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Claude Minière, Chrysalide et papillon

« Une autre odyssée »

D 14 août 2026     A par Albert Gauvin - C 1 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Tassili mushroom
Chrysalide et papillon
Le champignon des rêves

A l’occasion du neuvième anniversaire de la fillette, le 13 octobre 1875, C. L. Dodgson écrivait à sa nouvelle muse, Gertrude Chataway, dédicataire de The Hunting of the Snark, « Demain, je boirai votre Elfe » (I’ll drink your health)*. Puis il ajoutait une recommandation : « Oh, Gertrude, j’espère que vous n’irez pas répéter de pareilles sottises !.. » Les jeux de mots sont parfois des sottises, et des baisers. Quand James Joyce écrit, dans son Finnegans wake, « Tis jest jibberweek’joke, il rappelle, pour dire que l’on n’est pas sérieux, le poème Jabberwocky que Lewis Carroll avait placé de l’autre côté du miroir. Nous disons des sottises. Shakespeare déjà, si je me souviens bien, faisait dire à Macbeth « l’histoire est un conte dit par un idiot », a tale told by an idiot, full of sound and fury. Il y a parfois dans les aventures d’Alice une furie douce et des frémissements [1], cependant nous ne sommes pas au théâtre (lequel exige des situations) mais dans le conte poétique fait de courses, transformations et métamorphoses . Donc, peu de bruits... si ce ne sont ceux d’une secte d’insectes — dont à l’occasion se déclinent les noms : Rocking-horse-fly, Snap-dragon-fly, Bread-and-butter-fly [2] —, ceux de la vaisselle qui vole, les cris d’une Reine et la chute d’une armure. Alice est Ulysse, l’homme ne sait pas demeurer en repos dans une chambre, nous sommes sous terre, sur terre, dans les airs, les aventures roulent telles le métro (underground) de Céline ou glissent comme une barque sur la rivière. A toute vitesse sur les rails et railleries de la fantaisie qui déraille et introduit du jeu dans les tenons et mortaises, les tenants et les aboutissements de l’ajustement social. En ralentis ou accélérations, comme le signale le nom de Snark (snail, escargot et shark, requin ; mais aussi : sarcasme) de la fantastique Chasse au Snark, ou les gambades d’un (chaud) rabbit qui veut à toutes fins connaître si l’allure de la petite héroïne est celle d’une tortue. Le Lapin n’est pas la Baleine blanche cependant il est blanc comme une nuit blanche [3]. Le trou du lapin comme le coup de bâton du maître Zen vous plonge dans les merveilles. Nous sommes partis pour une longue journée ou une nuit de veille, l’inconscient ne connaît pas la négation. Le portmanteau alors vaut la valise. Le français vaut parfois l’anglais, la première question qu’Alice pose à un animal (la souris) est extraite de son manuel de français : « Où est ma chatte ? » Alice prend souvent des leçons de linguistique, Humpty lui explique que « slithy means lithe and slimy. Lithe is the same as active. You see it’s like a portmanteau, there are two meanings packed up into one word. »

Lettera amorosa toujours

Lettre d’amour, amour de la lettre et des lettres. Les contes inventés par le Révérend Dodgson de fait sont des dessins pour et des conversations avec sa jeune muse. La Chasse au Snark sera d’une tonalité un peu différente : il s’agit d’un chant, d’une crise ou d’une agonie. Les mots à triple sens ont certes un sens. Les énonciations improvisées ou exploratrices en tous sens accrochent un sens. Écrire comme le font Lewis Carroll et James Joyce est le moyen de préserver un anniversaire, la page est ce milieu de commémoration d’un corps enfantin. L’Ulysses de Joyce se termine sur le oui d’un consentement érotique ; le Finnegans embarque la fille aimée et fragile, Lucia, au-delà de l’obscurité. Hum sceptique et amen positif peuvent se mêler quand Joyce salue le « vieux » Charles Lutwidge Dodgson : All old Dadgerson’s dodges one conning one’s copying and that’s what wonderland’s wanderlad’ll flaunt to the fair. A trancedone boy-script with titivits by. Ahem. Joyce le montrera abondamment, il n’est pas indifférent aux « titivits ». Sous la plume de Joyce, l’innocent Snark réapparaîtra en Cock. Et que deviendra Alice dans Finnegans Wake ? Elle devient la figure et l’aventure d’un paradis perdu : « Through Wonderlawn’s lost us forever. Alis, Alas, she broke the glass ! Liddell Loker through the leafery, ours is mistery of pain  ». Les vies se poursuivent through, à travers et de travers. Pas de micmac, rien de wishi-washy, notre trajet, notre throughjet est tellurique et cosmique, et, comme tel, unique comique. Nous gardons en un livre ce verbaradis des amours enfantines [4]. Joyce nous a appris à lire Lewis Carroll, à l’envers comme à l’avant, allant vers.

Un en deux en un
« Et si l’étoile sourit, ainsi changée,
qu’en fut-il donc pour moi qui par nature suis si souvent
apte à me transformer ! » DANTE, Paradis, V, 97-99.

Une des passions que partagent Carroll et Joyce est celle des fusions et fractions de personnages en doubles et dédoublement, formant binômes. Shem et Sham (aux consonances bibliques) dans Finnegans wake formeront bientôt le duo BUTT and TAFF. Alice de l’autre côté du miroir croisera la route de TWEEDLEDUM et TWEEDLEDEE, celle du Cavalier blanc avec le Cavalier rouge, elle s’entretiendra avec deux « minettes », l’une noire, l’autre blanche ; elle-même, Alice, converse souvent avec son double. Les personnages ne sont pas avares de variations, ils se fendent volontiers d’une récitation. Le paysage aussi change, du sombre au clair. Et le flux du récit emporte tous les instants riverrun.
D’événements en expectatives, tout se fond dans la logique fluctuante du rêve : l’exploration d’Alice (« Il me reste à entrer dans ce joli jardin ») ou la chasse du Snark littéralement se poursuivent. Que reste-t-il d’un jour d’été, de l’herbe fraîche, d’une rivière, d’un bord de mer ? Les mots ne demeurent pas mais laissent un son, une séquelle, un son de cloche qui s’estompe, riverrun, past Eve and Adam’s, from swerve of shore to bend of bay, c’est parti, de virées en rivage, pages écrites au fil de l’eau cousues de blanc...
Scription et traduction sont alors intimement liées. Dans une Note sur la traduction, Philippe Jaworski annonçait que « l’intervention « (je souligne) du traducteur dans les scènes loufoques... prend l’allure d’une participation assumée aux joutes verbales ». On observera en effet que le traducteur des Alice, évidemment intéressé à ces aventures, participe à la réécriture du texte de Lewis Carroll, en prenant quelques libertés. Elles sont heureuses quand elles produisent des inventions typographiques ; elles le sont moins si « Tant va l’autruche au trot qu’à la fin elle se lasse » (page 344 du volume de La Pléiade) fait regretter Take care of the sense, and the sounds will take care of themselves où demeurait une trace de Dieu [5].

a little queer

It really was a kitten, after all, vous souvenez-vous comment Alice revenait de ce côté-ci du miroir, comment elle reviendra à « la réalité » ? En caressant sa petite chatte noire, qui échappe à la Reine rouge. La chatte est la source, l’œil, l’origine. Retour à la case départ. Past Eve et Adam’s comme dira Joyce, les avirons nous conduisent au rivage d’où nous arrivons. Cependant, nous n’ignorerons pas que les transformations subies par le corps peuvent (et surtout si nous sommes à l’époque victorienne) être inconfortables et inquiétantes. Au Paradis du poète florentin, les mutations étaient ascendantes ; ici, au pays des merveilles, elles laissent parfois perplexe. Alice parle d’expérience quand elle prévient le Caterpillar [6] : « quand viendra le temps de la chrysalide...puis le temps du papillon...Je parie que vous vous sentirez un peu chose (you’ll feel a little queer) » Le révérend Dodgson, lui aussi, sans doute, quand sa jeune muse sera devenue adulte, se sentira un peu désorienté. Et moi... Boojum, Boojum...je fais tourner le mot dans mon oreille, avec l’espoir de lever un ange, une nymphette, For the Snark was a Boojum, you see. Je dois freiner,je crois que le Révérend a un peu trop appuyé sur le champignon.

Les effets du champignon

Le champignon a, comme l’on sait, de grands pouvoirs. Vous en grignotez un petit morceau et vous devenez très grand ou tout petit. C’est le problème d’Alice, elle veut retrouver sa taille « normale ». Dans le chapitre V d’Alice au pays des Merveilles il lui est proposé un remède.
Mais ce n’est pas si simple car il y a deux côtés de l’action, il faut faire un choix : Alice remained looking thoughtfully at the mushroom for a minute, trying to make out which were the two sides of it ; and, as it was perfectly round, she found this a very difficult qestion. « Alice une minute resta songeuse, s’efforçant de déterminer ce qu’étaient l’un et l’autre côté ; comme le champignon était parfaitement rond, le problème lui parut très difficile à résoudre. » C’est bien pourtant en grignotant un morceau de champignon, à gauche ou à droite, qu’elle se verra grandir ou diminuer. Lewis Carroll et James Joyce demeurent les grands maîtres de l’hallucination douce [7].

* Voir dans Alice suivi de La Chasse au Snark, édition bilingue, traductions nouvelles de Philippe Jaworski, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, la Notice p.932-934.
Paul Claudel & James Joyce

VOIR SUR PILEFACE

« Paul Claudel avec James Joyce communiquent par le fait de l’appuiement sur eux d’une attention simultanée » (Paul Claudel, Discours de réception à l’Académie Française). Ce n’est pas très clair, mais voici : Louis Gillet, dont Claudel prendra le fauteuil le 12 mars 1947, avait écrit une étude sur J . Joyce. Lorsqu’il avait lu le livre de Gillet, Claudel avait en réaction préparé une missive (qu’il n’envoya pas toutefois) dans laquelle perce la répulsion que le futur académicien éprouvait devant l’auteur de Ulysses : « Adrienne Monnier m’avait envoyé l’Ulysse, mais après avoir lu les deux premières pages, je lui avais renvoyé le tome. Chez elle j’avais vu deux ou trois fois le personnage qui du premier coup m’avait inspiré une véritable répulsion ». Diable, seulement deux pages lues, et la vue du « pauvre homme » (sic), trois ou deux fois ? Il y a là une confrontation viscérale. Dont Claudel lui-même, dans son Journal, s‘étonnera : « Pourquoi le piétiner ainsi ? Étant donné que je connais si peu ses livres. »

Il n’est pas certain que Claudel connaisse très peu l’œuvre de Joyce (qu’appelle-t-on connaître ?), mais le futur académicien est, on pourrait dire « instinctivement », ulcéré par cette œuvre, froissé de ce qu’on puisse (Gillet le fait, soulignant son développement) la rapprocher de l’entreprise de Dante. Dante ? Rendez-vous compte, un auteur chrétien comme Claudel lui-même veut se présenter ! Si Gillet peut sans difficulté accepter les pages de Joyce, c’est qu’il connaît (il l’écrira) que « on retrouve en chacun de nous la mentalité du primitif, ses épouvantes et ses terreurs, la boue du marécage natal, cet amas d’appétits refoulés par l’éducation, que délie la psychanalyse et qui constitue sans doute ce que la théologie appelle le péché originel. »

Louis Gillet est bien effacé aujourd’hui, il s’est compromis avec Vichy. Mais on peut lui rendre crédit de ce qu’il fut d’une touchante honnêteté dans ses efforts, sans préjugés, pour se faire l’avocat de Joyce. Directeur pendant l’entre-deux-guerres de la Revue des Deux Mondes, il prit en cela des risques, que sévèrement lui reprochera le critique du Times, Sir Edmund Gosse, collaborateur occasionnel de la revue parisienne : « I should very much regret you paying Mr. J. Joyce the compliment of an article in the Revue des Deux-Mondes. You could only expose the worthlessness and impudence of his writings, and surely it would be a mistake to give him this prominence. » (Lettre en date du 7 juin 1924).

Louis Gillet est aussi un fin lecteur, capable, par exemple, de déceler l’analogie d’Anna Livia (un mythe fondateur de l’union de la rivière et de Dublin)... Les archives de la Revue contiennent ses articles mais je me suis aussi mis en quête du recueil de quatre études imprimé par les Imprimeries Mont-Louis en 1946 à Clermont-Ferrand pour les Éditions du Sagittaire. C’est un ouvrage de 171 pages, avec un élégant « Avant-Propos » et un « Adieux » ému, sous le titre de Stèle pour Joyce.

Claudel a dû renvoyer le volume d’Ulysse, il ne pouvait en souffrir la présence sous son toit bourgeois. Il veut de la droiture, de la grandeur, il perçoit l’homme Joyce et son œuvre comme une sorte de « détumescence ». Il a bien, lui aussi, son idée d’un « work in progress » mais sans avoir nullement la chance d’une publication en « feuilleton » comme en bénéficie Joyce dans la revue Transition, laquelle apporte des nouvelles sur l’état d’avancement de l’œuvre en cours — Finnegans wake — et par là fait que, d’une certaine manière, les lecteurs impatients sont associés à l’aventure. Donner quelques vues partielles de l’œuvre en gestation est une heureuse manière d’entretenir l’attente de sa publique « mise au monde ». Pour Claudel , c’est la Création de Dieu qui se poursuit, continue, s’achève et le poète est appelé à y participer, à collaborer, contribuer par ses actes et pensées. Dieu donne aux choses un sens, un but – elles ne se répètent pas en spirale.

VOIR SUR PILEFACE

Au long des conférences* qu’il tient dans les dernières année de sa vie, Paul Claudel insiste sur sa vocation, et sur le progrès difficile, tordu, épique, collectif de la Création divine. Si le poète est chanceux, inspiré, lui sera soufflée la « syllabe » pour exprimer cette réalité. On sait que Claudel a longuement fréquenté les Psaumes de David, il en tient le souvenir qu’ « il n’y a au monde bruit ou quelconque rudiment de la voix où ne se distingue l’initiale de ce mot hébreu qui veut dire Père : Abba !  » Et Claudel alors d’expliquer : « Je veux dire que, venant de Dieu, elle ne continue sa trajectoire que pour trouver en lui sa fin. » D’où viennent les enfants ? Le poète Claudel est l’enfant dévoué de Dieu le père, il (se) dit : « Maintenant que je suis né, il me reste à co-naître dans l’application de toutes mes forces et de toute ma volonté. » Ou encore, car Claudel se souvient de Rimbaud, « la voici en une âme et un corps, cette parole qui est le Verbe. » Il voit Dieu partout : « Si j’étais peintre et si j’avais reçu la commande d’une nouvelle chapelle Sixtine, je montrerais le Tout-Puissant comme un lutteur aux prises avec la Mauvaise Volonté. » Le projet repose quand même sur beaucoup de « si », mais le poète ne s’embarrasse pas de considérations contingentes. Dans sa conférence de 1953, Le mal avant le péché originel, il décrira joliment le processus de création continuée : « C’est une symphonie qui naît et qui se développe sous nos yeux ». Il en perçoit le trajet et la flèche : « C’est le Christ qui aspire le monde. C’est l’avenir qui aspire cette matière qui lui est fournie et qui s’accommode selon des degrés plus ou moins grands de liberté à la forme qui lui est demandée. » Donc, pas de souci, il y a aimantation et vectorisation. Claudel, tout au long de ses écrits, travaille à cette dynamique linéaire, droite, pure ; il admire le « work in progress » de Dieu et y apporte sa contribution. Mais il place bien vers le début (les « ténèbres ») une révolte, une volte-face : celle de Satan. Et cette virevolte est source de surprises poétiques autant que d’anxiété. Dieu seul sera le rempart contre « un monde en proie à l’écoulement ». La gravité, la pesanteur auxquelles Claudel est attaché font que ses pointes d’humour, pourtant fréquentes, demeurent pathétiques.

Le préfacier de J’aime la Bible nous avait utilement prévenus : « Pour le lecteur d’aujourd’hui, je souhaiterais que les outrances et les incongruités de Claudel commentateur de l’Écriture soient considérées comme autant d’épisodes comiques qui rappellent ceux de ses propres pièces ». Mais c’est que le dramaturge, plus que commenter, écrit avec l’Écriture sainte. Et il en aime les instants « comiques », comme celui relaté dans Samuel  : « Michol, fille de Saül, regardant par la fenêtre, vit le roi David qui sautait et dansait dans le Seigneur. » Il s’introduit lui-même dans les premières pages de L’Écriture sainte : « Et moi aussi, dont les années égalent ou surpassent en nombre celles de David **, j ‘ai fait la connaissance sur mes vieux jours d’une vierge dont la beauté dépasse de beaucoup celle de la pauvre Abisag. ». Dans la création poétique, les mots selon Claudel engendrent. Et dans le même temps ils « balbutient le Verbe »***. Chez Joyce, les mots se prêtent à pollinisation, une secrète pollinisation rêvée, tourbillonnante, sonore et graphique, se moquant de Dieu et affirmant plutôt la fraternité de l’Irlandais avec Vico et Giordano Bruno.

Ce que Claudel tient à dire dans son discours de Réception est que son œuvre n’a rien à voir avec celle de Joyce et que si leurs noms sont associés (« communiquent ») c’est uniquement par le fait des circonstances (de « l’appuiement »). Un mot bien à lui, appuiement, entendez : que les deux écrivains sont devenus célèbres, ou que le critique Louis Gillet a apprécié et Joyce (il connaît bien la littérature de langue anglaise) et Claudel (il appartient idéologiquement au même milieu). Pas d’autre raison que la conjoncture ! Paul Claudel s’écarte de Joyce (et de Rimbaud) en accédant à l’Académie. Pourtant, ... « Claudel, l’emmerdeur » disait Sollers.

* Les textes en sont réunis dans une édition Rivages poche, sous le titre J’aime la Bible, 2026. C’est de ce recueil que je tire mes citations.
ans

** Claudel est alors âgé de 78 ans.

*** C’est cette dimension de comique et d’humour (une pointe d’humour) qui risque partout – je l’ai personnellement vérifié – échapper aux lecteurs. Cette « dimension » existe déjà dans les Psaumes où le roi David s’adresse à Dieu lui-même, exagère ses propos, pousse souvent son langage au-delà de la déférence et, parfois, de la décence.

Claude Minière


Marc Devade, Riverrun, 1979, aquarelle sur papier, 41 x 50 cm. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Marc Devade, Riverrun, 1981, aquarelle sur papier, 41 x 50 cm. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.


[1] Jaworski dédie son ouvrage à Papillon.

[2] Dans une publicité pour une compagnie de transport aérien, l’actrice Penélope (!) Cruz nous lance l’invitation suivante : Fly with me.

[3] Moby-Dick paraît en 1851, La Chasse au Snark en mars 1876, Finnegans Wake paraîtra en 1939.

[4] Et ainsi des chansons de ma mère je ne comprenais gut mais je m’en souviens comme des rivières du bade-wurtemberg. J’écris aujourd’hui de l’autre côté de Joyce, j’écris de ce côté du paradis, car je sais que les vers relèvent de such human Perversity.(comme il est dit au pays des merveilles).

[5] Page 669 du volume de La Pléiade, le lecteur français ne comprendra pas qu’Alice soit soupçonnée d’être une abeille si le traducteur néglige que par le mot honey-comb (rayon de ruche) peigne et miel peuvent effectivement être associés (dans cette scène, Alice s’applique à peigner le Frelon).

[6] Ibid. page 260.

[7] Une professeure émérite de littérature de l’Université de Cambridge écrit sans malice : « Paradoxalement, Lewis Carroll dans ses fictions s’accorde au penchant que les mathématiciens manifestent pour le non-Euclidien alors que dans l’exercice de sa profession il s’en tenait à l’ordre classique. » Cf. Gillian Beer, Alice in space, éditions de l’Université de Chicago, chap. 2, « Les capacités d’invention ».

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