4 5

  Sur et autour de Sollers
vous etes ici : Accueil » ILS / ELLES ONT DIT » Léon XIV : une encyclique sur l’IA
  • > ILS / ELLES ONT DIT
Léon XIV : une encyclique sur l’IA

Magnifica Humanitas" / Eclairage de Laurent Alexandre et Thierry Breton

D 26 mai 2026     A par Viktor Kirtov - C 3 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Alors que l’IA s’immisce dans la guerre et le devenir de l’homme, une conscience universelle, le pape Léon XIV publie sa première encyclique, intitulée "Magnifica Humanitas" où il aborde les défis moraux et anthropologiques posés par l’avancée de l’intelligence artificielle, devançant la plupart des politiques dépassés par une technologie hors de leur formatage intellectuel.

Le pape demande un code éthique commun pour l’IA qu’il appelle à réguler pour préserver la dignité humaine et dénonce les nouvelles formes d’esclavage liées à son utilisation. Il condamne l’utilisation militaire de l’intelligence artificielle et rejette la théorie de la "guerre juste" pour justifier les conflits armés. Il soutient que l’humanité se trouve à un carrefour face à la révolution technologique actuelle, entre une logique d’autosuffisance dominée par la technique et une vision de la personne fondée sur la dignité humaine, la responsabilité morale et la solidarité. L’encyclique inscrit également la révolution de l’IA dans l’héritage de la doctrine sociale de l’Église inaugurée par Léon XIII face à la révolution industrielle.

Pour éclairer cette publication et ce que l’avancée de l’intelligence artificielle est en train et vise à accomplir, nous présentons, en contrepont, un entretien vidéo sur LCI, du 25 mai 2026 avec deux esprits éclairés et visionnaires : Laurent Alexandre et Thierry Breton

Léon XIV. L’encyclique "Magnifica Humanitas" sur l’IA

"Désarmer" l’intelligence artificielle pour "l’empêcher de dominer l’humain" : le pape Léon XIV appelle à réguler les algorithmes dans son premier document majeur publié lundi par le Vatican. Il dénonce les "nouvelles formes d’esclavage" liées à leur essor fulgurant.

Ecologie, crise du multilatéralisme, monopoles économiques : dans "Magnifica Humanitas" (Humanité magnifique), un texte de 130 pages à la tonalité profondément sociale, le pape américain répond à une multitude de défis de notre époque en se posant en défenseur de la dignité humaine à l’ère de la révolution numérique.
Dans cette encyclique très attendue - une lettre adressée à l’ensemble des fidèles, fixant une position de référence sur des questions sociales, morales ou théologiques - Léon XIV appelle à dépasser le concept de "guerre juste" invoqué notamment par l’administration américaine de Donald Trump et dénonce la délégation de décisions létales à la technologie.

Les précisions dans le 19h30 (RTS) :

Signe de l’importance accordée à ce manifeste, le pape participe lui-même à sa présentation lundi matin - une première - aux côtés de hauts responsables du Saint-Siège et d’experts de l’IA, dont le cofondateur de la start-up américaine Anthropic (IA Claude)

Un code éthique commun

L’IA ne pouvant "être considérée comme moralement neutre", il convient de la "désarmer" pour "l’empêcher de dominer l’humain", avance le pape augustinien, qui insiste sur la nécessité d’un code éthique commun sur l’IA ainsi que sur le rôle crucial de l’éducation pour apprendre à en maîtriser les risques.
Aujourd’hui, "le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques" qui "fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation", regrette-t-il.

>> Ecouter les explications du Forum RTS :

"Nouvelles formes d’esclavage"

Citant Platon, JRR Tolkien, Picasso ou encore Beethoven pour leur contribution à lutter contre la déshumanisation, le pape américain fustige aussi "les nouvelles formes d’esclavage" nées pour extraire les ressources nécessaires à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et appelle à "des solutions technologiques plus durables afin de réduire l’impact sur l’environnement".


Le pape Léon XIV appelle à désarmer l’intelligence artificielle pour protéger l’humain / Forum RTS

"Dans certaines régions du monde, des adolescents et des enfants travaillent dans des conditions dangereuses au broyage des matériaux dont on tire les terres rares. Des corps marqués, mutilés, usés pour que le flux de calcul ne s’interrompe pas", dénonce-t-il.
L’évêque de Rome en profite pour demander "sincèrement pardon" pour le retard avec lequel l’Église a condamné "le fléau de l’esclavage" au cours de l’Histoire.
Au-delà des enjeux technologiques, le pape s’inquiète d’un risque de "déshumanisation", mettant en garde contre une vision de l’humain réduit à ses performances ou à des données exploitées par les machines.
Depuis son élection il y a un an, le premier pape nord-américain de l’Histoire a multiplié les avertissements face aux dangers de l’IA, en soulignant la nécessité d’une "alphabétisation numérique".

Condamnation de l’IA dans le domaine militaire

Abordant la crise du multilatéralisme, le chef de l’Eglise catholique renouvelle sa condamnation de l’utilisation de l’IA dans le domaine militaire. "Aucun algorithme ne peut rendre la guerre moralement acceptable", écrit-il.
Sans citer aucun nom, il réaffirme "le dépassement de la théorie de la ’guerre juste’ trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre", un concept défendu notamment par l’administration américaine de Donald Trump, regrettant que "l’humanité (soit) en train de glisser vers une culture violente de la puissance" qui normalise la guerre comme un "instrument de politique internationale".


GIF L’éclairage sur l’IA de Laurent Alexandre et Thierry Breton

Un entretien qu’il faut écouter jusqu’au bout pour appréhender les défis et perspectives de l’IA par deux esprits éclairés et visionnaires : Laurent Alexandre et Thierry Breton !

TRANSCRIPTION (EXTRAITS)

Darius Rochebin (LCI) :Vous nous avez rejoint sur ce plateau, Thierry Breton, bonsoir. Bonsoir. Merci beaucoup Thierry Breton, je rappelle votre livre « Les dix renoncements qui ont fait la France » et Laurent-Alexandre, bonsoir.
Votre livre, qui est directement en lien avec notre discussion, « Vivre 1000 ans quand l’intelligence artificielle règne et la mort recule ». On va parler de ça, mais d’abord le rôle de l’intelligence artificielle dans cette guerre, c’est-à-dire dans les bombardements opérés par les Américains, dans tout ce qui s’est passé depuis 87 jours, eh bien c’est une première guerre où l’intelligence artificielle joue, un rôle aussi complet.

Thierry Breton : Eh bien c’est une évidence et ça a été une découverte du reste pour beaucoup, y compris du reste pour les armées conventionnelles, et on a vu que les Ukrainiens, avec énormément d’ingéniosité, en utilisant précisément à la fois cette fameuse ingéniosité, et on le sait, pour pouvoir développer une véritable industrie des drones, mais un drone tout seul, ça fait rien, un drone avec de l’intelligence artificielle, eh bien ça a la précision désormais de ce qui se passe sur les théâtres d’opération, la précision, et on le voit du reste avec une évolution totale, complète, de la façon de mener des conflits sur les théâtres d’opération, qui a quelque part, pardon cette expression, mais un peu ringardisé les armées traditionnelles.

[…]
Darius Rochebin : Est-ce qu’aujourd’hui c’est des gens comme Musk, comme Altman, tous ces gens, des GAFAM qui ont un pouvoir colossal, et qui dans le rapport de force mondial sont plus puissants que des Etats ?

Thierry Breton : Ils sont plus puissants que des Etats et puis ils participent au complexe militaire ou industriel. À part Anthropique, Claude, qui s’est désolidarisé du Pentagone, la plupart des GAFAM, des géants de l’intelligence artificielle, travaillent pour le Pentagone.
Jeff Bezos avait théorisé ça il y a déjà longtemps, en disant, si nous n’aidons pas le Pentagone, les Etats-Unis perdront leur suprématie, nous avons, nous, industriels du numérique, une responsabilité politique. Et aujourd’hui, une bonne partie des acteurs travaillent pour l’armée, et on a une entreprise particulière, qui n’est pas un GAFAM, mais qui s’en rapproche, qui est Palantir, qui vaut plus de 1000 milliards de dollars, et qui a un rôle très très important dans la guerre en Iran, mais aussi dans la structuration des services secrets, y compris des services secrets français, puisque la DGSI a renouvelé son contrat avec Palantir. On voit ici ces visages, ces hommes-là, pensent-ils qu’ils sont surhumains, qu’ils sont les nouveaux maîtres du monde ? Musk, Karp, c’est l’homme de Palantir, Altman, Amodei, est-ce que ces types-là se disent, en somme, on vivra 200 ans, on sera les nouveaux maîtres du monde ? Finalement vous avez fait un classement, on peut répondre à votre question en les regardant.
Peut-être que si on la lit de gauche à droite, on a une réponse avec oui, sans doute, à peu près, et avec plus de recul pour le dernier. Pour Amodei. Pour Amodei, qui lui, et comme l’a dit Laurent-Alexandre, s’est un peu désolidarisé, il est beaucoup plus, du reste, dans cette logique où il faut faire attention à ce qu’on fait, il a quand même tenu tête, au Patagone, c’est quand même pas rien. Il a du reste gagné ses lettres de noblesse, il faut savoir aussi que du reste, les grands gaffas sont aussi actionnaires de sa société.

Claude, tous les téléspectateurs connaissent Claude, c’est le fondateur, il joue un rôle important, il a joué un rôle important aujourd’hui, sa société, auprès du Pape, on en reparlera tout à l’heure, puisque l’un des co-fondateurs était à côté du Pape, Léon XIV, aujourd’hui, pour annoncer l’encyclique sur l’intelligence artificielle. Jusqu’où va le rêve de puissance ?

[…]
Elon Musk développe les neurotechnologies avec ses implants intracérébraux Neuralink, il développe bien sûr un projet de colonisation spatiale avec ses fusées, qui ont complètement ringardisé Ariane, pour ne pas dire écrabouillée, hélas. Bezos a lui-même, le patron d’Amazon, un fondateur d’Amazon, a lui-même un programme spatial et de colonisation spatiale et de développement de stations spatiales lointaines, qui est très très ambitieux. Il investit aussi beaucoup dans la régénération cellulaire au travers d’Altolabs.

On peut dire la même chose de Google, qui a des filiales dans la lutte contre le vieillissement et sur la régénération cellulaire. Globalement, les milliardaires de l’intelligence artificielle veulent toucher à la fois le numérique, l’intelligence artificielle, le spatial, la lutte contre la mort et le contrôle du cerveau. C’est un contrôle tous azimuts des technologies du XXIème siècle.

Darius Rochebin : C’est ce qu’on appelle le transhumanisme. Vous êtes l’un et l’autre visionnaire. Thierry Breton avait écrit en 85-86 un livre Vatican III, que je recommande de relire parce qu’on apprend plein de choses sur ce qu’on vit là.
Vous dites, par exemple, Laurent-Alexandre, qu’on y est.

Laurent Alexandre : Par exemple, aux Etats-Unis, il y a beaucoup de familles qui participent à la sélection de l’embryon pour avoir un enfant le plus intelligent possible grâce à l’intelligence artificielle. Ces technologies sont autorisées aux Etats-Unis.
On a le droit de fabriquer plusieurs embryons. Des sociétés comme Eliocep Genomics le proposent. On prend une cellule de chacun des embryons, on analyse l’ADN et on choisit l’enfant qui a les meilleures caractéristiques, y compris intellectuelle.

Thierry Breton : Je crois que c’est très important de voir qu’on vit effectivement une époque, et Laurent vient de la qualifier, avec des domaines qui vont être absolument extraordinaires, poussés à la base, parce que c’est quand même l’intelligence artificielle qui va derrière tout ça, parce que c’est le moteur, il faut bien le comprendre, le moteur qui intègre, je dirais, tout le savoir de l’humanité stocké au fond depuis maintenant plus d’un quart de siècle, et qu’on va finalement travailler, qu’on va retrouver pour répondre à des questions qu’on se pose aujourd’hui, et puis ensuite, de façon exponentielle, développer des applications dans tous les domaines que vient de citer Laurent Alexandre. Mais voyez-vous, pour répondre à votre question, Darius Rochemin, sur le fait est-ce que finalement ils se prennent pour des états, des super états, souvent dans l’histoire, y compris dans les grandes révolutions industrielles, on a eu des très grands industriels, y compris du reste aux Etats-Unis, on se souvient, au tournant du siècle, on les appelait les barons voleurs. C’était à l’époque, les très grands, c’était les Rockefellers, c’était les J.P. Morgan, c’était les Vanderbilt, c’était le moment, effectivement, il y avait l’électricité, mais il y avait aussi les chemins de fer, et ils faisaient un peu tout.
Et à un moment, ils se sont pris un peu trop, précisément, pour un état. Et il a fallu qu’ils se fassent ramener au pas. Est-ce qu’on en est dans cette période ? La question est posée.

La question est posée, parce qu’au fond, est-ce qu’un Elon Musk, un Alex Karp, un Sam Altman, un Darius Amodei, peuvent se substituer à la démocratie telle qu’elle fonctionne aujourd’hui ? C’est une grande question. Elon Musk a voulu y répondre, au début, je dirais, tronçonneuse à la main, avec le doigt. Il a fait, je le dis, parce qu’il a l’état de qualité, je le connais bien, vous savez, mais là, il a fait quand même beaucoup de dégâts.
On le paye aujourd’hui, par parenthèse, dans son démantèlement du département d’État par rapport à la perte de connaissance de ce qui se passe en Iran. Mais c’est une autre histoire. Peut-on les arrêter ?

Le pape Léon XIV a publié une encyclique, aujourd’hui, qui est un appel à encadrer, à régler les algorithmes. Il dénonce les nouvelles formes d’esclavage. Il est très inquiet, il est très, disons, critique sur ce développement de l’intelligence artificielle. C’est un texte de 130 pages, avec des mots qui sont assez frappants.

Il dit, par exemple, « retenir », comme si on pouvait retenir le progrès, empêcher cette espèce de jungle où, comme vous le disiez, on va pouvoir déjà maintenant sélectionner, on prend des embryons, et on se dit « je vais prendre l’enfant le plus intelligent ». Est-ce qu’on peut retenir ça ? Ça va être très difficile. Il va bien falloir encadrer le pouvoir démiurgique des milliardaires de l’intelligence artificielle, et puis de la technologie elle-même. Cet encadrement, il est très compliqué, parce qu’il n’y a pas de consensus mondial.

Trump était à deux doigts de signer un executive order pour imposer 90 jours de contrôle par une agence gouvernementale avant la release d’un grand modèle, ce qu’on appelle un modèle frontière, c’est-à-dire les meilleurs intelligences artificielles. Un petit peu comme Biden l’avait imposé avant de partir. Et puis au dernier moment, de peur que ça donne un avantage à la Chine, Trump a renoncé à signer cet executive order qui imposait 90 jours d’attente et d’évaluation des IA.

Donc, pour des raisons géopolitiques, il est aujourd’hui extrêmement difficile de freiner ça, puis il y a un enjeu macroéconomique, c’est-à-dire qu’une partie significative de la croissance américaine est liée à la construction des data centers d’intelligence artificielle. Il y a 2900 milliards qui sont programmés. Freiner, bloquer, comme le souhaitent certains parlementaires démocrates aux Etats-Unis, le développement de l’intelligence artificielle entraînerait une récession aux Etats-Unis, plus une baisse très importante de la bourse de New York qui est dopée par les perspectives sur l’intelligence artificielle.

Donc, il est peu probable qu’on mette un coup d’arrêt très fort. — Alors, d’abord, revenons peut-être à l’encyclique, parce que c’est quand même un événement tout à fait exceptionnel. C’est quand même, une fois par plus que décennie, un pape va donc écrire sur une révolution technologique, industrielle.

Ses prédécesseurs l’ont fait. Il y a 130 ans, c’était Léon XIII, comme par hasard, c’était Léon XIII qui avait son encyclique sur comment se comporter par rapport à l’industrialisation qui venait. — Un peu de gauche de nouveau, un peu anticapitaliste, un peu, un peu.

— Oui, enfin, ce qui est important, c’est qu’il se positionne par rapport à la révolution industrielle. On a eu les positionnements par rapport à la guerre froide. On a eu les positionnements par rapport à l’écologie.

Et donc, on a là un positionnement qui est quand même très intéressant, très novateur. Je l’ai dit tout à l’heure, Léon XIV a appelé du reste le cofondateur d’Antropic à ses côtés pour pouvoir présenter donc cet encyclique. Qu’est-ce qu’elle dit, cette encyclique, au fond ? Elle dit qu’il ne faut pas oublier l’homme, ce qui est un message évidemment universel. C’est le message du pape, et c’est une bonne question. Il dit du reste de façon très explicite, on ne peut pas réduire l’homme à un monceau de données qu’il représente. Et c’est assez bien dit et assez bien vu, parce que l’intelligence artificielle, c’est aussi ça.

Donc, il ne faut pas que ça soit que ça. Et au fond, ça vient, je dirais, à un point nommé, pour nous rappeler quelque chose. Il y a effectivement ces hyperpuissances qui se mettent en route, mais il est indispensable que les hommes politiques, dont le travail, je le rappelle, dont la mission qui leur est confiée par leurs compatriotes, c’est d’organiser.

Ce n’est pas de réguler pour réguler. Ce n’est pas de contrôler pour contrôler. C’est d’organiser le nouvel espace qui se crée.
C’est exactement, pardon de le dire, ce qu’on a fait quand on a voulu mettre en place, non pas, encore une fois, des contrôles pour organiser l’espace informationnel européen, mais une architecture qui puisse précisément commencer à intégrer, et comme on appelle à la science infuse, ça va se développer en cours de route, intégrer cette réorganisation du monde.

— Entendons les exemples concrets. Les exemples extrêmes que vous donniez, sur la sélection des embryons, sur le fait que les enfants à venir auront des quotients intellectuels beaucoup plus grands parce qu’ils auront une forme d’implant d’intelligence artificielle dans le cerveau.

Laurent Alexandre : Est-ce qu’on arrêtera ça ? — Ce sera sans doute difficile à arrêter parce que je pense que les parents responsables, entre guillemets, se diront soit je neuro-augmente mon gamin, soit il va être au revenu universel et il va être marginalisé dans le monde de demain. — Expliquez-nous très exactement. Ça veut dire quoi, neuro-augmenter son gamin ? — Il y a deux types de neuro-augmentation. Soit on fait de la sélection embryonnaire, on choisit un embryon qui a un meilleur patrimoine neuro-génétique, soit on met des dispositifs électroniques, mais ça, ça n’est pas au point encore pour augmenter l’intelligence. Ça permet aux paralysés de marcher, de contrôler des ordinateurs, ce que fait Neuralink dans la version actuelle, ça permet dans quelques mois aux aveugles de revoir, mais ça ne permet pas d’augmenter les capacités intellectuelles. Cette deuxième perspective, elle est à plus long terme, elle est encore incertaine, mais Alexander Wang, qui est le petit génie qui a vendu à Mark Zuckerberg 14 milliards de dollars sa boîte, déclarait aux journalistes cet automne « J’ai décidé de retarder mon premier enfant.

Si je faisais un enfant maintenant alors que les puces de neuro-augmentation Neuralink ne sont pas encore au point, je serais un père indigne, je fabriquerais un bébé qui n’est pas capable de résister face à l’intelligence artificielle. » – Attendez, est-ce que ça vous terrifie ou vous vous dites « c’est le mouvement du monde, c’est comme ça et de toute façon ça sera comme ça » ? – Ça pose d’énormes problèmes sur la dignité humaine, et on rejoint l’encyclique, c’est-à-dire sur quoi est fondée la dignité humaine, qu’on soit croyant ou athée comme je le suis. Et effectivement, la dignité humaine ne peut pas se réduire à des datas, ne peut pas se réduire à des performances, il y a un débat à avoir aujourd’hui, que le pape a très bien expliqué dans l’encyclique, c’est que nous sommes en 2026 à une époque singulière.

2026 est objectivement l’année où l’intelligence artificielle aura dépassé, sur le plan intellectuel, dans quasiment tout domaine, les humains, et est désormais plus intelligente que la quasi-totalité des êtres humains. C’est donc une année de bascule, et c’est pour ça que ce débat philosophique sur l’avenir de l’humanité est si important. – Vous pensez ça Thierry Breton, vous aussi ?

– Alors, encore une fois, je crois qu’il faut là évidemment, voir les tendances, et les tendances, elles vont, elles peuvent aller jusqu’à ce que décrit Laurent Alexandre.
On peut aller partout, c’est un peu docteur Fallamour, on peut aller effectivement, on pourra imaginer, pour certains. – Mais est-ce qu’il est vrai que l’intelligence artificielle nous a battus ? – Ça ne veut pas dire qu’elle nous a battus, ça veut dire qu’il y a des domaines qui sont essentiellement des domaines d’expertise, des domaines d’expertise, et j’en reviens à ce que je disais tout à l’heure, à partir du moment où l’expertise c’est effectivement le patrimoine de savoir qui est accumulé, et qu’on peut retrouver en une fraction de seconde, oui, dans des domaines d’expertise, clairement, puisque cette capacité à le retrouver aujourd’hui, et à l’intégrer et à le repositionner, à le reprocher, est là, oui, dans des domaines d’expertise. Maintenant, je voudrais juste rappeler un élément qui est aussi au cœur de l’encyclique du pape, et parce qu’il dit une autre chose, il dit d’abord la dignité humaine, effectivement, mais il dit également ne laisser personne au bord de la route.

Le monde de 2100, c’est à peu près une dizaine de milliards d’habitants sur la planète. S’il y a quelque chose qui est à peu près prévisible, c’est la démographie. C’est 4 milliards et demi d’Africains.

Est-ce que vous pensez, je le souhaite profondément, vous connaissez mon attachement pour l’Afrique, est-ce que vous pensez que les 4 milliards et demi d’Africains se poseront la question que vient de poser aujourd’hui, ou que vient de rappeler Laurent Alexandre aujourd’hui pour les enfants. C’est ça aussi le monde. Et au fond, cette question-là, ça va être une question, évidemment, qui dépasse le cadre, encore une fois, le petit groupe de certains, qui dépasse peut-être même le cadre de certains Etats, et c’est ce que le pape a voulu rappeler.

Je ne vais pas faire l’exégèse, je ne suis pas catholique, comme vous le savez. Mais je trouve que la question est intéressante. Oui, la question... La question... Oui, mais comme le dit Laurent, c’est pour faire un certain nombre d’applications, qui sont des applications très spécifiques, pour aider, et ce sera formidable, pour aider à corriger précisément des paralysies, des problèmes neurologiques qui ont des répercussions sur la motricité.
Oui, bien sûr. Mais ça, on le fait déjà, du reste. Laurent, c’est le médecin, Laurent, c’est notre meilleur spécialiste à la fois. Ce qui est formidable, c’est qu’il est à la fois médecin, scientifique et aussi visionnaire. Donc, c’est à Laurent qu’il faut poser la question.
Mais c’est clair qu’aujourd’hui, on peut le faire. Jusqu’où ? C’est la question à laquelle nous invite le Pape de répondre aujourd’hui. Est-ce que l’humanité posera des limites ? Ou est-ce que la technologie va aller tellement vite qu’on n’aura pas le temps de poser des limites ? Est-ce que Jacques Ellul, le grand penseur protestant, justement, qui avait parlé de l’autonomisation de la technique à partir des années 40, est-ce qu’il aura raison sur les avancées technologiques dont on parle ? Est-ce que l’humanité pourra arrêter le toboggan, le contrôler, l’orienter ? Ou est-ce que ce ne sera pas possible ? Je crois que oui.
En tout cas, c’est mon combat. Parce que je pense qu’il faut qu’on mène ce combat. Et on en revient à des discussions qu’on peut avoir par ailleurs avec Laurent.

Laurent Alexandre : C’est le fait qu’il faut que nos hommes politiques commencent vraiment à se jeter, à se projeter. Parce que les questions qu’on vient de décrire sont des questions extraordinairement profondes, mais elles ne se posent pas dans dix ans. Elles se posent maintenant. Pour le dire de façon moins diplomatique que Thierry Breton, qui a été un grand visionnaire, parce que dans les années 80, il a décrit à peu près tout ce qui se passe aujourd’hui. La nullité des politiciens en technologie et en intelligence artificielle est à pleurer. Philippe Aguillon au Parlement a très bien dit ce qu’il fallait dire. Il a dit, je suis atterré par le niveau des politiciens français en intelligence artificielle. Atterré. Notre prix domaine l’économie.

Et là, aujourd’hui, s’il n’y a pas un changement d’élite politique, ou en tout cas un changement de comportement des élites politiques, la vassalisation technologique de l’Europe est inévitable. Y compris pour parler précisément avec tous ceux qui sont aujourd’hui les maîtres. C’est très important.
Il faut parler leur langage. Et aujourd’hui, il y a très peu de politiciens français qui sont capables d’avoir une discussion avec les maîtres de lire. Quel changement s’annonce qu’ils sont aussi heureux ? La longévité, peut-être inégalitaire, mais est-ce que, pour ceux qui en profiteront, effectivement, le vieux rêve de vivre 150 ans plus est possible ? On peut espérer des progrès importants en médecine.
Mais dans une médecine qui va être difficile pour mon métier, parce que c’est une médecine où les médecins ne feront plus les diagnostics et ne feront plus les ordonnances sans l’autorisation de l’intelligence artificielle. Donc ça va être un petit bouleversement pour ma corporation. Mais on peut attendre des gros progrès en médecine.

En science, aussi. On voit des progrès, y compris dans des domaines où on n’imaginait pas qu’il y a pu s’avancer, comme les mathématiques, où les progrès récents par JCPT sont significatifs. On va, bien sûr, avoir des progrès dans le contrôle de la fusion, dans certaines technologies, dans les batteries où l’intelligence artificielle peut aider à trouver des nouveaux matériaux.

Tout ce qui concerne la chimie, on va dire. Tout ce qui concerne la chimie au sens large. Mais soyez-en plus précis, parce que, ça nous concerne tous, c’est très trivial, mais qu’est-ce qui fait qu’on pourrait vivre 30 ans, 40 ans, 50 ans de plus, là, dans un horizon...

Alors, le pari de la Silicon Valley, c’est, en fait, que la super intelligence artificielle, pas l’intelligence artificielle moyenne d’aujourd’hui, mais que la super intelligence artificielle que la Silicon Valley imagine entre 2029 et 2035, va permettre de comprendre le code du vieillissement.

Ce sont les termes qu’Elon Musk a utilisé il y a quelques semaines, quand il a dit « Je suis convaincu qu’on va vivre très vite 150 ans ». Il a dit « On va comprendre le code du vieillissement, on va le casser, finalement, la vieillesse, la mort, ce sont des bugs, et ce sont des bugs faciles à corriger. » C’est l’état d’esprit de la Silicon Valley. – Alors, facile à corriger, on verra.
En tout cas, la tendance est clairement celle-ci. – L’ambition, en tout cas. – Mais la tendance aussi.

Si on regarde du reste l’histoire de l’humanité, il y a deux siècles, la moyenne d’âge escomptée pour une femme, c’était 25 ans, et puis ensuite c’est passé à 40, et puis ensuite c’est passé à 60... – 27 pour les femmes, 25 pour les hommes, et donc, effectivement, quand on voit ces tendances, évidemment, la tendance, oui, moi je suis tout à fait d’accord avec celui-là, l’ambition, la tendance, c’est certainement de vivre au-delà des centenaires, et il y a un point qui est très important, c’est que pour pouvoir se faire, il faut évidemment commencer à connaître, à rentrer implicitement dans les cellules, les cellules c’est des milliards et des milliards de données, et c’est là où la physique quantique et les ordinateurs quantiques, les accélérateurs quantiques, il faut toujours le dire, c’est la conjonction entre l’intelligence artificielle et la puissance qui va être libérée par la maîtrise de plus en plus du quantique, qui va nous permettre de descendre quasiment au niveau cellulaire, au niveau moléculaire, et qui va permettre de traiter des terrains et des terrains et des terrains et des terraoctets d’informations, ce qui se passe aujourd’hui, et qui va permettre effectivement, par modélisation, vraisemblablement, de proposer des progrès nouveaux, dont on n’a pas idée aujourd’hui, mais qui vont, j’en suis moi aussi certains, apparaître au fur des années, conjonction du savoir et conjonction de la puissance de traitement des informations. Le danger pour la démocratie, pour le monde égalitaire qu’on a essayé de construire, 19ème, 20ème siècle, ce rêve que tout le monde allait apprendre à lire, écrire, compter... On a, avec Jean-François Copé, on avait écrit en 2019 un bouquin « L’IA va-t-elle tuer la démocratie ? », mais là, on est dans une zone dangereuse. On voit bien le recul de la démocratie, après des gros gains, la démocratie recule, entre les fake news, la modification du comportement de l’opinion, le fait que l’opinion se réfère de plus en plus à l’IA pour ses choix électoraux.

Lors des municipales françaises, 16% des Français, déjà, ont demandé à l’IA pour qui il fallait voter, et ce sera bien plus pour la présidentielle. Vous dites là, ceux qui ne sont pas intelligents, ça parait un peu brutal, mais c’est un monde qui profitera aux intelligents, et qui pénalisera encore plus ceux qui le sont moins. – L’IA peut aider les gens qui ont moins de facilité, en personnalisant l’éducation, en donnant à chaque gamin son Aristote numérique.

Aristote était le précepteur particulier d’Alexandre Le Grand. Là, il y a un gros potentiel. Mais il est clair, si on ne parle pas de langue de bois, que pour les gens qui sont plus imaginatifs, plus malins, qui ont une meilleure mémoire, qui lisent plus vite, il y aura un avantage par rapport aux gens plus lents, aux gens moins cultivés, aux gens moins intéressés par les choses intellectuelles.

Il serait malhonnête de dire que l’orchestration des intelligences artificielles, elle sera donnée à tout le monde de la même façon. Car l’essentiel demain, ce sera d’être architecte informationnel, d’orchestrer les IA, et ça, sans langue de bois, la réalité, c’est que les gens plus intelligents le feront mieux que les gens plus lents. – Et donc, on voit bien que le maître mot, c’est le mot qu’ils viennent d’utiliser, c’est architecte.
Il faut que je sois architecte de mon propre espace informationnel. Et au fond, il y aura ceux qui sauront le faire, et puis les autres qui seront à côté, et qui seront évidemment moins performants, parce qu’ils mettront plus de temps à répondre à des questions. Regardez ce qui se passe.
C’est aujourd’hui un exemple qui est commun. Vous savez, les jeunes brillants étudiants qui vont faire des écoles de commerce, on les a envoyés jusqu’à présent pour faire leur classe, dans les banques d’affaires, où ils faisaient pendant deux ans, ce qu’on appelait dans notre jargon des slides. Bon, maintenant, tout ça, c’est terminé.

Ils apprenaient leur métier comme ça à ceux de 10 ans. C’est terminé. En l’espace d’une demi-seconde, Claude vous fait vos diapositives.
– Claude fait des très bons slides. – Mais, ce que je veux dire, c’est qu’on voit donc bien le chantier devant nous. C’est le chantier de l’éducation nationale.

Il est absolument indispensable qu’aujourd’hui on apprenne, évidemment, à nos enfants à lire, à écrire, à compter, mais aussi à orchestrer, à choisir son propre chemin dans cet univers informationnel. – Il y a des mouvements révoltants. – Les travailleurs, parce que pour être un bon orchestrateur d’intelligence artificielle, ça ne marchera pas si on est une grosse feignasse.

Il va falloir aussi donner à nos enfants le sens du courage, et le courage d’apprendre, et la volonté d’apprendre. – Mais vous voyez la révolution, là, vraiment, et le rôle des politiques qu’on attend. C’est pas uniquement pour contrôler, c’est pour organiser cette nouvelle vie ensemble.

– Rendez-vous dans quelques instants. Et je rappelle votre livre, Laurent Alexandre, « Vivre 1000 ans », on le recommande très vivement. Il faut même relire Vatican III, un livre de Thierry Breton qui date d’il y a 40 ans, à peu près, 41 ans.
Et il y avait beaucoup d’aspects sur ce qui est en train de se passer.

– Vous savez que j’étais le jeune professeur de Laurent Alexandre. – A l’ENA
– Quand il était à l’ENA, j’étais son jeune professeur.

oOo

Portfolio

3 Messages

  • Minière | 10 juin 2026 - 08:50 1

    Il faut étudier cet impeccable tour d’horizon et ne pas manquer d’entendre, à la fin, la discrète dissonnance d’avec les Evangélistes américains et l’Islam : "Je confie ce désir à la Mère du Christ, la femme du Magnificat"


  • Viktor Kirtov | 28 mai 2026 - 10:35 2

    Le pape et l’IA, les aéroports du futur, et SpaceX, sur la terre comme au ciel
    Le pape s’en mêle. Et c’est tant mieux. L’énorme battage et la commotion dans la Silicon Valley provoqués par sa dernière encyclique, consacrée à rien de moins que “la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle”, révèle d’abord l’inanité affligeante du débat sur ce bouleversement technologique aux États-Unis, épicentre mondial de la tech. Qui parle de l’IA ici ? Des employeurs affolés et cyniques qui terrorisent leurs salariés en agitant le spectre de la machine toute puissante pour “dégraisser” et “réorienter leurs priorités”. Un président au fond du trou moral qui n’entrevoit plus sa postérité que par le triomphe, à coups de déréglementations, d’un nouveau gadget made in America. Des figures de la tech qui, comme Elon Musk (SpaceX) et Sam Altman (OpenAI), se disputent des centaines de milliards de dollars d’investissements à la veille de leur entrée en Bourse. Seule Anthropic s’était démarquée du lot en jouant les Cassandre de la tech depuis cinq ans, et ses réticences à l’usage débridé de ses algorithmes pour les armes autonomes requis par le Pentagone l’avaient désignée à la vindicte du régime Trump. Et l’on apprend par The Washington Post que le martyr “woke” s’est mué en enfant de chœur patenté du Vatican. Christopher Olah, cofondateur de l’entreprise avec Dario Amodei, semble même avoir joué un rôle majeur dans la nouvelle doctrine de Leon XIV, qui rappelle l’auguste coup de gueule du pape François contre l’inaction climatique en 2015.

    Les prochaines gares aériennes

    L’été approche, et The Wall Street Journal nous en raconte de belles sur les voyages du futur. Je vous passe la glose ressassée sur les agents de tourisme IA, sur le grand retour de l’avion supersonique, les hôtels de l’espace et les merveilles de la conduite assistée, mais j’ai lu avec intérêt les oracles de bon sens sur l’avenir de l’aéroport, aujourd’hui une plaie d’embouteillages, de cohues et de contrôles anxiogènes. Dans vingt ans, les voyageurs, au lieu de cumuler toutes les avanies de l’embarquement dans ces installations massives, n’auront peut-être qu’à se rendre dans des antennes décentralisées proches de leur domicile, dispersées dans tous les recoins de nos mégacités, parfois même au sommet de gratte-ciel. Dans ces gares aériennes, ils enregistreront leurs bagages et passeront des contrôles “sans frictions” grâce au progrès de la reconnaissance faciale et des portiques renifleurs de nouvelle génération, avant de rejoindre par des taxis volants électriques des aéroports réduits au rôle de salles d’attente et de pistes de décollage et d’atterrissage. Au fait, pas un mot, pas un, sur l’avenir du ferroviaire dans ce grand paysage futuriste.

    Elon dans les étoiles

    Le patron est un mufle limite misanthrope, mais tout de même, quel poète… Aucun baron du business, avant Elon Musk, n’a jamais présenté l’entrée en Bourse de son entreprise comme une étape du sauvetage des terriens, ni son plan de charge comme “la transformation du genre humain en espèce multiplanétaire, la découverte de la vraie nature de l’univers et l’extension vers les astres de la lumière de la conscience”. Le Wall Street Journal, non sans une saine ironie, s’accorde avec le chantre de SpaceX, occupé à préparer pour la mi-juin la plus énorme opération en Bourse de l’histoire, pour rappeler que ces prétentions intersidérales coûtent, sur Terre, un beau paquet de pognon.

    D’où l’axiome muskien de base, selon lequel la poursuite du rêve spatial exige des financements tangibles et pragmatiques, rappelle le quotidien : “‘Que faut-il pour bâtir une cité sur Mars ? À coup sûr, beaucoup d’argent. Alors il nous faut des choses qui généreront beaucoup d’argent’, disait-il en 2015”. Avant d’opérer la grande migration humaine, ses fusées doivent rapporter, et SpaceX, en dépit de ses lanceurs réutilisables capables de diviser par 10 le coût du fret en orbite, ne pouvait se contenter de demeurer un simple camionneur de l’espace. L’entreprise ne survit que grâce à Starlink, sa filiale de satellites de connexion à l’Internet forte de 10 millions d’abonnés, et dont les 11 milliards de dollars (9,447 milliards d’euros) de chiffre d’affaires en 2025 représentent à eux seuls 60 % de l’activité totale de SpaceX.

    Mais tout de même… Le Washington Post, pour sa part, rappelle que, depuis sa fusion avec xAI, la branche d’intelligence artificielle de l’empire Musk, le transporteur spatial, devenu un fourre-tout improbable, accuse 4,3 milliards de dollars de pertes au premier trimestre. Qu’importe, puisque Elon promet la Lune, Mars et, un jour, un marché de 28 500 milliards de dollars (environ 24 500 milliards d’euros), l’équivalent du PIB américain, pour les services aux futures colonies spatiales de notre espèce prochainement multiplanétaire.

    Courrier International, 26 mai 2026

    oOo


  • Albert Gauvin | 27 mai 2026 - 11:30 3

    Le texte intégral se trouve sur le très informé site du Grand Continent.

    Ce 25 mai, le pape Léon XIV présente Magnifica Humanitas, première encyclique consacrée à l’intelligence artificielle et premier grand texte doctrinal de son pontificat.

    Signée le 15 mai, à l’occasion du 135e anniversaire de Rerum Novarum, l’encyclique inscrit explicitement la révolution de l’IA dans l’héritage de la doctrine sociale de l’Église inaugurée par Léon XIII face à la révolution industrielle.

    Plus de cent pages, 250 paragraphes, près de 40 000 mots : le texte entend proposer une doctrine catholique de l’IA, articulant critique du capitalisme technologique, réflexion géopolitique sur la guerre et interrogation anthropologique sur la place de l’homme dans un monde automatisé.

    Prolongeant les intuitions du pape François sur l’intelligence artificielle, Magnifica Humanitas marque l’entrée du Vatican dans le débat mondial sur la gouvernance des technologies émergentes.

    Nous publions le texte intégral, accompagné de commentaires de notre vaticaniste Jean-Benoît Poulle, du général Benoît Durieux et des spécialistes Pasquale Annichino et Alberto Melloni. Pour une première lecture à chaud, vous pouvez également lire notre entretien avec le jésuite Antonio Spadaro.

    A propos des "visionnaires", voir aussi sur Pileface : Laurent Alexandre et François Meyronnis : « Covid, Gafas, transhumanisme » (2021) et Algoritmes