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Si le Vendée Globe nous était conté

Depuis 1989, le Vendée Globe a repoussé toutes les limites

D 16 janvier 2025     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Comme les Jeux olympiques, il n’a lieu que tous les quatre ans. C’est dire… La 10e édition 2024-2025 du Vendée Globe, l’incroyable course à la voile autour du monde sans escale et sans assistance, s’est élancée le dimanche 10 novembre 2024 depuis les Sables-d’Olonne en Vendée. Cette année, 40 skippers se sont lancés dans l’aventure de cette course au large.
Avec une grand-mère maternelle vendéenne, je me considère vendéen de souche et sablais de cœur et d’adoption pour vivre aux Sables d’Olonne une partie de l’année. C’est ainsi que j’avais pu assister au départ de la 10e édition et braver la foule, les jours précédents, pour aller sur le ponton de Port Olona réservé aux bateaux du Vendée Globe, voir de visu ces formules 1 de la mer, avec quelques uns des skippers présents à bord.


Fréquentation record pour le Village du Vendée

Installé sur l’esplanade de Port Olona, le Village du Vendée Globe 2024 a accueilli environ 1,3 million de visiteurs, établissant un nouveau record de fréquentation. la journée la plus fréquentée a été le samedi 9 novembre 2024, avec 140 000 visiteurs. Ces données témoignent de l’engouement croissant du public pour cette course emblématique.
Le Reporter sablais

Occasion de mesurer le changement d’échelle de l’épreuve à l’occasion de cette édition : par la foule des visiteurs, la multiplication des stands sur l’esplanade du port, par le nombre des bateaux : 40 cette année, un chiffre jamais atteint, en refusant même quelques candidats, 40 était la limite que s’était fixée l’organisation de la course afin de garantir un suivi de sécurité au meilleur niveau.

Avec cet article, Je souhaite saluer les pionniers qui ont permis que cette course naisse et se perpétue, les skippers qui lui donnent une âme, l’esprit de cette compétition et les valeurs qu’elle met en avant, la communion née au sein de la population autour de l’événement, maintenant entré dans l’imaginaire collectif local. C’esr beau à vivre, c’est beau à voir !

[PARTIE 1 - LA COURSE

Charlie Dalin vainqueur de la 10e édition 2024-2025 du Vendée Globe


LES SABLES D’OLONNE, France : Charlie Dalin (FRA), skipper de MACIF Santé Prévoyance, est photographié après avoir remporté le Vendée Globe 2024, le 14 janvier 2025 aux Sables d’Olonne, France, brandissant le trophée de la course.
(Photo par Lloyd Images / Alea)
ZOOM : cliquer l’image

GIF Charlie Dalin : « Je suis l’homme le plus heureux du monde aujourd’hui ! »

Charlie Dalin est entré dans la légende. Après 64 jours d’une épopée grandiose, il a triomphé du Vendée Globe, inscrivant son nom au panthéon des navigateurs solitaires. Avec une précision d’orfèvre, une stratégie audacieuse et rigueur, le Havrais a illuminé cette édition de son talent hors du commun, repoussant les limites de l’excellence en mer. Dans une course où chaque instant a été une bataille, il s’est imposé comme un stratège redoutable. Face à Yoann Richomme, son adversaire le plus coriace, le skipper de MACIF Santé Prévoyance a livré un duel d’une intensité rare. Vitesse, gestion des tempêtes et des accalmies, choix de trajectoires… tout a été savamment orchestré par un homme qui semble parler le langage des océans. Ce n’est pas seulement son temps record de 64 jours qui impressionne, mais la manière dont il a conduit cette course. Chaque manœuvre, chaque décision témoignait de son travail acharné, de sa minutie dans les préparatifs et de sa capacité à maintenir une concentration sans faille, même dans les moments les plus critiques. À l’arrivée, c’est un héros moderne qui a franchi la ligne. Charlie Dalin incarne la persévérance, la résilience et la quête incessante de la perfection. Cette victoire, arrachée au prix d’un engagement total, est un triomphe qui dépasse le sport : elle est l’illustration de ce que l’homme peut accomplir lorsqu’il s’allie à la mer avec humilité et passion.

INTERVIEW

Vendée Globe : Quels sont les sentiments qui t’habitent ?

« C’est un mélange d’euphorie, de joie immense et de fierté, surtout pour le travail réalisé par toute l’équipe et le soutien inconditionnel de la MACIF. Nous nous sommes battus pendant quatre ans pour ce projet. De la conception du bateau à sa mise au point, en passant par son optimisation, c’est une consécration collective. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir sur l’eau. J’ai eu beaucoup de chance sur ce tour du monde  : le bateau revient en parfait état. Il est encore à 100 % de son potentiel, avec ses deux foils, toutes ses voiles et ses systèmes fonctionnels. Certes, j’ai eu des soucis, mais j’ai réussi à tout réparer ou remplacer. Cela m’a permis de remonter l’Atlantique en mode « régate ». La compétition, c’était exactement ce que je recherchais dans ce Vendée Globe. La confrontation avec Yoann (Richomme) a été exceptionnelle. Entre nous, ça s’est joué à peu de choses, au large du cap Frio, un endroit où les modèles météo sont très mauvais voire nuls. A l’arrivée, ce record, nous l’avons battu aussi grâce à lui, car nous nous sommes constamment poussés à donner le meilleur de nous-mêmes. Jusqu’au bout, rien n’était gagné. Nous avons navigué à pleine puissance pendant tout le tour du monde, ce qui nous a obligés à maintenir un rythme incroyable. J’ai l’impression d’être parti avant-hier. C’est fabuleux de pouvoir partager cette arrivée avec vous, en plus dans un contexte non-confiné. Un grand merci à la MACIF pour son soutien indéfectible et à toute l’équipe pour leur travail exceptionnel. Cette victoire est avant tout celle de toute l’équipe MACIF. »

Vendée Globe : Quel a été ton moment préféré ?

« La descente de l’Atlantique reste un moment magique. Naviguer seul sur ce bateau magnifique, c’était extraordinaire. D’autres moments m’ont marqué, comme passer le cap Horn de jour ou gérer la grosse dépression dans l’océan Indien. Même si c’était épuisant, c’était fascinant. La bataille avec Yoann dans le Pacifique et l’Atlantique était incroyable, elle m’a rappelé nos années en Figaro. Les moments difficiles n’ont pas manqué, comme réparer une voile cruciale dans des conditions extrêmes près de la Nouvelle-Zélande ou gérer une fissure de 1,50 m sur le bordé (coque). Heureusement, chaque problème trouvait sa solution, ce qui m’a permis de continuer à attaquer.


Vendeeglobe.org/

L’arrivée du vainqueur

8h25, 14 janvier 2025. C’est fait ! Charlie Dalin s’impose sur le Vendée Globe en franchissant la ligne d’arrivée des Sables-d’Olonne, après 64 jours, 19 heures, 22 minutes, pulvérisant de près de dix jours de moins, le précédent record de l’épreuve détenu depuis 2017 par Armel Le Cléac’h avec 74 jours, 3 heures, 35 minutes,

Connaissez-vous Charlie Dalin ? 40 ans, originaire du Havre, il est architecte naval de formation. Le skipper fait ses débuts à la voile à 6 ans au large de Crozon. Il remportera deux titres de champion de France Élite de course au large (en 2014 et 2016)

La remontée du mythique chenal

Arrivé à 8H15, Charlie Dalin ne pouvait emprunter le chenal qui conduit à Port Olona qu’à partir de 14 h, en raison de la marée basse le matin. Après sa victoire éclatante dans la 10ᵉ édition du Vendée Globe, Charlie Dalin a vécu un moment unique : la remontée du mythique chenal des Sables-d’Olonne. Après un bain de foule sur les pontons, il a reçu le trophée du vainqueur.

Sous un grand soleil d’hiver, le navigateur normand a été célébré par un feu d’artifice bleu-blanc-rouge, tiré en son honneur. Il a ensuite remonté le chenal sous les vivats de milliers de personnes, qui l’attendaient depuis le milieu de la matinée de part et d’autre du passage de deux kilomètres de long.

ur le pont de son voilier, Charlie Dalin a profité du spectacle à terre, à quai ou aux balcons des immeubles, où s’agitaient des banderoles "Bravo Charlie". Le lauréat 2024-2025 s’est ensuite avancé pour saluer la foule, fusées de détresse rouges en main et avec pour bande-son "La Terre est ronde" d’Orelsan son morceau de musique fétiche. Tout un symbole. "Je suis vraiment heureux d’être ici avec vous et d’avoir une arrivée non confinée", a-t-il exulté, une fois de retour sur le plancher des vaches, en référence à l’édition 2021 sous Covid. "C’est fabuleux !"
<Yohan ROBLIN
TF1 info

L’ événement a été couvert par France 3 Pays de la Loire et nous vous en présentons des extraits ci-après. Sur le plateau de la chaîne, des invités et commentateurs prestigieux :
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A propos du bateau de Charlie Dalin.

Le bateau de Charlie Dalin, MACIF Santé Prévoyance, un bateau neuf, a été conçu par l’architecte naval Guillaume Verdier. La construction de la coque a été réalisée par CDK Technologies, tandis que l’assemblage et l’équipement ont été effectués par MerConcept.

François Gabard, vainqueur de l’édition 2012-2013 et fondateur de MerConcept, un entreprise navale qui a joué un rôle clé dans la construction et la gestion du projet IMOCA de Charlie Dalin.
- Michel Desjoyaux double vainqueur du Vendée lors de l’édition 2000-2001 et aussi 2008-2009. Il est le seul skipper à avoir gagné cette course deux fois.
- Armel Le Creac’h, détenteur du dernier record de la course lors de l’édition 2016-2017.

L’ntégrale ICI

La bataille navale de Charlie Dalin et Yoann Richomme

La jetée des skippers aux Sables d’Olonne

Pour rendre hommage aux skippers classés du Vendée Globe (toutes éditions confondues), des plaques sont disposées sur le muret de la Petite Jetée (phare vert), et constituent une ligne du temps, où 2 mètres représentent 1 jour.
Sur 200  mètres de long, chaque plaque y porte le nom du skipper, du bateau, son classement, l’édition, et son temps, ce qui permet de montrer l’évolution des performances des navigateurs.   À l’entrée de la jetée, figure la plaque de Jean-François Coste qui a mis 163 jours, en 1989. C’est le temps le plus long.  »
Le nom de Charlie Dalin viendra s’y ajouter et s’insérer en tête de cette ligne du temps, c’est-à-dire au pied du phare vert à l’entrée du mythique chenal emprunté à son retour avant de s’amarrer à Port Olona.


Jetée des skippers.

Les 10 chiffres remarquables de l’épopée record de Charlie Dalin

64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes. Le temps mis par Charlie Dalin pour faire le tour du globe en passant par les trois caps de référence (Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn), soit 9 jours, 8 heures, 12 minutes et 57 secondes de moins que le record d’Armel Le Cléac’h en 2017 (74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes)

27.667 milles nautiques ou 51.240 km.

17,79 nœuds de moyenne. La vitesse à laquelle a filé le marin normand à travers les océans, soit 33 km/h de moyenne. Plus de deux fois supérieure à celle de Titouan Lamazou (9,7 nœuds), vainqueur en 1991.

4. Le nombre de nouveaux temps de référence établis par Charlie Dalin : équateur - Bonne-Espérance (7 jours et 18 heures), Bonne Espérance - Leeuwin (9 jours et 22 heures), équateur - Sables-d’Olonne (8 jours et 16 heures) et enfin Sables-d’Olonne - Sables-d’Olonne.

42. Le nombre de jours passés en tête du classement par le Havrais de 40 ans, soit la grande majorité de la course. Il a émargé à 254 reprises en haut du pointage, effectué six fois par jour. Son dauphin Yoann Richomme, avec qui il a livré un duel acharné, a pointé en tête à 76 reprises.

44. Le nombre de jours qu’il a fallu au vainqueur de cette 10ᵉ édition pour traverser l’hémisphère Sud. Il a mis 44 jours, 17 heures et 33 minutes, plus d’une semaine de moins que Le Cléac’h (52 jours, 2 heures et 25 minutes).

27ᵉ La moins bonne position de Charlie Dalin au classement. Le 17 novembre 2024, il se trouve à 210 milles du leader Jean Le Cam à l’approche du Cap Vert. Il passe l’équateur dans le groupe de tête quelques jours plus tard, avant de prendre les commandes dans l’Atlantique sud.

9 minutes 30. L’écart fou entre Yoann Richomme et Charlie Dalin au cap Horn, dernière marque obligatoire avant les Sables-d’Olonne. Le bizuth a finalement cédé lors de la remontée de l’Atlantique sur son ami de 20 ans.

1447. Le nombre de jours entre sa deuxième place frustrante sur le Vendée Globe 2021 et sa victoire en 2025. Premier à passer la ligne, il avait été reclassé après la bonification en temps accordée à Yannick Bestaven, dérouté pour participer au sauvetage de Kevin Escoffier.

200.000 euros. La somme que va toucher Charlie Dalin après sa victoire sur la dotation globale de 800.000 euros allouée aux skippers du Vendée Globe.


Par Y.R. avec AFP
TF1 Info

Les deux skippeurs, ont suivi la même formation -tous deux ingénieurs naval - et ont déjà navigué ensemble. Tous deux expérimentés, avec des bateaux performants, leur affrontement a créé une saine émulation et est à l’origine, en partie, du temps record établi par Charlie Dalin. C’est ce que dernier déclarait à l’arrivée, alors qu’il était interrogé sur leur duel intense pendant cette course au large et rendait hommage à Yoann Richomme, son poursuvant.

Le parcours du Vendée Globe


ZOOM : cliquer l’image

Trois caps : Cap de Bonne Espérance au sud de l’Afrique, le Cap Leewin au sud de l’Océanie, le contournement de l’Antartique,
le cap Horn à la pointe sud de l’Amérique du Sud, le «  Pot au noir  » au niveau de l’équateur entre le nord de l’Amérique du Sud et l’ouest de l’Afrique.

Dans le Pot au noir, tout est possible

Le « Pot au noir » c’est le surnom que donnent les marins à la zone de convergence intertropicale, dans l’atlantique, vers l’équateur. Ici la rencontre des alizés du nord et du sud provoque une zone climatique incertaine et imprévisible difficile à négocier par les marins.
Les bateaux rencontrent successivement : des vents changeants, des tempêtes, des averses, des conditions de mer agitée et une chaleur intense. Parfois, le pot au noir peut présenter des conditions de quasi absence de vent. Les bateaux en tête de course sont soumis à tous ces aléas. Ils peuvent rester longtemps englués dans le pot au noir et se faire rattraper par leur poursuivants.
Comme la position exacte du pot au noir et son étendue est variable c’est un facteur qui peut influer de manière importante sur le classement dans la course.

D’où vient le nom ?

Le nom « Pot au Noir » fait référence à l’apparence et aux conditions météorologiques de cette zone particulière de l’océan. Il vient de l’apparence de cette zone vue du ciel ou de la mer. La zone est souvent marquée par de gros nuages sombres et menaçants qui peuvent s’accumuler dans le ciel. Cela crée une atmosphère oppressante.
Il peut également faire référence à la stagnation de l’air dans cette zone. Cela donne l’impression que les navires sont piégés dans un pot où l’air ne circule pas facilement. Cette stagnation de l’air cause des difficultés pour les voiliers qui ont besoin du vent pour se déplacer.

La légende Vendée Globe : VOIR ICI

La classe « Imoca » des bateaux du Vendée Globe

Vendée Globe 2024 : taille, vitesse, coût... Qu’est-ce qu’un Imoca, le seul bateau utilisé par les skippers pour leur tour du monde ?

L’Imoca de Bestaven sur le Vendée Globe 2021© AFP

Que signifie Imoca ?

Imoca est une abréviation anglaise pour International Monohull Open Class Association. Cette association a vu le jour en 1991, dans la foulée du premier Vendée Globe, avec pour objectif d’établir des règles de jauge pour ces monocoques. Depuis, la classe Imoca est représentée dans d’autres épreuves prestigieuses comme la Route du Rhum.

Qu’est-ce qu’un Imoca ?

Un Imoca 60 pieds est un voilier, qui mesure 18,28m de long sur 4,50m de tirant d’eau. Ces mesures permettent de garantir l’équité sportive. Ces monocoques sont parmi les plus rapides de la voile. La conception du bateau est prévue pour affronter les conditions les plus difficiles en mer.
En Imoca, les skippers ont le droit d’utiliser jusqu’à neuf voiles. D’un point de vue technique, des contraintes sont aussi imposées aux bateaux. Celles-ci ont été récemment modifiées et concernent une quille standardisée, le choix entre deux mâts, le nombre d’appendices et un nombre de ballasts limité.

Quels sont les critères de sécurité nécessaires pour prendre le départ ?

Les monocoques de type Imoca doivent valider plusieurs tests pour prendre le départ du Vendée Globe. Ceux-ci sont réalisés en grane partie pour des mesures de sécurité. Trois points sont essentiels comme mentionné par le site de la course : le voilier doit être capable de se remettre à l’endroit sans assistance extérieure, le cloisonnement intérieur doit être garanti en cas de retournement et la flottabilité doit être importante en cas de chavirage ou de voie d’eau.

coûte un Imoca ?

Si l’inscription au Vendée Globe coûte 20.000 euros, il faut débourser entre six et sept millions d’euros pour construire un Imoca neuf,
Les participants peuvent se distinguer avec d’un côté les bateaux à foilers et de l’autre les bateaux à dérives. Ces derniers plus anciens sont devenus minoritaires. Les foilers , ces appendices tout en carbone, qui permettent au bateau de décoller sur l’eau sont par nature plus rapides mais les bateaux coûtent aussi plus chers à construire.

À quelle vitesse maximale peut aller un Imoca ?

Les Imoca, qui pèsent généralement entre six et huit tonnes, peuvent atteindre 40 nœuds en vitesse de pointe avec vent portant. Cela équivaut à près de 74 km/h sur la mer.
GL
rmcsport/bfmtv.com


GIF [PARTIE 2 - SA GENESE ET LA POURSUITE DE L’AVENTURE MARITIME

La genèse du Vendée- Globe, « l’Everest des Mers » par. Philippe de Villiers

On connaît Philippe de Villiers comme fondateur du Puy-du-Fou, aussi comme ancien ministre, mais on le connaît moins comme cofondateur puis sauveteur du Vendée Globe, c’est l’objet de cet article où il s’était confié au JDNews le 06/11.2024 .
Il y raconte la genèse de cette course où, durant des mois, des hommes seuls sur leurs voiliers prennent part à l’une des dernières aventures de notre ère. Et portent le Double Cœur de la Vendée au bout du monde..
Si Philippe Jeantot est bien le créateur et organisateur historique du Vendée Globe, et que la course n’aurait pas existé sans lui, on peut aussi dire qu’elle n’aurait pas vu le jour ni perdurée sans Philippe de Villiers.

Un homme visionnaire qui a aussi créé la station Radio Alouette (qui perdure aujourd’hui) quand sont apparues les premières radios libres exploitant les fréquences FM. Là encore, il fut pionnier pour la Vendée. On lui doit aussi la création du Mémorial des Guerres de Vendée, cette Vendée qui a résisté vaillamment aux dictats de la Convention et Comité de Salut Public pendant la révolution. La Vendée qui a vu naître sur ces terres des généraux vendéens comme Charrette à la tête de ses troupes de paysans (ils i l’avaient supplié de se porter à leur tête), puis Clémenceau (En novembre 1917, il est de nouveau nommé président du Conseil et forme un gouvernement consacré à la poursuite de la guerre. Partisan farouche d’une victoire totale sur l’Empire allemand, il poursuit la guerre et se voit attribuer le surnom de « Père la Victoire » à l’issue du conflit). et le général de Lattre, de Tassigny (Figure importante de la Seconde Guerre mondiale, compagnon de la Libération, élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume). La Vendée, un terreau fertile aux hommes de caractère dans le domaine public et économique : l’entreprise Bénéteau porte haut les couleurs de la région au niveau international dans l’industrie nautique de plaisance. Fleury-Michon dans l’industrie alimentaire et bien d’autres. La Vendée est riche en PME dynamiques et son taux de chômage est au niveau des plus faibles de France. Le succès du Vendée Globe est aussi le fruit de la vision et de la ténacité d’hommes de caractère et de leurs successeurs.


Philippe de Villiers. SIPA / © RETMEN

C’est dans un bistrot, à Rio de Janeiro, en janvier 1983, que l’idée est née. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je suis parti là-bas à la demande du sponsor de Philippe Jeantot. Et me voilà en plein tournage sur le skippeur qui est en train de gagner la course autour du monde, le « Boc Challenge ». J’ai choisi, comme première image, le stade Maracana. Jeantot y est assis en tailleur et j’y ai inscrit en sous-titre le mot d’Alain Colas : « La mer, le plus grand stade du monde. »
Le film s’appellera Le Grand Sillon. Je propose alors qu’il soit projeté en avant-première aux Sables-d’Olonne à l’été 1983, lors du retour du grand vainqueur, fêté dans le chenal par la foule sablaise qui le découvre. C’est donc au Brésil, sur une table de café, qu’il a dessiné son idée devant moi.

De Rio de Janeiro aux côtes vendéennes

Le temps passe. Cinq ans après, à peine élu président du département en septembre 1988, je donne suite au projet : Conformémént ce sera une course en solitaire – mais sans escale. L’Everest des mers. Avec un nom provisoire, le Globe Challenge. Mais, constatant le manque de sponsors, Jeantot m’appelle au secours pour sauver le projet. J’accepte, mais je demande en contrepartie que « la Vendée » soit de l’aventure. Ce sera donc le « Vendée Globe ».

Depuis le chenal des Olonnes, le rêve s’est déployé

Ainsi s’est ébranlée la toute première flotte, le dimanche 26 novembre 1989. Depuis le chenal des Olonnes, le rêve s’est déployé, il a pris le large et porté son aura jusqu’au bout du monde. Le rêve est devenu planétaire. Les éditions se sont succédé tous les quatre ans. On peut dire que l’Everest des mers, d’année en année, continue à tenir toutes ses promesses. Avec des bosses mais aussi des creux. En effet, je suis intervenu deux fois en sauveteur dans cette aventure improbable.
Non seulement pour que la course voie le jour en 1989 mais aussi en la faisant racheter par le département, en 2005, devant le Tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon. En effet, en 2003, Jeantot est condamné pour fraude fiscale, puis en 2007, il est à nouveau condamné à trois ans de prison avec sursis, puis déchu de son grade de chevalier de la Légion d’honneur. La course est à vendre. Nous gagnons l’enchère. Grâce au département et aux entreprises vendéennes, le Vendée Globe restera en France.

L’un des dernières aventures du monde moderne

C’est une des dernières aventures du monde moderne. Les skippeurs du Vendée Globe n’appartiennent pas à notre monde de l’hygiénisme d’État. Ils vivent de torpeurs et de soleils levants, ils renouent avec la tradition de ces marins qui escrimaient en mer, au nom de l’honneur et de l’ancre de miséricorde.
Parmi les poissons volants, les moiteurs du Pot-au-Noir, les Quarantièmes rugissants, ils pratiquent malgré tout l’entraide, et s’exercent à l’essentielle dissymétrie éthique quand on se sent prêt à jouer sa vie au caprice des éléments pour sauver la vie de l’autre.

En mer, tout est distance

En mer, tout est distance, on est si loin du concurrent ! Et pourtant ces compétiteurs acharnés gardent dans leurs entrailles de quoi choyer l’idée que le lointain demeure un prochain. Et que l’élégance impose, sur le sillon d’écume, de se dérouter pour autrui en cas de naufrage.

Des hommes rudes, veilleurs de civilisation

Ces hommes rudes, aux humeurs rogneuses et qui pratiquent l’excès sans l’outrance, sauvent ce qu’il nous reste de civilisation.
Aujourd’hui, on enferme les songes des enfants dans le Web.

D’AUTRES PROPOS DE PHILIPPE DE VILLIERS AU JDD

Quel est votre souvenir le plus fort du Vendée Globe ?

C’est une nuit tragique le 8 janvier 2009. Je me réveille en sursaut, alerté par le directeur de course, Denis Horeau, qui m’annonce que Jean Le Cam a disparu. Je m’habille à la hâte et me rends au PC course, à la Tour Montparnasse. Nous attendons des heures interminables. Vincent Riou, qui avait remporté le précédent Vendée Globe, fait demi-tour, abandonne sa course et rejoint le naufragé. Il découvre le bateau renversé : seule la coque est visible, avec une quille privée de son bulbe de plomb. La trappe de secours est sous l’eau, Jean Le Cam ne peut pas sortir de son bateau. Soudain, un immense cri retentit au PC course : on vient d’apercevoir un petit drapeau blanc hissé au-dessus de la coque. Un morceau de tissu blanc a été confectionné et hissé de l’intérieur. Pour les marins, il n’y a aucun doute, c’est un signe de vie. Ceux qui connaissent la grammaire des fortunes de mer savent l’interpréter sans ambiguïté : Jean Le Cam est sauvé.

On présume que c’est Jean Le Cam qui incarne le mieux, pour vous, l’esprit du Vendée Globe ?

Oui, c’est lui, parce que le Vendée Globe, c’est l’intelligence humaine face aux mers démontées. C’est l’homme seul face aux éléments. Le Vendée Globe, c’est ce qu’on appelle l’Everest des Mers : un homme seul, avec ses piolets, qui grimpe des murs d’eau. Ce n’est pas un hasard si le surnom qui flotte dans le sillage du Breton Jean Le Cam est resté le même depuis 30 ans : « le roi Jean ». Jean Le Cam est royal par ses silences, par sa hauteur de vue, par sa connaissance intime des 40e rugissants et des 50e hurlants.

En quoi le Vendée Globe incarne-t-il les valeurs vendéennes ?

Je voulais que flotte sur toutes les mers du monde le mythe de la Conscience Dressée, représentée par le Double Cœur, emblème de la Vendée. Ce Double Cœur signifie « un cœur pour ma terre » et « un cœur pour la France ». Le Vendée Globe incarne pour moi le rêve d’une Vendée réhabilitée, tramée dans l’étoffe des songes.

Comment imaginez-vous l’avenir du Vendée Globe ?

J’ai créé le Vendée Globe en 1989 avec Philippe Jeantot. Mes successeurs ont parfaitement préservé cet esprit, dans une continuité exemplaire, en suivant une idée simple : garder l’esprit de la course, en la protégeant des innovations techniques qui pourraient la dénaturer et lui faire perdre son caractère humain, ou pire encore, en faire un business. Le Vendée Globe doit rester la course des PME. Le Vendée Globe est ce que j’appelle un « bien public ». Les marins du Vendée Globe ne sont pas et ne doivent pas devenir des hommes-sandwichs. C’est pour cela que la course demeure sous l’égide d’une collectivité publique, le département de la Vendée

Philippe Jeantot, créateur et organisateur historique du Vendée Globe jusqu’à sa chute en 2004


<En 2004, Philippe Jeantot est dans la tourmente. Ce cinquième Vendée Globe va se courir sans lui aux manettes. - STÉPH ANIE DUTERTRE

D’après Philippe JOUBIN, avec Bruno MÉNARD.
30/10/2024

En 2004, avant même le départ de la cinquième édition du Vendée Globe, ce sont les démêlés avec la justice de Philippe Jeantot, créateur et organisateur de l’épreuve depuis 1989, qui défraient la chronique. Ce qui n’empêchera pas que la course, gagnée par Vincent Riou à l’arraché devant Jean Le Cam et Mike Golding soit somptueuse !

Révolution en coulisses

À la tête de la course, néanmoins, il y a eu une véritable révolution en coulisses. En cette cinquième édition, Philippe Jeantot, créateur et patron emblématique de la grande boucle à la voile, n’est plus là. Rien ne le laissait présager à l’issue du Vendée Globe 2000-2001, même si la rudesse et l’austérité du personnage en agacent plus d’un. La chute de l’une des idoles françaises de la course au large est une véritable saga qui plonge ses racines dans les liaisons dangereuses entretenues par Jeantot avec l’argent et ce depuis bien longtemps. Il est ici important de préciser qui est Philippe Jeantot, de connaître son parcours sportif et entrepreneurial pour comprendre.

Plongeur professionnel à la Comex

Physiquement, l’homme impressionne. Il n’est pas très grand mais possède une vraie carrure, sculptée lors de ses années de plongeur professionnel à la Comex, au cours de la décennie 70. Breton d’origine, né en 1952 à Madagascar au gré des affectations de son père, Jeantot décide jeune de faire un métier censé lui rapporter suffisamment d’argent pour acquérir un voilier et partir autour du monde, en balade. Ce sera scaphandrier au sein d’une société française emblématique des travaux sous-marins les plus rudes, en particulier liés à l’industrie pétrolière, cette fameuse Comex.
Ce jeune homme de 25 ans aux larges épaules n’a peur de rien et la Comex rémunère très bien ce genre de garçon un peu casse-cou. En 1977, il participe ainsi à la mission Janus IV, destinée à prouver qu’il est possible pour des hommes de travailler à des profondeurs avoisinant les moins 500 mètres. Mais c’est au prix de vingt jours passés sous l’eau, dans un caisson hyperbare, à savoir un minuscule boyau où il faut tenir à six en respirant un mélange d’oxygène, d’hélium et d’azote. Deux de ses compagnons effectuent une sortie record à moins 501 mètres et lui-même en fait une à moins 460 mètres. Certes, il n’établit pas le record de plongée mais il a participé à cette mission extraordinaire.

De plongeur à voileux bohème

Deux ans plus tard, à 27 ans, les poches remplies par les risques encourus, il appareille autour du monde à bord de son modeste voilier, Kreiz an Avel. Son rêve est atteint ; le monde glisse sous sa quille, sans attache, ni retour. Car Jeantot, s’il découvrit la voile à Sainte-Marine, le fief des frères Poupon, n’envisage sa pratique que pour voyager et se la couler douce. Il n’est pas comme les Poupon, justement, qui eux sont piqués au syndrome de la compétition.
Pourtant, cette première vie de bohème qu’il s’est offert à la force de son poignet et de son courage, tourne court. Alors qu’il se trouve au mouillage devant un îlot paradisiaque, de l’autre côté de l’Atlantique, Jeantot apprend à la lecture d’une revue nautique, la création d’une nouvelle course : la course autour du monde avec escales, nommée BOC Challenge. Le départ en sera donné en 1982 depuis les États-Unis. Il sent le défi à sa portée, cette course est autant une aventure qu’une épreuve sportive : il se doit d’être au départ.

Héros du BOC Challenge, à la Une du New York Times

Total inconnu, il parvient néanmoins à convaincre la caisse vendéenne du Crédit Agricole et se fait construire un splendide coursier de 15,24 mètres – baptisé Crédit Agricole bien sûr. Et le voilà qui non seulement gagne la course mais en plus décroche toutes les victoires d’étape. Le 10 mai 1983, son nom barre la Une du prestigieux New York Times, un honneur fait à bien peu de Français ! Fini donc le Jeantot bohème, voici Jeantot le coureur au large.

Figure historique des débuts du Vendée Globe, Philippe Jeantot vit aujourd’hui en Thaïlande. | PHILIPPE JOUBIN

Rebelote quatre ans plus tard : nouveau bateau et nouvelle victoire au terme du deuxième BOC Challenge. Les voiliers se succèdent : Crédit Agricole 2, puis 3, puis 4. Il joue aussi dans la cour des multicoques océaniques… non sans s’y faire de solides inimitiés, d’ailleurs. Jeantot n’est pas du sérail des marins bretons ; il n’est pas non plus un fils de Tabarly ; il est basé aux Sables-d’Olonne. Et puis il porte beau, avec sa fine moustache, sa mèche entretenue et ses impeccables polos saillants. Une véritable icône de virilité épanouie des années 80. Mais derrière la façade, il agace aussi, paie ses équipiers au lance-pierre, lance des affaires un peu limites, mais il avance et donne corps à une idée née dans un bar, au cours d’une escale de son deuxième tour du monde victorieux.
On était un peu bourrés
« Avec Guy Bernardin et Bertie Reed, deux autres concurrents du BOC Challenge, expliquera-t-il, nous parlions des escales qui brisent le rythme et la communion avec le bateau. On était un peu bourrés ; on s’est tapé dans les mains en se disant qu’on allait se faire à trois ce tour non-stop ! » L’idée plaît. Sa gestation n’est pas des plus simples, mais Jeantot fonce sans attendre. Il parvient à convaincre Philippe de Villiers, alors omnipotent président du département de Vendée, puis le maire des Sables-d’Olonne et quelques sponsors.

Et le 26 novembre 1989, treize navigateurs solitaires prennent le départ de la première édition du Vendée Globe Challenge. Philippe Jeantot en fait partie, mais sa course tourne sportivement au calvaire : les ennuis techniques s’accumulent et il doit aussi gérer à distance de trop nombreux soucis financiers liés au budget de l’événement. Et s’il ne termine « que » quatrième – ce qui est une déception pour lui –, il est néanmoins à compter aussi parmi les vainqueurs : car le Vendée Globe Challenge a été un vrai triomphe. En revanche, Jeantot le coureur au large, lui, est usé. Il dispute une nouvelle fois le BOC Challenge en 1990 au terme duquel il se classe troisième, et raccroche définitivement son ciré.
Avec son épouse, Corinne, il aspire à autres choses : ce sera un tour du monde en famille à bord de l’un des grands et beaux catamarans de croisière que son chantier naval – Jeantot Marine – produit. Et puis il reviendra régulièrement pour organiser le Vendée Globe. La trajectoire semble parfaite : celle de l’inconnu sans peur qui se forge une carrière à la pogne, gagne sur les océans, reçoit tous les honneurs de l’État, s’érige en businessman avisé puis retourne prendre la mer avec femme et enfants, beaux comme le jour.
Mais cette trajectoire justement a des failles, à commencer par un trouble rapport à l’argent. Skipper, chef d’entreprise, organisateur… Il ne tient pas tous ses engagements, « oublie » de redistribuer, de rémunérer, voire de déclarer, se crée de discrètes boîtes aux lettres dans des paradis fiscaux.

Des rapports tendus avec des coureurs

Ses rapports avec les concurrents du Vendée Globe sont aussi parfois tendus. Christophe Auguin et Isabelle Autissiermènent ainsi un long combat contre lui lors de la course 1996, sa conception de la très modeste redistribution des primes de course et son arrogance le coupent des autres. Sa gestion des drames aussi est décriée à l’image de celle de la disparition de Gerry Roufs en 1997. Mais ce sera sa légèreté avec le fisc qui va provoquer sa chute. Il est en effet régulièrement l’objet d’enquêtes, mais n’en a cure. En 2000, la quatrième édition est déjà sauvée in extremis.
En avril 2003, alors qu’il est de retour en France pour organiser le cinquième Vendée Globe, il se rend au cabinet de l’administrateur de justice en charge de la liquidation de sa société organisatrice de la course. Et le marin se retrouve nez à nez avec des policiers de la brigade financière qui le placent en garde à vue !

Ses biens saisis et vendus

Des soucis avec le fisc, Jeantot en a connu par le passé, mais cette fois l’affaire est grave. Tellement que les privations temporaires de liberté et les procès pour faux et abus de biens sociaux se multiplient, des années durant. Lourdement condamné, ses droits civiques et décorations, à commencer par sa Légion d’honneur, lui sont retirés. Tous ses biens sont saisis et vendus… À l’exception de son catamaran de croisière.

Le nouveau directeur de course Denis Horeau (au centre), entouré de Philippe de Villiers et de Sir Robin Knox-Johnston, premier marin à avoir gagné une course en solitaire sans escale. | JACQUES VAPILLON /

Début 2004, le tribunal de commerce de Vendée attribue le Vendée Globe à une émanation du conseil général. Jeantot n’est plus rien. La course est maintenue avec une nouvelle équipe d’organisation symbolisée par Denis Horeau, qui occupera durant trois éditions le titre de directeur de course. Et ce Vendée Globe 2004 justement continue de sonner la nouvelle ère dans laquelle la course vit désormais. Le 7 novembre, vingt marins en prennent le départ par une faible brise et devant plus de 300 000 personnes….

Cet article est extrait du hors-série « Les grandes histoires du Vendée Globe » n°67.

L’histoire du Vendée Globe pourra continuer et rester française grâce à l’intervention de Philippe de Villiers qui a fait racheter la société d’organisation de la course par le département de Vendée, en 2005, devant le Tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon.
VOIR ICI

Quai Philippe Jeantot


Le quai Philippe Jeantot a été inauguré, en présence du marin et du maire des Sables-d’Olonne, Yannick Moreau. ©Journal des Sables

Par Maxime Pernet
2 nov. 2024
Journal des Sables
Il est arrivé comme une star  : sous des applaudissements nourris.
Voilà des années que Philippe Jeantot n’avait pas mis les pieds aux Sables-d’Olonne. Il y était pourtant présent, ce samedi 2 novembre 2024, à l’occasion de l’inauguration du quai Philippe Jeantot, anciennement quai Amiral-de la-Gravière. «  On ne t’a pas oublié Philippe  !  », lui a lancé un spectateur, lorsque le créateur du Vendée Globe a fait son apparition.


Philippe Jeantot et Yannick Moreau, mère des Sables d’Olonne. Une foule s’était rassemblée pour rendre hommage au créateur du Vendée Globe. ©Journal des Sables

Ne pas oublier l’histoire

Ce quai à son nom, c’est un moyen pour la Ville de le remercier.

Notre société a parfois la mémoire courte. Philippe Jeantot a permis à la ville de vivre des moments forts. On le remercie aujourd’hui d’avoir permis aux Sables-d’Olonne d’avoir cette dynamique fantastique, ce rayonnement de son nom et de son port.
Yannick Moreau, maire des Sables-d’Olonne

Devant la foule, c’est un Philippe Jeantot à la voix parfois fébrile qui s’est exprimé. «  Je suis très ému  », confie-t-il.
Un symbole d’autant plus important que, quelques minutes avant l’inauguration, il a confié à la presse son impression d’être «  parfois oublié  » lorsque l’on parle de l’Everest des mers.

Retour aux sources

Arrivé vendredi 1er novembre, Philippe Jeantot a ainsi pu refouler une terre qui l’avait longtemps accueilli.
«  Je ne reconnais pas grand-chose. Mais ça me fait plaisir de voir ce que c’est devenu.  »
Philippe Jeantot, à propos des Sables-d’Olonne
S’il a confié «  ne pas connaître les skippers au départ, à part Jean le Cam  », Philippe Jeantot n’a pas caché son admiration devant les bateaux nouvelle génération. «  Si j’ai l’opportunité, j’aimerais bien monter à bord, pour voir les sensations que ça fait de voler avec les foils.  »
Le créateur du Vendée Globe était également fier de voir que sa course avait tant duré, et évolué. «  Je ne pensais pas qu’une idée de trois mecs bourrés dans un bar à Sydney plairait autant. « Cela ne devait être à la base qu’une seule édition.  »


Philippe Jeantot signant des dédicaces. ©Journal des Sables

Lui aussi, comme Ulysse est de retour au port - même pour une simple escale. Après avoir cédé au chant des sirènes de l’argent, sa vie est maintenant en Thaïlande, mais il était important par ce geste symbolique qu’il ne soit pas oublié dans la mémoire collective. Comme le fils prodique de l’Evangile, la ville le reconnaît comme pleinement un des siens et l’honore.

Ulysse aux Sables d’Olonne, ce voyageur du large dont le voyage le ramène à son port d’attache

Comme Ulysse qui revient à Ithaque, les skippers du Vendée Globe reviennent aux Sables dOlonne après leur tour du monde.

La sculpture d’Ulysse par Christophe Charbonnel aux Sables d’Olonne © DR
Acquisition par la Ville - Juillet 2024.

Sur la plaque d’information sur le muret du quai on peut lire :

« L’incarnation des Sables d’Olonne, ce pourrait être Ulysse, ce voyageur du large dont le voyage le ramène à son port d’attache, sa patrie intime, son paysage familier » On doit la réalisation de cette sculpture monumentale en bronze à l’artiste Christophe Charbonnel. « À travers cette figure mythologique, universelle, Les Sables d’Olonne, ville de l’aventure maritime, rend hommage et honore le courage et la bravoure des marins et de tous les gens de mer. Ulysse est sur toutes les mers du monde, tous les rivages, tous les littoraux, le héros d’une épopée fondatrice de notre culture et de notre civilisation occidentale. »

— Yannick Moreau, maire des Sables d’Olonne

« Les Sables d’Olonne, à la fois cité maritime et de pêcheurs, de marins au long cours, port de l’aventure et Cap Canaveral de la mer, et aujourd’hui nouvelle Ithaque » déclarait Yannick Moreau lors de l’inauguration de la statue d’Ulysse aux Sables d’Olonne, face à la mer, ancrée sur le plateau rocheux dit des « Roches noires » qu affleure sur le sable et se découvre à marée basse.
Localisée en bordure de la Promenade Georges Clemenceau, au niveau du Phare de l’Estacade. (dit le Phare rouge), la statue d’Ulysse a
le regard tourné vers la grande jetée, l’entrée du chenal emprunté par Charlie Dalin, le vainqueur 2025 du Vendée-Globe ?

Héros légendaire de la mythologie grecque, navigateur hors pair, Ulysse - Roi d’Ithaque - est l’archétype du voyageur marin affrontant toutes les épreuves avec courage, ténacité et talent. Parmi les nombreuses épreuves qu’il va affronter, c’est le moment de son combat - finalement personnel - face aux Sirènes et au charme fatal de leur chant que l’artiste a choisi de réaliser. C’est ce moment qu’a choisi l’artiste pour représenter Ulysse, comme le souligne Sylvain Tesson :

Pour l’écrivain voyageur, Sylvain Tesson, invité d’honneur pour l’inauguration de la statue d’Ulysse «  [Le sculpteur] Charbonnel représente Ulysse au moment du chant des sirènes, attaché à son mât, aux aguets. C’est une bonne idée. Ulysse est un homme relié. À sa terre, ses arbres, son sceptre, sa femme, son père, son origines, ses dieux, et anecdotiquement, une fois, à son mât. J’ai cru voir sur un cliché qu’il avait une blessure au flanc (cela m’a rappelé quelqu’un). Je soupçonne qu’il s’agit là d’un stratagème technique pour l’écoulement des eaux quand la marée montera ».
Avec cet Ulysse de trois mètres de haut, torse dressé, interrogatif face à l’Océan, il nous offre une image miraculeuse d’un trait de caractère de l’homme européen : la curiosité et l’esprit d’aventure qui l’accompagne.


Christophe Charbonnel face à son œuvre

Sylvain Tesson encore : « Ulysse devant les vagues des Sables, face au large est chez lui. Il verra tous les quatre ans des marins partir faire la course (le Vendée Globe). Il admirera leur technique (lui, a passé sa vie de marin à s’échouer), il leur souhaitera de revenir chez eux avant dix ans. Il les plaindra peut-être de ne pas faire escale dans des îles magiques et dangereuses. »

Nous avons consacré sur pileface un triptyque à l’ancrage d’Ulysse aux Sables d’Olonne. VOIR ICI :

Carte postale de l’été avec Ulysse le Grec
Sylvain Tesson et Christophe Charbonnel : complices d’un Ulysse face à l’océan
IL ETAIT UNE FOIS…ULYSSE avec Sylvain Tesson

Ancrage des Sables d’Olonne dans l’aventure martitime

ll faut saluer là, l’initiative du maire des Sables d’Olonne Yannick Moreau, qui mérite aussi sa place au panthéon des hommes qui portent haut les couleurs du Vendée Globe en inscrivant son action dans le prolongement des grands pionniers. Il multiplie les initiatives pour ancrer la ville dans le domaine de la voile et de la mer.

Promotion du patrimoine maritime à travers des symboles forts

Inauguration de la statue d’Ulysse : Cette sculpture monumentale réalisée par l’artiste Christophe Charbonnel symbolise l’esprit d’aventure et le retour aux sources. Inspirée par le mythe d’Ulysse, elle honore le courage des marins et célèbre l’héritage maritime des Sables d’Olonne. Ce monument est une déclaration d’attachement à l’univers marin et une représentation du navigateur par excellence.

Célébration des grandes figures du monde nautique

Inauguration du quai Philippe Jeantot  : En hommage au navigateur visionnaire, créateur du Vendée Globe, la ville met en lumière une figure clé de l’histoire de la navigation en solitaire et de la course au large. Ce quai devient un lieu de mémoire et de célébration des exploits maritimes.

Création du Forum de l’Aventure Maritime

Cette initiative a pour objectif de réunir des acteurs, experts et passionnés du monde maritime afin de partager des expériences, promouvoir l’innovation et réfléchir aux enjeux contemporains des océans. Le Forum contribue à positionner Les Sables d’Olonne comme un centre d’excellence dans le domaine de l’aventure maritime et de la préservation de l’environnement marin.

Site web : Forum de l’aventure Maritime – Les Sables d’Olonne

Renforcement de l’attractivité des Sables d’Olonne

Ces initiatives témoignent d’une volonté forte de faire des Sables d’Olonne un pôle d’aventure maritime internationalement reconnu, tout en valorisant ses racines culturelles et son patrimoine

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