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Les jésuites et la Chine de Benoît Vermander

D 25 septembre 2013     C 2 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Les jésuites et la Chine — De Matteo Ricci à nos jours


Résumé

Une histoire des liens de la Congrégation de Jésus avec la Chine soulignant la place de ce pays dans la mission jésuite et le rôle des missions jésuites dans l’ouverture de l’Europe et de la Chine à d’autres cultures.

Quatrième de couverture

Les jésuites et la Chine De Matteo Ricci à nos jours. Depuis leur fondation, les jésuites entretiennent des rapports privilégiés avec la Chine. Unique en son genre, cet ouvrage offre une vue d’ensemble de cette longue histoire. Il met en évidence le choc identitaire et culturel que les jésuites furent les premiers à vivre en terre chinoise. En présence d’une civilisation raffinée, ils ont été amenés à inventer des nouvelles méthodes d’apostolat : s’adapter aux coutumes locales, maîtriser la langue, gagner les élites par leurs compétences scientifiques. Ces méthodes d’apostolat indirect, qui firent des jésuites les premiers diffuseurs de la culture chinoise en Europe, restent d’actualité. Sans faire l’impasse sur les événements tragiques vécus au XXe siècle par les chrétiens chinois, l’auteur souligne la chance que constitue le dialogue inévitable entre l’empire du Milieu et l’Occident.

Éditions Lessius.

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A Shanghai

Benoît Vermander – Un Jésuite sur les traces de ses pairs

Jésuite établi en Asie depuis 1992, Benoît Vermander a présenté, la semaine passée, à la librairie L’Arbre du voyageur, son livre : « Les Jésuites et la Chine » [1]. Un récit balayant quatre siècles de relations privilégiés — et tourmentées — entre la Compagnie de Jésus et l’Empire du Milieu.

Tout jeune Jésuite, Benoît Vermander débarque à Taipei en 1992. Rapidement, il enchaîne les allers-retours entre l’île de Taïwan et la Chine continentale, fidèle à l’esprit cosmopolite de sa confrérie. A travers ses voyages, il poursuit une aventure initiée au XVIe siècle, par ses pères spirituels, François Xavier et Matteo Ricci. Si le premier décède en 1552 au large de Canton, après un long périple à travers l’Orient, le second pénètre dans l’Empire du Milieu en 1584. « A l’époque, on ne connaissait pas les limites de la Chine », rappelle Benoît Vermander. « L’Asie était l’un des territoires où l’introduction était la plus difficile, du fait de la distance culturelle ».

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Xu Guangqi

Pour mener à bien leur entreprise missionnaire, les Jésuites misent alors sur une stratégie en quatre points. Ils visent entre autres « la conquête des élites » et « l’évangélisation indirecte via les sciences et les techniques ». Mathématicien émérite, Matteo Ricci aurait ainsi converti au catholicisme son ami Xu Guangqi [2], brillant lettré de la cour des Ming (voir photo ci-contre).

Des querelles intestines

Si Benoît Vermander reconnaît au Jésuite italien un rôle fondateur, il tient toutefois à ouvrir son propos : « Matteo Ricci est en quelque sorte l’arbre qui cache la forêt ». Car l’aventure jésuite en Chine ne s’arrête pas à sa mort en 1610, à Pékin. Loin de là. Secouée par des querelles intestines (sur les termes, les rites), la Compagnie de Jésus traverse par la suite quelques tempêtes, jusqu’au début du XVIIIe siècle. Au titre de « mathématiciens du roi », Louis XIV dépêche alors une délégation de jésuites français dans l’Empire du Milieu. « Ils vont notamment y mener un vaste travail cartographique », souligne Benoît Vermander.

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La cathdrale Saint Ignace

L’astronomie [3] et l’herboristerie seront également au cœur de leurs recherches. A l’époque, la région autour de Shanghai représente un foyer dynamique de la chrétienté en Chine. Par la suite, une enclave catholique se constituera dans le quartier de Xujiahui. Baptisée du nom du fondateur de l’ordre jésuite, la cathédrale Saint-Ignace [4] en est l’un des illustres témoignages.

Le glas des congrégations religieuses

A la fin du XVIIIe siècle, la Compagnie de Jésus traverse une période de crise, sur fond de bras de fer politiques. Supprimée par le Pape en 1773, la confrérie est restaurée en 1814. Dans la foulée, une nouvelle mission en Chine est organisée en 1842. Mais, déjà, la guerre de l’opium a semé le trouble... Les événements des XIXe et XXe siècles sonneront finalement le glas des congrégations religieuses dans l’Empire du Milieu.

Benoît Vermander à l’Arbre du voyageur

Aujourd’hui, Benoît Vermander fait état « d’interactions entre les Jésuites et les centres de recherche chinois ». Lui-même est professeur à l’université d’état de Fudan, à Shanghai. Il y enseigne l’anthropologie religieuse : un sacerdoce qui l’a contraint à restreindre ses voyages à travers le pays. « Mais l’exercice est intéressant. D’autant que Fudan est une université de recherche ». Sinologue et essayiste reconnu, il pratique également la poésie et la calligraphie. En 21 ans, a-t-il jamais pensé quitter la Chine ? Et de confier : « Pour le moment, je n’ai eu aucune raison de partir… »

Barbara Guicheteau (www.lepetitjournal.com/shanghai), 17 septembre 2013.

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Benoît Vermander, jésuite et sinologue, est professeur de sciences religieuses dans la faculté de philosophie de l’Université Fudan à Shanghai. Il y dirige le Centre de recherche Matteo Ricci - Xu Guangqi sur le dialogue entre civilisations. Parmi ses ouvrages : "L’Empire sans milieu, essai sur la ’sortie de la religion’ en Chine" (DDB, 2010) ; "La Chine ou le temps retrouvé" (Presses Universitaires de Louvain, 2008) ; "L’enclos à moutons, un village nuosu au sud-ouest de la Chine" (Les Indes savantes, 2007) ; "Chine brune ou Chine verte" (Presses de Sciences Po, 2007).

Voir sur Pileface Chine : trois mille ans au présent .

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[1« Les Jésuites et la Chine, de Matteo Ricci à nos jours », de Benoît Vermander, éditions Lessius, collection « Petite bibliothèque jésuite » (2012, 152 pages, 147 RMB) : disponible à l’Arbre du Voyageur, 155 WuYi Lu, ouvert du mardi au dimanche (10h-18h).

[2Mémorial Xu Guangqi, 17 Nandan Lu, ouverture de 9h à 16h30. Entrée libre.

[3Basilique et observatoire astronomique, à Sheshan.

[4Cathédrale Saint-Ignace, 158 Puxi Lu, à Xujiahui.


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