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Cologne (eau de)

D 30 mai 2005     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


La chambre est claire et sent l’eau de Cologne. Sans interrompre son travail, Jim dit à voix basse : « il n’y a plus d’amour ? ». je vais lui poser sur la nuque le baiser rituel.

Dominique Rolin, Trente ans d’amour fou, Gallimard, 1988, p.45.

Jim habite mon aujourd’hui en permanence. Il en est
Ie corps lumineux, traversable ou contournable, c’est
selon. Nous pouvons y échanger nos silences. Prévoyants dès le début de notre histoire, nous nous sommes inventé des doublures de rechange et de plaisir. J’écris, mais au même instant je suis allongée sur le lit où Jim serre mes bras et mes jambes. J’écris, mais Jim surgit en image : rieur, grand, vigoureux, concentré, il dit oui, il dit non, il débarque, il part, il se chausse, il se déchausse, boit son café, tire la chasse d’eau, dépose ses affaires, allume une cigarette, arrive, s’en va, ôte son veston, remet son veston, se frictionne les cheveux à l’eau de Cologne, il est là, il n’est plus là, il est de nouveau là, il est toujours là, il ouvre un livre, il prend des notes, « Tu es bien ? » demande-t-il en gardant les yeux baissés, il étend les jambes, il ramène ses jambes, il écrit en fronçant les sourcils, il écrase un mégot, il met un disque. « Écoute comme c’est beau », fait-il, et la sonate perlée s’élève, s’arrondit, déferle J’écris tout ça. C’est la fête. C’était la fête avant. Ce sera la fête après. Toujours ce sera la fête. Il faudrait que je découvre un stylo de féerie pour définir le contenu exact du mot fête, la nôtre, bien entendu, à la fois ample, concrète et rêvée, géométrique, volumineuse, statique, planante.

Dominique Rolin, Le jardin d’agrément, Gallimard, 1994, p. 133.

« Quand il se peigne devant le miroir placé trop bas pour sa haute stature, il est obligé d’écarter les jambes à la façon d’une girafe en train de brouter [...] Nous voici prêts. L’air de la chambre est vaporisé d’eau de Cologne, l’ordre y est parfait. Jim ouvre la porte, fait signe « allons-y »...

Dominique Rolin, Trente ans d’amour fou, Gallimard, 1988, p.96.

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