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Jean-Jacques Lefrère, le célèbre biographe de Rimbaud, est mort

D 17 avril 2015     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Ce professeur en hématologie, passionné d’histoire littéraire, n’était pas un homme ordinaire. Hommage.

Il y a des jours où on se passerait bien de certaines phrases de Rimbaud : « … l’horloge de la vie s’est arrêtée tout à l’heure. Je ne suis plus au monde… », peut-on lire sur le message qui nous annonce, ce matin, la mort de Jean-Jacques Lefrère. On imagine qu’il les avait choisies lui-même, avec le soin méthodique qui le caractérisait en toutes choses.

Jean-Jacques Lefrère n’était pas un homme ordinaire. Les hommes ordinaires ont un métier chacun, qu’ils exercent tant bien que mal. Lefrère, lui, avait beaucoup hésité dans sa jeunesse entre la médecine et l’histoire littéraire. « J’ai finalement fait les deux », disait-il du ton de ceux qui ne regrettent rien.

Il ne les a pas faits à moitié. Professeur en hématologie, scientifique reconnu, Lefrère était l’auteur de près de 300 articles parus dans des revues internationales et de nombreux ouvrages consacrés à l’« utilisation des produits sanguins », aux « hépatites virales » ou aux « Virus transmissibles par le sang », qu’il tenait bien rangés dans son bureau de directeur général de l’Institut national de Transfusion sanguine.

Mais ce n’était qu’un aspect de son incroyable bibliographie. Chez ce disciple de Pascal Pia et François Caradec, d’autres étagères accueillaient ses biographies de Rimbaud, Lautréamont et Jules Laforgue, ses éditions critiques de Verlaine et Villiers de l’Isle-Adam, les dossiers érudits de sa chère revue « Histoires littéraires » (Lérot), qu’il co-dirigeait avec l’universitaire Michel Pierssens, ou encore les nombreux volumes d’actes du colloque des Invalides qu’il organisait, chaque automne avec le même Pierssens, depuis le milieu des années 1990.

On en passe. Car ce chercheur de trésors et de documents inédits, qui était allé au Yémen localiser la maison où vivait Rimbaud près d’Aden, avait retrouvé l’ultime pellicule de photos prises par Che Guevara avant son exécution, et déclenché un émoi mondial en authentifiant une photo jusque-là inconnue du poète d’« Une saison en enfer », était aussi capable, par exemple, de cosigner un essai audacieux sur le mystères des peintures pariétales ou de se lancer dans une aventure éditoriale unique en son genre : la publication en sept volumes de tous les échanges épistolaires qui ont contribué à l’élaboration du mythe Rimbaud, pendant sa vie et jusqu’en 1935.

Grégoire Leménager, La suite de l’article.

Lire sur Pileface :

Un inédit de Rimbaud ? « Le rêve de Bismarck »
Rimbaud, la photo retrouvée
A propos de « La chasse spirituelle » attribuée à Arthur Rimbaud (I)
A propos de « La chasse spirituelle » attribuée à Arthur Rimbaud (II) [1]
Le fusil de Rimbaud
Sur Arthur Rimbaud - Correspondance posthume
Isabelle Rimbaud, témoin capital

A.G.


[1A l’issue de cet article, Jean-Jacques Lefrère ou son double m’envoya quelques mails facétieux et reconnaissants.


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