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La Révolution française de Louis-Henri de La Rochefoucauld

D 6 mars 2013     C 1 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Résumé :

« La France nous l’avait suffisamment répété, en nous coupant la tête au besoin : nous avions fini de plastronner avec nos perruques poudrées, on achève bien les chevaux, cette planète ne voulait plus de nous, c’était la règle du jeu, les dinosaures et certaines épidémies, disparition des espèces et tout le tralala...
Descendu de mon donjon et prêt pour la mise en bière, je gardais cette tristesse tzigane : le sentiment de n’avoir jamais su être comme tout le monde. De n’avoir jamais été vraiment vivant. De n’avoir été qu’un morceau de pâte à modeler à la forme étrange, une silhouette fuyante et indéfinie, un inconsistant feu follet ? un type à l’ouest, tout bêtement. Allons, cette fois, c’était clair, je me sentais menacé et je savais d’où ça venait : de la Révolution française. Depuis, pour moi, il n’y avait rien à faire. »

Paru le 7 février.


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1 Messages

  • A.G. | 19 mars 2013 - 14:00 1

    "La Révolution française", le livre qui va déplaire aux bobos

    Louis-Henri de La Rochefoucauld fait de sa famille l’éternelle brimée de notre histoire. Un roman décapant, irrévérencieux et à hurler de rire.

    « Attention, voici le livre le plus drôle de ce début d’année. Le plus drôle, le plus subversif et le plus corrosif. Il est signé Louis-Henri de La Rochefoucauld. Ce jeune homme vient de commettre un sacrilège familial : revisiter l’histoire de France en y débusquant les situations où sa famille a eu le mauvais rôle, le mauvais oeil ou le mauvais emploi. Loin d’être amoindrie par La Révolution française, son illustre lignée en sort grandie grâce à l’humour et à l’autodérision. » Le Point.fr.

    Découvrez un extrait de "La Révolution française" :


    Collectionneur de cravates, de gravures anciennes et de boutons de manchettes, le comte Jean de La Rochefoucauld est né deux ans avant moi, sous le gouvernement Mauroy, en 1983. Ce vaillant chevalier n’a pas été rossé lors des batailles de Crécy ou d’Azincourt. Ce riche huguenot n’a pas été dérangé dans son sommeil lors de la nuit de la Saint-Barthélemy. Ce propriétaire terrien n’a pas été guillotiné pendant la Révolution. Mais puisque nous ne sommes toujours pas à l’abri, il lui arriva des misères assez comparables au cours de l’année universitaire 2003-2004.

    Alors étudiant à Paris, mon frère Jean était parti passer un an à Dublin. Rappelons ici que l’Irlande est une terre féconde pour l’humour, vu qu’y naquirent quantité de joyeux drilles, de Jonathan Swift à Oscar Wilde. Pour s’initier à la littérature de ce pays, mon frère Jean avait fait un choix plus audacieux : il avait emporté avec lui Reflections on the Revolution in France, l’essai contre-révolutionnaire publié par Edmund Burke en 1790. Sans doute était-il convaincu que cette lecture, séditieuse en France, n’exciterait personne en Irlande ? Ce ne fut évidemment pas le cas, et il lui arriva une histoire assez incroyable — comme s’il avait récité du Joseph de Maistre devant quelque boxeur républicain.

    Une nuit, alors qu’il rentrait chez lui, il fut alpagué par trois rouquins. Les gredins, qui avaient plusieurs litres de Guinness dans le sang, n’honorèrent pas mon frère de son droit d’aînesse : ils le rouèrent de coups un long moment avant de lui arracher son sac et de l’abandonner sur le trottoir, en sang, contusionné, vêtements déchirés. Rapatrié en urgence en France, pouvant à peine ouvrir les yeux, il était bouffi et défiguré.

    Mon frère Jean s’en étant tiré sans séquelles, on peut maintenant savourer l’ironie de l’histoire... Cette nuit-là, comme il rentrait de cours, il n’avait rien d’autre dans son sac que quelques feuilles et sa lecture du moment. Ce livre, c’était Surveiller et punir de Michel Foucault — ce « penseur » au crâne lisse qui malgré un nom proche n’a rien à voir avec les La Rochefoucauld, merci de le retenir. Quelle folie, ma parole : que j’aurais aimé voir la trogne des trois Irlandais ! Ils tabassent un passant et lui tirent ses affaires. De retour chez l’un d’eux, ils s’ouvrent une bière et, les babines alléchées, se penchent sur leur butin. Découvrent-ils lingots d’or, riches parures et grosses coupures ? Non, juste... un essai sur la prison ! Et écrit en français, en plus ! Bravo, frérot : voilà un grand numéro d’humour rupificaldien.

    Après ces désagréments irlandais, mon frère Jean eut cette idée, lointainement héritée de La Rochefoucauld-Liancourt : « servir la France ». Habité par cet étrange leitmotiv, il passa trois fois le concours de l’ÉNA, sans succès. Il insista, mais la France resta sourde à sa bonne volonté, et joua même de sadisme à son endroit - lors de sa première tentative, admissible, il fut premier recalé.

    Entêté, mon frère Jean se présenta à d’autres concours et finit par décrocher un poste au Sénat. Ma pensée se tient, hein ! Car c’est précisément l’idée que je voulais transmettre, à travers l’histoire de La Rochefoucauld-Liancourt, quand je disais qu’en nous abreuvant de coups, la Révolution avait voulu nous contraindre à courber l’échine, à jouer profil bas, à renoncer à une part de nous-mêmes pour mieux défendre un pays qui ne veut plus de nous que comme esclaves motus et bouche cousue. Et elle a réussi : même sans livrée de groom, mon frère la sert. Mais c’est de l’intimidation ! Tu devrais tenter un truc, frère Jean : la prochaine fois que tu te rends au bureau, guillotine quelques sénateurs. Tu verras qu’après, tous les sénateurs restants voudront s’engager à ton service ! En arpentant le jardin du Luxembourg, ta canne en l’air, tu pourras alors lever une armée d’un simple claquement de doigts, comme nous le faisions autrefois en traversant nos fiefs !