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Les derniers jours de René Girard, de Benoît Chantre

D 30 octobre 2016     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Vient de paraître Les derniers jours de René Girard, de Benoît Chantre. Un très beau témoignage sur la vie et la pensée de l’anthropologue décédé le 4 novembre 2015 dont les essais, notamment le magistral Des choses cachées depuis la fondation du monde, furent une révélation pour certains écrivains français (Muray, Sollers, Henric) à la fin des années 1970 [1]. Dans le chapitre « Pray for Paris », on y apprend que Benoît Chantre dut sa rencontre avec René Girard à la publication du livre d’entretiens avec Sollers sur La Divine Comédie en 2000 et, incidemment, que Girard apprécia beaucoup l’entretien publié par art press (n° 19, juin 1978) sur La lettre volée des Évangiles où Sollers y défendait précisément Des choses cachées depuis la fondation du monde... — A.G.

*

René Girard avait écrit en 1972 : « La violence essentielle revient sur nous de façon spectaculaire, non seulement sur le plan de l’histoire, mais sur le plan du savoir. » Il s’est éteint dans la semaine qui a précédé les attentats du 13 novembre 2015. Il n’avait rien d’un prophète de malheur. Sa pensée donne forme et sens à notre avenir. Nous devons réentendre sa voix.
Il m’a fallu répondre au choc de deux événements conjoints : la mort d’un maître et d’un ami, et les horreurs parisiennes. Ces réalités constituent une énigme où se confrontent l’invisible et le monstrueux, la violence et le secret, l’élégance et l’obscénité. Elles m’ont forcé à évoquer les « derniers jours » : ceux de René Girard et la fin des temps qu’il pensa dans son œuvre.
Mais beaucoup se sont mépris sur son pessimisme. L’annonce d’un démembrement du monde révélait moins la mélancolie d’un romantique que la joie du Royaume entrevu un soir d’été en Avignon ou dans le silence parfumé de Stanford. J’ai voulu rendre présent ce penseur apocalyptique qui fut drôle et discret, dont l’espérance était profonde.
Ce livre raconte une amitié. Il présente l’œuvre de Girard dans la lumière rétrospective que constitue sa fin. C’est au « jour de colère » que se fait entendre la parole. La sienne et celle des textes qu’il sut génialement interpréter : les Evangiles, Shakespeare, Stendhal ou Proust garderont longtemps pour moi l’accent du Midi. — Grasset.

Le début du livre.
Entretien avec Benoît Chantre


[1Et des lecteurs au nombre desquels je me compte.


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