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Visionné le documentaire « Hong-Kong ne répond plus » diffusé sur France 5, le 17 mai 2026. Des dissidents racontent un territoire passé sous le joug de la Chine. Document reçu comme un coup de poing à l’estomac pour nous rappeler :1. ce que la Chine de Xi Jinping a fait de Hongkong depuis sa rétrocession à la Chine par le Royaume Uni en 1997, des Honkongais muselés, à la merci des nouvelles lois de 2020 sur la sécurité nationale. Hong Kong a profondément changé de visage et l’emprise de Pékin est désormais totale : les opposants politiques sont emprisonnés ou en exil, les médias réduits au silence et, à l’école, l’Histoire est réécrite, afin d’endoctriner les jeunes générations et de former des "patriotes". L’exil, la soumission ou la peur d’être dénoncé, se sont substitués à la liberté.
2. ce que veut dire le beau concept de démocratie et sa fille la liberté pour ceux qui après les avoir connus en sont privés et nous le disent haut et fort. Alors qu’en Europe, des observatoires comme Freedom House et EIU Democracy Index constatent une érosion progressive démocratique et déclin global de la liberté depuis 20 ans consécutifs. Baisse de la liberté de la presse, des libertés civiles et de la confiance dans les institutions, médias et les partis traditionnels dans plusieurs pays occidentaux, avec montée de la désinformation et des ingérences extérieures (Russie, Chine). Les élections restent globalement libres, mais les garde-fous institutionnels, la délibération et les libertés s’affaiblissent. Le phénomène touche surtout les pays anglo-saxons et certains d’Europe centrale, tandis que l’Europe du Nord reste plus résiliente.
3. et ce prolongement lancinant (qui n’est pas dit dans le documentaire) : comment ne pas imaginer qu’après « Hong Kong ne répond plus », viendra le tour de Taïwan. La réintégration de Taïwan dans le giron de la Chine est affiché par Xi Jinping. Par la méthode du boa constrictor, ou par la force. La Chine a le temps, mais avec quand même une date butoir : 2049, la date du centenaire de la création de la République populaire de Chine par Mao. Xi Jinping n’a pas manqué de le rappeler à Trump lors de sa récente visite en Chine. Et la décrédibilisation de l’Amérique de Trump à défendre efficacement ses alliés du Golfe et de Taïwan rend encore un peu plus probable cette issue.
Couverture du Point N°2807 du 14 mai 2026

Bande annonce du documentaire
Territoire sous contrôle
L’ancienne enclave de liberté aux portes de la Chine a longtemps incarné un modèle unique. Mais depuis 2020 et l’imposition d’une loi sur la sécurité nationale, Hong Kong a profondément changé de visage. Elle est désormais condamnée au silence. Le film d’Antoine Védeilhé retrace la fin progressive des libertés et la mise au pas de toute une société. Un documentaire suivi d’un débat, à suivre dimanche 17 mai à 21.05 sur France 5 et dès vendredi 15 mai sur france.tv.
« Le Monde en face – Hong Kong ne répond plus »
Nous C’est exactement comme dans le roman de George Orwell « 1984 ».
Shirley Leung Ka Lai, journaliste Apple Daily (2018-2021), en exil à Taïwan
« Ils m’ont dit que je mettais en danger la sécurité nationale. » En caméra cachée, Antoine Védeilhé filme son interpellation à son arrivée à l’aéroport de Hong Kong. Cette fois, il ne pourra pas pénétrer sur le territoire dont il est désormais banni. Le journaliste, qui couvre la Chine depuis dix ans, connaît bien Hong Kong. Ses précédents séjours ont été réalisés sous haute surveillance. Pour réaliser ce documentaire, son équipe a dû travailler sous couverture, et déjouer les filatures.
L’histoire qui dérange à ce point le pouvoir de Pékin, c’est celle d’une ville, bastion de libertés.
Ce documentaire déroule les étapes de l’histoire de cet ancien port de pêche, devenu centre financier international et incarnation d’une des économies les plus libérales de la planète : un « pont entre la Chine et le monde occidental », selon l’homme d’affaires et proche du pouvoir chinois Allan Zeman.
La promesse d’un État de droit où pouvait s’exprimer la liberté d’expression et le pluralisme politique, avant qu’il ne devienne, en moins d’une décennie, un territoire sous contrôle.
Nous étions conscients que nous étions en train de remettre Hong Kong à une grande tyrannie communiste.
Lord Chris Patten (1992-1997), dernier gouverneur britannique de Hong Kong
Après sa restitution à la Chine par les Britanniques, au terme d’un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans, ce territoire rebelle a été secoué ces dernières années par d’immenses mouvements de contestation. La population n’hésitait pas à défier le joug de Pékin, à contre-courant des autres métropoles chinoises où la population marche au pas.
Mais « lorsque le chef de l’exécutif de l’époque a autorisé les tirs de gaz lacrymogène sur les manifestants pacifiques, se souvient le jeune Fu Tong, activiste en exil à Taïwan, nous avons compris que Pékin ne tiendrait pas ses promesses. »
Depuis 2020 et l’imposition d’une loi sur la sécurité nationale, Hong Kong a profondément changé de visage. Une ligne rouge, mouvante, a été tracée et le moindre faux pas peut désormais conduire en prison.
À la suite d’un rassemblement pour préparer les législatives, les quarante-sept militants du parti démocrate – dont le jeune militant Joshua Wong, leader du mouvement pro-démocratie – seront tous arrêtés et déclarés coupables d’avoir fomenté un complot, lors d’un simulacre de procès très médiatisé, puis emprisonnés.
C’est à cette période que lord Jonathan Sumption, juge à la haute cour de justice de Hong Kong (2019-2024), démissionne : « Hong Kong est en train de devenir un État totalitaire, car la dissidence politique n’y est plus tolérée. »
Avec cette loi que les chancelleries occidentales et les associations de défense des droits humains jugent liberticide, l’emprise de Pékin est désormais totale : les opposants politiques sont emprisonnés ou en exil, et les médias réduits au silence. Apple Daily, média généraliste et critique, est le premier à en faire les frais en 2021. Un an plus tôt, son fondateur, le milliardaire Jimmy Lai, a été arrêté et condamné à vingt ans de prison. Pour lord Jonathan Sumption, son cas est similaire à celui d’Alexeï Navalny ou d’Aung San Suu Kyi.
Je vaux 1 million de dollars (100 000 €), et ce n’est pas une métaphore : c’est le prix que le gouvernement de Hong Kong a mis sur ma tête simplement pour m’être exprimée sur notre avenir.
Carmen Lau, 30 ans, activiste en exil à Londres, cible d’un mandat d’arrêt à vie
À travers les témoignages d’activistes, de journalistes, de responsables politiques ou de simples citoyens, ce film retrace la fin progressive des libertés et la mise au pas de toute une société. L’équipe du film s’est également rendue à Londres et Taïwan, auprès de ceux qui continuent de résister depuis leur exil et racontent une répression qui ne connaît plus de frontières. Car les autorités traquent désormais les dissidents jusqu’à l’étranger.
À Hong Kong, les « pro-Chinois », eux, vantent le retour du calme et de la stabilité, grâce notamment à la mise en place d’un système de délation pour faire la chasse à toutes les voix dissidentes. Ce responsable d’un organisme « social » se vante d’avoir dénoncé plus d’une centaine de personnes, un an après le début de la loi. « Nous avons dénoncé un cardinal, des citoyens ordinaires, des libraires, des vendeurs, du personnel associatif, des professeurs… On remplit simplement notre devoir de citoyen. »
À l’école, l’histoire est réécrite afin d’endoctriner les jeunes générations et de former des « patriotes ».
Dans son refuge, l’artiste Kong Yiu-wing se veut gardien de la mémoire de Hong Kong. Il y conserve des objets, reliques – parfois interdites – du Hong Kong d’avant : « Ce sont des archives précieuses qui peuvent refléter une part de l’identité des Hongkongais… Si personne n’en parle, alors il devient très facile de réécrire l’histoire différemment. »
Entre récit intime et thriller politique, ce documentaire dévoile comment la Chine a réduit Hong Kong au silence.
La ville a changé plus rapidement que je ne l’aurais imaginé… J’ai l’impression d’être rentré dans une cellule plus grande. Est-ce que je suis condamné à rester emprisonné toute ma vie ?
Sam Chan Chi-sum, 24 ans, étudiant, en détention pendant deux ans pour subversion, et sorti de prison
Antoine Védeilhé, réalisateur
Depuis dix ans, Antoine Védeilhé produit et réalise des reportages et des documentaires en Asie à destination de France Télévisions, d’Arte et de la BBC. De l’Inde à la Chine, des Philippines à la Birmanie, ses films portent essentiellement sur les luttes et les résistances des populations civiles face aux pouvoirs autoritaires.
Il a débuté sa carrière de journaliste en 2014 au service enquêtes et reportages de la rédaction nationale de France 3, avant de prendre deux ans plus tard la correspondance de France 24 à Shanghai.
En 2018, il crée avec deux partenaires sa propre société de production, Keyi Productions, et réalise des reportages et des magazines pour la télévision française. En parallèle, il collabore en tant que chef opérateur pour des documentaires de France 5, Arte et la BBC.
En septembre 2020, il quitte la Chine pour l’Inde, où il continue de réaliser et tourner des documentaires et des magazines.
En 2024, il remporte le prix Albert-Londres dans la catégorie audiovisuelle pour Philippines – Les Petits Forçats de l’or, réalisé pour Arte Reportage. Le film est également finaliste des Emmy Awards et remporte le prix du jury aux AIB Awards à Londres. Ses reportages en Asie, notamment sur la guerre civile en Birmanie, ont été primés dans plusieurs festivals internationaux.


“Il y a urgence à raconter ce qu’il se passe à Hong Kong”
Par Cécile Marchand
Télérama, le 17 mai 2026
Malgré les risques, des habitants témoignent de la dérive autoritaire chinoise. Pour son documentaire “Hong Kong ne répond plus”, Antoine Védeilhé a pu récolter de rares récits éclairants.
Hong Kong, 18 novembre 2019. Des manifestants protestant contre les restrictions de liberté se protégent des lacrymogènes avec des parapluies. Dale De La Rey/Afp

« Toutes les personnes qui témoignent dans ce documentaire risquent la prison à vie », annonce d’emblée le journaliste, basé en Inde depuis dix ans. Auteur de plusieurs films tournés à Hong Kong, en 2024…, il pensait y retourner, en novembre 2025, pour documenter les conséquences de la loi sur la sécurité nationale adoptée en 2020, utilisée par Pékin pour museler toute forme d’opposition au sein de l’ex-colonie britannique. Interpellé dès sa descente de l’avion, le documentariste est renvoyé vers la France. « Je suis désormais considéré comme agent de l’étranger », raconte-t-il.
C’est donc grâce à une vingtaine de Hongkongais qu’Antoine Védeilhé et ses collaborateurs sur place parviennent, à raconter la reprise en main autoritaire par Pékin d’un territoire autrefois considéré comme un îlot libéral. Malgré les risques encourus, une journaliste, un artiste, une libraire, des dissidents… acceptent de témoigner. Antoine Védeilhé évoque trois de ces précieux témoins, qui lui permettent de signer un documentaire rare.



Yiu-Wing, artiste à Hong Kong

« Après l’adoption de la loi sur la sécurité nationale, le groupe de média public RTHK a effacé ses contenus d’avant 2020. Une mémoire qui comprend les images des manifestations de 2012, 2014 et 2019… À ce moment, des internautes avaient entrepris de sauvegarder ces données à la hâte. Je ne les ai pas retrouvés, mais j’ai entendu parler de Kong Yiu-Wing. Cet artiste archive lui aussi la mémoire de Hong Kong — des exemplaires de journaux désormais censurés, un casque de protection utilisé lors des manifestations étudiantes… Aujourd’hui, le simple fait d’écouter l’hymne des manifestants en public est passible de sept ans de prison. Donc il marche sur des œufs. Dans l’interview — filmée par Ulysse Cailloux qui, lui, a pu se rendre sur place —, on le sent inquiet, il ne répond pas à toutes les questions. Comme tous les témoins de ce documentaire, il évite soigneusement de critiquer frontalement la politique de Pékin. »

Carmen Lau, activiste en exil à Londres

« Née deux ans avant la rétrocession de Hong Kong, ancienne colonie britannique, à la Chine, Carmen Lau a grandi dans une ville avec un système éducatif qui tolérait encore la libre-pensée. Elle a connu la liberté d’expression, de la presse, de manifester. Carmen Lau milite pour ces libertés que les Hongkongais nés après la loi de 2020 risquent de ne jamais connaître. Elle fait partie des dissidents les plus médiatisés, Même si elle est déjà sous mandat d’arrêt et régulièrement suivie par des agents de Hong Kong, participer à ce documentaire peut l’exposer davantage encore. La preuve : depuis nos entretiens, elle reçoit de nouvelles lettres de menace. »

Un professeur anonyme

« Cet enseignant a refusé de donner des cours d’éducation patriotique, de participer à réécrire l’histoire de Hong Kong. Alors, comme douze mille de ses confrères et consœurs, il a démissionné. Nous avons eu du mal à le convaincre de parler. C’est le seul témoin dont le visage et la voix sont masqués. Un professeur, une figure du savoir, dont le métier est d’énoncer des faits, a peur d’être poursuivi : c’est alarmant ! Le meilleur moyen de s’en prendre à une démocratie est de s’attaquer à ces figures, aux libraires, aux journalistes. Pour lui comme pour les autres protagonistes du film, témoigner est devenu un acte militant, car il y a urgence à raconter ce qu’il se passe à Hong Kong. »

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Un documentaire qui provoque l’ire de Pékin
D’après Joelle Gallus
Asialist
Cinq jours avant la diffusion du film sur France 5 dimanche 17 mai en prime time, France Télévisions recevait une demande officielle de déprogrammation de l’ambassade de Chine, a-t-on appris de source informée.
Joelle Gallus
(Journaliste sinisante à l’Agence France-Presse, correspondante au bureau de Pékin de l’AFP de 2006 à 2010.)
[…]« Hong Kong ne répond plus » retrace les grands mouvements de contestation qui ont secoué la « Région administrative spéciale » chinoise entre 2012 et 2019, au fur et à mesure que les autorités s’attaquaient aux spécificités du territoire, resté pendant un siècle et demi sous domination britannique.
Tour à tour, la population, en particulier sa jeunesse, manifeste contre une tentative d’imposer des « cours d’éducation patriotique » (mouvement étudiant de 2012), réclame l’élection au suffrage universel du président de l’exécutif (79 jours de mobilisation et 1,2 million de manifestants pacifiques dans les rues en 2014) ou se rebelle massivement contre un projet de loi d’extradition de Hong Kong vers la Chine (2019).
« Quelqu’un leur avait bourré le crâne […] Ils n’avaient aucune idée de ce qu’ils faisaient. Ils étaient jeunes, » commente, patelin, le riche homme d’affaires septuagénaire Allan Zeman, dans le documentaire. Naturalisé chinois, conseiller de l’exécutif de Hong Kong, Allan Zeman pourfend « la démocratie à l’occidentale […] qui ne fonctionne pas » et se fait le chantre de la « stabilité. »
La loi de 2020, point de bascule
La pandémie de Covid-19, le confinement, videront les rues, permettant l’adoption sans coup férir, en 2020, d’une loi sur la sécurité nationale, qualifiée par ses détracteurs « d’arme législative » s’abattant pour étouffer Hong Kong.
Une loi dont se félicite Regina Ip, présidente du conseil exécutif de Hong Kong, interviewée en 2024 par Antoine Védeilhé.
je n’ai pas fait une "enquête" ; je rappelle des événements connus et factuels. Est-ce qu’il y a eu des manifestations ? Oui. Est-ce que des journaux ont été censurés ? Oui. Est-ce qu’il y a eu une réforme de l’éducation ? Oui. Est-ce que des librairies ont été fermées ? Oui.
Quand on veut s’attaquer à la démocratie, ce sont toujours les mêmes recettes. On s’attaque à l’éducation, à l’histoire, aux journalistes, »
Antoine Védeilhé, réalisateur du documentaire
« Nous étions libres de penser »
Face aux pressions, certains témoins ont annulé leur participation. Bien d’autres ont néanmoins accepté de raconter les vicissitudes de leur vie à Hong Kong ou en exil. Le documentaire donne notamment la parole à Hong Kong, à Taiwan ou à Londres, à un professeur d’art martial, une journaliste, un artiste, une chercheuse en droit, au dernier gouverneur britannique de Hong Kong Chris Patten ou à un ancien juge à la cour de justice du territoire Lord Jonathan Sumption. Tous, sauf un, le font à visage découvert.
Celui-là préférant l’anonymat, professeur désormais sans emploi, évoque « le climat de peur » régnant dans les écoles, sur les campus. Peur de tenir des propos qui pourraient être interprétés par les enfants, dénoncés par leurs parents, alors que les rues sont pavoisées d’appels à rapporter les mauvais comportements. Douze mille enseignants auraient démissionné ces dernières années.
Une autre, libraire, évoque la difficulté de son métier : officiellement un seul livre est interdit à Hong Kong, mais comment savoir ce que l’on encourt à proposer à la vente 1984 de Georges Orwell par exemple ? Depuis 2020, une quarantaine de librairies ont été fermées : « les livres nourrissent le savoir, ce n’est pas anodin, » soupire Leticia Wong Man-Huen.
En filigrane des interviews de simples citoyens, militants et journalistes en exil, se lit l’incompréhension d’une population qui a vu son destin basculer. « J’ai été élevée dans un système où nous étions libres de penser et de discuter, » résume l’activiste du « Conseil pour la démocratie à Hong Kong » Carmen Lau, en exil depuis quatre ans.
Depuis décembre 2024, la trentenaire fait l’objet d’un mandat d’arrêt, assorti d’une mise à prix d’un million de dollars de Hong Kong (quelque 100 000 euros). Elle dit avoir été suivie dans les rues de Londres, que ses boîtes mail ont été piratées, des courriers anonymes envoyés à ses voisins et même un photomontage la présentant, dénudée, dans des poses suggestives, pour la faire passer pour une prostituée.
Si elle a pu venir à Paris en avril pour la projection du documentaire en avant-première, Carmen doit désormais choisir ses destinations de voyage. « Des pays ont des traités d’extradition avec la Chine, comme la Malaisie et la Thaïlande. Ils pourraient l’extrader, » explique Aleksandra Bielakowska.
En 2002, Hong Kong occupait la 18e place du Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières. En 2025, elle avait chuté à la 140e place, la Chine étant à la 178e sur 180 pays et territoires étudiés.
« Hong Kong ne répond plus, » film de 75 minutes de Antoine Védeilhé diffusé dimanche 17 mai sur France 5 et en replay sur le site de France Télévisions. Produit par Myrto Grecos pour Découpages, avec la participation de France Télévisions, Images Thomas Blanc et Ulysse Cailloux, montage Thomas Pham-Hung.
Joëlle Garrus
Vidéo – Simon Leys, l’homme qui a déshabillé Mao
En contrepoint, un documentaire sur Simon Leys et la Chine de Mao.
Simon Leys (né Pierre Ryckmans) a été le premier et le plus lucide dénonciateur du régime maoïste. Son ouvrage « Les Habits Neufs du Président Mao » publié dès 1971 reste une référence sur ce sujet.
Xi Jinping est le président de la république populaire de Chine depuis 2013 (instauréé par Mao en 1949 et dont il a été le président jusqu’à 1976)
C’est sous la présidence de Xi Jinping qu’ont été jugulées les révoltes à Hongkong de 2019. C’est la même république populaire de Chine qui se prolonge aujourd’hui.
De même que Leys a été « l’homme qui a déshabillé Mao », Antoine Védeilhé, qui a signé le documentaire « Hongkong ne répond plus » deviendra-t-il « l’homme qui a déshabillé Xi Jinping » ?
Rappel avec ce documentaire sur Simon Leys ce qu’a été la Chine de Mao.

Leys, l’homme qui a déshabillé Mao

Dans l’époque sombre et confuse que nous traversons, Public Sénat poursuit la mise en lumière d’esprits clairs et courageux. Après des films sur Raymond Aron et Albert Camus, ce documentaire porte sur Simon Leys, qui s’inscrit dans la même filiation intellectuelle : celle des hommes qui regardent le monde tel qu’il est.
Simon Leys (né Pierre Ryckmans) a en effet été le premier et le plus lucide dénonciateur des crimes maoïstes, qui ont provoqué la mort de 60 à 100 millions de personnes. Son ouvrage « Les Habits Neufs du Président Mao » publié dès 1971 reste une référence sur ce sujet.
Rendant hommage pour la première fois à ce sinologue d’une culture stupéfiante, ce « spectateur engagé » qui a regardé la réalité du maoïsme en face, ce film raconte aussi le prix que cet homme a payé pour son courage : une immense solitude.
Ce documentaire montre bien le décalage abyssal entre ce que Leys voit en Chine et la petite musique révolutionnaire qui se joue au quartier latin. D’un côté Simon Leys décrit un Mao Machiavel, cynique, ivre de pouvoir, qui plonge le pays dans un chaos sanglant. D’un autre côté, en Occident, de jeunes gauchistes et intellectuels brillants aveuglés par la propagande rêvent d’un Orient rouge parfait, d’une révolution pure.
Cette profonde incompréhension est illustrée par une archive de Philippe Sollers récitant un petit poème de Mao, le louant comme l’un des éminents penseurs du XXe siècle. (Il s’est par la suite ‘démaoïsé’ et a finialement salué le travail de Simon Leys).
L’auteur « Des Habits Neufs du président Mao » montre, preuve à l’appui, que le maoïsme n’a rien à envier au fascisme.
« Simon Leys, l’homme qui a déshabillé Mao » exhume les rares entretiens et films mettant en scène Simon Leys. On y redécouvre notamment le mythique passage à Apostrophes en 1983 qui a révélé cet écrivain belge exceptionnel, ce « decent man » selon la formule d’Orwell que Leys aimait tant. Son sens de la nuance, de la mesure raisonne plus que jamais aujourd’hui.
Avec la contribution de René Viénet ami et éditeur de Leys, Amélie Nothomb, Franz Olivier Giesbert, Pierre Haski, Nicolas Idier et Chloé Froissart, spécialistes de la Chine et Chen Yan, historien. Année de Production : 2023.
Un documentaire pour l’Histoire. A voir absolument !

Simon Leys ( 1935 -2014) : écrivain, essayiste, critique littéraire, traducteur, historien de l’art, sinologue et professeur d’université de double nationalité belge et australienne, de langue française et anglaise et de confession catholique. Parle couramment le Chinois, a vécu à Hong kong et a été marié à une Chinoise.
Pierre Ryckmans commence sa carrière de sinologue par des traductions et des recherches sur la peinture chinoise en particulier avec sa thèse sur l’oeuvre de Shitao : Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère. Contribution à l’étude terminologique des théories chinoises de la peinture (1970). Pour son ouvrage La Vie et l’œuvre de Su Renshan, rebelle, peintre et fou, 1814-1849 (1970), il reçoit le prix Stanislas Julien de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
Par ailleurs, sous le pseudonyme de Simon Leys, il fut l’un des premiers intellectuels à dénoncer la révolution culturelle chinoise et la maolâtrie en Occident en publiant sa trilogie Les Habits neufs du président Mao (1971), Ombres chinoises (1974) et Images brisées (1976).



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