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« L’affaire Pasolini », « Pasolini Roma », « Pasolini, la passion de Rome »

D 18 octobre 2013     C 2 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   


« Pour être poète, il faut avoir du temps : bien des heures de solitude, seul moyen pour que quelque chose se forme, vice, liberté, pour donner style au chaos. »

« On m’a dit que j’ai trois idoles : le Christ, Marx et Freud. Ce ne sont que des formules. En fait, ma seule idole est la réalité. Si j’ai choisi d’être cinéaste, en même temps qu’un écrivain, c’est que plutôt que d’exprimer cette réalité par les symboles que sont les mots, j’ai préféré le moyen d’expression qu’est le cinéma, exprimer la réalité par la réalité. »

Pier Paolo Pasolini.


Pasolini a été assassiné le 3 novembre 1975. Un an après sa mort, voici comment Michel Random présentait l’écrivain et réalisateur à la télévision.

Vivre et encore plus

Dans une interview de 1974, par Michel Random, en italien et en français, le réalisateur Pasolini évoque la force révolutionnaire de l’Evangile, son enfance dans la "borgatta" romaine, ses premiers films, le langage cinématographique, ses premiers livres, l’angoisse. Sergio Citti, ami de Pasolini l’a connu pendant le tournage d’Accatone. Enfin Laura Betti décrit ses rapports avec l’artiste, sa personnalité.

Extrait


INA (durée : 5’20")
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Près de 40 ans ont passé, la mort de Pasolini reste une énigme. Enquête.

L’affaire Pasolini

Documentaire d’Andreas Pichler
Allemagne 2012, 52 minutes

Tous en parlent à merveille : Dacia Maraini, écrivaine et proche de Pasolini, Peter Kammerer, sociologue et fin connaisseur de l’Italie, Nico Naldini, cousin de Pasolini, Barbara Castaldo, spécialiste de littérature — sans oublier Guido Calvi, avocat et professeur à l’université, qui a largement contribué à la réouverture du procès. Il en est convaincu, l’assassinat du réalisateur cache des motifs politiques.

À travers des extraits de documents et de films de l’œuvre immense de Pasolini, se dessine le profil d’un artiste qui n’a rien perdu de sa modernité et de son caractère explosif, ne serait-ce que parce que bon nombre de ses visions et analyses se sont avérées terriblement justes : des services secrets commanditaires des attentats commis pendant les « années de plomb » à la main mise de la mafia sur la politique, de l’ascension de Silvio Berlusconi à l’effondrement du système politique au début des années 1990.


L’affaire Pasolini Enquête sur l’assassinat de...

Lire aussi : Qui a tué Pasolini ? .

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Pasolini Roma

Une rétrospective et une exposition très riche à la Cinémathèque rappellent la place prépondérante de Pier Paolo Pasolini dans l’histoire du cinéma italien, et dans l’histoire de l’Italie elle-même.


Alain Bergala présente l’exposition Pasolini Roma par lacinematheque

C’est tout simplement l’exposition que tout un chacun aimerait découvrir quand il a 18 ans et qu’il commence à s’intéresser à l’oeuvre pléthorique, et au premier abord opaque, de Pier Paolo Pasolini. Pourquoi ? Parce que tout y est clair. C’est Rome où, à 28 ans, Pasolini arrive avec sa mère en 1950 pour fuir un père alcoolique, qui lui permet d’entrer à petits pas dans son œuvre. Il est alors un poète, pauvre et inconnu, qui a projeté dans son siècle la langue frioulane.

Les lieux où Pasolini a habité, travaillé, qu’il a fréquentés, où il a aimé et filmé, pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie, forment un filtre qui permet de révéler l’artiste protéiforme (poète, romancier, cinéaste, journaliste, essayiste, homme public et intellectuel), d’une puissance créatrice hallucinante (combien de milliers de pages a-t-il écrits ?), et tous les obstacles auxquels l’homme — et l’intellectuel — a dû se heurter pour survivre et créer dans une société qui globalement le haïssait (la liste des procès qui lui furent intentés tient sur quinze pages, affichées dans l’exposition…). Parce qu’il était communiste, homosexuel, qu’il assumait tout cela et qu’il renvoyait à la société démocrate-chrétienne une image terrifiante, dénonçant avec un prophétisme hallucinant le consumérisme aveugle, l’acculturation accélérée d’un prolétariat dont il s’est toujours senti proche, l’embourgeoisement, phénomènes qui allaient, bien plus tard après sa mort, mener à Berlusconi, donc à la bêtise, à l’injustice, au fric et au pouvoir.

Pasolini... fascisme et société de consommation.

Sa présence romaine permet aussi de rendre compte d’une époque où la ville appartenait aux intellectuels et aux artistes, dont ses amis Alberto Moravia, Elsa Morante, Fellini, etc. Où le cinéma italien était aussi l’un des plus imaginatifs du monde. Chronologique et linéaire, l’exposition conçue par Gianni Borgna, Alain Bergala et Jordi Ballò, créée à Barcelone, divise la vie et l’art de Pasolini en six salles, six étapes marquantes de son œuvre, de ses rencontres et de ses voyages, avant sa fin tragique, dans des circonstances encore floues aujourd’hui (la justice italienne enquête toujours), sur une terrain vague près d’une plage d’Ostie où il fut battu à mort.

Entre sa naissance en 1922 et sa mort en 1975, il y a un homme doux qui bataille sur tous les fronts. Ses maîtres, ses filtres : Marx, Dieu (le catholique), Freud (toutes ces influences se retrouveront dans son cinéma). Digérant toutes les sciences humaines avec une rapidité et une intelligence confondantes, constamment dialectique (même avec lui-même), il aura marqué à jamais de son empreinte l’histoire italienne.

Qui était Pasolini ? Celui qui n’en sait rien l’apprendra — sans tout connaître — en voyant l’exposition. Celui qui le sait déjà aura de belles surprises (parmi lesquelles une pièce où sont rassemblés les six tableaux qu’il préférait). Pasolini’s not dead.

Pasolini Roma jusqu’au 26 janvier à la Cinémathèque française, Paris XIIe ; rétrospective intégrale de son œuvre cinématographique jusqu’au 2 décembre ; catalogue de l’exposition : Pasolini Roma (Skira Flammarion/ Cinémathèque française), 264 pages, 35 € www.pasoliniroma.com, www.cinematheque.fr à voir sortie en Blu-ray de Médée (1969), avec Maria Callas (M6 Vidéo, environ 25 €) (Les InRocks).

Visitez le site de l’exposition>

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Pasolini vu par Emanuele Trevi

auteur de Quelque chose d’écrit (Actes Sud), à l’occasion de l’exposition que la Cinémathèque Française consacre à Pasolini.

La Grande Table, 16.10.2013.

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Pasolini l’enragé

par Jean-André Fieschi

ORTF, Cinéaste de notre temps, 15 novembre 1966.

À Rome en juillet 1966, Pier Paolo Pasolini évoque ses parti pris cinématographiques, notamment au travers de ses films Accattone, Des oiseaux, petits et gros et de L’Évangile selon saint Matthieu.

Pasolini s’introduit en présentant le cinéma sous deux aspects : linguistique et stylistique. Linguistique, car pour le cinéaste, le cinéma est un langage, un moyen d’exprimer sa rage dans une autre langue que celle qui procède de sa nationalité. Le discours déforme quand le cinéma est « la reproduction du langage naturel de la réalité ». À ce degré, l’expérience suffit. Pour le second aspect, stylistique, il s’agit de maîtriser la technique et la connaissance cinématographique. Un problème qu’il contournera pour son tout premier film, Accatone, en simplifiant la narration (des gros plans, peu de mouvements de caméra, etc.).

L’entretien permet au réalisateur qui a déjà réalisé huit films d’appeler à lui ses théories cinématographiques. Ainsi, il ne nie pas son lien de parenté avec le néoréalisme italien mais s’en distingue dans le message et dans le style. Pasolini oriente ses films vers ce qu’il appelle le « sous-prolétariat ». Cette catégorie sociale, selon lui, se différencie du prolétariat marxiste en ce qu’elle n’est accrochée à aucune industrie. Cette population végète dans la misère en banlieue de villes sans moyens de production. Il l’oppose à une petite bourgeoisie, particulière à l’Italie, dont il est issu et contre laquelle il se dresse. Quand le néoréalisme contient dans une description furieuse de la réalité, un message d’espoir qui est celui d’une révolution culturelle en attente au sortir de la guerre, Pasolini, qui arrive vingt ans après, crie son désespoir et son amour pour le sous-prolétariat — qu’il sacralise dans la forme par des gros-plans.

Le documentaire dresse un portrait d’un poète et philosophe du cinéma ; la sagacité du cinéaste ira même s’exercer à s’interroger sur le portait qui est en train de se dessiner de lui. Il se conclut par un résumé de Théorème, son prochain film alors en tournage.

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Pasolini, la passion de Rome

Réalisation : Alain Bergala

(FRANCE, 2013, 54mn) ARTE F

Comment la capitale italienne a façonné l’oeuvre et la vie de l’écrivain cinéaste. Un voyage poétique à travers le temps et la ville par Alain Bergala, l’un des commissaires de l’exposition Pasolini-Roma.

Pour Pasolini, Rome n’a pas été un décor ni un simple lieu de vie. Rome a eu une existence physique, charnelle et passionnelle, pour l’homme et pour le poète.

Plus d’informations sur arte.tv.


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