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La Conférence d’Antonin Artaud au Vieux Colombier (1947)

D 19 mai 2025     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


La Conférence d’Antonin Artaud au Vieux Colombier

Le 13 janvier 1947, Antonin Artaud fait sa dernière apparition publique sur la scène du Vieux Colombier, pour y donner une conférence devant une salle comble. Témoignage de Roger Blin.

TRANSCRIPTION

Journaliste
Antonin Artaud, 1896, 1948, un grand acteur français, Napoléon de Gance, La passion de Jeanne d’arc de Dreyer ; mais aussi un grand écrivain, des livres importants comme Le théâtre et son double. Une fin de vie terrifiante à l’asile. Il en sort peu avant sa mort pour une ultime manifestation bien parisienne. Cela se passait donc au Vieux Colombier, le 13 janvier 1947. Tout le monde était là. Le comédien Roger Blin évoquait il y a quelques années, ce moment dramatique.

Roger Blin
Il n’était pas monté sur une scène depuis Les Cenci, en 1935.

Journaliste
Artaud, va faire une conférence. Il est 21 heures.

Antonin Artaud
Celui, tête chaude, que je serais, au [incompris] de la tête aux pieds. Car la cocaïne est un homme, l’héroïne un surhomme en or. [incompris].

Roger Blin
Toute la salle était dans un état d’émotion extraordinaire. Et puis petit à petit à un moment donné, il a fait un geste maladroit je sais pas, ses papiers se sont envolés, il a perdu ses lunettes, il s’est mis à genoux pour ramasser ses papiers, mais naturellement pas un rire dans la salle. Nous étions n’est-ce pas tous dans une angoisse extrême. Il y avait Audiberti, Albert Camus, Gide, André Breton, et beaucoup d’amis, beaucoup de gens qui le connaissent même pas.

ECLAIRAGE

« Lundi 13 janvier 1947, à 21 heures, Histoire vécue d’Artaud-Mômo. Tête à tête par Antonin Artaud, avec 3 poèmes déclamés par l’auteur » [1] : voilà ce qu’on lit sur l’affiche placardée à Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés, pour annoncer cette manifestation qui sera l’ultime apparition publique d’Artaud.

La présence et la parole d’Artaud sont en elles-mêmes un événement capital, aussi les amis, les artistes, les intellectuels, les curieux se pressent-ils nombreux dans la salle. Or les témoignages concordent pour dire le désarroi et la souffrance d’Artaud lors de cette conférence. Paule Thévenin écrit : « Il ne parvint pas à lire le beau texte qu’il avait préparé et put tout juste, en donnant l’impression de souffrir intensément à chaque mot qu’il s’arrachait, faire le récit de quelques faits marquants de son existence. » Conscient de sa difficulté à établir le contact avec la salle, peinant à lire ses poèmes, Artaud décide de mettre fin à la manifestation.

Il avait pourtant préparé sa conférence de longue date, et s’y était rendu muni des trois cahiers qui en contenaient le texte. À défaut d’avoir pu l’entendre, on peut donc lire ce qu’il s’était proposé de présenter. Or la seule lecture de ces pages suffit pour comprendre le saisissement et le vertige qu’éprouvèrent les auditeurs ce soir-là. Artaud conçoit en effet son texte comme un bilan de sa vie. Il y consigne l’aboutissement de ses réflexions sur l’homme et sur le mensonge de sa civilisation, et rappelle les étapes de son propre combat contre les forces liguées pour l’empêcher d’être. Il offre à l’assistance l’image insoutenable d’un véritable écorché, un portrait dressé de sa plus profonde intériorité physique et psychique, qui n’est plus qu’une plaie sanglante de loques de chair et de lambeaux d’esprit. Il revient de façon lancinante sur l’épisode dublinois qui a entraîné son internement, sur les supplices endurés pendant presque dix ans à l’asile, et exhale sa plainte de ces dix années de vie massacrée. Le long d’une écriture qui tour à tour se désagrège et se reprend par sursauts, qui mêle récits de moments hallucinés et phrases inachevées, visions fulgurantes et notations obscènes, Artaud s’arqueboute à ce qui lui reste de force et de lucidité pour affirmer la cohérence de sa quête, dans une lutte contre le délitement de son corps et de son esprit que le texte rend sensible au lecteur. Projetée très peu de temps après son retour à Paris, la conférence d’Artaud est encore pleine de son expérience de l’asile, le texte étant une sorte de concrétion de la douleur physique et psychique qui, depuis son enfance, n’a jamais quitté Artaud, et a orienté toute sa pensée et sa création.
Sur cette scène du Vieux Colombier, Artaud avait participé à la création de La Vie est un songe, de Calderón de la Barca, mise en scène par Charles Dullin en 1922. Il interprétait alors Bazille, roi de Pologne. Par la suite, il y avait créé lui-même Les Cenci, jouée dans des décors et des costumes de Balthus, en 1935. La pièce avait été retirée de l’affiche après 17 représentations. La conférence acquiert ainsi une portée d’autant plus symbolique qu’elle a lieu dans le théâtre où Artaud a joué son premier rôle, et a signé son seul spectacle abouti. Elle est aussi l’adieu d’Artaud à la scène. L’année suivante, un mois avant sa mort en mars 1948, il réalisera, avec Roger Blin, Paule Thévenin et Maria Casarès, une dernière création, sous la forme d’une émission radiophonique : Pour en finir avec le jugement de Dieu (voir ce document).

Éclairage (associé avec le document « Pour en finir avec le jugement de Dieu »)

Né en 1896 à Marseille, Antonin Artaud est l’écrivain et l’homme de théâtre français dont l’apport artistique, poétique et théorique est le plus déterminant pour la modernité théâtrale. S’érigeant contre la notion d’œuvre qui dissocie l’homme de sa création, il choisit le théâtre, seul art qui les fonde en un. Il assigne à la représentation théâtrale l’objectif de matérialiser les forces obscures de l’esprit, les constructions de l’inconscient, et lance le théâtre en guerre contre l’esthétique et la pensée bourgeoises qui emprisonnent l’homme entre les bornes pauvres du connu. Il attaque donc en premier lieu les textes emblématiques de cette société hypocrite, dans un article intitulé « Pour en finir avec les chefs-d’œuvres », et se lie avec les surréalistes dès son arrivée à Paris en 1920. Il fait ses débuts au théâtre avec Lugné-Poë, Dullin et les Pitoëff, avant de fonder le Théâtre Alfred Jarry en compagnie de Roger Vitrac et Robert Aron, qui présentera quatre séries de spectacles entre 1926 et 1928. Parallèlement, Artaud se passionne pour le cinéma, dont les ressources techniques font un merveilleux instrument pour exprimer la réalité intime du cerveau, fondre les plans du rêve et du réel.

Il joue dans des films d’Autant-Lara, Gance, Dreyer, Tourneur, et écrit des scénarios, parmi lesquels La Coquille et le clergyman réalisé par Germaine Dulac.

En 1931 Artaud a la révélation de ce que pourrait être ce langage propre au théâtre qu’il appelle de ses vœux, en assistant à un spectacle du Théâtre Balinais. Il découvre un art qui, mêlant la danse, le chant, et la musique au texte, parvient à une synthèse des sens et invente un langage hiéroglyphique, à la fois gestuel, vocal et verbal, qui joint le concret au symbolique. C’est alors qu’il commence à rédiger les manifestes du Théâtre de la cruauté et d’autres textes qui formeront la matière du recueil capital qui paraît en 1938 sous le titre Le Théâtre et son double. Le théâtre de la cruauté, comme la peste, doit provoquer chez le spectateur une commotion visant à lézarder l’édifice social qui lui sert de repère, et à lui faire découvrir un sens renouvelé de la vie en restituant à l’expérience dramatique sa dimension sacrée et métaphysique.

C’est cette expérience du sacré et de la transe qu’Artaud va chercher au Mexique, chez les Tarahumaras. Il s’initie aux rites du soleil et du peyotl dont il rend compte dans Pour en finir avec le jugement de Dieu. Sa vie connaît alors un tournant, avec les aggravations de son état mental. Il est arrêté en 1937 à Dublin, remis aux autorités françaises qui le font placer en hôpital psychiatrique, à Rouen, à Paris, enfin à l’asile de Rodez dont il ne sortira qu’en 1946, physiquement anéanti. De retour à Paris où il est hébergé dans une clinique à Ivry-sur-Seine, il enregistre en novembre 1947 Pour en finir avec le jugement de Dieu, émission radiophonique programmée pour le 1er février 1948, mais dont la diffusion est finalement retardée et restreinte, le directeur de la Radio l’ayant jugée scandaleuse. L’émission est créée avec Roger Blin, Paule Thévenin, et Maria Casarès dont on perçoit la voix dans l’extrait, après celle d’Artaud. On y entend les glossolalies qui envahissent les cahiers d’Artaud à la fin de sa vie, mises en musique et psalmodiées par lui-même. Artaud avait en effet élaboré à la fois une théorie et une pratique du souffle et de la voix, et avait travaillé la sienne jusqu’à maîtriser les différentes tessitures qu’il emploie dans l’extrait. Le document témoigne aussi de l’expressivité de la diction qu’Artaud avait développée, où la matérialité des voix et des sons est utilisée comme moyen dramatique à part entière. Après avoir opposé la civilisation de l’ersatz et de la destruction, symbolisée par l’Amérique, au savoir chamanique des Tarahumaras, Artaud dénonce violemment le mythe chrétien qui a instauré le divorce entre la chair et l’esprit, et formule à nouveau sa vision d’un autre ordre possible du monde.

Marion Chénetier-Alev

La conférence au Vieux Colombier dans la revue L’Infini de Sollers, N° 34 (Eté 1991)

Sollers a publié, en 1991, de larges extraits de cette conférence, ou plus exactement des notes préparatoires d’Artaud, puisque cette conférence n’a pas été prononcée. Texte occupant vingt-sept pages du cahier 201 d’Artaud qui a servi de base à Sollers pour publier ce texte, avec en regard un portrait d’Artaud :


ZOOM : cliquer l’image

PLAN DE LA SÉANCE

Vous n’êtes pas libres, la conscience apparente est une façade sur vous jetée par des singes, de vieux et très astucieux ouistitis.
Ce n’est pas sérieux, alors tournons la page et regardons mieux ce qui se passe.
Ça va mal, très mal, épouvantablement mal, pourquoi ?
Parce que la vie telle qu’on la voit n’est pas vraie, elle est une illusion, cela est dans les livres, mais c’est de la philosophie.
Et maintenant, assez de plaisanteries et de sornettes, et assez de tartufferies, mais assez surtout de
de quoi, bordel de dieu ?
Ici un mot me manque qui m’a manqué dans la vie chaque fois que j’ai voulu accuser une certaine chose.
Le monde va au chaos, c’est entendu et c’est visible, et je crois que tout le monde
est d’accord là-dessus,
mais il n’y va pas d’une manière propre et normale,
il y a eu la guerre, une autre guerre point,
et par-dessus et à côté de la guerre l’anarchie, et il va aussi à l’anarchie,
mais ce n’est rien et l’histoire a déjà vu ça, bien qu’elle l’ait mal vu et qu’elle n’ait jamais rien vu de ce qu’il aurait fallu voir dans tout ça ;
la guerre, l’anarchie et le chaos sont la façade propre, et encore honorable des choses que toute histoire pourrait se vanter d’expliquer, quoiqu’elle n’ait jamais rien su arrêter de toutes les saletés, non pas consécutives ou corollaires, mais provocatrices de la guerre, de l’ anarchie et du chaos, et ce n’est pas son affaire, dit-on, à toute cette histoire-là !

Le tome XXVI des Œuvres complètes (1995)

Quatre ans après la publication dans l’Infini n° 34, les notes préparatoires à la conférence du Vieux Colombier sont publiées dans le tome 26 des Œuvres complètes sous le titre « Histoire vécue d’Artaud-Môme » dans la collection blanche de Gallimard.


Collection Blanche
Gallimard
Parution
14-09-1994

PRESENTATION

« Je ne vais pas faire une conférence élégante et je ne vais pas faire une conférence. / Je ne sais pas parler, / quand je parle je bégaye parce qu’on me mange mes mots, / et pour manger il faut des bouches », voilà ce que pouvait écrire Antonin Artaud en préparant la conférence qu’il devait donner le 13 janvier 1947 au théâtre du Vieux-Colombier. Et il est vrai que cette « séance » où il voulait lire plusieurs de ses récents poèmes a été tout autre chose qu’une conférence.

Les assistants qui se pressaient, très nombreux, dans cette salle où vingt-cinq ans auparavant il avait participé à la création, par la troupe de l’Atelier, de La vie est un songe de Calderón, semblent tous avoir été marqués par l’événement ; certains ont même trouvé insoutenable cette confrontation avec un homme qui s’exposait aussi totalement. Antonin Artaud, qui en présence de quelques amis était un si merveilleux lecteur, a paru, devant les spectateurs, éprouver la plus grande difficulté à lire les poèmes qu’il avait apportés : les feuillets lui échappaient, s’emmêlaient, tombaient sous la table. Et, après une interruption de quelques minutes, une fois revenu sur scène pour raconter l’histoire de sa vie, il ne parvint pas à lire le beau texte qu’il avait préparé et put tout juste, en donnant l’impression de souffrir intensément à chaque mot qu’il s’arrachait, faire le récit de quelques faits marquants de son existence.
Pourtant, il avait attaché une importance extrême à cette conférence et depuis novembre il y travaillait sans relâche. Outre les trois cahiers qu’il avait apportés avec lui au Vieux-Colombier, il avait, les mois précédents, en même temps qu’il composait Suppôts et Suppliciations, rempli des pages et des pages « séance ». Ces textes, même si quelques-uns se présentent comme une succession de notes à développer par la suite, nous racontent une histoire dont ils cherchent à nous faire toucher la profonde vérité et, pour cela, empruntent souvent le ton du récit. Leur ensemble nous a paru quelque chose de si particulier, de si bouleversant, que nous avons estimé souhaitable de les réunir dans ce tome XXVI sous le titre choisi par Antonin Artaud pour annoncer sa reprise de contact avec le public.

Histoire vécue d’Artaud-Mômo interprétée par Philippe Clévenot (2001 / France Culture)

Le texte de cette conférence « Histoire vécue d’Artaud-Mômo » qui n’a pas été prononcé a été interprété par Philippe Clévenot en 1995. Diffusion sur France Culture le 16 septembre 2001. Réalisation de Blandine Masson.

ZOOM : cliquer l’image

La date du 13 janvier 1947, est aujourd’hui devenue mythique : au Théâtre du Vieux-Colombier, à 21 heures, Antonin Artaud tient une conférence devant une salle bondée où sont présents : Paulhan, Adamov, Gide, Breton, Camus, Braque, Picasso, Dufour, Derain, Audiberti, et beaucoup d’autres. Ce projet de conférence qu’Artaud avait formé très peu de temps après son retour à Paris, reste un événement hors du commun qui l’a vu s’exposer de manière totale, parfois à la limite du soutenable. En 1947, la "Conférence du Vieux-Colombier" d’Antonin Artaud fut une lecture conçue dans l’esprit de son créateur comme l’expression d’une renaissance au terme de neuf ans d’internement psychiatrique à Rodez. Le poète, après la lecture de trois textes, improvisa. Tout concourt à faire de ce spectacle un moment mythique. Le comédien Philippe Clévenot connaît tous les détails de ce 13 janvier 1947, il les raconte sur scène dans un spectacle intitulé "Histoire vécue d’Artaud-Mômo", diffusé pour la première fois sur France Culture le 16 septembre 2001. Source : France Culture

Synopsis

Ce documentaire est consacré à la vie et l’œuvre d’Antonin Artaud
Le 13 janvier 1947, Antonin Artaud fait sa dernière apparition publique sur la scène du Vieux Colombier (Paris), pour y donner une conférence devant une salle comble "Il a alors 50 ans et son corps a tant souffert des électrochocs de l’asile (9 ans d’internement), des envoûtements, de la drogue qu’il fut incapable de lire les textes qu’il avait préparés." "Le 13 janvier 1947, le Théâtre du Vieux-Colombier est assailli par neuf cents personnes du tout-Paris littéraire et artistique, (Roger Blin, Paulhan, Adamov, Gide, Breton, Camus, Braque, Picasso, Derain, Michaud, Audiberti,...) Dans un silence d’outre-tombe, de 21 heures à minuit, « Artaud le Momo » ressuscite.

« Jamais encore Antonin Artaud m’avait paru plus admirable. De son être matériel rien ne subsistait que d’expressif : sa silhouette dégingandée, son visage consumé par la flamme intérieure, ses mains de qui se noie »
(André Gide)"


Avec : Philippe CLEVENOT Une création de 1995 au Théâtre du Vieux-Colombier, Paris

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La Véritable Histoire d’Artaud le Mômo, c’est aussi un film français réalisé par Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, sorti en 1994.
Il s’agissait alors pour nos deux compères de recueillir le témoignage de toute une série de gens ayant connu Antonin Artaud (1896-1948), en particulier au moment de son internement à l’asile de Rodez, dont ses amis le firent sortir en 1946 pour l’installer chez le docteur Delmas, à Ivry. Ce que l’on retrouve, à l’image et dans la retranscription de ces entretiens, c’est une voix, un corps, une vie : la figure fuyante mais tangible et historicisée – comme le sera Jésus dans l’enquête suivante – d’un poète qui fut aussi, douloureusement, un homme, ce poète de génie à l’extraordinaire activité créatrice, qui a bouleversé leur vie.

D’après Fabrice Gabriel, Le Monde des Livres, 23/12/2020.

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Antonin Artaud sur pileface

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[1] Les citations et les informations historiques sont extraites des Œuvres complètes d’Antonin Artaud, Paris, Gallimard, 1994, tome XXVI, pp. 197-198.

1 Messages

  • Albert Gauvin | 20 mai 2025 - 11:41 1

    La conférence au Vieux Colombier publiée dans L’Infini n°34 valut, de la part du neveu d’Antonin Artaud, un procès à Philippe Sollers, procès qu’il perdit. En mars 1992, Sollers racontait cette histoire sur France Culture alors qu’il était en plein procès. Pour lui, cette affaire est justement révélatrice des dérives du droit de la propriété littéraire. Cf. sur Pileface : L’affaire Artaud.