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Enfin Céline vint

avec des extraits des Entretiens avec le Professeur Y (NRF, 1954)

D 9 octobre 2009     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Rencontre avec Philippe Sollers qui publie " Céline " (Editions L’Archipel/ECRITURE, 16 octobre 2009), l’ensemble des textes qu’il a consacré à Louis-Ferdinand Céline depuis les Cahiers de l’Herne de 1963. Image Joseph Vebret (octobre 2009, 4’32).

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Céline, premier interview radiophonique

1955 (3’50)

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Louis-Ferdinand Céline, Une Légende, une Vie

Documentaire de Claude-Jean Philippe.

Production : ORTF.
ORTF, 65’37"", 1976.
Émission de Monique Lefèvre et Claude-Jean Philippe.

Claude Jean Philippe et Monique Lefèvre partent sur les traces de Louis Ferdinand Céline, à la rencontre de ceux qui l’ont connu, côtoyé, aimé ou non. Amis, voisins, connaissances, critiques disent "leur" Céline. Parmi eux Michel Simon, Arletty, Gérard Guégan, Raphaël Sorin, Philippe Sollers, entre autres.

Sollers intervient dans la dernière partie du documentaire.


(durée : 65’37")
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Louis-Ferdinand Céline

Un film d’Alain Moreau et Emmanuel Descombes

Série Un siècle d’écrivains de Bernard Rapp.
France 3, 21 janvier 1998. 46 mn.


(durée : 46’. Archives A.G.)
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Céline vivant

En DVD.

Lecture pour tous, 17 juillet 1957 (19’24)

Premier interview télévisé de Céline.
Entretien avec Pierre Dumayet. Réalisation Jean Prat. Studio de l’ORTF.

Louis Ferdinand Céline est reçu par Pierre Dumayet pour son livre "D’un château l’autre". Il s’étonne tout d’abord de l’avalanche de catastrophes qui lui sont tombées dessus après la parution de son livre "Voyage au bout de la nuit". Il se défend d’avoir voulu la notoriété par l’écriture, il s’attendait seulement à avoir un peu plus d’argent pour s’acheter un appartement et pratiquer la médecine. Il se dit contre la violence. Ses livres sont faits pour lutter contre la violence et la guerre. Ils avertissent du précipice dans lequel le monde va tomber.Il évoque ensuite son enfance passage Choiseul, puis son père, esthète, et sa mère dentellière. Dans son dernier livre "D’un château l’autre", Céline distingue les endroits nobles comme les prisons, des endroits vulgaires comme la Foire du Trône. Il évoque le château de Sigmaringen (qui accueillit le régime de Vichy en exil) dont la situation reflétait un retour dans l’histoire. Il estime que l’histoire de Vichy est l’affaire de tous. Céline termine par un mépris total des fonctions humaines, vulgaires comme manger, boire.


(durée : 19’24. Archives INA)
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Voyons un peu, octobre 1958 (19’21)

Entretien avec André Parinaud. Réalisation Alexandre Tarta.
C’est en 1953, grâce à Marcel Aymé qui l’introduit à Meudon, que Parinaud obtient et publie dans le N°1 de La Parisienne (janvier 1953) le premier entretien accordé par Céline à son retour d’exil. En octobre 1958, il réalise un second entretien dont la télévision a donné de courts extraits, mais qui n’a semble-t-il jamais été diffusé intégralement. Seul le texte a été publié sous le titre Céline, La maîtrise de l’outrance par le Bulletin célinien en 2000.

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En français dans le texte, 1961 (19’21)

PDF - 1.3 Mo
Le livret du DVD

Entretien avec Louis Pauwels. Réalisation Yvan Jouannet.
En 1959, à Meudon, avec André Brissaud et le réalisateur Lazare Iglésis, Louis Pauwels interviewe Céline pour la télévision. L’émission programmé pour le 19 juin 1959, fut censurée après une intervention du MRAP et d’une association des Anciens Combattants de la Résistance. Des extraits en ont été ultérieurement programmés, notamment le jeudi 8 mai 1969 à 22h (émission Bibliothèque de poche) et en avril 1973. L’entretien fut intégralement diffusé en 1987 et en 1994 sur la chaîne Arte.


(durée : 19’21. Archives INA)

Crédit textes Céline vivant d’Émile Brami aux Editions Montparnasse.

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Céline superstar

par Cécile Guilbert

Aux dires de Philippe Alméras, célinien notable, « Voyage au bout de la nuit, en poche, est le livre le plus volé en librairie dans un temps où la fauche a beaucoup diminué avec l’appétit de lecture. » Or ajoutez à la masse de ces larcins les 42 000 exemplaires vendus annuellement en moyenne depuis 1972 (date de sa parution en « Folio »), et vous obtiendrez un best-seller enfin « légitime » : soit un authentique chef-d’oeuvre que tout le monde lit.

Evidemment, quand tout le réel est écrasé par le chiffre, vitrifié par les tirages annoncés, les listes, les classements de ventes où ne triomphe, au fond, que la célébration glacée du comput en soi, il est parfois tentant de se rasséréner à bon compte. Histoire de se dire que tout n’est pas mort, qu’il y a encore des raisons d’espérer, n’en déplaise à cet empêcheur de se divertir en rond nommé Dominique de Roux, ce trop pessimiste ombrageux qui, dès 1966, dans La Mort de L.-F. Céline [1], lançait en direct des catacombes que « la parole littéraire n’a plus de sens ». Pauvre de Roux ! Il n’avait pas compris que l’Image allait sauver le Verbe. Ni que le supplément d’âme culturel suppléerait à la mort de l’art.

Ainsi, avec 20 000 exemplaires écoulés en trois mois, le coffret Céline vivant [2], comprenant ses fameux entretiens télévisés, fait-il un carton bienvenu. Enfin, un « grantécrivain » qui écrase (dixit Céline à Louis Pauwels en 1961) la masse des « pauvres cafouilleux qui rampent dans les phrases et répètent ce que l’autre a dit ». Il faut avouer que s’il n’eut jamais de mots assez féroces sur les journalistes, les critiques, la télé et la publicité, Céline est ici dans le faux comme chez lui, sait qu’il l’est et le dit : sculptant à la fois sa légende biographique (phénoménologie de la dentelle et des « nouilles » passage Choiseul), peaufinant son personnage d’ermite de Meudon (vieux chandail troué et animaux façon Léautaud, capharnaüm à paperasses, frugalité), répétant ses phrases comme des slogans (« J’écris pour gagner ma vie », « Je suis un raffiné », « Les hommes sont lourds »).

Or à l’écouter et le lire, le plus passionnant réside dans le décalage perceptible des deux « oralités » céliniennes : celle douce, polie, subtilement ironique de son corps physique, et celle, tonitruante et en furie, de ses écrits « mystiques ». Ce que confirment ses passionnantes lettres à sa secrétaire où l’on constate, une fois encore, que Céline aura toujours tort et d’une certaine façon, toujours raison.

Ce qu’on lui reproche, au fond, et qui ressort chaque fois avec plus de force, de netteté, de radicalité ? D’avoir impitoyablement radiographié, décapé, mis en pièces la totalité des croyances humaines, tout ce à quoi les hommes (« autant de chiens », écrit-il) tiennent et dont ils se vengent au moindre accroc, qu’il s’agisse de « brouillaminis » idéologiques, d’« enculeries » sociales ou de « chichis » sentimentaux. Confirmation de 1937 : « Je suis en guerre contre tous. »

Caché au Danemark pendant sept ans, Céline a froid, faim, manque de tout, souffre mille morts, se prend tantôt pour Hamlet (vengeur empêché), tantôt pour Lear submergé de sorcières. Les Danois ? « Chinois, bibelots, emmerdants de folle vanité » ; « des rustres pourris d’orgueil et de vides protestants auxquels il faut continuellement fourrer leur nez dans leur crotte ». On s’étonne d’une telle ingratitude pour ce royaume où rien n’était pourri puisqu’il lui sauvera la vie — lire à ce sujet l’excellent recueil de documents juridiques sur son exil [3] —, mais Céline est ainsi : il ne peut s’empêcher de voir le mal dans le bien, c’est un théologien du négatif qui marche à l’instinct.

Assistante, correctrice, amie fidèle et dévouée qui aura eu, un temps, la faiblesse d’en tomber amoureuse, Marie Canavaggia ne sera pas la dernière à faire les frais de son Kärcher verbal [4] : « Ramassez toute cette brocaille ! Que voulez-vous qu’un bagnard foute de votre guitare ! Je vous aime bien mais pas dans cet infernal babillage autour du cul ! du coeur ! enfin de ce que vous voulez ! » Mais aussi : « Encore vos vétilles imbéciles ! Je me moque énormément de ces histoires de coeur derrière pas derrière !... Je n’y pense jamais moi ! Je trouve tout ça obscène, grotesque et ennuyeux... La bête traquée ne fait pas l’amour — n’y pense pas. » Céline en vieux satyre usé repoussant à distance les avances d’une secrétaire qui n’avait plus rien d’une nymphette ? C’est, il faut l’avouer, la vraie belle surprise de ce bouquet célinien.

Cécile Guilbert, Le Figaro Magazine (article repris dans Sans entraves et sans temps morts).

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Document

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Entretiens avec le Professeur Y

Philippe Sollers, dans l’entretien ci-dessus, évoque le rire irrésistible que suscite la lecture des Entretiens avec le professeur Y. Dans un interview récent, il disait : ne pas pouvoir les « relire sans mourir de rire toutes les trente secondes, car il relève d’un génie comique considérable ».

Ces Entretiens ont été publiés pour la première fois dans les numéros de juin, novembre et décembre de La Nouvelle NRF, en 1954 [5]. Véritable art poétique de Céline, les Entretiens mettent aussi en scène ses relations avec Gaston Gallimard. En voici quelques extraits.

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1. L’interviouve, le style « rendu émotif » (NRF, novembre 1954).

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2. « Il lit tout lui-même monsieur Gallimard ? » (NRF, décembre 1954)

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enfin Céline vint, « Allez pisser, Colonel ! »

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"La Nord-Sud"

D’après les Entretiens avec le Professeur Y de Louis-Ferdinand Céline au théâtre Clavel, 2008.
Avec Roland Farrugia (Ferdinand) et Marcel Philipot (Professeur Y) et la participation de Karine Delgado.

Les Entretiens avec le Professeur Y sont publiés dans la collection Folio, n° 2786 (124 p.).

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[1Editions de la Table Ronde, « La Petite Vermillon », 197 p., 8,50 euros. Avant-propos de Jean-Marc Parisis.

[22 DVD + 1 livre, Editions Montparnasse, 30 euros.

[3L’Affaire Louis-Ferdinand Céline, les archives de l’ambassade de France à Copenhague, 1945-1951, de David Alliot, Horay, 180 p., 20 euros.

[4Lettres à Marie Canavaggia, 1936-1960, Gallimard, 752 p., 39 euros.

[5Le numéro de décembre comportait également Le Soleil placé en abime de Francis Ponge et un texte d’Artaud, Préambule — la préface qu’il avait écrite pour le recueil de ses oeuvres.

J’ai eu la chance de découvrir deux de ces numéros chez un bouquiniste de Charleville grâce à une rencontre complètement imprévue et improbable avec Philippe Bonnefis au mois de juillet dernier. Philippe Bonnefis est l’auteur d’un très bon Céline - Le rappel des oiseaux aux Éditions Galilée.

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