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À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

D 13 août 2015     C 1 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Interlude d’Eté.

« Les jeunes filles sont faites pour être regardées » écrit Proust cité par le photographe Claude Nori.

La jeune japonaise Iwane qui se rhabille a le regard jubilatoire empreint de fierté candide et provocatrice. Shootée par le photographe Claude Nori et présente dans son exposition de 2012 à la Maison Européenne de la Photographie à Paris (septembre et octobre 2012)

Crédit :
Publié sur le site de Lunettes Rouges

Le site de Claude Nori

*

Quelques citations de Marcel Proust issues de A la recherche du temps perdu (1918), A l’ombre des jeunes filles  :

« On se souvient d’une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri. »

« La beauté des êtres n’est pas comme celle des choses. Nous sentons qu’elle est celle d’une créature unique, consciente et volontaire. »

« L’adolescence est le seul temps où l’on ait appris quelque chose. »

« Je ne la possédai jamais tout entière elle ressemblait à la vie. »

« La jeunesse est cet heureux temps où l’on devrait plutôt dire qu’on ne doute de rien plutôt que de dire qu’on n’y doute pas de soi. »

« Les « quoique » sont toujours des « parce que » méconnus ! »

« Le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses. »
(Articles et lettres : Nouvelle édition augmentée, Éd. Arvensa editions, 2014)

« La photographie acquiert un peu de la dignité qui lui manque, quand elle cesse d’être une reproduction du réel et nous montre des choses qui n’existent plus. »

« Les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. »

« Je l’aimais et ne pouvais par conséquent la voir sans ce trouble, sans ce désir de quelque chose de plus qui ôte, auprès de l’être qu’on aime, la sensation d’aimer. »

« Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l’habitude le remplit. »

« Nos désirs vont s’interférant et, dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé. »

« Quant au bonheur,il n’a presque qu’une seule utilité, rendre le malheur possible. »
(Le Temps retrouvé)

« Je ressentis devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur. »

« Une heure n’est pas qu’une heure, c’est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats. »
(Le Temps retrouvé)

« Le témoignage des sens est, lui aussi, une opération de l’esprit où la conviction crée l’évidence. »
(Œuvres Complètes, éd. 1931)

*

Extrait vidéo : A la recherche du temps perdu / A l’ombre des jeunes filles

Un téléfilm (2010) de Nina Companeez en deux volets, avec Micha Lescot, Dominique Blanc et Didier Sandre sur l’œuvre de Marcel Proust A la recherche du temps perdu.

1900. Le narrateur, 18 ans, part pour Balbec en séjour de convalescence... Il s’installe au Grand Hôtel avec sa grand-mère et Françoise, leur domestique. Dans cet extrait, par l’intermédiaire d’Elstir, un peintre qu’il admire, il se lie d’amitié avec les jeunes filles qu’il observait depuis longtemps : Albertine dont il est amoureux, Andrée et Gisèle.

Nina Companeez (disparue en avril dernier) se voulait très humble face à Marcel Proust. "Mon film veut être une porte d’entrée vers Proust […]. Peut-être est-ce ma modestie devant ce projet qui m’a aidée à ne pas en avoir peur."

Pourtant, adapter la Recherche lui paraissait "fou, voire irréalisable", en parfait accord avec cette sentence définitive du critique Claude Beylie : "Proust, cet écrivain qui a anticipé de manière si frappante sur le travail des cinéastes [...] s’avère l’un des plus rebelles qui soient à une transposition à l’écran." Il n’aura pourtant fallu qu’une simple lettre de téléspectateur et d’un peu de réflexion pour qu’elle change d’avis, tout en restant consciente de l’immensité de sa tâche face à ce monumental chef-d’œuvre. C’est impossible ? Autant en faire plus, s’était-elle alors dit. "Les films qui ont été réalisés traitaient d’un volume du roman de Proust : Volker Schlöndorff a adapté Un amour de Swann et Raoul Ruiz s’est concentré sur Le temps retrouvé. La grande différence avec eux, c’est que j’aborde toute la Recherche."

Rediffusion sur Arte le vendredi 14 août à 20h50.

C’était un Interlude d’Eté en contrepoint de « Proust politique... » ICI…,

oOo

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1 Messages

  • V. Kirtov | 15 août 2015 - 09:04 1


    « Je la regardais, je regardais ce corps charmant, cette tête rose d’Albertine, dressant en face de moi l’énigme de ses intentions, la décision inconnue qui devait faire le bonheur ou le malheur de mon après-midi. C’était tout un état d’âme, tout un avenir d’existence qui avait pris devant moi la forme allégorique et fatale d’une jeune fille. Et quand enfin je me décidais, quand de l’air le plus indifférent que je pouvais, je demandais : “Est-ce que nous nous promenons ensemble tantôt et ce soir ?” et qu’elle me répondait : “Très volontiers”, alors tout le brusque remplacement, dans la figure rose, de ma longue inquiétude par une quiétude délicieuse, me rendait encore plus précieuses ces formes auxquelles je devais perpétuellement le bien-être, l’apaisement qu’on éprouve après qu’un orage a éclaté. Je me répétais : “Comme elle est gentille, quel être adorable !” dans une exaltation moins féconde que celle due à l’ivresse, à peine plus profonde que celle de l’amitié, mais très supérieure à celle de la vie mondaine. Nous ne décommandions l’automobile que les jours où il y avait un dîner chez les Verdurin, et ceux où Albertine n’étant pas libre de sortir avec moi, j’en eusse profité pour prévenir les gens qui désiraient me voir que je resterais à Balbec. Je donnais à Saint-Loup autorisation de venir ces jours-là, mais ces jours-là seulement. Car une fois qu’il était arrivé à l’improviste, j’avais préféré me priver de voir Albertine plutôt que de risquer qu’il la rencontrât, que fût compromis l’état de calme heureux où je me trouvais depuis quelque temps et que fût ma jalousie renouvelée. Et je n’avais été tranquille qu’une fois Saint-Loup reparti. Aussi s’astreignait-il avec regret, mais scrupule, à ne jamais venir à Balbec sans appel de ma part. Jadis songeant avec envie aux heures que Mme de Guermantes passait avec lui, j’attachais un tel prix à le voir !

    Les êtres ne cessent pas de changer de place par rapport à nous. Dans la marche insensible mais éternelle du monde, nous les considérons comme immobiles dans un instant de vision, trop court pour que le mouvement qui les entraîne soit perçu. Mais nous n’avons qu’à choisir dans notre mémoire deux images prises d’eux à des moments différents, assez rapprochés cependant pour qu’ils n’aient pas changé en eux-mêmes, du moins sensiblement, et la différence des deux images mesure le déplacement qu’ils ont opéré par rapport à nous. Il m’inquiéta affreusement en me parlant des Verdurin, j’avais peur qu’il ne me demandât à y être reçu, ce qui eût suffi, à cause de la jalousie que je n’eusse cessé de ressentir, à gâter tout le plaisir que j’y trouvais avec Albertine. Mais heureusement Robert m’avoua tout au contraire qu’il désirait par-dessus tout ne pas les connaître. »