Un livre de Léa Veinstein chez Flammarion et une série documentaire en cinq épisodes sur France Culture
de Léa Veinstein (Auteur)
Flammarion, 6 mars 2024
"Peu de temps avant le confinement, j’ai entendu parler d’une histoire rocambolesque se déroulant en Israël autour des manuscrits de Kafka. Je savais que de son vivant, il avait très peu publié, et qu’il avait laissé à son ami Max Brod ce testament impossible, lui demandant de tout détruire. J’ignorais que Max avait sauvé ces manuscrits d’une série d’autres destructions : fuyant les autodafés nazis, ils vont être glissés dans une valise pour quitter Prague et rejoindre Tel-Aviv, être cachés dans un appartement décati envahi par des chats errants, être revendus clandestinement en Allemagne. Et se retrouver au coeur d’une saga judiciaire qui durera plus de quarante ans. Un roman kafkaïen - presque trop. Mais cette histoire s’est mise à m’obséder. À l’issue du dernier procès, les manuscrits avaient tous été rassemblés à la Bibliothèque nationale de Jérusalem. J’ai attendu que les frontières rouvrent, et je suis partie. Il fallait que je suive les traces de ces sauvetages. Et que j’aille chercher Kafka." Les manuscrits de Kafka auraient pu être des personnages de ses livres. En partant à leur recherche, Léa Veinstein ressuscite nos premières lectures de Kafka, et révèle l’attachement unique qui nous lie à lui.

LA SERIE SUR FRANCE CULTURE
"J’irai chercher Kafka" de Léa Veinstein
Dans cette enquête littéraire, Léa Veinstein suit la trace des manuscrits de Kafka, qui, pour fuir les autodafés nazis, ont connu un destin rocambolesque pendant des décennies. De Prague à Jérusalem en passant par l’Allemagne : une aventure kafkaïenne.
5 épisodes
Épisode 1/5 : Les pointillés sur la carte
Juin 1924 : Franz Kafka s’éteint dans un sanatorium près de Vienne. Juste après les funérailles, son ami Max Brod trouve dans un tiroir chez ses parents deux billets à son nom : Kafka lui demande de détruire tous ses manuscrits.
2 juill. 2024, 28 min

Épisode 2/5 : 20 rue Spinoza
Mars 1939 : Prague est envahie par les nazis. Max Brod prend le dernier train et s’enfuit vers Tel Aviv. Dans son unique valise : les manuscrits de Kafka. Je décide de suivre la trace de cette valise et de partir pour Tel Aviv.
2 juill. 2024, 28 min

Épisode 3/5 : Le billet de Monopoly
Après la guerre, Max a tenté de refaire sa vie à Tel Aviv. Il rencontre Esther Hoffe. Ils travaillent ensemble à l’édition des œuvres de Kafka, commencent une histoire d’amour et Brod lui lègue les manuscrits… Je suis à Tel Aviv.
2 juill. 2024, 28 min

Épisode 4/5 : C’est pas Kafka, c’est une telenovela !
À la mort de Max Brod, en 1968, les manuscrits de Kafka sont la propriété d’Esther Hoffe. Elle commence à les revendre, avec l’aide de sa fille Eva, hôtesse de l’air. Mais en ont-elles le droit ? Je rencontre les avocats des deux parties qui me racontent la saga des "procès-Kafka".
2 juill. 2024, 28 min

Épisode 5/5 : Une lettre de moi en train de cheminer vers vous
Après cinquante ans de procès, l’ensemble des manuscrits de Kafka est rassemblé dans la Bibliothèque de Jérusalem. J’entre dans la salle des documents précieux, je les touche enfin. Ils auraient bien pu ne jamais se trouver entre mes mains.
2 juill. 2024, 28 min

VOIR AUSSI :

Note d’intention de l’autrice et adaptatrice Léa Veinstein
À sa mort en 1924, Kafka laisse deux billets en guise de testament. Deux petits papiers non datés adressés à son ami Max Brod. L’un est écrit au crayon de papier, l’autre à l’encre noire. "Quand je dis que ces cinq livres et ce récit sont valables, cela ne signifie pas que je souhaite qu’ils soient réimprimés et transmis aux temps futurs ; s’ils pouvaient au contraire être entièrement perdus, cela correspondrait à mon désir". Je travaille depuis longtemps sur Kafka, c’est une figure qui habite ma vie depuis l’enfance. Mais je n’ai jamais eu la passion des chercheurs gantés manipulant les originaux comme des objets sacrés. Pourtant, je me retrouve bientôt obsédée par ces deux bouts de papier. J’ai l’intuition que, s’ils pouvaient parler, ils nous expliqueraient mieux que quiconque l’écriture de Kafka. Qu’il faut que je les voie, que je les touche. Ce feuilleton est presque trop hollywoodien pour que l’on puisse y croire vraiment : les manuscrits vont échapper aux autodafés nazis, cachés dans une valise pour fuir Prague vers Tel Aviv, être revendus à une bibliothèque en Allemagne ou encore déposés dans des coffres forts en Suisse. Et comme pour défier toute nuance, ils se retrouvent au cœur d’un procès long de presque cinquante ans, un procès interminable dont le verdict cite le Talmud et concède que le tribunal est incapable de répondre à la seule question qu’il a eu le mérite de poser : à qui appartient Kafka ? Cette fiction, j’y suis entrée, c’est le feuilleton que vous allez écouter.
Note d’intention de la réalisatrice Laure Egoroff
Cette série en cinq épisodes est une enquête menée par Léa Veinstein sur la trace des manuscrits de l’auteur Franz Kafka, objet de ses recherches depuis des années. Premier élément de fascination, ou premier "signe" pour l’autrice : un visage intriguant sur une carte postale aperçue dans l’enfance au mur du bureau paternel. À qui appartient-il ? Quelques années plus tard, un manuel d’allemand permet de résoudre l’énigme : il s’agissait du portrait photographique du célèbre écrivain tchèque de langue allemande. À mesure qu’elle s’intéresse à Franz Kafka, Léa Veinstein découvre que son œuvre aurait bien pu ne pas arriver jusqu’à nous si son ami Max Brod n’avait décidé d’ignorer délibérément une note manuscrite de Franz l’enjoignant à brûler tous ses écrits. Puis, si Brod n’avait emporté les inédits de Kafka dans son exil palestinien.
Dans l’immédiat après confinement, Léa Veinstein a fait le voyage en Israël, elle a interrogé les avocats des deux parties et consulté les manuscrits originaux à la Bibliothèque Nationale de Jérusalem. Magnétophone en main, elle a gardé des traces sonores de son voyage qui ponctueront parfois le feuilleton. Mais si ce récit a une base autobiographique et documentaire, nous avons fait ici le choix de la fiction ; cette histoire vraie a, du reste, tout du conte ou, diraient certains, du récit kafkaïen. Tout est vrai mais nous jouerons à le rejouer en fabriquant de faux documents sonores à partir des vrais, en transformant en saynètes des anecdotes racontées par Léa, en faisant résonner les voix fictives de Kafka, Max Brod, Milena Jesenska etc.
L’œuvre de Kafka met en scène des doubles de l’auteur, Léa Veinstein aura le sien : la comédienne Anna Cervinka (de la Comédie-Française). Le récit à la première personne accueillera une polyphonie qui donnera aussi à entendre les accents et les langues qui, de Prague à Jérusalem, sont la bande originale de cette histoire.
Composition musicale et chant : Louise Perret
Violoncelle et guitare : Sébastien Giniaux
A propos de Léa Veinstein
Léa Veinstein. Photo Franck Ferville/Flammarion

Léa Veinstein est née en 1986. Formée à la philosophie et depuis longtemps fascinée par la figure de Franz Kafka, elle soutient une thèse intitulée Les philosophes lisent Kafka. En parallèle, elle commence à explorer le documentaire radio, avec ‘Les Pieds sur Terre’ ou ‘Une vie une œuvre’ sur France Culture, puis ‘La radio de Papa’ et une série sur Dalida pour Arte Radio. En 2019, elle publie un premier récit, Isaac (Grasset), une enquête familiale sur le silence qui a suivi l’Occupation en France. Depuis, elle s’intéresse à la mémoire qu’elle interroge toujours sous ces deux formes à la fois : l’écrit et le son. Elle poursuit ainsi deux séries de podcast au long cours : ‘A la trace’ (Ministère de la culture) et ‘Mémoires de la Shoah’ (INA).
Sa passion pour Kafka la conduit à partir en 2022 sur les traces de ses manuscrits, jusqu’à Jérusalem – enquête qui donnera lieu à la publication de J’irai chercher Kafka, chez Flammarion. Elle a adapté ce récit en feuilleton radiophonique, été 2024, qui marque le centenaire de la mort de cet écrivain qui l’accompagne depuis toujours.
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