Au pied de la lettre, 24 septembre 2020.
Après six mois de silence, le retour de Sollers.
Vive la révolution (française) !
Sollers venait de publier Désir.

« Le Philosophe se souvient de ses controverses de jeunesse avec des rabbins, des théologiens, des imams, des prêtres et des philosophes. Les rabbins lui reprochaient son kabbalisme obstiné, les théologiens son peu d’empressement à se mettre à l’école de saint Thomas d’Aquin en s’en tenant strictement à l’ésotérisme de Dante, les imams ne supportaient pas son mépris du Coran et de Mahomet, les prêtres, les pasteurs et les popes étaient révoltés par sa vie licencieuse et son indifférence à la communauté chrétienne, les philosophes, enfin, dénonçaient ses compromissions révolutionnaires et ses rencontres très libres avec Hegel, Nietzsche ou Heidegger.
Quand Heidegger, à la fin de sa vie, déclare que "seul un dieu pourrait aujourd’hui nous sauver", il semble penser au Philosophe Inconnu. De même Nietzsche, dans plusieurs passages de L’Antéchrist. Ces hommes de grand désir ont échoué, parce qu’ils n’ont pas su se taire. Toute l’expérience du Philosophe Inconnu porte sur le silence. Comme il n’est pas mystique, mais passionnément rationnel, il reste à imaginer son but. »
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