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Aragon retrouvé, de Pierre Daix

D 13 février 2015     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Pierre Daix est mort le 2 novembre 2014 à l’âge de 92 ans. Son dernier livre, Aragon retrouvé, dont il n’a pas pu relire les épreuves, est une mine d’or. Daix, auteur de plusieurs biographies d’Aragon, revient sur tout ce qu’il avait cru pouvoir écrire sur la jeunesse de l’écrivain et que des révélations récentes l’ont obligé à remettre en question. On découvre un Aragon qui mène, très jeune, un « double je », déchiré entre des postulations simultanées. On y découvre, pour la première fois exposée clairement, lettres à l’appui, ce qu’il faut bien appeler sa véritable passion amoureuse pour André Breton. On peut y lire, textes à l’appui, en comparant dates et lieux, son art de la dissimulation, sa manière de réécrire l’histoire, son histoire, par exemple la fameuse découverte des Poésies de Ducasse qu’il attribuait, en 1967, dans Lautréamont et nous, à Breton et lui, alors qu’elle fut le fait du seul Breton. On y lit ses conflits intérieurs (qui suis-je ?) et littéraires avec Breton, puis Drieu, sur la question de l’art, de l’anti-art, du roman ; son rapport compliqué aux femmes aussi (Eyre de Lanux, Nancy Cunard). Bref, on découvre, dans ce livre et grâce à ce livre, qu’il ne faut jamais croire sur parole ce qu’un écrivain dit de lui-même, qu’il faut toujours lire attentivement les textes, tous les textes, et qu’on n’est jamais au bout de ses surprises. Surtout quand il s’agit d’Aragon. — A.G.

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Aragon retrouvé (1916-1927)
— Pierre DAIX

Toute sa vie, Louis Aragon n’eut de cesse de reconstruire sa jeunesse. La récente révélation de sa correspondance avec André Breton et la publication des écrits intimes d’Eyre de Lanux, sa première maîtresse, bouleversent sa biographie. Aujourd’hui, il convient de rétablir la vérité. Médecin volontaire au front à l’été 1918, Aragon révèle en 1971 que son courage poussa son père, homme politique, à assumer sa paternité jusque-là dissimulée derrière des mensonges. Enfoui par un obus allemand, Aragon gagne une citation et écrit Anicet, un roman, qui lui vaut les foudres de Breton. Démobilisé, il le retrouve en train de créer Les Champs magnétiques en « écriture automatique ». Sans lui­ ! Enfin, c’est le temps où Aragon et Drieu la Rochelle deviennent intimes, avant qu’une rivalité amoureuse suscitée par une jeune Américaine, Eyre de Lanux, ne brise ce lien. Tous ces éléments jettent un jour nouveau sur Louis Aragon et éclairent sa jeunesse, celle d’un écrivain en guerre. Éditions Tallandier.

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La préface de Pierre Daix

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Table des matières

Table des matières
Aragon retrouvé, 1916-1927 1
Nécessité d’une refonte de la biographie de jeunesse d’Aragon 9
1. Le jeune Aragon 17
2. Aragon anticipe d’un an la découverte des Chants de Maldoror afin de les lire avec Breton aux fous du Val-de-Grâce 25
3. Aragon, volontaire pour la guerre 39
4. Au pire de sa guerre, la vraie découverte par Aragon des Chants de Maldoror de Lautréamont 43
5. Les aveux toujours tus de la lettre d’Aragon à Vergnet-Ruiz 49
6. Repos d’écrivain à Vémars 55
7. Aragon, de retour à la guerre, écrit un roman 57
8. L’armistice et la mort d’Apollinaire 63
9. La crise sur Anicet avec Breton 67
10. La nouvelle crise masquée entre Aragon et Breton 73
11. Face au « tuer l’art » de breton, le refus d’aragon 85
12. Breton associe Soupault à l’exploration des Champs magnétiques 97
13. Les partages d’Aragon avec Pierre Drieu la Rochelle 107
14. Drieu soutien d’Aragon face à Breton et à Dada 119
15. La complicité entre Aragon et Drieu en la trouble année 1923 129
16. Aragon et Drieu, de l’été 1924 au pamphlet « Un cadavre » contre Anatole France, et à la lettre de Drieu à Doucet 139
17. Breton met le roman au ban du surréalisme 147
18. Retrouvailles entre Aragon et Eyre de Lanux. Et ce qui s’ensuivit 153
19. La guerre du Maroc provoque la rupture entre Drieu et Aragon 165
20. Le prix à payer par Aragon face à Breton 171
21. Les aveux d’Aragon à Denise sur sa capitulation 179
22. Retour inopiné à Eyre. L’après-rupture Aragon-Drieu 185
23. Bilan final entre Aragon et Drieu 199
24. Le chemin plein d’embûches d’Aragon et Breton vers le parti communiste 203
25. Les surréalistes s’en prennent aux romans d’Aragon. Il adhère au parti communiste 207
26. La fin de La Défense de l’infini 213
Bibliographie 223
Index 225

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L’ouvrage posthume de Pierre Daix revient sur les années de formation de Louis Aragon. Un trésor.

Merci à Pierre Daix de retrouver pour nous la jeunesse de Louis Aragon. Un merci hélas ! posthume car ce résistant-déporté communiste, écrivain, journaliste et critique d’art vient de tirer sa révérence. Non sans léguer un ultime trésor aux amateurs d’Histoire et de littérature. Tout commence en 2011 quand Daix, biographe reconnu d’Aragon dont il fut l’ami et le témoin, découvre les Lettres à André Breton publiées par Lionel Follet. De quoi chambouler son propre regard sur la période initiatique du grand poète. Des relations complexes domination/indépendance entre Breton et Aragon, d’une part, entre Aragon et son aîné Pierre Drieu La Rochelle (plus tard écrivain de la Collaboration), de l’autre surgit un personnage plus déconcertant encore que l’image qu’on s’en était faite jusque-là. Un jeune homme qui, entre adhésion à un groupe (les surréalistes) et affirmation de soi (Louis ne fait jamais rien comme les autres), se cherche sur tous les plans : littéraire, artistique, politique, amoureux et même sexuel au sortir d’une Grande Guerre dont il vient de connaître l’horreur et où il a manifesté son courage physique. Le croit-on malléable ? Aragon se dégage d’instinct. Pense t-on qu’il va rompre ? Il revient au bercail mais sans plier, préfiguration peut-être de ses rapports de demain avec le communisme. Est-ce ainsi que les grands écrivains français naissent ? Sans doute ...

Par Rémi Kauffer, Historia

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Lire : Littérature et politique : le cas Aragon (I)
Littérature et politique : Aragon, tel quel (II)

UN DESSIN D’ARAGON

Le coeur a toujours son ombre de pique. Dessin d’Aragon. Photo Bricage.
Les Lettres françaises, mars 1992 (archives A.G.) Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

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