L’invitation de Yannick Moreau, maire des Sables d’Olonne

Je vous donne rendez-vous le 1er octobre [2024] pour partager un beau moment d’art, de poésie et de littérature.
Avec le célèbre écrivain, aventurier, Sylvain Tesson et l’artiste Christophe Charbonnel, nous inaugurerons la statue d’Ulysse, avant une séance de dédicaces.
Un hommage à nos marins et à tous les gens de mer. Une plongée dans les profondeurs de notre civilisation.
« Comment expliquer qu’un récit de 2 500 ans d’âge, résonne à nos oreilles avec un lustre neuf, un pétillement aussi frais que le ressac d’une calanque ? »
RDV à 18h30, sur la Promenade Georges Clemenceau, au niveau du Phare de l’Estacade. (dit le Phare rouge).
Le sculpteur Christophe Charbonnel a été choisi par la ville des Sables-d’Olonne pour créer une monumentale statue d’Ulysse, installée cet été, face à l’Océan. Auteur d’« Un été avec Homère » et parrain du Forum de l’aventure maritime qui se tient dans la ville les 4 et 5 octobre 2024, Sylvain Tesson ne pouvait qu’être là.
Cet événement nous touche à plusieurs titres :
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1. Sollers a expliqué à plusieurs reprises le lien entre son pseudo Sollers et Ulysse
2. Notre port d’attache est Les Sables d’Olonne
3. Nous sommes un fidèle lecteur des livres de l’écrivain voyageur qu’est Sylvain Tesson.
La sculpture d’Ulysse aux Sables d’Olonne

La sculpture d’Ulysse par Christophe Charbonnel aux Sables d’Olonne © DR
Acquisition par la Ville - Juillet 2024.


Héros légendaire de la mythologie grecque, navigateur hors pair, Ulysse - Roi d’Ithaque - est l’archétype du voyageur marin affrontant toutes les épreuves avec courage, ténacité et talent. Parmi les nombreuses épreuves qu’il va affronter, c’est le moment de son combat - finalement personnel - face aux Sirènes et au charme fatal de leur chant que l’artiste a choisi de réaliser.Pour l’écrivain voyageur, « Charbonnel représente Ulysse au moment du chant des sirènes, attaché à son mât, aux aguets. C’est une bonne idée. Ulysse est un homme relié. À sa terre, ses arbres, son sceptre, sa femme, son père, son origines, ses dieux, et anecdotiquement, une fois, à son mât. J’ai cru voir sur un cliché qu’il avait une blessure au flanc (cela m’a rappelé quelqu’un). Je soupçonne qu’il s’agit là d’un stratagème technique pour l’écoulement des eaux quand la marée montera ».
Ulysse manquait au panthéon de Christophe Charbonnel. Depuis ses débuts le sculpteur s’attache à à donner forme aux grandes figures de notre imaginaire : Athéna, Chronos, Persée, Méduse, mais aussi David et Goliath, Saint-Michel, Thésée. Il a fait sienne la phrase de Rodin : « Je marche dans l’Antiquité la plus reculée. Je veux relier le passé au présent, reprendre le souvenir, juger et arriver à compléter. »
Avec cet Ulysse de trois mètres de haut, torse dressé, interrogatif face à l’Océan, il nous offre une image miraculeuse d’un trait de caractère de l’homme européen : la curiosité.

Christophe Charbonnel face à son œuvre

Sylvain Tesson, ne cache pas son enthousiasme au JDNews :
« J’aime que le sculpteur imagine son œuvre en fonction de la marée. L’estran devient un jardin statuaire. Le mouvant lutte contre le fixe depuis la mise en ordre des cycles du monde. J’aime les cathédrales englouties comme disait Debussy et les héros anadyomènes [sortis des eaux, en grec] aussi. »
L’auteur d’Un été avec Homère nous précise :
« Ulysse devant les vagues des Sables, face au large est chez lui. Il verra tous les quatre ans des marins partir faire la course (le Vendée Globe). Il admirera leur technique (lui, a passé sa vie de marin à s’échouer), il leur souhaitera de revenir chez eux avant dix ans. Il les plaindra peut-être de ne pas faire escale dans des îles magiques et dangereuses. » Figures hiératiques, solennelles, les sculptures de Charbonnel rendent œil pour œil le regard qu’on leur adresse. Le sculpteur les imagine toujours encourageant une dévotion, au sens littéral du mot, dignes de piété. C’est même l’essence de son art : réenchanter un monde qui ne l’est plus guère. Trait d’union entre sculpture classique et bande dessinée, le sculpteur les combine sans commettre de sacrilège. À l’église de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, son Christ en gloire appelle les paroissiens, par son sourire apollinien, à aller vers la vie et l’amour.
Ses rêves de bronze le portent à saisir des instants de grâce, fragiles et miraculeux, qui nous renvoient à des vertus si terriblement oubliées : la beauté et le courage. Dans cette œuvre comme dans tout l’univers de Christophe Charbonnel, c’est l’homme qui occupe la première place : « L’héritage de la sculpture classique, c’est le corps humain, explique-t-il. Je suis un homme et je travaille donc ce que je ressens en essayant de révéler chaque fois la noblesse et la grâce. »
D’après Pascal Meynadier
Le JDD, 27/09/2024
D’autres réalisations de Christophe Charbonnel
Dans le sillage d’Ulysse avec Sylvain Tesson | ARTE
Une série de 5 émissions diffusées par Arte en 2020

L’écrivain Sylvain Tesson dans l’émission "Dans le sillage d’Ulysse. © Lato Sensu Productions

L’écrivain voyageur mêle la mythologie aux rencontres avec des personnages d’aujourd’hui lors d’un périple en Méditerranée.
« On vient de Chine, du Japon, de l’Asie du Sud-Ouest, d’Amérique du Sud pour venir voir les ruines de Troie. Pour aller voir cette ville qui a été chantée par un poète ». En présentant l’odyssée d’Ulysse, Homère a inspiré à son tour de mythiques épopées, bien ancrées dans la réalité

Envie de rêver, de vivre une aventure érudite et humaine inédite ? Bienvenue à bord de l’Akhenaton ! Toutes voiles hissées, la goélette fend la Méditerranée sur fond bleu azur. La voix bienveillante du réalisateur Christophe Raylat enveloppe le téléspectateur pour lui expliquer comment, avec son ami – depuis quinze ans, c’est important – l’écrivain voyageur Sylvain Tesson, leur est venue l’idée démesurée de prendre la mer « dans le sillage d’Ulysse », le héros d’Homère, 2 500 ans après l’écriture de l’Odyssée.
Pour reconstituer la géographie mythologique de ce périple, les deux complices s’appuient sur le Homère, en édition de poche, que Sylvain Tesson trimbale partout avec lui ; sur la carte réalisée en 1912 par l’helléniste français Victor Bérard, persuadé que Homère s’est inspiré de lieux réels ; et sur les photographies prises par le Suisse Fred Boissonnat. Une fois chaque site identifié, il a ensuite fallu trouver les héritiers d’Homère, un charpentier sicilien à Catane, un pêcheur à Stromboli, une ethnologue, un archéologue, une romancière italienne.
« Nul qui aura lu l’Odyssée ne pourra regarder le monde de la même manière. » En introduction à chacun des cinq épisodes, Sylvain Tesson déclame… suspendu à une paroi rocheuse de 200 mètres, en surplomb de l’île de Tavolara, en Sardaigne, là même où, selon l’Odyssée, vivaient les Lestrygons, des géants anthropophages.
Inconstance de la nature humaine
C’est que l’écrivain est, depuis l’enfance, stégophile. Il ne peut pas passer à côté d’un mât, d’un monument, d’un volcan, sans l’escalader. Une passion dangereuse qui a failli lui coûter la vie, le 20 août 2014, lorsqu’il est tombé du haut d’un chalet. Placé en coma artificiel, souffrant d’un traumatisme crânien et de multiples fractures, il a passé douze semaines à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, autant en rééducation. Il en ressort le corps désarticulé et le visage à moitié paralysé. Une réalité que l’on oublie très vite à l’écouter.
Sylvain Tesson a tout du personnage homérique, « héroï-comique et fabuleux », nous dit le Larousse, il manie l’humour et le dérisoire. « Parti de Troie, Ulysse rejoindra Ithaque au terme de dix ans de navigation effroyables… C’est une théorie, non une réalité. » Attablé sur le pont, Sylvain s’enthousiasme : « La grandeur et la noblesse de Bérard tiennent dans sa poésie ! » L’archéologue Pascal Simon sourit ; Joseph, le marin grec, semble dubitatif.
Sylvain Tesson a tout du personnage homérique, « héroï-comique et fabuleux »
Mais Sylvain Tesson sait aussi se faire incisif, tout en subtilité. Ainsi, lorsqu’il évoque le lotus, la plante de l’oubli de la mythologie, qu’il compare à celui que procurent l’alcool et la musique techno des boîtes de nuit d’aujourd’hui, sur l’île de Mykonos.
Il pointe l’inconstance de la nature humaine, qui n’épargne pas Ulysse, lorsque, après avoir échappé au Cyclope, il lance : « Je m’appelle Ulysse, j’habite Ithaque », provoquant la colère dévastatrice de Poséïdon. De même, quand les compagnons du héros de Homère ouvre le « sac des vents », équivalent de la boîte de Pandore. « Par convoitise, par envie, par médiocrité (…), ils ne peuvent pas s’en empêcher. »
En voix off, doucement, Christophe Raylat donne le cap. De nouvelles escales en nouvelles rencontres, on s’envole, on s’évade. « Sylvain peut se réjouir, l’aventure ne fait que commencer. » Nous aussi.
Dans le sillage d’Ulysse avec Sylvain Tesson, de Christophe Raylat (Fr., 2020, 5 x 27 min).
D’après Catherine Pacary
Le Monde, 13 avril 2020
Forum de l’Aventure Maritime 2024
Le Forum de l’Aventure Maritime revient aux Sables d’Olonne les 4 et 5 octobre 2024 pour une 2e édition avec comme thème : "La mer, ultime conquête"
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