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Les Folies Françaises

Ed. Gallimard, 1988

D 20 août 2005     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Quatrième de couverture de la version brochée

Le narrateur-écrivain de ce roman a eu, lorsqu’il avait vingt-cinq ans, une fille, France. Il ne l’a pas connue, elle a vécu loin de lui. Elle réapparaît à Paris à l’âge de dix-huit ans. Le récit est celui de leur aventure commune pendant trois ans. "Tu me parles du même côté du son, comme si j’entendais une modification de ma voix passant par ta gorge. Le soir tombe, on n’allume pas, tu es assise dans le grand fauteuil, nous sommes deux figures très sages dans un tableau que personne ne pourra peindre. Pas de photos non plus, n’est-ce pas ? Rien. Un peu de temps à sauver, nous savons que nous n’en avons pas pour longtemps, que je suis là uniquement pour te favoriser le passage. Tu rêvais de moi, nous vivons un rêve, tu m’oublieras dans un autre rêve dans lequel je reviendrai comme le rêve d’un rêve. Profitons du moment. C’est maintenant."

*

Quatrième de couverture de la version poche (Folio)

Un homme, un écrivain, retrouve sa fille, France, dix-huit ans après la naissance de celle-ci. Il ne l’a pas connue, elle a vécu avec sa mère américaine aux Etats-Unis, elle vient à Paris. Il doit maintenant lui enseigner le pays de son nom, son passé, ses merveilles cachées - et c’est comme s’il les redécouvrait lui-même à travers elle. Paris, Versailles, - mais aussi la littérature, la musique, la peinture. Il s’agit donc d’une initiation directe, simple, sensible, à travers des promenades rapides, des conversations improvisées. Qui est France, et que va-t-elle devenir une fois mariée, repartie ? Qu’est-ce que la France ? Pourquoi Couperin a-t-il composé cette pièce de clavecin qui s’appelle Les Folies Françaises ? Quelle est la signification du chef-d’oeuvre tardif de Manet Un bar aux Folies-Bergère ? Quel est le sens de l’amour, de la perception, du temps ? Fantômes de Villon sur les bords de la Seine, de La Fontaine dans un parc. On fait entendre, on fait voir ce que plus personne, semble-t-il, ne peut plus, ou ne veut plus, ni entendre ni voir. Comme si l’intimité entre un père et une fille était désormais le lieu secret de la plus grande ouverture. Un film d’émotion parlée - sons, volumes, couleurs. Si la France m’était contée ? Oui, mais sans apparat, sans légende, comme une expérience intérieure, naturelle, cinéma pour dire le corps d’une vérité vécue. Passage de France ? Un rêve.

*

PHILIPPE SOLLERS
Entretien avec Bruno de Cessole

21 mars 1991
Une rencontre organisée avec la Bibliothèque publique d’information
Centre Georges Pompidou


- La lecture, Philippe Sollers, est un thème qui hante le livre que vous venez de publier aux éditions Gallimard, et qui s’intitule La Mort à Venise ..

Ph. S. : Non, La Fête à Venise, excusez-moi.

- Pardonnez-moi, votre titre a beau être l’antithèse de celui de Thomas Mann, c’est ce dernier qui m’est venu spontanément à la mémoire .. Nous commençons par un lapsus intéressant ...

Ph. S. : Cest épatant parce que je me demandais si je vous dirais ce soir qu’une de mes lectures favorites était Freud, et vous m’offrez d’emblée le plus significatif des lapsus ..
[...]

Ph. S. :Si mon roman a pour titre La Fête à Venise, c’est évidement pour faire pièce à La Mort à Venise de Thomas Mann, étant donné que Venise, vue par l’idéologie allemande, a toujours été un symbole de tristesse, de mélancolie, d’effondrement, etc., point de vue que je ne partage aucunement.


*

Catherine Clément raconte aussi cette anecdote étrange...

Dès notre premier entretien, sans crier gare, il s’était jeté dans les couleurs. Il voyait Dostoïevski : indigo-violet-mauve. Les Folies françaises, jaune clair ; jaune et blanc, ses couleurs préférées. Et il enchaînait aussitôt : dans le C ?ur absolu, le narrateur a des crises nerveuses quasiment épileptiques. Le c ?ur absolu, bleu.

- (Mystérieux) Il fallait ce noir de la crise pour faire sortir le bleu.

Sollers, La Fronde, éd. Julliard, 1995

*

Nota : Déjà Rimbaud...

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu[1] : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
...

Sollers serait-il aussi atteint du syndrome de Rimbaud,
la synesthésie ?

*

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