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Sus à l’écriture inclusive !

D 16 mars 2021     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

CHRONIQUE. Fille aînée du politiquement correct, l’écriture inclusive se répand lentement mais sûrement. Une proposition de loi vient d’être déposée pour « interdire l’écriture inclusive dans les documents administratifs ». Stopper son développement, une gageure ?


Depuis quelques années, l’écriture inclusive se diffuse. © Christophe Morin / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Par Sophie Coignard

Le Point 19/02/2021

L’écriture inclusive, qui refuse que le masculin l’emporte sur le féminin, et surtout qui rend peu intelligibles les textes à cause de mots truffés de « points médians » (les député·e·s ou les électeur·rice·s, par exemple), gagne du terrain. La mairie de Lyon-l’a faite sienne (sa page d’accueil sur Internet présente « Tou·te·s les élu·e·s des 9 conseils d’ arrondissement de Lyon), de même que de nombreuses collectivités locales, comme la région Centre-Val de Loire entre autres.

Dans l’administration centrale, les excès de la période Hollande, où certains ministères, comme celui chargé de l’Égalité entre les hommes et les femmes, assuraient carrément la promotion d’un« manuel d’écriture inclusive », ont été tempérés par une circulaire signée par Édouard Philippe le 21 novembre 2017. Il y « invitait » les ministres et secrétaires d’État, « en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive ».

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Un travail de conviction

Mais cette « invitation » n’est nullement une interdiction et plusieurs parlementaires s’en alarment. Le 24 décembre 2020, la sénatrice LR Muriel Jourda adresse une question écrite à Frédérique Vidal.Elle « attire l’attention de Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur les directives qui seraient données par le ministère en ce qui concerne l’utilisation de l’écriture inclusive. En effet, celle-ci semble gagner de plus en plus de terrain ». Elle lui rappelle que l’Académie française a vivement dénoncé son utilisation, considérant la langue française en péril mortel à cause de cette aberration. Il lui paraît particulièrement important de protéger la cohérence et l’harmonie de la langue française. C’est pourquoi elle voudrait connaître précisément les directives de l’enseignement supérieur en la matière. À ce jour, aucune réponse ne lui est parvenue.

Cette semaine, une soixantaine de députés, principalement issus des groupes LREM et LR, ont déposé une proposition de loi destinée à « interdire l’écriture inclusive dans les documents administratifs ».

Novlangue

L’initiative est louable. Derrière le sympathique habillage de l’égalité entre les femmes et les hommes, l’écriture inclusive revient en effet à accepter que la langue fasse table rase de son histoire pour se laisser modeler par une idéologie différentialiste. Elle présente aussi l’inconvénient de compliquer l’apprentissage de la lecture et l’écriture, et contribue ainsi au creusement des inégalités. Elle donne des sueurs froides aux professeurs de français, qui se demandent si, un jour, les œuvres devront être passées à la moulinette de cette novlangue.

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Mais une loi suffira-t-elle à endiguer sa progression ? L’interdiction n’est-elle pas un chiffon rouge qui fera redoubler d’ardeur les groupes de pression qui veulent imposer l’écriture inclusive ? Face à cet activisme qui se déploie notamment dans les universités, le législateur comme le pouvoir exécutif auront besoin de convaincre, et de s’appuyer sur des travaux de linguistes, d’historiens de la langue, d’écrivains, pour défendre « l’équilibre subtil né de l’usage », selon les termes employés par l’Académie française, sous la plume de Georges Dumézil et de Claude Lévi-Strauss en 1984.

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« Ecriture inclusive. Dossier sur un pays qui ne trouve plus ses mots »


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