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Une curieuse Solitude

Sujet de bac 1997

Analyse & commentaire de texte

D 11 juin 2005     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


SÉRIES TECHNOLOGIQUES - SESSION DE JUIN 1997 - ZONE
ÉTRANGER GROUPE 2 - SÉRIES STI, SMS, STL, STT.
(Source : Académie de Rouen)

Philippe Sollers (1936)

Une curieuse solitude, 1958

Le narrateur, qui a seize ans au moment des faits, attend avec curiosité et impatience l’arrivée de la nouvelle bonne espagnole, Concha.

L’extrait :

Elle arrivait. Il pleuvait et, de ma fenêtre, je n’apercevais que le toit des parapluies, le bas de sa jupe, ses chevilles. Vertige des voix animées, quand tout peut dépendre d’une seule, et qu’on s’efforce, tendant l’oreille, de démêler son cheminement incertain, ses ponctuations, ses interventions. On riait, on cherchait des mots. On montait les escaliers. Cette fois, je n’y tins plus. En traversant le palier, j’aurais du moins l’excuse d’un déplacement naturel. Mais, tout de suite, nous fûmes face à face. Je ne vis que ses yeux. Ils prirent possession de moi avec tant d’ironie qu’à peine je pus balbutier des politesses, m’incliner, sourire. Ces yeux vous regardaient, à quoi je n’étais guère habitué, par dédain sans doute, d’accorder à quelqu’un d’autre ce pouvoir. Je n’eus pas le temps de reconnaître la couleur de ce regard, ni le visage dont il émanait. Elle était vêtue de noir, obscure vraiment, comme une prêtresse ou ce qu’on voudra de sévère et d’imposant. Encore aujourd’hui je ne peux voir une femme en deuil sans la revoir, elle, brune et sombre, avec dans les yeux tout l’éclat de l’insolence et de la gaieté. Au dîner, j’observai Concha ouvertement, et elle soutint mon regard. Elle ne refusait ni n’engageait le combat, et ses yeux se posaient sur les miens, curieux et froids, sans que je puisse décider s’ils étaient pour ou contre mon désir. Comme tous les yeux admirables, je m’apercevais qu’ils avaient une couleur difficile à identifier ni marron, ni verts, avec une tache pourpre dont on aurait dit qu’elle savait user. Je regrettais d’être obligé de lui parler, car mon observation s’en trouvait amoindrie, mais j’étais le seul à parler suffisamment l’espagnol, et, comme elle savait mal le français, j’étais obligé de lui servir d’interprète. Tout de suite, cette complicité de langage me parut en créer une autre, plus profonde.

Questions d’observation (8 points)
1) De la ligne 1 à la ligne 11 (" ce pouvoir "), étudiez l’emploi des pronoms personnels et celui du pronom " on ". (3 points)
2) Relevez le champ lexical dominant dans le deuxième et le troisième paragraphes. Quel thème représente-t-il ? (2 points)
3) Relevez les notations de couleur. Que symbolisent-elles ? (3 points)

Questions d’interprétation (12 points)
1) Quels sont l’attitude et les sentiments du narrateur au cours de cette première rencontre ? (6 points)
2) Montrez l’ambiguïté du personnage de Concha, à la fois promesse et menace pour le narrateur. (6 points)

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