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La question des manuscrits de Philippe Sollers : du nouveau

D 12 avril 2014     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

La question des manuscrits de Philippe Sollers : du nouveau !

Invité de l’Institut Pierre Werner (Luxembourg), le 4 avril 2014, et interviewé par Marie-Laure Rolland, au fil des questions, un scoop : Sollers est en train de vendre ses manuscrits à des collectionneurs privés !
…La BnF devra payer le prix fort pour les récupérer ?

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Un des cahiers manuscrits de Ph. Sollers

L’extrait en question :

Vous- publiez régulièrement. Gardez-vous dans vos tiroirs, comme votre maître à penser Saint-Simon, des écrits qui seront publiés après votre mort ?

J’ai des cahiers. Mais j’ai pris d’autres dispositions car je ne crois plus aux institutions comme les bibliothèques, qui sont en très mauvais état. En ce moment, je vends mes manuscrits d’ouvrages publiés à des collectionneurs. Le manuscrit de Femmes par exemple, qui a été un best-seller, les intéresse. On verra s’ils le revendent beaucoup plus cher dans quarante ou cinquante ans. C’est une manière de jouer avec la mort sur un temps très long.

II n’y aura donc pas de fonds Sollers que le public pourra consulter ?

Non. Je joue plus tard. Ou jamais. La postérité ne m’intéresse pas. Ce qui me plaît, c’est jouer la mort. Je n’ai pas envie d’être « déposé », d’être « reconnu » par des institutions. Je joue tout seul, en « lonesomecowboy »...

La relation Sollers – BnF n’est pas un long fleuve tranquille

Sollers enfonce même le clou avec « je ne crois plus aux institutions comme les bibliothèques, qui sont en très mauvais état » (sic). Comme du dépit dans ce commentaire !

On se souvient pourtant qu’au sortir d’un dîner des mécènes de la Bibliothèque nationale de France, le 16 juin 2009, Sollers déclarait « La négociation vient de commencer », en réponse à une question sur le devenir de ses archives (rapporté par Libération du même jour).

Philippe Sollers, venait de se voir honoré par l’institution qui lui octroyait le premier Prix de la BNF, doté de 10 000 euros et assorti d’uneboursede recherche de 10 000 euros attribuée à un étudiant chargé d’un travail sur son oeuvre.

Un geste d’apaisement et un signe de bonne volonté de son président Bruno Racine à l’égard de Sollers après une période de froid entre Sollers et la Grande Bibliothèque. Annoncée en 2008, la grande exposition autour de l’écrivain que la BnF avait programmé pour l’automne 2009 est déprogrammée en avril. Philippe Sollers s’est décommandé au dernier moment pour un tournage qui devait débuter à Venise déclarant qu’il se sentait « trop fatigué ». Ce documentaire devait accompagner l’exposition. Le magazine L’Express, quasiment le seul à commenter ce non événement, suppute un désaccord d’ordre financier.

Un désaccord d’ordre financier ?

Sollers en grippe-sous, …cet écrivain qui dénonce si ironiquement les travers de Mr et Me Leymarché-Financier ? Face au voisinage du manuscrit de l’Histoire de ma vie de Casanova, aux archives et manuscrits de Guy Debord, il serait pourtant en bonne compagnie. Deux acquisitions de la BnF qu’il a soutenues ! Que valent une bataille d’euros, de son vivant, face à pareille consécration ?

Peut-être Sollers est-il trop pudique pour ne pas donner les vraies raisons de sa bataille d’euros ? Il ne se bat pas pour lui mais pour son fils, celui dont il dit, dans un entretien vidéo du 15 juin 2008, au détour d’une confidence à Serge Moati  : « Il a comme un handicap. Voila. C’est pas grave… »  :

18/02/2010, Ministère de la Culture (c) AP Photo {JPEG}

Philippe Sollers pose devant le manuscrit des mémoires de Giacomo Casanova. « Histoire de ma vie » (1780) présenté au Ministère de la Culture à Paris suite à la signature de l’agrément d ?acquisition, le 18 février 2010, par Frédéric Mitterrand, pour le compte de la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

S.M. : David, c’est un enfant magnifique... c’est aussi votre chagrin...

Ph. S. : Un souci. Pas du tout un chagrin... [...] Comme je suis resté un enfant, on s’entend très très très bien. [...] Quelqu’un de très intelligent, percutant. [...] Il a comme on dit un handicap. Voila. C’est pas grave... c’est même beaucoup plus intéressant que les gens dits normaux.

C’est pas grave, mais c’est important pour Sollers de lui assurer un avenir matériel au de-là de sa mort. C’est l’explication que nous serions tentés d’avancer.

Et la BnF, n’a pas sans ses dotations ordinaires, la capacité de faire face à la concurrence du marché. Ceci vient d’être une nouvelle fois démontré par l’acquisition du récent rouleau autographe des « Cent Vingt Journées de Sodome » du marquis de Sade, non par la BnF, mais par un investisseur privé Gérard Lhéritier, président fondateur d’Aristophil et du Musée des lettres et manuscrits. Même si Bruno racine ne désespère pas de voir un jour ce rouleau rejoindre les archives de la BnF… A l’issue d’un nouveau dîner des mécènes comme ce fut le cas pour les archives et manuscrits de Guy Debord. Car c’est bien là, la limite de l’autonomie financière de la BnF, il lui faut des situations de crise, des enjeux de retombée médiatiques, en communication, en notoriété, associés aux avantages fiscaux du mécénat pour dénouer la bourse des généreux mécènes. Sollers en a sans doute conclu qu’il n’arriverait pas un accord à la hauteur de ses attentes, alors il décide d’en faire son deuil, comme il le fait de sa pléiadisation ! Rien à attendre de son vivant ! Alors, il va faire monter les enchères, en espérant secrètement revenir dans le jeu, …post mortem.

Nous n’en croyons pas un mot quand Sollers dit « la postérité ne m’intéresse pas » ! Pourquoi alors aurait-il recruté deux secrétaires particuliers, la photographe Sophie Zhang et le vidéaste Georgi K. Galabov qui depuis quelques années constituent ses propres archives audiovisuelles, reconnaissant aussi par là, qu’en un temps où l’on s’éloigne de la lecture, les archives d’un écrivain ne peuvent plus être que textuelles. La voix est importante, celle qu’il célèbre justement au début de Paradis : « voix fleur lumière écho des lumières cascade jetée dans le noir »

Et aussi dans Paradis 2 :

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Début de Paradis 2 : soleil voix lumiere echo des lumieres

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