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Louis XIV, roi des arts

D 30 août 2015     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Un documentaire de Priscilla Pizzato

Monarque et grand mécène, le Roi-Soleil a mis la création à son glorieux service, tout en l’accompagnant avec passion. L’art prend ainsi une dimension politique et la France atteint alors son apogée culturel. À l’occasion du 300e anniversaire de la mort de Louis XIV, ce documentaire offre une déambulation flamboyante dans les fastes versaillais.

N’en déplaise à Saint-Simon qui jugeait l’esprit du roi "au-dessous du médiocre", Louis XIV a reçu une solide éducation artistique. Homme de culture, son parrain Mazarin veille à ce qu’il apprenne, entre autres, la musique et la danse. Dans ce dernier domaine qui, à l’époque, fait de vous un homme accompli au même titre que l’escrime et l’équitation, il montre de grandes aptitudes. Des années durant, il se produira dans des spectacles somptueux, qui lui permettront de s’affirmer comme monarque face à une aristocratie frondeuse, quand il interprète le rôle de Jupiter ou du Soleil. Car si Louis XIV est passionné par les arts (au point de superviser lui-même le casting des chanteurs de la Chapelle royale), il sait aussi les instrumentaliser. C’est à une mise en scène du pouvoir que se livrent les plus grands artistes de son temps, chapeautés par le souverain lui-même et par Colbert, véritable "ministre de l’image" du roi. Mais Louis XIV est adepte du "donnant-donnant" et apporte un immense soutien aux artistes qu’il apprécie, prenant ainsi la troupe de Molière sous son auguste aile en pleine cabale dévote contre Tartuffe.

Concentration de talents

Diffusé à l’occasion du 300e anniversaire de la mort de Louis XIV, ce documentaire revisite cette politique artistique hors du commun et montre comment le Roi-Soleil a influencé l’esthétique de son époque. Au fil des interviews d’historiens, de conservateurs, des chorégraphes et des musicologues, sa personnalité apparaît plus complexe qu’on ne l’imaginait : despotique et tenace certes, mais aussi brillante et passionnée. Le documentaire montre aussi l’incroyable concentration de talents qui l’entourait, dévoilant au passage la face ténébreuse du génial Lully, la disgrâce de La Fontaine, l’amitié entre le roi et Le Nôtre. Au cours de cette déambulation flamboyante, la caméra tourbillonne dans Versailles, splendide écrin où l’autorité royale se manifeste par la surenchère et dont le film raconte l’édification. Il fait la part belle aux arts, dévoilant les mystères des statues et les cours des petits rats de l’opéra, et citant de nombreux extraits d’opéras, de pièces et de films (Le roi danse, Saint-Cyr…). arte


Ébauche en terre cuite pour le monument équestre de Louis XIV par Le Bernin.
Rome, Galerie Borguèse. Zoom : cliquez l’image.


« L’original, réalisé en marbre par l’artiste italien ne plût guère à Louis XIV. Modifiée sur ordre du roi en représentation de Marcus Curtius par Girardon, en 1687, la statue fut finalement exilée au fin fond du parc de Versailles, loin des regards. Le séjour français du Bernin, que Louis XIV avait pourtant lui même fait venir en 1665, se soldait par un échec. Deux ans plus tard, les projets de façade du Louvre proposés par Bernini seront à leur tour refusés au profit de la "colonnade de Perraut" beaucoup plus classique et conforme au dirigisme exercé par le roi sur toutes les formes d’art. La France de Louis XIV n’entendait pas répondre aux sirènes du baroque italien qu’incarnait alors Le Bernin. » (Lire Bernin, Mémoire sur mon séjour à Paris)

A contrario, lire aussi : Louis XIV était-il une potiche mégalomane ?


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