment historique ? C’est une question existentielle

Pas le choix
Editorial. Par Alexandra Schwartzbrod
Libération, 24/02/2025
C’est Volodymyr Zelensky qui, dès les premières heures de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avait le premier compris la vraie nature de ce que Vladimir Poutine appelait alors une simple « opération spéciale ». A travers l’Ukraine, c’est l’Europe tout entière qui est visée, avait alerté le président ukrainien, si celle-ci ne nous aide pas, elle sera la prochaine cible de Moscou. Trois ans jour pour jour après ce terrible 24 février 2022, les Européens donneraient sans doute beaucoup pour rembobiner le film des événements. Et sans doute se montreraient-ils bien plus intransigeants vis-à-vis de la Russie, de son président et de ses oligarques, et surtout bien plus efficaces et généreux dans leur défense du territoire ukrainien.
Certes, ils ont fait beaucoup, et certainement bien plus que ne l’imaginait Vladimir Poutine qui espérait voir imploser l’Europe sur la question de l’aide à l’Ukraine – ce qui n’a pas été le cas – mais l’on réalise aujourd’hui à quel point cette aide s’est montrée insuffisante. Il aurait fallu durcir bien plus vite les sanctions contre le régime de Poutine, se décider bien plus rapidement à envoyer des avions de combat et les armes réclamées par l’Ukraine. L’Europe y est allée sûrement mais lentement et voilà où nous en sommes, trois ans plus tard : « en route vers la troisième guerre mondiale », comme nous l’a confié l’écrivain ukrainien Andreï Kourkov (lire pages 22-23). Bien sûr, il y a trois ans, les Etats-Unis étaient dirigés par un démocrate, à tous les sens du terme, et bien peu imaginaient qu’il puisse être remplacé par un homme aussi peu fiable que Donald Trump, un homme capable de se coucher devant Vladimir Poutine, jusqu’à céder à ses moindres diktats et tenter – honte suprême – de monnayer son aide militaire à l’Ukraine comme un simple marchand de pacotilles. Le nouveau président américain ne comprend que l’instant présent et les liasses de billets agitées sous ses yeux, après lui le déluge, il ne perçoit pas que le déluge pourrait l’emporter à son tour s’il laissait Poutine triompher.
Trois ans après, est-il encore possible de sauver l’Ukraine, et l’Europe, des griffes de l’ours russe ? Il n’y a pas le choix, il faut penser à ces dizaines de milliers d’Ukrainiennes et d’Ukrainiens morts pour protéger leur pays et à ceux qui continuent à se battre malgré l’épuisement. A Volodymyr Zelensky qui n’a jamais montré sa peur, même quand il se savait dans le viseur du Kremlin, et qui n’a pas hésité dimanche à mettre son poste dans la balance si cela
pouvait protéger l’Ukraine.
L’Ukraine entre la menace russe et l’appétit de Trump

Stéphane Siohan
Correspondant à Kyiv
Libération, 24 Février 2025
Infographie Alice Clair et Julien Guillot
L’Ukraine entre la menace russe et l’appétit de Trump Au jour du tragique anniversaire de son invasion, le pays est pris en tenailles entre la cupidité du président américain, qui espère s’emparer de ses richesses minières, et l’impérialisme implacable de Vladimir Poutine.
Un siècle plus tard, les terres noires de l’Ukraine sont redevenues le lieu de collision des empires, et ce n’est pas une bonne nouvelle. Ni pour les Ukrainiens, ni pour les Européens. Ce qui est en train de se passer depuis plusieurs jours est ni plus ni moins qu’un chantage, une prédation, une opération de racket, inédite à l’époque moderne. Les Etats-Unis d’Amérique sont en train d’essayer d’imposer à Kyiv un accord sur l’exploitation de minerais stratégiques, en vertu duquel l’Ukraine accorderait une concession quasi perpétuelle aux Américains, sans que des garanties de sécurité soient mises sur la table en échange. Cet accord pourrait ouvrir la porte à de possibles négociations de paix, entérinant l’occupation et l’annexion par la Russie de près de 20 % du territoire. En deux mots, un partage de l’Ukraine. Un Anschluss moderne.


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STYLO SUR LA TABLE
Donald Trump a donc ajouté l’Ukraine à sa wishlist composée du Groenland, du Canada, du Mexique et du canal de Panama. Le président américain cherche à obtenir l’équivalent de 500 milliards de dollars de terres rares en « dédommagement » du soutien apporté à l’Ukraine. « [Les Etats-Unis] ont dépensé 350 milliards de dollars pour s’engager dans une guerre qui ne pouvait pas être gagnée », s’indigne Trump. Une estimation fausse, puisque, comme Volodymyr Zelensky l’a rappelé dimanche, l’Ukraine a reçu 100 milliards de dollars des Etats- Unis, tandis que l’Union européenne lui a fourni 2,5 fois plus d’aide financière et militaire, comme les statistiques le prouvent.
Mais l’Amérique de Trump n’a rien à faire de la réalité, puisqu’elle se rêve à nouveau comme puissance coloniale. Trois ans après les Russes, les Américains sont à leur tour en opération spéciale en Ukraine, pour obtenir rapidement un deal avantageux. Vu de Kyiv, on se croirait dans un mauvais épisode de la série Peaky Blinders, quand une bande arrive en ville pour s’approprier des ressources sur un territoire qui n’est pas le sien. Premier envoyé au font. Scott Ressent, le secrétaire d’Etat américain au Trésor, arrivé le 12 février dans la capitale ukrainienne avec un mémorandum sur les minerais dans l’attaché-case, a reçu un refus poli des Ukrainiens, qui n’y trouvent pas leur compte. A la conférence de Munich sur la sécurité, l’équipe pilotée par le vice-président des Etats-Unis, J.D. Vance pose à nouveau le stylo sur la table de Volodymyr Zelensky, qui renâcle. Depuis, ce dernier est la cible d’une opération de harcèlement et d’intimidation des Américains. Trump en tête.
Dimanche, le chef de l’Etat ukrainien, lors d’une conférence de presse organisée avant le triste troisième anniversaire de l’invasion russe, tentait encore de déminer le terrain avec son homologue américain, qui l’a pourtant traité de « dictateur » responsable de la guerre, quelques jours plus tôt « Je serais offensé par le mot "dictateur" si j’étais un dictateur, ce que je ne suis pas.Les mots passent... Ce qui m’intéresse, c’est ce que les Ukrainiens pensent de moi », a-t-il balayé, souhaitant une « compréhension mutuelle » avec le milliardaire américain et des « garanties de sécurité ». En réponse à son procès en illégitimité intenté par Washington et Moscou, Zelensky a répliqué : « Si vous avez vraiment besoin que je quitte mon poste, j’y suis prêt. Je peux échanger [ma présidence] contre [une adhésion de mon pays] à l’Otan. »
ACCORD SCÉLÉRAT
Samedi soir, des fuites dans la presse ukrainienne évoquaient un accord scélérat sur les minerais ra res -lithium, titanium, uranium sur le point d’être signé. Dimanche, le président ukrainien assurait que Kyiv et Washington se rapprochaient d’un accord sur les minerais. « Nous progressons », a-t-il dit, au moment où son bras droit Andriy Yermak et la ministre de l’Economie, Ioulia Svyrydenko, négocient avec les Américains un fonds minerais d’une valeur estimée par Kyiv à 350 milliards de dollars. « Dans ma vie, jai passé quelques accords sérieux, vous voulez être pragmatiques, soyons pragmatiques, je souhaite le dialogue, a déclaré Zelensky. Mais je ne signerai rien qui
soit mauvais pour l’Ukraine, je ne signerai pas quelque chose qui sera payé [dans lefutur] par dix générations d’Ukrainiens. » En façade, Zelensky reste ferme. Mais en coulisses, les langues se délient, et l’on comprend que Trumpet ses associés sont en train de mettre le couteau sous la gorge des Ukrainiens. Un membre du gouvemement, rencontré en marge de la conférence de presse. fait comprendre que la pression est maximale : durant le weekend, lors des négociations, les Américains auraient dit aux Ukrainiens que si ces derniers ne leur donnaient pas la concession des plus importantes réserves de minerais rares d’Europe, ils stopperaient immédiatement toute aide militaire et financière. Plusieurs observateurs craignent aussi que, si Kyiv ne signe pas, Elon Musk débranchera immédiatement tous les terminaux internet Starlink, ce qui pourrait entrainer une catastrophe : l’interruption de toutes les télécommunications sur le front.
« Nous travaillons à des alternatives à Starlink », assure Rustem Umerov, le ministre de la Défense, signe que tout cela est pris extrêmement au sérieux. Pour Andriy Sybiha, le ministre des Affaires étrangères, « d’Ukraine est maintenant au centre de jeux géopolitiques mondiaux dans lesquels se décidera la sécurité de la planète ». L’ambition américaine en Ukraine, qui se différencie très peu de la prédation coloniale des puissances européennes aux XIXe et au XX siècles, laisse les Ukrainiens pantois. « Il est difficile de trouver à Kyiv plus pro-américain que moi, mais ce que l’équipe Trump impose aux Ukrainiens est [probablement similaire aux propositions que les Espagnols ont jadis apportées aux Incas », compare Vitalii Sycb.directeur du magazine NV, qui a fait ses classes de journalisme aux Etats-Unis.
Le politologue Volodymyr Fesenko, directeur du centre d’études Penta, y voit une « thérapie de choc » infligé à l’Ukraine. « L’essence de la vision
du monde de Trump, c’est l’argent qui doit être prélevé auprès des plus
faibles et des plus dépendants des Etats-Unis », commente-t-il. Selon lui, l’agressivité du président américain s’explique par les refus de Zelensky, qui sait que tout accord trahissant les intérêts de son peuple peut signifier sa fin politique. Relativement pessimiste, le chercheur estime « qu’il faudra sans doute chercher des compromis relativement acceptables avec les Américains dans le cadre de l’accord sur les ressources, pour sauver l’Ukraine et pour continuer à acheter des armes américaines, car le temps de l’aide militaire gratuite est révolu. Mais il y aura des compromis désagréables. » Notamment territoriaux.
« JEUX DE CESSEZ-LE-FEU »
« Pour le moment, une seule chose est évidente, c’est que notre principal partenaire stratégique en perspective ce sera les pays européens, avec qui nous avons des défis communs et des problèmes, qui ne concernent que nous », relève Volodymyr Fesenko. Quelle que soit l’issue de ce marchandage sur les terres rares, Kyrylo Boudanov, le chef du renseignement militaire ukrainien, avertit ce week-end que les Russes n’ont pas renoncé à leur objectif stratégique de soumission de toute l’Ukraine, relativisant la situation. « Oui, les Russes avancent, la situation en première ligne est compliquée, estime Boudanov. Mais de là à dire que les Russes vont bien, non ! Sinon, ils n’essaieraient pas de jouer à tous ces jeux de cessez-le-feu. Si vous gagnez et que vous en êtes sür, pourquoi avez-vous besoin de tous ces processus ? »

Ukraine : Trois ans de résistance et l’avenir de l’Europe
Chronique d’une Nation en état de siège et de résistance face au piège de Poutine, à l’indécent marchandage de Trump et au sommeil géopolitique européen.


Soldats ukrainiens dans une tranchée, près de Bakhmout. Photo : Kostya Liberov/AFP
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Par Alla Poedie
La Règle du Jeu, 23 février 2025
Depuis février 2022, l’Ukraine n’a pas seulement tenu tête à une invasion brutale ; elle s’est dressée comme un rempart pour la liberté en Europe. Kyiv, Kharkiv, Marioupol, Bakhmout… Ces villes ne sont plus seulement des points sur une carte. Elles sont devenues des symboles de courage, des légendes de l’histoire contemporaine gravées par le sang, la sueur et la détermination de tout un peuple.
Une Nation en état de siège… et de résistance
Face à l’agression russe, l’Ukraine a fait bien plus que résister. Elle a surpris le monde entier. Au-delà des soldats en première ligne, c’est une nation entière qui s’est levée. Grands-parents, enseignants, ingénieurs, artistes… Chacun a pris part à la défense de sa terre, de sa liberté, de son avenir.
« Si tu n’es pas sur le front, tu es pour le front » est devenu le mot d’ordre pour les Ukrainiens.
Loin des clichés de David contre Goliath, l’Ukraine a fait preuve d’une ingéniosité redoutable.
La guerre des drones ? C’est elle qui en a réécrit les règles.
En quelques mois, elle a transformé ses garages en laboratoires de haute technologie, produisant des drones kamikazes, des éclaireurs invisibles, et même des essaims coordonnés. Avec des ressources limitées mais une inventivité sans bornes, elle a semé la confusion et la peur dans les rangs de l’envahisseur.
Le piège de Poutine
Trois ans plus tard, le rêve de Vladimir Poutine d’une victoire éclair est devenu un cauchemar sans fin. Lui qui promettait de défiler sur le Maïdan en quelques jours est aujourd’hui embourbé dans un conflit qui ronge ses ressources, son armée et sa légitimité.
L’image de l’ours russe invincible en a pris un sacré coup. Incapable de prendre une ville majeure depuis des mois, l’armée russe s’épuise dans des offensives répétitives et mal préparées.
Koursk ? Ce nom maudit ne rappelle plus à Poutine seulement le sous-marin nucléaire qui a sombré dans les profondeurs de la Mer de Barents,aujourd’hui c’est un rappel humiliant qu’un morceau du territoire russe est occupé par l’armée ukrainienne.
L’Europe : agir ou s’effondrer
Mais si la guerre se joue en Ukraine, c’est l’avenir de l’Europe qui est en jeu. Et soyons honnêtes : l’Occident a failli. Malgré les discours enflammés de solidarité, l’aide militaire a toujours été limitée, souvent trop tardive. Pourquoi ? Par peur de provoquer Moscou ? Par confort géopolitique ? Ou simplement par manque de vision ?
Les chars Leopard ? Arrivés au compte-gouttes.
Les systèmes Patriot ? En nombre insuffisant pour couvrir tout le territoire.
Pendant ce temps, chaque hésitation à Bruxelles ou à Washington s’est payée en vies ukrainiennes. Chaque compromis politique a ouvert une brèche sur le champ de bataille.
Il est temps de l’affirmer sans détour : si l’Europe et les États-Unis avaient livré toutes les armes nécessaires à l’Ukraine, la guerre serait déjà terminée.
Une guerre européenne, pas seulement ukrainienne
L’erreur fatale des Européens a été de considérer cette guerre comme un conflit périphérique, un problème « ukrainien ». C’était oublier que Vladimir Poutine ne vise pas seulement Kyiv. Il veut redessiner la carte de l’Europe, pour commencer et ensuite la faire disparaitre. Il a commencé par l’Ukraine, demain ce seront les pays baltes, la Pologne…
L’Europe se berce d’illusions. Ce n’est pas seulement un conflit à l’Est. C’est une attaque frontale contre l’ordre européen, contre tout ce que le Vieux Continent représente : la démocratie, la prospérité, la liberté.
Un Monde sans Amérique
Comme si cela ne suffisait pas, une autre menace est entrée en jeu : le retour destructif de Donald Trump. Avec son style fracassant et ses slogans inintelligibles, il promet de mettre fin à « l’assistanat européen ». Traduction : réduire, voire retirer, le parapluie militaire américain qui protège l’Europe depuis 80 ans.
« Pourquoi devrions-nous protéger des pays qui refusent de payer leur part ? » demande-t-il dans ses meetings. La menace est claire : l’Europe devra affronter seule l’agression russe.
L’offensive de Trump contre Zelensky : La honte d’attaquer un pays en guerre
Donald Trump a abasourdi tout le monde, dans l’indécence politique, en lançant une attaque verbale d’une violence inouïe contre Volodymyr Zelensky, qualifiant le président ukrainien de « dictateur sans élections ».
Cette agression verbale dépasse le simple affront diplomatique : elle révèle un calcul cynique, une tentative de pression économique sur un pays en guerre qui lutte pour sa survie face à l’agression russe. La manœuvre choque par son manque de scrupules, révélant une absence totale d’empathie face à la souffrance d’un peuple assiégé.
Derrière cette offensive se cache un marchandage honteux : Trump exige que l’Ukraine cède 50% de ses droits d’exploitation sur des minerais stratégiques en échange de garanties de sécurité américaines. En d’autres termes, Trump cherche à profiter de la vulnérabilité d’un pays en guerre pour servir les intérêts économiques américains. Le refus courageux de Zelensky de céder à ce chantage a déclenché la colère de Trump, qui n’a pas hésité à salir l’image du président ukrainien pour imposer sa volonté.
S’attaquer à un dirigeant qui défend son pays contre une invasion brutale, c’est faire preuve d’un cynisme sans nom. En qualifiant Zelensky de « dictateur » alors qu’il mène la résistance face à l’agresseur russe, Trump ne fait pas seulement preuve de mauvaise foi, il trahit les valeurs mêmes de la démocratie qu’il prétend défendre. Cette attaque jette une ombre sur l’intégrité morale des États-Unis, choquant même les plus fidèles alliés de Washington.
En cherchant à exploiter la détresse ukrainienne pour obtenir des avantages économiques, Trump franchit une ligne rouge, transformant la diplomatie en un outil de chantage économique.
L’Ukraine est devenue le véritable « papier tournesol » de la morale européenne, révélant avec une cruauté implacable la nature profonde des engagements et des valeurs brandies avec tant d’assurance. Face à l’injonction américaine – se ranger docilement aux côtés de Washington et trahir l’Ukraine ou se rebeller contre le dictat outre-Atlantique et soutenir l’Ukraine sérieusement avec des armes – l’Europe vacille, dévoilant ses hésitations, ses peurs, et ses calculs froids. Ici, plus de faux-semblants.
Chaque prise de position expose la frontière ténue entre les beaux discours sur la liberté et la sordide realpolitik. L’Ukraine, dans sa douleur et sa résistance, n’est plus seulement un champ de bataille ; elle est devenue le miroir cruel des consciences occidentales, renvoyant l’image impitoyable de ce que valent les principes lorsqu’ils s’opposent aux intérêts.
Plus qu’une simple attaque verbale, c’est une trahison des valeurs démocratiques, une honte qui ternira durablement l’image de Trump sur la scène internationale.
Entre la honte de l’abandon et la servitude de l’allégeance, l’Europe vacille, écartelée entre ses principes et ses peurs, tandis que l’histoire observe, impitoyable.
80 ans de sommeil géopolitique pour l’Europe : il est temps de se réveiller
Cela fait 80 ans que l’Europe vit sous protection américaine. 80 ans de paix relative qui ont anesthésié son instinct de survie. La réalité est brutale : l’Europe n’est pas prête pour la guerre. Les Européens n’ont pas de stratégie de défense commune.
Pire encore : Les Européens ne veulent plus se battre
« Pourquoi risquer ma vie pour des valeurs abstraites ? » Voilà le dilemme qui paralyse les sociétés occidentales. La prospérité économique et le confort matériel ont engendré un individualisme incapable de résister à une agression déterminée.
En Russie, la vie humaine est sacrifiée sur l’autel du pouvoir. En Europe, la vie est précieuse mais la liberté est prise pour acquise. Cette asymétrie constitue la grande faiblesse de l’Europe face aux régimes autoritaires.
Conclusion : Livrer toutes les armes à l’Ukraine ou périr
Sans l’Ukraine, l’Europe n’a pas d’avenir. L’Ukraine est devenue le rempart contre les dictateurs qui veulent dominer l’Europe. Elle est le seul bouclier qui protège aujourd’hui le vieux continent de l’impérialisme russe. Si l’Ukraine s’effondre, l’Europe sera à la merci de Moscou.
Il est temps pour l’Europe de prendre une décision historique. Il ne s’agit plus de doser son aide, ni de fournir des armes au compte-gouttes. L’Europe doit livrer immédiatement et sans réserve toutes ses armes à l’Ukraine.
Tous les stocks disponibles doivent être envoyés au front pour permettre à l’Ukraine de porter le coup décisif à l’armée russe, de détruire la menace russe une fois pour toutes et d’empêcher Moscou de redevenir une puissance destructrice.
C’est le seul moyen de garantir la sécurité et la souveraineté de l’Europe. Sans l’Ukraine, il n’y a pas de futur pour l’Europe. Le temps des hésitations est révolu. Le temps des décisions courageuses est venu.
Face à l’histoire, l’Europe doit choisir entre l’audace et l’asservissement, entre la survie et l’effondrement. Le moment est venu d’agir, et d’agir sans compromis

Qui peut encore sauver l’Ukraine ?
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3 Messages
.La Règle du Jeu, 15 mai 2025
Bernard-Henri Lévy lors de la projection de son film, « Notre Guerre », au Festival de Cannes. Le 13 mai 2025. Photo : Ammar Abd Rabbo.
Le film « Notre Guerre » est aussi l’œuvre des Ukrainiens
qui nous ont fait confiance.
Bernard Henri Lévy
EXTRAIT
Merci cher Thierry Frémaux et merci du fond du cœur pour avoir pris l’initiative de cette journée ukrainienne en préouverture de votre festival, aux côtés de mes camarades Mstyslav Tchernov, dont vous allez voir tout à l’heure le film extraordinaire et Ariane Chemin, Yves Jeuland et Lisa Vapné dont vous avez vu le film ce matin.
[…]
Votre geste est fidèle à la tradition de Cannes.
Cannes montrait le film de René Clément, La bataille du rail, au sortir de la Résistance.
Cannes a été l’une des étincelles qui ont donné sa beauté et sa grandeur à Mai 1968.
Cannes a été là – et j’étais, un peu, à vos côtés – quand il s’est agi de soutenir des grands cinéastes empêchés, interdits ou emprisonnés comme Jafar Panahi.
Que vous soyez aujourd’hui aux côtés de cette Ukraine souffrante, martyre, vaillante et résistante me paraît à la fois dans l’ordre des choses et en même temps magnifique.
Tous ceux qui sont ici et tous ceux qui ont organisé cette journée savent que le sort de l’Europe et le destin de l’Europe se joue là.
Ils savent que la frontière de l’Europe d’aujourd’hui est dans ces régions du Donbass qui nous paraissent parfois très loin et qui sont en réalité très proches.
Je suis extrêmement ému, avec toute mon équipe, que vous ayez sélectionné ce film, notre film. Car ce film que vous allez voir c’est vraiment trois ans de notre vie. Et même au-delà, puisque cette guerre n’a pas commencé le 24 février 2022, elle a commencé dès 2014. Nous étions déjà là, alors, avec mes camarades. Et ce nouveau film-là, vous verrez, est aussi la mémoire de ce que nous avons vécu et rêvé depuis trois ans.
[…]
Le « Slava Oukraïni ! » de BHL
Notre guerre, quatrième volet de la série de films que le philosophe consacre à l’Ukraine, est présenté à Cannes. Nous l’avons vu en avant-première.
Par Saïd Mahrane
Le Point, 15 mai 2025
Héraut. Des terrains boueux de Pokrovsk aux lambris de l’Élysée, Bernard-Henri Lévy exalte une nouvelle fois l’héroïsme des soldats ukrainiens et le courage d’une nation en danger
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On se souvient de ce 28 février et du visage d’un homme en particulier, J. D. Vance, assis dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, plein de cette morgue qui nous fait détester une certaine Amérique, expliquant à son hôte, Volodymyr Zelensky, que son pays, l’Ukraine, est en pleine débâcle et qu’il est vain de nourrir de trop grands espoirs. « Êtes-vous déjà allé en Ukraine ? » lui a simplement répondu Zelensky, marqué par les nuits sans sommeil et les jours sans répit. Question balayée d’un revers de la main – au sens propre – par J. D. Vance, qui réclamait à cet instant un « merci » de la part des Ukrainiens.
À défaut de voir de ses propres yeux la réalité de la frontline, le vice-président américain pourrait visionner la série de films réalisés par Bernard-Henri Lévy. Il en existe trois, plus un quatrième, intitulé Notre guerre, réalisé avec Marc Roussel, présenté au prochain Festival de Cannes.
Le plus ukrainien des Français
En avant-première, nous avons pu le visionner et, face à la quantité d’images inédites et de témoignages rares, il est permis d’affirmer que l’écrivain-journaliste œuvre non seulement pour le présent, mais aussi pour la mémoire. Quand, un jour – et ce jour viendra –, il faudra documenter la vérité de cette guerre, les historiens devront s’emparer de cette quadrilogie rendue possible grâce à la confiance des autorités de Kiev envers le plus ukrainien des Français. À ce titre, les images – non floutées – de Boutcha et de ces cadavres le long des routes, arborant des stigmates qui traduisent la volonté russe de perpétrer un massacre de masse, sont les preuves d’un « Oradour-sur-Glane » ukrainien. Le témoignage d’enfants déportés en Russie, qui ont retrouvé leur pays grâce à des « filières secrètes » et à des « Justes », servira également à l’écriture du passé.
Cette incroyable scène du Bureau ovale, BHL l’a suivie en direct sur son ordinateur, entouré de soldats ukrainiens, dans un atelier de réparation de matériel militaire de Pokrovsk, non loin des positions russes. Par son intensité, la séquence évoque l’image de ces résistants, les nôtres, ceux de 1940, penchés au-dessus d’un transistor, espérant la bonne nouvelle. En l’occurrence, ce sera une déflagration pour ces soldats ukrainiens, sidérés par la charge de Donald Trump contre leur représentant. S’ils n’attendaient pas du nouveau président américain un soutien inconditionnel, ils n’imaginaient pas un tel degré de violence dans ses propos. Mais, par ses mots volontiers humiliants, Trump venait de fournir à ces hommes en kaki, exténués par des années de guerre, mieux que des armes, un surcroît de combativité.
Amertume et colère
Quelques jours avant cette rencontre, l’écrivain eut droit à un entretien avec Zelensky dans son bureau du palais Mariinsky. Celui qu’il compare à Churchill ne se faisait guère d’illusions sur les intentions de la nouvelle administration de Washington. « La société ukrainienne pense qu’il [Trump] penche vers la Russie. C’est peut-être faux, mais c’est l’impression qu’il donne. Les gens ont peur. Les soldats sont démoralisés. » Silence. Regard désolé. On devine à cet instant ce que Zelensky refoule d’amertume et de colère envers le président américain. Il finit par poser la seule question qui vaille dans le contexte d’une avancée des troupes russes : « Peut-on tenir sans les Américains ? » En guise de réponse, il lève les épaules et ouvre les mains pour dire l’incertitude, sinon l’impuissance « Tout dépend des lignes rouges, de ce que vous pouvez supporter et de ce que vous voulez voir cesser », poursuit-il.
Autre moment fort du film : l’entretien avec le général Oleksandr Syrsky. Il est l’incarnation même de l’idée que l’on se fait d’un chef : calme, attentionné et charismatique. Il fut commandant de l’armée du Donbass avant de devenir, en février 2024, général en chef des forces armées ukrainiennes. BHL lui soumet cette question existentielle posée plus tôt par Zelensky : l’Ukraine peut-elle tenir sans les Américains ? « Aucun problème ! répond-il, sans hésiter. On a assez de munitions et de matériel. Et nos partenaires européens nous soutiendront. » À travers la caméra de l’écrivain, c’est à la fois au monde et à ses troupes sur la ligne de front que le général s’adresse. Le moral ? « Excellent ! Et nous sommes prêts à protéger notre pays et nos concitoyens jusqu’à la fin. » Avec de tels propos, la phrase de Bonaparte – « Un chef est un marchand d’espérance » – prend tout son sens.
Mélancolie ou résignation ?
Le récit, entrecoupé de flash-back remontant jusqu’à 2023, révèle toutefois une forme de mélancolie qui gagne le terrain – ou est-ce une résignation ? –, invisible dans les précédents films. La fatigue physique, l’usure psychologique, les pertes stratégiques et, bien sûr, les pertes humaines pèsent sur le moral des hommes, même s’il suffit de peu pour regonfler les poitrines : un « Slava Oukraïni ! » lancé et, aussitôt, la ferveur reprend le dessus. Il y a, en outre, dans ce film documentaire une forte dimension patriotique, évidemment pro-ukrainienne, qui charrie nombre de symboles nationaux, comme la référence à une statue du poète humaniste Taras Chevtchenko, restée debout malgré les bombardements, des plans sur des autels naïfs érigés à la gloire des soldats morts, l’image d’une enfant qui se réchauffe dans un drapeau bleu et jaune ou encore l’entretien avec une soldate poète que BHL promet de publier…
Mais ce film est aussi une ode à la France. Les ennemis de l’écrivain, qui vient d’être condamné à trente-trois ans de prison par un tribunal tunisien pour une pseudo-affaire de complot, sans d’ailleurs susciter la moindre réaction politique, devront remiser leurs critiques sur ce BHL qui préférerait le monde à son pays. Ce film nous fait même dire qu’il n’y a pas plus français que lui. Il faut le voir monter dans un blindé et relever qu’il est de la marque Renault, parler d’Alain Delon avec des soldats tandis que des drones les survolent, rappeler, dès qu’il peut, le soutien de la France à l’Ukraine, mentionner l’importance des canons Caesar, accompagner la brigade Anne de Kyiv, formée et équipée par la France… « Un pays tient bon, et c’est le mien ! »
Tranchée
– L’esprit de résistance est très important pour nous, Français. Nous avons subi l’épreuve de l’occupation.
– Je suis d’accord Emmanuel, mais nous devons travailler sur l’opinion. L’opinion américaine. »
À Klichtchiïvka, un petit village situé sur la ligne de front, non loin de Bakhmout, se trouvent une position de tir baptisée Emmanuel Macron et une autre, Bernard-Henri Lévy. « Vous ne dites jamais merci », expliquait J. D. Vance au président Zelensky. « Qui devrait dire merci à qui ? » lui répond BHL, depuis une tranchée
Des sanctions « dévastatrices » si la Russie ne prolongeait pas sa trêve de trois jours les 8-9-10 mai (pour convenance personnelle de parade…), par un cesser-le-feu de 30 jours total et inconditionnel, ont été annoncées très martialement.
Trump a saisi la première esquive de Poutine avec sa proposition de négociation directe Ukraine-Russie à Istambul « dès » le jeudi 15 mai pour différer sa menace. Malgré l’humiliation faîte à Trump par Poutine en refusant tout cesser-le-feu immédiat - comme preuve que les belligérants ont la volonté de mettre fin à la guerre -, Trump continue à arbitrer en faveur du maître du Kremlin, malgré ses propres déclarations...!
Côté Europe, c’est guère mieux : le discours martial est devenu :’on « envisage » de déclencher ces nouvelles sanctions. Poutine ne semble pas beaucoup les craindre et ironise même sur celles-ci.
Quand arrêtera t-on d’ « envisager » pour « mettre à exécution » immédiate les sanctions brandies ? ( Il sera toujours temps de les annuler si un improbable cesser-le-feu intervenait). Brandir un ultimatum sans mise à éxécution, décribilise l’Europe et les Etats unis. Et Poutine qui dicte sa loi à Trump et à l’Europe, en sort renforcé auprès de son opinion publique et de ses partenaires…
V.K.
CONTRE une proposition de résolution réaffirmant le soutien à l’Ukraine et à son intégrité territoriale,
AVEC la Russie et la Corée du Nord… (sic) mettant ainsi en lumière le changement radical de la politique américaine avec l’arrivée de Donald Trump.
24 février 2025 : Résultat 93 voix pour, 18 contre, et 65 abstentions, sur 193 Etats membres. (Les Etats Unis dans les 18 voix contre). Noter aussi le nombre important d’abstentions, même si la résolution a été adoptée.
A titre de comparaison, en 2022, une résolution condamnant l’agression russe en Ukraine et demandant à Moscou le retrait immédiat de ses troupes avait été adoptée à l’Assemblée par 141 voix pour, 5 contre, et 35 abstentions, sur 193 Etats membres.
Volodymyr Zelensky frappé d’un coup de poignard dans le dos par Trump.
(Crédit : Le Courrier international / Financial Times)
Un renversement d’alliance meurtrier aux dépens de Zelinsky, de l’Ukraine et de l’Europe.
Et Trump en vautour pour dépecer le cadavre de l’Ukraine de ses terres rares !