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Gilles Deleuze (1925-1995)

D 19 janvier 2025     A par Albert Gauvin - C 1 messages Version imprimable de cet article * Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Gilles Deleuze est né à Paris dans le 17e arrondissement, le 18 janvier 1925. Il s’est donné la mort en se défenestrant le 4 novembre 1995, à cause des difficultés causées par une maladie respiratoire, toujours à Paris, dans le même arrondissement. Bien que critiqué par Deleuze au moment de l’émergence des « nouveaux philosophes » [1], Philippe Sollers lui rendait hommage deux jours après sa mort.

Que disait Deleuze de ces cours à Vincennes sur lequel Sollers mettait l’accent ?

« Rien ne s’oppose en principe à ce qu’un cours soit un peu comme un concert rock. Il faut que Vincennes (et ça a continué quand nous avons été violemment transférés à Saint-Denis) réunissait des conditions exceptionnelles. En philosophie, nous refusions le principe de "progressivité des connaissances" : un même cours s’adressait à des étudiants de première et de énième année, des étudiants et des non-étudiants, des philosophes et des non-philosophes, des jeunes et des vieux, et beaucoup de nationalités. Il y avait toujours de jeunes peintres ou musiciens, cinéastes, architectes qui montraient une grande exigence de pensée. C’était de longues séances, personne n’écoutait tout, mais chacun prenait ce dont il avait besoin ou envie, ce dont il avait quelque chose à faire, même loin de sa discipline. Il y a eu une période d’interventions directes, souvent schizophréniques, puis est venu l’âge des cassettes, avec des gardiens de cassettes, mais même là des interventions se faisaient d’une semaine à l’autre, sous forme de petites notes parfois anonymes. »

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Deleuze à Vincennes, en novembre 1975.
HERVÉ GLOAGUEN/GAMMA-RAPHO

« Les cours ont été toute une partie de ma vie, je les ai faits avec passion. Ce n’est pas du tout comme des conférences, parce qu’ils impliquent une longue durée, et un public relativement constant, quelquefois sur plusieurs années. C’est comme un laboratoire de recherches : on fait cours sur ce qu’on cherche et pas sur ce qu’on sait. Il faut préparer longtemps pour quelques minutes d’inspiration. » Gilles Deleuze, Pourparlers (Minuit, 1990) [2]

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Deleuze à Vincennes en 1980

1964. Premier texte de Sollers sur Proust paru dans le numéro 19 de la revue Tel Quel . Il est écrit à l’occasion de la publication du livre de Deleuze, Proust et les signes. On y trouve bien des indications sur ses préoccupations de romancier et, dès la première note, ceci : On doit à Gilles Deleuze un livre sur Nietzsche : Nietzsche et la Philosophie (P.U.F.). Il faut souligner un parallèle avec Le Coup de dés de Mallarmé, et une analyse magistrale de « l’éternel retour » comme de tout ce qui touche à l’anti-dialectisme de Nietzsche.

Gilles Deleuze : Proust et les signes

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Gilles Deleuze

Loin d’être, comme la plupart des critiques de l’oeuvre de Proust, une paraphrase psychologique et thématique, n’ayant rien de l’inventaire superficiel ni de l’enlisement qu’il suppose, ce petit livre va à l’essentiel pour le dire fortement et discrètement. La Recherche du Temps perdu est un apprentissage, et un apprentissage des signes. La Recherche est « tournée vers le futur, non vers le passé ». Le livre est son propre mode d’accomplissement, un système pluraliste qui se dépasse et se nie, une traversée dont la mémoire n’est qu’un instrument versé à l’actif de l’interprétation et du déchiffrage. Du macrocosme que constitue le long discours obstiné et progressif de Proust, G. Deleuze nous donne le microcosme et la grille : lecture verticale — et qui comprend enfin son objet.

Il y a les signes mondains (vides), ceux de l’amour (mensonger), ceux des impressions ou des qualités sensibles (matériels), et enfin ceux de l’art (essentiels, et qui sont bien la résolution des premiers). La recherche passe par eux, s’y trouve et culmine dans sa propre élucidation (passant du temps perdu — du temps qu’on perd — au temps retrouvé, c’est-à-dire, en somme, de l’enveloppe à l’enveloppant). G. Deleuze le montre bien : ce qui anime cette quête, ce n’est pas une méthode philosophique - mais la contrainte, le hasard qui, sous la forme des signes, font violence à la pensée. La vérité ne s’éprouve que dans cette contrainte incessante. Tel est l’engagement proustien : pour l’écrivain, tout est langage, et il ne saurait échapper à la hantise des signes qui découvre l’espace entier de la littérature non pas comme invention gratuite, comme fable, mais comme recherche de la vérité.

Si l’art, par exemple, devient la révélation dernière, c’est qu’il réalise l’unité du signe et du sens : l’art est la seule littéralité possible. L’objection de « l’art pour l’art » ne veut donc strictement rien dire, puisqu’elle suppose toujours qu’une réalité préexisterait à sa formation. Il faudrait donc dire « l’art pour la réalité ». Ici se produisent deux tentations : celle de l’objectivisme (les signes me sont extérieurs, il me suffit de les reproduire), et celle de la compensation subjective. Proust dénonce ces deux écueils : par l’explication qu’est l’oeuvre, le contact a lieu avec la complication originelle. D’où l’importance que prend chez lui le sommeil : « Comme le sommeil, écrit Deleuze, l’art est au-delà de la mémoire : il fait appel à la pensée pure comme faculté des essences. Ce que l’art nous fait retrouver, c’est le temps tel qu’il naît dans le monde enveloppé de l’essence identique à l’éternité. »
La conclusion de Proust, c’est que nous devons être des égyptologues, des déchiffreurs. « Nous avons tort de croire aux faits, écrit Deleuze, il n’y a que des signes. Nous avons tort de croire à la réalité, il n’y a que des interprétations. » Et encore : « Il n’existe pas de choses ni d’esprits, il n’y a que des corps : corps astraux, corps végétaux... La biologie aurait raison, si elle savait que les corps en eux-mêmes sont déjà langage. Les linguistes auraient raison s’ils savaient que le langage est toujours celui des corps. [3] »

G. Deleuze insiste pour finir (mais on n’y insistera jamais assez) sur l’importance que la « recherche de la vérité » soit « l’aventure propre de l’involontaire ». « La pensée, dit-il en accord avec Proust, n’est rien sans quelque chose qui force à penser, qui fait violence à la pensée (l’essentiel est hors de la pensée) ». Proust a parlé de ce « livre intérieur des signes inconnus », « non tracés par nous » qui est notre seule livre. Lire ce livre, le traduire, est l’acte de penser en tant que création véritable : « La création , écrit Deleuze, c’est la genèse de l’acte de penser dans la pensée elle-même. »
« Il n’y a pas de Logos, il n’y a que des hiéroglyphes. Penser, c’est donc interpréter, c’est donc traduire. Les essences sont à la fois la chose à traduire et la traduction même, le signe et le sens. Elles s’enroulent dans le signe pour nous forcer à penser, elles se déroulent dans le sens pour être nécessairement pensées. Partout le hiéroglyphe, dont le double symbole est le hasard de la rencontre et de la nécessité de la pensée : « fortuit et inévitable ». »

Tel est l’aboutissement proustien, tel qu’après lui il n’est plus de discours romanesque (rationalisateur). Mais peut-être, à partir de lui, un mode nouveau de participation, discontinu, mobile, immédiat : c’est toute la question silencieuse de la littérature moderne. Question non-dialectique, cette fois, et dont les figures centrales (la différence, la répétition) découvrent et cachent à la fois l’espace où nous sommes pris [4].

Philippe Sollers, Tel Quel 19, automne 1964 (p.94, rubrique : Choix critique).

Deleuze et la littérature : Sous les signes de Proust

Les Nouveaux chemins de la connaissance
Émission diffusée sur France Culture le 05.12.2016.
Par Adèle Van Reeth.

Aujourd’hui, nous évoquons en compagnie du philosophe et proustien Jacques Darriulat cette lecture philosophique du chef-d’œuvre de Proust À la recherche du temps perdu.

"Ce qui force à penser, c’est le signe", écrit Deleuze dans son essai de 1964 "Proust et les signes". La Recherche du temps perdu serait alors non pas le livre de la mémoire, mais un roman d’apprentissage — apprentissage du déchiffrement des signes qui y prolifèrent, des signes vides de la mondanité aux signes de l’art qui nous mettent face aux essences.

Le texte du jour :

« Ce qui force à penser, c’est le signe. Le signe est l’objet d’une rencontre ; mais c’est précisément la contingence de la rencontre qui garantit la nécessité de ce qu’elle donne à penser. L’acte de penser ne découle pas d’une simple possibilité naturelle. Il est, au contraire, la seule création véritable. La création, c’est la genèse de l’acte de penser dans la pensée elle-même. Or cette genèse implique quelque chose qui fait violence à la pensée, qui l’arrache à sa stupeur naturelle, à ses possibilités seulement abstraites. Penser, c’est toujours interpréter, c’est-à-dire expliquer, développer, traduire un signe. Traduire, déchiffrer, développer sont la forme de la création pure. Il n’y a pas plus de significations explicites que d’idées claires. Il n’y a que des sens impliqués dans des signes ; et si la pensée a le pouvoir d’expliquer le signe, de le développer dans une Idée, c’est parce que l’Idée est déjà là dans le signe, à l’état enveloppé et enroulé, dans l’état obscur de ce qui force à penser. Nous ne cherchons la vérité que dans le temps, contraints et forcés. Le chercheur de vérité, c’est le jaloux qui surprend un signe mensonger sur le visage de l’aimé. C’est l’homme sensible, en tant qu’il rencontre la violence d’une impression. C’est le lecteur, c’est l’auditeur, en tant que l’œuvre d’art émet des signes qui le forcera peut-être à créer, comme l’appel du génie à d’autres génies. Les communications de l’amitié bavarde ne sont rien, face aux interprétations silencieuses d’un amant. La philosophie, avec toute sa méthode et sa bonne volonté, n’est rien face aux pressions secrètes de l’œuvre d’art. Toujours la création, comme la genèse de l’acte de penser, part des signes. L’œuvre d’art naît des signes autant qu’elle les fait naître ; le créateur est comme le jaloux, divin interprète qui surveille les signes auxquels la vérité se trahit. »

Gilles Deleuze, Proust et les signes,
PUF/Quadrige, 1964 (1988, 2e édition), pp.118-119.

Extraits :

Archive Deleuze : Abécédaire / Signes
Archive Deleuze sur Proust

Lectures :

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Gallimard, coll. La Pléiade, (ed. de Jean-Yves Tadié, 1988), tome 1, Du côté de chez Swann, pp. 138-140. Lu par André Dussolier, ed. Thélème
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Gallimard, coll. La Pléiade, (ed. de Jean-Yves Tadié, 1988), tome 1, Du côté de chez Swann, pp.177-180. Lu par André Dussolier, ed. Thélème
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Gallimard, coll. La Pléiade, (ed. de Jean-Yves Tadié, 1988), tome 3, La Prisonnière, pp.692-693. Lu par André Dussolier, ed. Thélème

Références musicales :

César Franck, Sonate en La maj
Guillaume Lekeu, Sonate en Sol maj
Anton Dvorak, Sextuor à cordes
Régine, Rattrapons le temps perdu

Intervenant :

Jacques Darriulat : a enseigné la philosophie de l’art à l’université Paris-Sorbonne, il est l’auteur d’un site consacré à la philosophie : www.jdarriulat.net

Quelques morceaux choisis

Gilles Deleuze : l’art et les sociétés de contrôle

Extrait de la conférence donnée dans le cadre des "Mardis de la Fondation" le 17 Mars 1987 : Qu’est-ce que l’acte de création ?

Gilles Deleuze, T comme Tennis

L’Abécédaire de Gilles Deleuze par Pierre-André Boutang (1988)

Deleuze ne voulait pas d’un film sur lui, mais il avait accepté l’idée d’un film avec lui, et avec Claire Parnet qui fut son élève. Dans cet abécédaire, chaque lettre renvoie à un mot, de A comme animal à Z comme zigzag. Existe-t-il un lien entre Spinoza et Minnelli ? Entre Marcel Proust et Francis Bacon ? Entre les poux et la culture ? L’abécédaire nous montre l’expérience d’une pensée à l’œuvre, d’une parole qui fit dire à Michel Foucault : « Une fulguration s’est produite, qui portera le nom de Deleuze… Un jour peut-être, le siècle sera deleuzien ».
Le film peut être visionné lettre par lettre, en partie, sur YouTube.

La lettre T renvoie au Tennis. Deleuze analyse les jeux de Borg, de Mc Enroe, de Connors, etc. Il distingue les créateurs, les stylistes, ceux qui inventent un coup, une tactique et les suiveurs, parle sport de masse et aristocratie du jeu...

Gilles Deleuze, la musique et les musiciens

(France-Culture)

Gilles Deleuze et les musiciens électroniques

Gilles Deleuze, Francis Bacon, logique de la sensation

Le Seuil

Deleuze - Francis Bacon-Log... by Sacha Dobridiovsky on Scribd

ÉCOUTER : La peinture selon Deleuze, ou comment du chaos naît la couleur.

Gilles Deleuze - Spinoza, Éternité et Immortalité

« Nous sentons et nous éprouvons que nous sommes éternels. » Spinoza (Éthique)

Deleuze (extrait du cours du 17/03/1981) :

« Dès lors, qu’est-ce que ça veut dire : je sens, j’expérimente que je suis éternel ? Ce n’est pas : je le sais. Ce que je voudrais vous faire sentir c’est la différence entre les deux propositions : je sais et je maintiens que je suis immortel. On pourrait dire que c’est une proposition théologique : je sais et je maintiens que je suis immortel. Et : je sens et j’expérimente que je suis éternel. En effet Spinoza s’en prend, dans le Livre 5, à toute conception de l’immortalité. Il nous dit : non non, il ne s’agit pas de dire que chacun est immortel, il s’agit de dire que chacun est éternel, et ce n’est pas du tout pareil. Pourquoi est-ce que ce n’est pas du tout pareil ? Comment ça se présente chez Spinoza, qu’est-ce que c’est que cette expérimentation ? Je crois qu’il faut prendre le mot au sens le plus fort. Ce n’est pas simplement : je fais l’expérience, ou j’ai l’expérience. C’est plutôt faire l’expérience d’une manière active.
Je fais l’expérience que je suis éternel. Qu’est-ce que c’est que cette expérimentation ? C’est très curieux. Si vous cherchez dans la littérature c’est bien plus tard, dans la littérature anglaise du dix-neuvième, que vous trouverez une espèce de spinozisme de ce type, l’éternité, une espèce d’expérimentation de l’éternité. Et bizarrement liée aussi à l’idée d’intensité, comme si je ne pouvais faire l’expérience de l’éternité que sous une forme intensive. C’est un thème fréquent chez des auteurs qui, justement, ne me paraisse pas tellement éloignés de Spinoza, même s’ils ne le savent pas, des auteurs comme Laurence, à un moindre titre comme Powys, une espèce d’expérimentation de l’éternité sous forme de l’intense. »

Sollers dans L’École du Mystère (paru en 2015) :

Vous aimez les penseurs, vous n’avez pas besoin de parler grec, latin, hébreu, allemand ou chinois. Vous êtes de l’avis de Spinoza pour qui tout ce qui est beau est difficile autant que rare, difficile pour lui, mais facile pour vous. Le vrai éclate dans la splendeur du beau. Si c’est laid, c’est faux. Vous admirez le courage de Spinoza dans son temps obscur, mais vous ne partagez pas la devise de son sceau « Caute », prudence. Vous n’avez plus besoin aujourd’hui, quand tout va à la dérive, d’être cauteleux. Au contraire, tout vous sourit, de l’audace, encore de l’audace. En revanche, vous approuvez la proposition suivante : « La fausseté consiste en une privation de connaissance qu’enveloppent des idées inadéquates, autrement dit mutilées et confuses. »

Vous percevez l’infini partout. Vous savez que « Dieu s’aime lui-même d’un amour intellectuel infini », et que « la Joie (Laetitia) est le passage de l’homme d’une moindre perfection à une perfection plus grande ». Joie, Tristesse, Amour, Haine, Connaissance, vous avez l’horloge enchantée qu’il faut. La joie agit, la tristesse pâtit. Vous trouvez que Casanova, lecteur de Spinoza, a eu raison d’écrire à l’une de ses maîtresses : « Sois gaie, la tristesse me tue. »
Vous ratifiez la formule suivante, victoire sur vos tendances libidineuses : « La béatitude n’est pas la récompense de la vertu, mais la vertu même. » Vous sentez et vous éprouvez que vous êtes éternel, et c’est comme si vous aviez écrit :
« Quand l’Esprit se contemple lui-même, ainsi que sa puissance d’agir, il est joyeux, et d’autant plus qu’il s’imagine plus distinctement lui-même ainsi que sa puissance d’agir. »
Notez le mot distinctement.
(cf. Dieu ou la nature - le dieu nouveau, l’extrême)

LIRE : Gilles Deleuze Spinoza

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[1] Gilles Deleuze, attaqué avec véhémence par BHL dans La barbarie à visage humain, écrira dans la revue Minuit :

« Sollers avait été le dernier en France à faire encore une école vieille manière, avec papisme, excommunications, tribunaux. Je suppose que, quand il a compris cette nouvelle entreprise, il s’est dit qu’ils avaient raison, qu’il fallait faire alliance, et que ce serait trop bête de manquer ça. Il arrive en retard, mais il a bien vu quelque chose. Car cette histoire de marketing dans le livre de philosophie, c’est réellement nouveau, c’est une idée, il "fallait" l’avoir. »

[3] Note : Deleuze rappelle ici le cas de l’hystérie, dans un passage qui n’est pas sans évoquer Ferenczi. De manière particulièrement éclairante, il montre comment les séries des signes amoureux, interférant dans le temps, dévoilent, chez Proust, l’hermaphroditisme initial.

[4] Note : En ce sens, Proust représente une fin géniale — et Mallarmé, ou Joyce, un commencement. Joyce disait de Proust : « son lecteur finit la phrase avant lui ». Il faudrait revenir sur sa théorie de l’épiphanie dont l’importance linguistique est très grande. Autre signe étrange : le grand roman discursif de Musil se rompt et, en se brisant, se trouve. Mais c’est peut-être que Musil découvre dans son écriture un rapport plus violent avec la pensée que celui de Proust : l’inceste, la déraison, la mystique.

1 Messages

  • Albert Gauvin | 10 août 2025 - 13:30 1

    Deleuze retrouvé : 16 leçons de philosophie

    Par David Lapoujade. De l’idée du cri à sa réflexion sur le cinéma, Kant ou Spinoza, 16 leçons de philosophie de Gilles Deleuze, enregistrées à l’Université Paris 8 -Vincennes-Saint-Denis par ses propres étudiants entre 1979 et 1987.

    À l’occasion du centenaire de la naissance de Gilles Deleuze, France Culture diffuse ses cours inédits, archivés par la BnF (Bibliothèque nationale de France) et restaurés pour la première fois.

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