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Daniel Sibony, du Grand Malentendu à Question d’être.

D 28 janvier 2016     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Dans Notre mal vient de plus loin [1], Alain Badiou tente de « penser les tueries du 13 novembre 2015 » dans lesquelles il voit le geste désespéré de « nihilistes fascistes ». On dira qu’il s’agit là, sans détour, d’appeler un chat un chat. Mais pour Badiou, ce fascisme est « une subjectivité réactive », « la subjectivité populaire générée et suscitée par le capitalisme » au stade de la mondialisation (p. 45). Et Badiou écrit aussi : « Ce fascisme est le revers d’un désir d’Occident frustré, organisé plus ou moins militairement sur le modèle flexible de la bande maffieuse et avec des colorations idéologiques variables où la religion tient une place purement formelle. » (p. 47. Je souligne) Ou encore : « C’est la fascisation qui islamise, et non l’islam qui fascise » (p. 48). Les choses sont-elles si simples ? On comprend très vite que la critique véritable porte d’abord sur cet Occident capitaliste, cause première, ultime et quasi unique de toutes les frustrations, et que toute critique de l’islamisme et de l’islam, revendiqués pourtant par les « jeunes tueurs » (qui ne sont pas tous issus des classes paupérisées, et effectivement discriminées, des banlieues), et des pays où, sous différentes formes, parfois concurrentielles, ils imposent leur joug, s’avère secondaire (voire impossible). Pourtant, n’est-ce pas aussi sur ce terrain idéologique qu’il faut mener « la guerre » de manière fine et argumentée sans céder aux pulsions islamophobes ou, inversement, au chantage à l’« islamophobie » auxquels certaines forces politiques voudraient nous contraindre au nom de slogans « républicains » dont on ne voit que trop qu’ils produisent, et aggravent même, les effets qu’ils prétendent combattre ?
Il semble utile de réécouter ce que disait récemment le psychanalyste Daniel Sibony sur :

1. La fausse culpabilité de l’Europe face à l’islam


2. La culpabilité occidentale face à l’Islam


3. L’islam et l’Occident

Répliques, 30 octobre 2015

Avec Daniel Sibony et Tareq Oubrou : Imam, recteur de la grande mosquée de Bordeaux.


4. « L’islam est d’essence violente »

Interview réalisée avec le journaliste R. Honigmann à la suite des attentats du 13 novembre.

Plus d’infos ici

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Les deux derniers livres de Daniel Sibony

Le Grand Malentendu : Islam, Israël, Occident

Daniel Sibony est de passage à Tel-Aviv lorsque les fusées attaquent la ville. Il livre ici ses impressions et ses pensées. Les roquettes lui rappellent, en plus violent, les pierres qu’il recevait enfant, à Marrakech, dans la médina. Il retrouve sa sérénité d’alors, cette force où l’on a en soi, presque en même temps, la détresse et la joie de vivre, et où l’on peut se sentir attaqué sans être détruit. D’ailleurs, non loin de là, une institutrice a innové ; lors des alertes, elle fait entonner aux enfants des chansons nouvelles : « J’ai peur, j’ai peur, mon cœur fait boum-boum, on doit courir aux abris. »

Cette chronique écrite au cœur du conflit s’accompagne de réflexions inédites sur le djihad, les rapports entre l’islam et l’Occident, le conflit du Proche-Orient. La solution que Daniel Sibony propose se formule comme un paradoxe : la paix ne viendra que de la paix. Ce qui seul pourra affronter le grand malentendu.

« Dans ce nouveau livre, je montre comment la cause palestinienne, du fait d’être prise en charge par le djihad, est menée vers une attente infinie, une forme d’impasse totale. »


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Question d’être
Entre Bible et Heidegger

Avoir une place, de l’argent, du pouvoir, une belle image : on peut ramener tous nos problèmes à des questions d’avoir. Tout sauf l’essentiel, qui est plutôt une question d’être.
Mais qu’est-ce que l’être ? L’infini des possibles ? La force qui nous fait exister ? Les Grecs anciens y ont beaucoup pensé, et, au XXe siècle, Heidegger en a fait le centre de son œuvre.
Et pourtant. C’est d’abord dans la Bible hébraïque, nous révèle Daniel Sibony, qu’on trouve une pensée de l’être, sous forme non pas de concepts, mais d’histoires et de lois. Une pensée qui fut recouverte par les religions et qui, paradoxalement, inclut pour une large part celle de Heidegger, sans le repli narcissique et autoréférentiel qui la caractérise.
Telle est la double révélation qu’apporte ce livre, en montrant la voie d’une pensée de l’être vivante, capable de nous inspirer lorsque, loin des identités définies, nous n’avons pour appui que notre désir d’exister.

RCJ, le 11 janvier 2016. Jonathan Siksou reçoit Daniel Sibony, philosophe, écrivain et psychanalyste, il publie « Question d’être Entre Bible et Heidegger », aux éditions Odile Jacob.


Entre la Bible et Heidegger - Cours n° 2/8 - Une idée du partage (84 min). 19-11-15

La vidéo

Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain ; l’arabe est sa langue maternelle et il connaît aussi bien le Coran que la Bible et le Talmud.
Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont Islam, phobie, culpabilité, De l’identité à l’existence, Don de soi ou Partage de soi, Lectures bibliques. Odile Jacob.
Le site de Daniel Sibony.

A.G., 28-01-16.

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[1Fayard, 2016.


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