
Camille Berthollet interprète "Les quatre saisons" de Vivaldi sur le plateau de La Grande Librairie du 13 novembre 2024. En contre-point de « La cinquième saison » , le dernier livre d’Eric Orsenna.
Vivaldi fait aussi partie du panthéon sollersien à travers son interprète favorite Cecilia Bartoli, aussi avons nous ajouté en finale une section "Sollers, Vivaldi et Venise avec Cecilia Bartoli"


Erik Orsenna « La cinquième saison : un roman vénitien »

Rentrée littéraire 2024
Le nouveau roman d’Érik Orsenna. À Venise, le temps s’est arrêté. Les Éléments sont déchaînés. Et Vivaldi a ressuscité...
Lorsqu’un énième paquebot plein de touristes, le Wonder of the Seas, s’attaque à Venise, la Nature se révolte : elle arrête le Temps. L’horloge de la place Saint-Marc reste bloquée sur deux heures du matin. Le jour reviendra si les hommes reviennent à la raison. Du palais des Doges à la Fenice, l’affolement est général. Qui saura redémarrer la Grande Machine ?
Au cœur de cette nuit qui s’entête apparaît un drôle de personnage – vêtu d’une soutane, les cheveux roux, le timbre de voix décalé. Voilà Antonio Vivaldi, ressuscité par le chaos moderne. Désormais, plus aucune barrière ne sépare les vivants et les morts. Le compositeur va écrire sa Cinquième Saison, celle où se réconcilieront les Éléments, l’Eau et le Feu, la Forêt et la Ville, l’Air et le Temps.
Dans ce bref et grand roman vénitien, le conteur de L’Exposition coloniale (prix Goncourt et prix Goncourt des lycéens), de Madame Bâ et de La grammaire est une chanson douce est de retour.
Sollers, Vivaldi et Venise avec Cecilia Bartoli
Depuis vingt-cinq ans, Cecilia Bartoli interprète l’œuvre de Vivaldi avec une maestria incomparable, aidant à sa reconnaissance bien au-delà de la sphère du Baroque. Avec ce récital vocal, elle rend hommage avec virtuosité et amour à l’œuvre du « Prêtre Roux ».
Dès les premiers mois de Pileface, en 2005, le trio Cecilia Bartoli – Philippe Sollers – Antonio Vivaldi est célébré dans ces colonnes, ainsi dans ce premier article du 16 mai 2005 :

Tout à coup, elle a été là, l’incroyable chanteuse cascadeuse joyeuse. D’où est-elle venue ? De Rome où elle est née ? De ses parents musiciens ? Mais non : de Venise, de l’esprit inlassable et enflammé de Venise, autrement dit d’Antonio Vivaldi.
Il a suffi qu’elle s’empare rythmiquement et vocalement de cette musique pour que celle-ci se mette à vivre comme jamais, à revivre, à supra-vivre travers les syllabes et sa gorge.
Nous sommes dans le superbe et imposant Teatro Olimpico de Vicence (Palladio), en juin 1998.
Cecilia, dans sa belle robe rouge, s’avance devant les musiciens. Elle tape un peu du pied, elle les lance. Elle chante un air de Griselda (texte d’Apostolo Zeno, adapté par Goldoni). Je le donne aussi en français , mais il faut l’écouter en italien :
Agitata da due venti
freme l’onda in mar turbato
e’l nocchiero spaventato
già s’aspetta a naufragar.
Dal dovere da l’amore
combattuti questo core
non resist e par che ceda
e incominci a desperar.Agitée par deux vents
l’onde frémit sur la mer troublée
et le marin épouvanté
se voit déjà faire naufrage
ce coeur combattu
par le devoir et par l’amour
ne résiste plus et semble céder
et commence à désespérer.
Philippe Sollers, Dictionnaire amoureux de Venise, Plon, 2004.
Cecilia Bartoli : "Ce que Vivaldi a écrit pour la voix, c’est pas humain !"
La révolution Vivaldi : quatrième volet des entretiens avec Cecilia Bartoli sur France Musique le 15 novembre 2018. Elle revient sur l’enregistrement et la parution de son album ’Vivaldi’ en 1999, album qui va connaître un succès phénoménal.


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L’album « Antonio Vivaldi, de Cecilia Bartoli » de 2018
Par Elodie Martinez
opera-online.com, 18/11/2018
Bien sûr, cet Antonio Vivaldi de 2018 n’est pas sans rappeler le Vivaldi sorti en 1999, alors avec le chef Giovanni Antonini et Il Giardino Armonico, qui eut « l’effet d’une bombe » comme le rappelle le livret. « Ce fut un déclic pour un public nombreux qui, charmé par l’interprétation fascinante de ces airs merveilleux, se découvrit une passion pour la musique baroque en générale et pour les œuvres vocales de Vivaldi en particulier ».

- The VIVALDI album de 1999
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Vingt ans plus tard, la cantatrice retrouve un autre ensemble spécialiste du genre, comme le rappelle toujours le livret, et Jean-Christophe Spinosi, « chef plein de tempérament » dont l’énergie et la fougue se retrouvent dès le premier air, « Se lento ancora il fulmine » extrait d’Argippo (1730). Les premières notes emportent ainsi l’auditeur dans une vive tempête instrumentale que viendra appuyer la voix de Cecilia Bartoli, énergique, sans demi-mesure et que l’on voit presque chanter devant soi tant on sent l’implication à travers l’enregistrement. La tempête se calme, et l’on entend l’épouse encore amoureuse et toute sa tristesse… La double tonalité se fait donc ressentir pleinement dans chacun de ses deux visages et ce premier titre exprime en quelques minutes à peine toute la qualité de ce qui va suivre.


La douceur est extrême, toute en retenue et en délicatesse, accompagnée avec émotion par la flûte de Jean-Marc Goujon dans « Sol da te, mio dolce amore » d’Orlando furioso, dont est également extrait « Ah fuggi rapido ». Ici, l’ensemble fait ressentir comme des vagues, un mouvement de fuite fort bien rendu, sans jamais empiéter sur l’interprétation de Cecilia Bartoli, toujours magistrale et à la technique impeccable. Que cela soit sur scène ou au disque, la mezzo-soprano parvient à nous emporter sans le moindre effort de notre part : elle happe par ses nuances, sa fougue, sa douceur, sa maîtrise du texte et l’envie de partage qui se dégage toujours. Chaque note a son importance et prend vie. Si nous avons déjà entendu maintes fois « Vedro con moi diletto » ou encore « Sovente il sole » (accompagné ici au violon par Jean-Christophe Spinosi), on s’y plonge avec bonheur ici et l’on en redécouvre toutes les saveurs.
Le disque alterne donc différents tempi, ce qui permet de conserver toute l’attention de l’auditeur, et se clôt par « Combatta un gentil car » de Tito Manlio, vigoureux, puis par « Se mai senti spirarti sul volto » de Catone in Utica, deux œuvres moins connues. Ainsi, après s’être ouvert avec fougue et passion, le disque se referme par un air plus apaisé, une sorte d’au revoir, la musique et la voix caressant les oreilles de même que le souffle léger chanté ici.
Quant au livret, il se trouve illustré de nombreuses photos de Cecilia Bartoli « puisés dans les archives de Decca » et illustrant « les premières années de l’extraordinaire parcours discographique de la mezzo ». Diverses citations (en anglais) de personnalités issues majoritairement du monde de la musique, mais pas seulement (on retrouve par exemple Carole Bouquet), sont également présentes et montrent l’importante influence de l’artiste sur le monde lyrique et culturel depuis toutes ces années. Enfin, le livret comprend également un texte de présentation du projet en trois langues, ainsi que les paroles des airs, également traduites en anglais, français et allemand.
Un très bel objet qui renferme un superbe enregistrement, de même qu’un écrin renfermerait un bijou de grande valeur. Sans doute un nouveau disque qui marquera à son tour l’univers lyrique.
Crédit : www.opera-online.com

VOIR AUSSI SUR PILEFACE :
Vivaldi, « Toute son œuvre s’appelle Encore / Non à la mort, oui à la vie. Encore. »
Vivaldi ! Viva Bartoli !
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