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Les Folies Françaises

D 20 janvier 2021     A par Albert Gauvin - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


« Un homme, un écrivain, retrouve sa fille, France, dix-huit ans après la naissance de celle-ci. Il ne l’a pas connue, elle a vécu avec sa mère américaine aux Etats-Unis, elle vient à Paris. Il doit maintenant lui enseigner le pays de son nom, son passé, ses merveilles cachées — et c’est comme s’il les redécouvrait lui-même à travers elle. Paris, Versailles, — mais aussi la littérature, la musique, la peinture. Il s’agit donc d’une initiation directe, simple, sensible, à travers des promenades rapides, des conversations improvisées. Qui est France, et que va-t-elle devenir une fois mariée, repartie ? Qu’est-ce que la France ? Pourquoi Couperin a-t-il composé cette pièce de clavecin qui s’appelle Les Folies Françaises ? Quelle est la signification du chef-d’oeuvre tardif de Manet Un bar aux Folies-Bergère ? Quel est le sens de l’amour, de la perception, du temps ? Fantômes de Villon sur les bords de la Seine, de La Fontaine dans un parc. On fait entendre, on fait voir ce que plus personne, semble-t-il, ne peut plus, ou ne veut plus, ni entendre ni voir. Comme si l’intimité entre un père et une fille était désormais le lieu secret de la plus grande ouverture. Un film d’émotion parlée — sons, volumes, couleurs. Si la France m’était contée ? Oui, mais sans apparat, sans légende, comme une expérience intérieure, naturelle, cinéma pour dire le corps d’une vérité vécue. Passage de France ? Un rêve. »

Tout rapprochement avec certains aspects lourds, sordides et glauques de l’actualité est, bien sûr, à écarter.


Sollers parle des Folies Françaises en 1988


Manet, Un bar aux Folies Bergère, 1881-1882.
« Il y a la clé du livre dans ce tableau »

ZOOM : cliquer sur l’image.

Un père qui retrouve sa fille, France...
Une leçon particulière.
"Inceste, pas trop" (Queneau).
S’il y a un inceste, il ne déboucherait pas sur la tragédie, mais sur la comédie.
Molière, tout un programme théâtrale d’éducation des filles et des femmes.
Suggérer, ne pas dire.
Comme dans La Lettre volée... — "Ma fille, c’est moi".
Est-ce que j’ai pensé à dire qu’elle était juive ? — Le mariage de la France et de la judéité.
Nietzsche. — C’est aussi un petit roman philosophique.
Il y a une sorte de secret. — Comment enlever une fille à sa mère.
L’essentiel est que ça plaise...
Manet, Les Folies-Bergères : « il y a la clé du livre dans ce tableau ».

Crédit : archives de Dominique Brouttelande

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Trois lectures

Les mirages de New York et le visage de France reconduisent Philippe à son point de départ.

On sait que Philippe Sollers voyage infatigablement autour de sa bibliothèque. Il lui arrive même, et c’est humain, d’adopter les attitudes et les travers des rayons qu’il parcourt. Dogmatisme, illisibilité, lyrisme, son ?uvre est un patchwork littéraire, ce qui en fin de compte ne saurait fatalement lui nuire. A force de tourner en rond, il était donc logique qu’il se retrouve à son point de départ, c’est-à-dire sur le terrain — ou le terreau — d’un classicisme romanesque émaillé, Dieu merci, de galipettes, de pieds de nez, de coq-à-l’âne entre la dérision et la sagesse, et nimbé d’un humour qui, même aux heures les plus sombres du « Paradis », ne l’a jamais quitté. Avec ces « Folies françaises », qui se distinguent plutôt d’ailleurs par leur sagesse, il s’essaie avec un enthousiasme mesuré — le volume compte cent trente pages mais il y a des blancs révélateurs... — au récit romanesque façon « Une curieuse solitude » (son premier texte, enfin, non, le deuxième, le véritable premier, « le Défi », qui retint l’attention et tout un « Bloc-notes » de François Mauriac dans « l’Express », n’ayant pas encore été réhabilité en dépit de la perestroïka sollersienne).

« Les Folies françaises », écrit à la première personne du singulier puisque aussi bien le narrateur s’appelle Philippe Sollers, ce qui ne signifie pas évidemment qu’il s’agisse de Philippe Sollers, raconte les retrouvailles d’un auteur médiatiquement célèbre avec sa grande fille, France, 18 ans. Leur histoire commune relève de l’inceste platonique. A force de se reconnaître, on finit bien par se connaître un peu, non ? C’est une esquisse de roman admirablement écrite, avec des dialogues incisifs et cinématographiques tels qu’on n’en fabrique plus, et c’est dommage, depuis que la Nouvelle Vague s’est évanouie dans son ressac. Mais le plus charmant, dans ces « Folies », c’est le cosmopolitisme culturel qui est la marque même du génie de Sollers, une manière bien à lui de jongler avec les époques et les auteurs, avec François Villon et la princesse Palatine, Cézanne, Oedipe et Molière. On n’a jamais mieux illustré la liberté d’échanges et de communications entre les fantasmes et les fantasmés. A la fin de l’envoi, la grande fille, — elle était juive, Sollers le découvre à la dernière page, ça lui paraît très important, on ne sait pas très bien pourquoi — s’envole vers l’Australie. Philippe reste seul avec ses rêveries. Voilà. Quelque part il nous avoue : « Je n’ai jamais admis qu’un kilo de plumes soit égal à un kilo de plomb. » Eh bien, qu’il se rassure, son vingtième livre a le poids délicieux des plumes. [...]

Le N.O., 13 mai 1988.

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Le N.O., 13 mai 1988.
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Sollers d’été, Sollers d’hiver

par Josyane Savigneau

Les Folies françaises, une musique légère ? Sûrement pas. Plutôt un livre d’ombres pour le plein été.


Quand il publie de gros romans qui prennent tout le monde à contrepied, "c’est pour jouer au plus malin, pour montrer qu’il sait tout". Quand il écrit Paradis, sans ponctuation, "c’est à n’y rien comprendre". Et puis de toute façon, comme l’a dit l’un de ses confrères, un "jour de grand vent" sans doute, "il est trop intelligent pour être vraiment romancier". Sollers ou comment s’en débarrasser.
Mais le voici qui revient, avec un court roman (130 p.), les Folies françaises, sous une belle jaquette — un détail du visage de la Grande Odalisque, d’Ingres. C’est rapide, tendre et tendu, allusif, élégamment connivent. Des dialogues cousus main par un grand professionnel. Une histoire "moderne" : le narrateur, un écrivain célébré par les médias, un nommé Philippe Sollers, pour tout dire, retrouve à Paris la fille qu’il a eue — ou plutôt qu’il a faite sans trop le savoir — lorsqu’il avait vingt-cinq ans.

Elle s’appelle France, elle a dix-huit ans, et jusqu’alors elle vivait avec sa mère à New-York. "Souffle au coeur", père et fille vivront, proches et distants à la fois, trois années d’amours incestueuses pendant lesquelles France découvrira la culture du pays dont elle porte le nom, avant de partir pour Melbourne et les joies toutes australes d’une conjugalité que la personnalité du jeune époux, futur chirurgien on ne peut plus convenable, laisse augurer d’une parfaite normativité.

Alors on entend dire : voilà un Sollers d’été, une nouvelle pirouette, un roman de plage — version Seychelles plutôt que Perros-Guirec, bien sûr. Ce serait plaisant, rafraichissant, léger et plein de bulles. Bref, du champagne.

Eh bien ! non. A moins de convenir que le champagne est une boisson portant à la gravité, ce qui n’est pas exclu.

Car ce petit bréviaire d’éducation française, à l’usage d’une jeune femme dont le prénom trace la forme vide d’un pays qu’elle ne connait pas, ce précis d’une filiation absente, porte en lui l’émotion des textes de transmission, des rites de passage. Histoire de France, c’est le titre que propose le narrateur pour son roman. Titre récusé par l’héroïne doublement éponyme : "Il va faire confusion ! On croira qu’il s’agit d’un manuel d’histoire." Et pourtant, "France, mère des arts"... A la paternité biologiquement hasardeuse et somme toute "insignifiante" du narrateur se substituent alors celles, fondatrices, de François Villon et de Molière. Le père dialogue avec France, sa fille, aime France d’un amour incestueux comme le fut celui de Molière pour Armande Béjart en ce dix-septième siècle qui est l’un des héros du roman. Mais il en appelle simultanément à Villon, créateur de langue, dans et par son Testament.

Son jour le plus court "Il n’y a de bon père que mort. Je m’entraine", dit le narrateur. Écrit testamentaire, les Folies françaises est le roman multiple, avec une infinité de rebonds, de toute une culture, littéraire, musicale, picturale. Tout y est double, et on peut y lire ce qui s’ouvre à France de savoir et de temps retrouvés, la longue journée claire, le solstice d’été, comme ce que donne et abandonne le père en allant vers la mort, son jour le plus court, le solstice d’hiver. L’auteur des Folies françaises, François Couperin, n’est-il pas aussi celui des Trois leçons de ténèbres [1]

Sollers, dans ce livre qu’il lègue et qu’il se lègue, dialogue, dans sa langue qu’il aime — incestueusement — avec la culture et avec son oeuvre. Le thème de l’inceste, qui occupait la fin de Paradis II, est repris sur un autre mode musical, sans tragique — Molière prévaut ici sur Racine. D’ailleurs, les Folies françaises ne sont-elles pas une danse ?

Un testament français ? Sans doute ("Postérité ?, demande France. — Garantie", répond le père). Ou, en des temps volontiers amnésiques ou sinistrement ratiocineurs, du bon usage du patrimoine...

Josyane Savigneau, Le Monde du 27.05.88.

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Les Folies françaises

par Philippe Forest

De Femmes au Cœur absolu en passant par Portrait du joueur, les inflexions, les variations, comme on vient de le voir, sont nombreuses et significatives. Mais avec le roman suivant de Sollers — Les Folies françaises (1988) — on peut pratiquement parler d’un virage — virage qui, dans une certaine mesure, se poursuivra d’ailleurs avec Le Lys d’or. La thèse, du coup, s’écroule qui consiste à présenter Sollers comme réécrivant à l’infini le même livre, comme creusant de manière stérile le même et monotone sillon.
Les Folies françaises appartiennent bien à un ensemble, mais on chercherait en vain dans ce mince ouvrage la plupart des caractéristiques qu’on associe d’ordinaire — pour lui en faire le plus souvent le reproche — au roman « à la Sollers ». Aux volumineux textes qui ne s’accordent en apparence d’autre fil directeur que le vagabondage de l’inspiration et de la culture s’oppose fermement ici un bref récit d’une aérienne et subtile densité. Se refusant aux digressions et plus encore aux développements, la chronique se resserre : le tumulte d’un monde décrit dans sa déraison se tait pour laisser entendre une « folie » plus intime ; la « rosace contradictoire » des aventures féminines laisse place ici à un tête-à-tête d’un érotisme tout différent et qui constitue en réalité le seul sujet que le roman s’accorde. Évacués presque entièrement le roman à clés, la quasi-confession de l’écrivain qui met en scène le manège social auquel il se soustrait. Toute représentation semble presque suspendue en un roman qui, tissant ensemble moments et dialogues en une véritable épure, parvient à la plus remarquable légèreté. D’où le côté presque insaisissable d’un texte qui, sous sa fausse facilité, sa presque décevante simplicité, pourrait bien être, à sa manière, l’un des plus fuyants et des plus aboutis de Sollers.
Joyce avait, paraît-il, rêvé pour l’après-Finnegans Wake d’un bref et transparent roman psychologique. Les Folies françaises pourraient bien être ce roman.

a) Un mauvais roman qui ne s’écrit pas

Curieusement, le texte se présente à nous dès les premières pages comme celui d’un « mauvais roman » qui, en réa­ lité, ne s’écrira pas. Et c’est dans les interstices de celui-ci ou à rebours, plutôt, de son trop prévisible développement que le véritable roman se déploie.
Allant vite à l’essentiel, Sollers met en place en quelques lignes tous les éléments d’une intrigue conventionnelle. Une femme qu’il a aimée autrefois — et qu’il nomme Madame — a eu un enfant du narrateur il y a exactement dix-huit ans : une fille nommée France. Après cette longue absence, les deux femmes font tout à coup retour dans sa vie.
Une ancienne maîtresse oubliée, une enfant devenue adulte mais encore jamais rencontrée : voilà du « pathos » presque à l’état brut. On est dans l’ordre du tragique, du mélodrame, voire du vaudeville. Et cela d’autant plus qu’en un bref dialogue Madame apprend au narrateur que France compte s’installer à Paris, prendre un logement à proximité de celui de son père et aider celui-ci dans son travail. « C’est un rêve, un mauvais roman ! Un de plus ! » (LFF, p. 17) note en lui-même le narrateur, silencieux et incrédule. La mécanique semble remontée pour qu’en une logique aussi déprimante que machinale se succèdent les « scènes » et que se déchaînent la jalousie, la culpabilité, la rancune : un nouvel et inattendu enfer familial et psychologique semble prêt à se refermer sur le narrateur.
Or, bien entendu, rien de tout cela n’arrive. Et, en un sens, le roman n’est rien d’autre que le récit très exact de l’improbable « suspension » de la catastrophe qui semblait inévitable. S’adressant au lecteur, le narrateur déclare :

Ah, je sais, vous voudriez tout, tout de suite. Les détails de la première fois, l’effusion, le vertige, la culpabilité, les fantasmes. Vous allez être déçus. Le plus grand naturel, c’est le fond de l’affaire. (LFF, p. 18.)

Le livre, en effet, se refuse totalement au psychologique ; calmement, il renonce à dérouler la mécanique des sentiments prévisibles car, entre le père et la fille qui composent le couple autour duquel le texte tout entier est construit, à la fois tout se passe et rien n’a lieu.
Tout se passe, dans la mesure où, résumées de manière trop sommaire, Les Folies françaises relatent un inceste. Tout au long du roman, le mot est rarement prononcé — sinon d’ailleurs pour le réfuter (LFF, p. 34) — et le narrateur, jusqu’au bout, se refusant à grossir le trait, maintiendra l’ambiguïté, interdisant au lecteur de savoir s’il y a eu ou non inceste, au sens propre du terme. Ce qui en revanche est certain est la plénitude et la sensualité de l’expérience qui se joue entre le père et la fille. En une série de scènes d’une très grande rapidité et d’une profonde beauté, le texte exprime l’amour du narrateur pour une femme en laquelle il découvre comme l’écho de lui-même, la répétition modulée de sa propre voix en un accord éphémère et cependant éternel et parfait. Inceste, donc. Mais la peinture que nous en proposent Les Folies françaises est des plus singulières. Le roman se situe en effet au plus loin de tout ce que le mot, d’ordinaire, suggère : ici, ni loi, ni transgression, ni malédiction ; la peste ne se déchaîne pas pour punir celui qui est passé outre ; il n’y a ni folie, ni cécité, ni mise à mort pour conclure une aventure qui est reconnaissance mutuelle et jouissance partagée.
Tous les clichés du coup s’inversent : Saturne ne dévore plus ses enfants mais leur mange la nuque de baisers. La mythologie se défait dans l’absence de mystère et de culpabilité.
La dramaturgie ordinaire de l’inceste n’a plus de raison d’être car la loi — et, du coup, la transgression — n’existe plus ou, du moins, très loin de deux acteurs qui, en toute simplicité, ont décidé de vivre leur histoire « hors société » (LFF, p. 24).
Exemple singulier dans l’histoire des mythes et des littératures : on est ici dans l’ordre de l’inceste réussi, traversé. L’image, on s’en souvient, était présente dans H et Paradis. Mais à l’inceste « mère-fils » Les Folies françaises substituent l’inceste « père-fille ». Comme si, d’être passé au-delà de sa propre mère, le narrateur, devenu en quelque sorte — et selon la célèbre formule de Dante — le père de celle-ci, occupait une place nouvelle, encore plus loin, désormais, que le nœud tranché des générations.
La nature de l’opération est encore celle que décrivait Paradis mais le lieu de celle-ci s’est déplacé. Tout se joue désormais entre le père et la fille :

— Ton idée, c’est quoi ? Toute l’Histoire : père et fille ?
— C’est le maillon faible. On y va. Mère et fils : rengaine. Père et fils : tabou pervers et meurtri. Mère et fille : scaphandre, asphyxie. Frère et sœur, au-delà de la haine classique de frère à frère et de sœur à sœur : troubadourisme moisi. Non, non, j’ai raison. Le grand mystère nous appartient. (LFF, p. 37.)

Ce mystère, on le saisira peut-être mieux si on souligne que toute la fin de Paradis II lui est consacrée — ce qui, notamment, montre une fois encore l’extrême proximité qui existe entre les textes non ponctués de Sollers et ses romans réalistes, les mêmes thèmes voyageant des premiers aux seconds. La dernière séquence du livre présente en effet l’union explicitement incestueuse du narrateur et d’une très jeune fille du nom de « laurie » :

laurie seize ans rayonnante cheveux blonds yeux bleus visage moqueur d’athéna c’est ma sœur ma nièce ma fille ma petite-fille on s’amuse comme ça tout l’été dans le creux brûlant de juillet elle est nette lucide elle est intrépide elle m’emmène dormir au large elle embrasse mon front fatigué elle passe sa langue de sel sur mes joues dans mon cou elle cherche bravement ma bouche mes lèvres c’est son aventure de vacances c’est son secret pour plus tard sa chance elle a lu que les dieux se mariaient entre eux frère et sœur et pourquoi pas père et fille oncle et nièce grand-oncle et petite-nièce et pourquoi pas tout de suite dans le mouvement que j’ai dit loin des rives loin des lois valant pour les rives (P II, p. 109.)

La traversée de la mère ouvrait les portes du paradis. La réunion avec la fille semble donc signifier l’ouverture de celles de l’Olympe.
Mais il convient de ne pas se méprendre : si l’inceste, dans l’œuvre de Sollers, n’est pas tragique, il n’est pas davantage initiatique. C’est que dans Les Folies françaises — comme d’ailleurs dans la plupart des ouvrages de Sollers — le livre ne se construit aucunement sur le modèle du dévoilement progressif et contrarié d’une vérité ultime. Celle-ci, habitant l’ensemble du texte, est livrée d’entrée, disponible sans fin. Dès le début, en effet, la relation père-fille s’installe en un lieu de plénitude qu’elle n’abandonnera jamais véritablement, et cela même lorsque le roman s’achèvera avec le départ de France pour l’Australie. Le cœur de toute chose a été atteint et son battement régulier emplit tout l’espace du texte. Le roman n’est tendu vers nulle autre issue que celle qu’il compose tout entier ; il ne procède d’aucune autre vérité que celle qu’il manifeste dans sa totalité.
Pas de cheminement, donc — c’est-à-dire pas d’intrigue, pas d’histoire. Et ainsi s’explique entièrement la construction fuyante des Folies françaises. Les moments s’y juxtaposent mais s’y fixent à peine en « scènes » ; ils ne s’articulent pas, s’additionnent peu. D’où l’extrême légèreté d’un récit qui ne consent qu’à faire alterner en lui-même des esquisses de représentations, des ébauches de dialogues, hors de la structure toujours pesante et didactique d’une intrigue. .
Tout semble à cet égard se résoudre dans les mots qui passent de l’un à l’autre des protagonistes, comme si en quelque sorte les personnages disparaissaient à l’intérieur de leur propre voix - cette voix qu’ils partagent et qui les réunit :

« [...] sa voix est ma voix changée ... » (LFF, p. 98.)

Tout se déroule, cette fois encore, dans cet espace que définit le langage : pas de jouissance sans cette médiation-là, pas d’autre présence que celle des mots et de ce qui leur donne chair. Les corps sortent des voix et non les voix des corps : depuis Une curieuse solitude jusqu’à Portrait du joueur, cette certitude n’a cessé d’être modulée en des esthétiques différentes. Mais aucun roman peut-être plus que Les Folies françaises ne mérite d’être lu, dans sa discrétion même, comme le roman de la voix — non pas certes la voix, virtuose et protéenne, du « polylogue extérieur », mais celle qui se tresse à son propre écho en une série de conversations, musicales et murmurées, qui sont la mélodie véritable des Folies françaises.

b) Une histoire de France

Le roman de Sollers, cependant, ne se ramène pas seulement à une histoire d’inceste qui se dirait en une série de conversations et de scènes ébauchées. Autour de cet axe, le texte — comme dans Le Cœur absolu mais, là aussi, de manière plus ramassée - se déploie en une série de digressions d’ordre culturel. Villon, Mallarmé, Rameau, Manet, Molière, Proust, La Fontaine : les citations et les références se multiplient en ce qu’on peut tenir simplement pour un gratuit « feu d’artifice » intellectuel : aussi séduisant qu’éphémère et dispersé.
Cette impression, cependant, est, au moins en partie, trompeuse. Loin d’être totalement séparés, les deux versants du roman se rejoignent en un point qu’on peut identifier comme le nom propre de l’« héroïne » : France.
L’histoire de France est, en effet, aussi une histoire de France (LFF, p. 35).
En ce sens, le roman se présente comme une sorte d’exploration éclatée de la mémoire culturelle française dans ce qu’elle a de plus riche mais aussi de plus classique. Des octosyllabes de Villon jusqu’à l’impressionnisme de Manet, le lien peut sembler énigmatique. L’image d’ensemble reste cependant cohérente : elle est celle d’une culture qui, se refusant au tragique, se dédie tout entière à une gratuité et à une légèreté plus profondes et plus mélodieuses que tout sérieux et tout pathétique : philosophie discrète des éventails (Mallarmé), sagesse tranquille des fables (La Fontaine) ou charme impeccable des fleurs coupées (Manet).
Le centre de gravité de cette culture qui se refuse à toute gravité apparente semble se trouver pour Sollers dans le XVIIe siècle — mais, comme on vient de le voir, un « XVIIe siècle à travers les âges » qui, remontant jusqu’à Villon, se poursuit jusqu’à Manet et même Proust. Les Folies françaises com­posent de ce fait un surprenant hommage au règne de Louis XIV et aux artistes qui l’ont marqué — surprenant dans la mesure où il y a sans doute quelque provocation de la part d’un romancier qu’on dit d’avant-garde à placer côte à côte dans son panthéon personnel et Saint-Simon et Bataille, et La Fontaine et Artaud.
Hommage dans le domaine de la musique, tout d’abord avec la présence de ce Marin Marais dont la Gamme — octosyllabe musical — est évoquée à plusieurs reprises au long du livre (notamment LFF, p. 55-58). Ainsi se trouve expliqué l’énigmatique titre du roman, le terme « folie » désignant un genre musical en vogue dans la seconde partie du XVIIe siècle et que Marais tout particulièrement illustra.
Mais c’est bien évidemment dans le champ de la littérature que les références au règne de Louis XIV se font les plus nombreuses. La principale de celles-ci est consacrée à Molière. Construisant son livre autour du thème de l’inceste, Sollers ne manque pas, bien entendu, de rappeler la nature véritable des relations entre le célèbre dramaturge et sa jeune épouse Armande. Pour lui, il ne fait aucun doute que celle-ci était sa fille. Du coup, l’aventure de Molière se met curieusement à ressembler à cette traversée du nœud de l’espèce que Sollers met répétitivement en scène dans ses romans. Cette lecture de l’existence même de Molière — aussi déconcertante et centrale, en un sens, que celle que Joyce propose pour Shakespeare — s’accompagne dans Les Folies françaises d’une réécriture on ne peut plus libre du Don Juan. La thèse de Sollers tient ici en peu de mots : Don Juan a épousé sa fille (LFF, p. 90).
Sollers est bien conscient de proposer ici une interprétation qui va totalement à l’encontre de la lettre même du texte de Molière. Mais cela ne le gêne nullement, dans la mesure où le temps lui semble venu, pour parodier une formule célèbre de Marx, non plus d’interpréter Don Juan mais de « le transformer » (LFF, p. 74).
Or, cette transformation fait clairement de Don Juan un personnage incestueux. A deux reprises, Sollers se permet de substituer à la tragique conclusion de la pièce une happy end des moins conventionnelles :

La pièce est à refaire. Don Juan est défendu par Elvire qui demande au Commandeur d’aller se faire voir ailleurs. Le séducteur sort avec sa fille, témoin amusé de ses aventures. Elvire applaudit. Dieu hoche sa tête de triangle, ça le change. Et pour cause. Sganarelle n’en revient pas comme d’habitude. La sagesse des nations s’endort. Les proverbes retournent tous ensemble à leur amertume. Musique et ballet. (LFF, p. 38.)

On reconnaît à peine la pièce de Molière mais beaucoup plus clairement le schéma mis en scène par Sollers de roman en roman. La famille incestueuse que composent Don Juan, Elvire et leur fille propose l’image d’un dépassement heureux des filets de l’Œdipe et de l’impasse sexuelle. En cela, elle est comme l’équivalent transposé de la famille d’Ulysse, dont Sollers avait montré, dans Le Cœur absolu, en quoi elle échappait pour lui au champ réducteur du discours psychanalytique. Tout procède là encore d’une logique rarement soupçonnée : à la lumière du même constat sexuel, La Divine Comédie et Don Juan se trouvent emportés vers cette double réécriture d’eux-mêmes que constituent et Le Cœur absolu et Les Folies françaises.
Le jeu, en apparence gratuit, des références culturelles nous ramène donc à ce qui est bien le cœur du roman : l’inceste. Mais, pour comprendre véritablement l’enjeu du texte, sans doute faut-il donner à ce mot une signification plus large.
S’adressant un instant à France, le narrateur des Folies françaises confie : « Tu es ma fille et tu es ma langue » (LFF, p. 56).
La clé est sans doute là qui nous permet de saisir que l’histoire d’inceste qui nous est ici contée est double en réalité. L’histoire d’amour d’un père et de sa fille se déroule en parallèle avec une plongée dans les profondeurs de la langue et de la culture, qui, elle aussi, se présente comme l’accomplisse­ ment d’un inceste libérateur : remontée vers un âge d’or oublié, scellé, qui est celui de la grande culture française, de la jouissance et de la comédie. Si la fille du narrateur se pré­ nomme « France >>, si elle est étudiante en littérature française, si, à travers elle, le héros déclare « récapituler » sa vie (LFF, p. 99), c’est que leur relation est aussi un voyage à la recherche d’un temps perdu et pourtant disponible qui est celui de la mémoire culturelle que nous avons délaissée alors qu’elle peut encore nous livrer la plus nécessaire des vérités :
« [...] la comédie est française, vous êtes français, donc dans la comédie, tout le reste est inutilement tragique ... » (LFF, p. 92).
Les Folies françaises martèlent avec légèreté cette vérité. Mais, plus que cela, le roman dévoile également la position que par rapport à elle le narrateur s’est donné la force d’occuper. Pour lui, la langue de la mère — celle dont il a été nourri, la langue maternelle, comme on dit — est devenue la langue de la fille. Et ce basculement ne signifie rien d’autre que cette traversée accomplie qui lui permet de passer au-delà de ce à quoi il devrait être soumis pour enfin en jouir et en saisir la richesse : réappropriation de cette langue qui nous constitue mais dont le « surplomb » est cependant possible au terme d’un parcours incestueux dont, avec la légèreté et la discrétion convenables, Les Folies françaises nous désignent le chemin.

Philippe Forest, Philippe Sollers, (Seuil, 1992, p. 295-302)

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Sollers reparle des Folies Françaises en 2009

Lors d’un débat à Nantes [2], Josyane Savigneau évoquait l’article de Jean-François Josselin ci-dessus et donnait à Sollers l’occasion de revenir, en des termes parfois inédits, sur Les Folies Françaises.

On peut tout se permettre quand on ne présente pas de thèse universitaire.
Les Folies françaises. Un inceste père-fille "doux, pas du tout tragique". Casanova.
« Elle s’appelle France, c’est moi qui ai choisi le prénom avant sa naissance. »
« Oublire » : « vous m’avez peut-être oublu. »
« Comment faut-il lire pour que le Temps surgisse ? »

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François Couperin, Les Folies Françaises, ou les Dominos (1722)

On sait que Sollers a choisi le titre de son roman en hommage à Couperin et que la fille du narrateur s’appelle France (elle est par ailleurs juive).

« Et musique !... La Bourrasque, le Rapporté, le Retour... Tombeau, Les Regrets... Passacaille, chaconne, gavotte, menuet, courante, ballet ten-dre... Les Pleurs... « Joye des Elizées »... Rigodon, forlane en rondeau, musette... Le rossignol en amour... Guillemette... Les vergers fleuris... Les calotins et les calotines... Les folies françaises ou les dominos... Quoi encore ? Mais les jongleurs, sauteurs et saltimbanques, avec les ours et les singes... Vielleux, gueux, tambourins, bergeries, commères... Et la favorite, les moissonneurs, les gazouillements... Chaque mot disparu pour nous seuls. Dictionnaire enchanté. Chut ! Attention, sorcière ! Ne va pas te confier ! Ne va pas dire que j’écris cette langue maudite !... Les Dominos !... Sept à huit !... Do-ré-mi-fa-sol-la-si-do ! »

Les Folies Françaises, comme le rappelle Sollers, sont un hommage à François Couperin et, si les références littéraires (Villon, Molière...) ou picturales (Manet notamment) de ce roman sont nombreuses, on a peu relevé les nombreuses références musicales. Y sont pourtant évoqués, parmi d’autres, Marin Marais (La Gamme, Gallimard, p. 55), Rameau (p. 82), Charpentier (« Et Charpentier ! Encore plus grave... Motet pour l’offertoire de la messe rouge... Pour une longue offrande... La Sainte-Chapelle en transit... » , p. 84 [3]) et, bien sûr, à juste titre donc, François Couperin.

Les Folies Françaises est un roman "léger" (le contraire de lourd). Il faut entendre sa "petite" musique, c’est celle de Couperin. Elle a aussi sa gravité.

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Tableau de couverture :
Le billet doux de Jean-Baptiste Santerre

S’est-on déjà interrogé sur la signification du titre ? Quelles sont ces Folies Françaises  ? Et ces dominos [4] ?
Des traits de caractère, des couleurs, des qualités de "sentiments". Les sons et les couleurs se répondent.
J’en ai trouvé les correspondances dans le très beau disque publié par Pierre Hantaï en 2007 sous le titre Pièces de clavecin (Mirare). Les voici :

La Virginité, sous le Domino couleur d’invisible - Gracieusement
La Pudeur, sous le Domino couleur de rose - Tendrement
L’Ardeur, sous le Domino incarnat - Animé
L’Espérance, sous le Domino vert - Gaiement
La Fidélité, sous le Domino bleu - Affectueusement
La Persévérance, sous le Domino gris de lin - Tendrement, sans lenteur
La Langueur, sous le Domino violet - Également
La Coquetterie, sous différents Dominos - Gaiement
Les Vieux Galants Et Les Trésorières Surannées, sous des Dominos pourpres, et feuilles mortes - Gravement
Les Coucous Bénévoles, sous des Dominos jaunes
La Jalousie Taciturne, sous le Domino gris de maure - Lentement et mesuré
La Frénésie, ou le Désespoir, sous le Domino noir - Très vite

Pourquoi ce Titre ? Laissons la parole à Couperin :

« J’ay toûjours eu un objet en composant toutes ces pièces : des occasions différentes me l’ont fourni. Ainsi les Titres répondent aux idées que j’ay eues ;
on me dispensera d’en rendre compte ; cependant, comme, parmi ces Titres, il y en a qui semblent me flatter, il est bon d’avertir que les pièces qui les portent sont des espèces de portraits qu’on a trouvé quelques fois assés ressemblants sous mes doigts... »

et : « On peut hazarder de dire, que dans beaucoup de choses, la Musique (par comparaison à la Poésie) a sa prose, et ses vers ».

S’agissant des Folies Françaises — de Couperin, de Sollers —, on ne peut mieux dire.

*


Interprétations

Chaque pièce des Folies Françaises (il y en a 12) est très brève, de 27 secondes à 1 minute.

On le sait, Sollers, quand on lui demande la qualité qu’il préfère chez une femme aime à répondre : la pudeur (c’est aussi un des traits du roman). La voici interprétée au clavecin par Pierre Hantaï (46") :

*

Et, s’il est vrai que la vérité, en un sens, est violette, voici La langueur (1’02) :

Pour écouter l’ensemble il faut bien sûr vous procurer sans tarder le CD de Pierre Hantaï.

*

François Couperin, Les Folies françaises ou les Dominos (Troisième Livre de pièces de clavecin : Treizième Ordre) par Béatrice Martin, clavecin / Edouard Fouré Caul-Futy, voix [Bande non commercialisée]

« un grand portrait de l’amour »

*

Vous pouvez aussu écouter une version des Folies Françaises interprétée au piano par György Cziffra (7’18) [5]

*



Watteau, La gamme d’amour, 1717.
ZOOM : cliquer sur l’image.

La Gamme

Il y a aussi La Gamme composé par Marin Marais en 1723 (Watteau est mort depuis deux ans). Sollers en parle également dans Les Folies Françaises (1988). « La viole est un crime »...

«  La Gamme ?... Mais Marin Marais, bien sûr [...] !... Entends-moi ça : le tissu, le crépuscule en sous-bois... Danse grave, abstraite, continu sans cassure pour mieux faire sentir l’interruption nette, voulue... On est loin, on refuse le ciel ouvert... Entends ces trous cachés dans la mousse, imagine les invisibles danseurs... Tu sais qu’on est des animaux parlants, les joujoux font grève, ils sortent la nuit de leurs boîtes, ils parlent le La Fontaine, belettes, lapins, hérons, chats, renards... Secousses du vent, on est tragiques, mais toujours au deuxième degré, au troisième... L’interrogation valant comme réponse... Pas de début, pas de fin... Le sous-sol bat, il y a des étangs, des biches... C’est austère ! C’est très orgueilleux !... Et noble et charmant, comme dans les allées cavalières... Chevaux sans montures... Sens la bride qui se tend toute seule, — à droite, droite — à gauche, gauche, gauche ! — on est enragé, on ne communique jamais... Pas de témoins ! Personne !... Et puis quelques confidences en cercle, quand même... Dans le taillis... Pas d’extérieur ? Jamais ? Non. Courage. Quelle déclaration ! Pas cathédrale pour un sou, la forêt, à Versailles, Fontainebleau, Rambouillet... Pas Noire... Combat de roseaux... Un peu grave... Légèrement... Un peu gay... Sarabande... Très vivement... Doux... Gigue...
« Mais que j’aye fait mes estrennes,
Honneste mort ne me déplaist. »
Il a écrit sa gamme en forme d’opéra en 1723, le violiste... Plus que le violon ou le violoncelle, la viole est un crime... Par-dessus, dessus, taille, basse... Au bras, à la jambe, à la gambe, plutôt, on ne dit pas jambader... Vous avez de bonnes gambes ? Tu sais prendre tes gambes à ton cou ? Toute la gamme ! A l’endroit, à l’envers, à l’oblique endroit de l’envers... Boîte à outils : lime, râpe, tournevis, rabot, ciseau, couteau, scie, gouge, fraise... Vrillant quand il faut... Copeaux...
Tu es ma fille et tu es ma langue. Viens, ferme les rideaux, viens là.
 »

*


Marin Marais, Folies d’Espagne

par Sophie Watillon (16’57)

Extrait de Tous les matins du monde (Alain Corneau, d’après le livre éponyme de Pascal Quignard).

*


La Grande Odalisque


Ingres, La Grande Odalisque, 1814.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Au Salon de 1819, La Grande Odalisque provoque un scandale : elle déroute par le dessin arbitraire de son corps, par le manque de consistance de ses chairs, par l’aspect plat de son modelé et l’élongation de ses proportions (ce « sein qui pointe trop vers l’aisselle » écrit Baudelaire).
Ingres reprit néanmoins plusieurs fois ce sujet en format réduit ou en ne représentant que la tête sur une toile circulaire [6].

Baudelaire — qui reprochait à Ingres son « goût immodéré du style » — écrit à l’occasion de la première rétrospective consacrée au peintre lors de l’Exposition Universelle de 1855 :

« Quel est le but de M. Ingres ? Ce n’est pas, à coup sûr, la traduction des sentiments, des passions, des variantes de ces passions et de ces sentiments ; ce n’est pas non plus la représentation de grandes scènes historiques [...]. Que cherche donc, que rêve donc M. Ingres ? Qu’est-il venu dire en ce monde ? Quel appendice nouveau apporte-t-il à l’évangile de la peinture ?

[...] M. Ingres devait surtout réussir dans ses portraits ; et c’est en effet dans ce genre qu’il a trouvé ses plus grands, ses plus légitimes succès. [...] M. Ingres choisit ses modèles, et il choisit, il faut le reconnaître, avec un tact merveilleux, les modèles les plus propres à faire valoir son genre de talent. Les belles femmes, les natures riches, les santés calmes et florissantes, voilà son triomphe et sa joie ! »

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Ingres, La Grande Odalisque (1814), détail

LIRE AUSSI :

Les Folies Françaises
L’inceste dans Les Folies Françaises
Au bar des Folies Françaises
François Villon

Portfolio


[1Leçons de Ténèbres pour le mercredy (Harmonia mundi). Voici la 2ème partie de la Première leçon interprétée en 1970 par Alfred Deller, contre-ténor, Raphaël Perulli, viole de gambe, Michel Chapuis, orgue (2’35).

Aleph. Quomodo sedet sola.

[2Voir le débat complet filmé par un vidéaste amateur : Nantes, 25 février 2009.

[3Marc-Antoine Charpentier et le Te Deum seront également évoqués dans le roman suivant, Le lys d’or.

[4Le mot domino viendrait soit de la petite cape que les prêtres endossaient en hiver, cette cape était noire à l’extérieur et blanche à l’intérieur, soit encore du costume de carnaval appelé "domino" qui était d’abord un masque, une sorte de loup noir et blanc puis ensuite un costume blanc devant et noir dans le dos porté avec le masque qui permettait de dissimuler sa silhouette en plus de son visage.

[5Ou également une version interprétée par un jeune pianiste Damien Luce Le site de Damien Luce :

[6Cf. la Tête de la Grande Odalisque qui se trouve au musée de Grenoble.

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