vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE TIERS » Carnet de nuit (III)
  • > SUR DES OEUVRES DE TIERS
Carnet de nuit (III)

et les Petits Riens de Nabe...

D 17 janvier 2007     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


09/11/2016 : Ajout Turner érotique

De la publication croisée de Carnet de Nuit de Sollers et des Petits Riens de Nabe
ou de la paranoïa de l’écrivain et de l’influence mutuelle entre écrivains, comme il en est entre peintres, ainsi de Turner Monet et Whistler.

JPEG - 58.4 ko
Plus : cliquer l’illustration


1870 : guerre franco-prussienne, Monet quitte Paris pour se fondre dans le brouillard londonien. Là, il a l’occasion d’admirer les oeuvres du peintre anglais Turner (1775-1851), notamment ses oeuvres avec brouillard sur la Tamise. Il « flashe » sur le rendu de la lumière par Turner. Se lie d’amitié avec Whistler, lui aussi admirateur de Whistler, et tous deux, chacun à sa manière, n’a de cesse de capter la lumière à la façon de leur prédécesseur.

Même si on les a rapprochés, la série londonienne de Monet et les Nocturne de Whistler sont des créations propres à chaque artiste. Comme aussi, les brouillards sur la Tamise de Turner.
De même, si la lecture des Petits Riens de Nabe a donné l’idée à Sollers d’écrire les siens, nous avons affaire à deux créations propres, avec la plume typée et le rendu propres à chacun.

Mais laissons Nabe nous conter l’histoire. Elle illustre aussi les rapports complexes de l’écrivain et de l’éditeur, et quand ce dernier est aussi écrivain, cela peut donner Carnet de nuit. Et pour Nabe : son journal intime (tome 4) Kamikaze dont sont extraits les passages qui suivent. Leur amitié y survivra t-elle ?<BR

JPEG - 62.2 ko
Monet, Le Parlement, Trouée de soleil dans le brouillard, 1904
Musée d’Orsay

Je vais redéposer mes Petits Riens chez Gallimard

Vendredi 25 novembre1988. - Je vais redéposer mes Petits Riens chez Gallimard. Je rate Sollers. Enfin, j’espère qu’il aura au plus vite sous les yeux ma sélection (j’en ai repêché 198, et pourtant je suis sévère !), qu’on discute un peu ! En annexe, je lui ai mis de nouvelles maximes bien glaciales, des couperets indiscutables comme il les aime, du genre « Si vous êtes vivant, vous n’existez pas », ou « La gloire est sadique ». J’ai également rédigé une quatrième de couverture qui ne peut que l’amuser...

Mettez-vous à genoux et priez

Mercredi 30 novembre 1988.
- Allô, Marc-Édouard ? Vous ne serez jamais publié chez Gallimard ! Ils ne vous veulent plus... Antoine a réfléchi ... Il y a trop de gens dans la maison contre vous, toutes générations confondues, et puis Sollers répète partout qu’il a été déçu par les Petits Riens, alors ça ne sortira pas. En revanche, si vous m’apportez un manuscrit, moi je pourrai le publier dans « L’Arpenteur », j’y suis beaucoup plus libre que Sollers dans « L’Infini ». Pauvre Bourgadier ! Il ne sait plus quoi faire pour me récupérer. Il essaie de foutre la merde entre Sollers et moi.
[...]
Je vais, tout inquiet, voir Sollers pour rechercher mes Petits Riens et lui demander d’arrêter de me mener en bateau.
[...]
- Vous n’êtes pas proscrit. Personne n’a rien contre vous. Vous n’avez jamais rien écrit contre Gallimard et même si vous l’aviez fait, la maison n’est pas contre, ça fait partie du fantasme Gaston... C’est comme Céline !

Voilà ce que me dit Sollers quand je m’ouvre à lui de mes inquiétudes gonflées par Bourgadier...

- Laissez ce con ! Il essaye de vous troubler. Il a tenté le coup... Jamais je n’ai entendu quiconque vouloir vous bloquer ici. Une fois que j’aurai le texte définitif, Antoine le publiera. Une fois que ça nous plaira à tous les deux(vous et moi) : ça fera déjà du monde ! Avant, c’est pas la peine d’en parler :
[...]

Voyez, moi : je sors en même temps que mon roman ici un « Carnet de nuit » chez Plon. Le Canard de cette semaine s’en moque : « Il auraient dû appeler ça Carnet de chèques...  » Antoine m’appelle : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? J’aimerais bien les lire... » Il me les rapporte : J’aime beaucoup ça... C’est pas grave : on les rachètera plus tard à Plon... » Voilà : il a très bien vu que je n’avais pas fait une magouille commerciale : le texte avait parlé pour moi... Allez travailler, Marc-Édouard, mettez-vous à genoux et priez ! Il faut du Nabe nouveau, du Nabe qui cache son jeu, du Nabe qu’on n’attend pas...

Je ne devrais peut-être pas mais je suis rassuré. Je vais réorganiser un tri impeccable de mes Petits Riens et on verra. Faire passer mes rages diverses vers des maximes glaciales m’amuse. Je vais redresser tout ça, [...] .

La trahison. Dachy me téléphone

... Mardi 13 décembre 1988.
[...]


Dachy me téléphone, très inquiet et un peu révolté, pour m’annoncer que le dernier Infini est paru avec en pré-publication quelques extraits du Carnet de nuit que Sollers va sortir chez Plon en janvier :

- C’est tes Petits Riens ! Il t’a copié : c’est évident... Ton ton, ta forme, tes sujets, tout, sauf que les siens sont très mauvais... Je t’en lis un : « Pour vivre cachés, vivons heureux... » Il n’a pas l’élan nécessaire pour faire ça... Je ne comprends pas ce plagiat manifeste, et ce chassé-croisé absurde publier de mauvais aphorismes de lui chez Plon et de bons de toi chez lui.

Voilà qui m’achève bien ! Et après on me traitera de parano ! Je savais ce que je disais en reniflant que Sollers retardait la mise en route des Petits Riens pour me doubler avec ses carnets... Doublé pour Monk, doublé pour les Petits Riens, il ne manquerait plus que je sois doublé sur Istanbul ( ça vient : tout le monde est sur Byzance et l’Orient ! ). Marc, d’habitude sollersien fanatique, en convient : il ne rigole plus, il voit que j’avais raison... Qu’est-ce que ça veut dire ? Il y avait donc beaucoup de vrai dans le « délire » jaloux de Bourgadier... Sollers a-t-il réellement l’intention de me faire entrer chez Gallimard ?... Je pourrais me fâcher avec lui pour cette « trahison », mais qu’est-ce que j’en ai à foutre si trois connards disent en lisant mes Petits Riens  : « Il copie Sollers » ! Le texte jugera, et pour moi, c’est excellent de publier l’original dans la collection du « plagiaire » (Dachy dixit) même, ça me dédouane !... Je vais les lui préparer au peigne fin au contraire, il n’aura plus d’excuses de me les retarder et s’il n’arrive soi-disant pas à les sortir, je saurai à quoi m’en tenir, le texte sera parfait de toute façon, c’est ça qui compte. Ah ! L’heure de l’angélus sollersien va-t-elle sonner ? J’entends déjà les premiers coups de la cloche... La cloche, c’est moi, et la girouette, plus haut bien sûr, c’est lui, mais toute l’église est en émoi !

Dachy aux Deux Magots

Mercredi 21 décembre 1988.
[...]
Dachy aux Deux Magots. Il me remet la première partie des Petits Riens qu’il a lue soigneusement pendant mon absence. Lui aussi a mis des croix et c’est quelquefois les mêmes que celles de Sollers ou les miennes. D’autres pas, il en a trouvé qui m’avaient échappé... A trois c’est bien le diable si je n’extrais pas un petit bijou de ce magma. Un ou plusieurs, parce qu’il y a là de quoi faire les Petits Riens, mais aussi une sorte d’Index (c’est Marc qui a l’idée) des noms cités par moi (mini-portraits sur tous), et puis mon pamphlet sur les médias Rideau, et encore des réponses éventuelles à des interviews.
- Tout est passionnant, dit Marc, mais il faut le disperser dans plusieurs manuscrits.

Nous discutons ensuite du fond qui l’inquiète beaucoup ... Sacré Marc ! [...]
Nous parlons de la différence entre l’écrit parlé, entre le parlé et le pensé, entre l’écrit et le publié. Moi je pense qu’il faut publier tout ce qu’on pense carrément .
[...]
Parce que dans les Petits Riens, il y a des choses non seulenent impubliables, mais d’après lui impensables. Sur Céline bien sûr, ça choque. Il s’est même permis de typexer une phrase dans un paragraphe où il est écrit : « J’aime les idées de Céline. » Marc a commenté au crayon :: « J’ai effacé ces six mots, notre amitié est à ce prix (sic !! !). » Il a du pot que ce paragraphe entier ne soit pas retenu par moi, sinon nous aurions été forcés de fixer ainsi le montant de nos relations houleuses. La facture eût été salée ! Nom d’une chique !

Bonne année ! Ah ! J’ai gagné !

Lundi 9 janvier 1989
[...]
- Bonne année ! Ah ! J’ai gagné ! Il fallait dégainer plus vite !...
C’est Sollers qui parle au téléphone. Je lui demande si je peux lui porter mes Riens
- Oui

Une demi-heure plus tard je suis dans le hall de chez Gallimard, feuilletant le bulletin de janvier qui annonce la sortie du nouveau roman de Sollers, Le Lys d’Or ( en 89 bien sûr...) : une histoire de professeur de chinois tombant amoureux d’une riche héritière aristocrate qui lui demande d’écrire sa vie (si j’ai bien compris) : de la fiction donc...
[...] ...Voici Sollers, enjoué, d’excellente humeur.
- La vie, ça va ?
Sans attendre ma réponse qu’il connaît ( Non »), il prend ma chemise rouge et comnence à lire.
- Ca ne vous dérange pas que je lise devant vous ?
- Allez y, je n’existe pas.

Et pendant un quart d’heure, il lit tout, s’allumant des cigarettes à tâtons pour ne pas se déconcentrer, faisant mine de plaquer de ses doigts bagués des accords imaginaires sur la table pour signifier la musique réussie de ton assemblage d’aphorismes :

- C’est bien, très bien, bien serré, compressé... Ah ! J’aime beaucoup celui-là... Et ça, comme c’est vrai !... À qui le dites-vous... Mhh... Mhh... Oui... Mhh... « La merde me fait chier », ça il faut le dédier à Henric !

Je lui dis que, en effet, chaque aphorisme correspond à quelqu’un de bien précis, on pourrait s’amuser à les dédier tous. « Oh ! Dédiez-moi le tout et n’en parlons plus », me glisse-t-il dans un éclat de rire ! Ah ! Ah ! Il l’ a dit quand même ! Sacré Sollers ! Le désir est là ... Comme si je n’y avais pas pensé ... Lui dédier les Petits Riens ? Même si je ne suis pas soupçonnable de flagornerie comme les larbins d’Art Press qui n’ont cessé de tout dédier à Sollers, je trouve un peu mal placé de le faire dans sa propre collection. Et puis sans la manigance de son Carnet de nuit, ce n’était peut-être pas exclu. Mais dans l’amitié sincère qui se dégage d’un tel appel, il y a toujours la roublardise de l’homme de lettres chez lui. Je trouve ça un peu gros qu’en plus de m’avoir devancé, il soit le dédicataire ! Et qu’on puisse comprendre « À Philippe Sollers (ces Petits Riens, à lui qui est le maître du genre) » plutôt que « À Philippe Sollers (ces Petits Riens pour lui apprendre à en faire) », ça me gêne ...

Enfin, il trouve ça très bon. « Ouf ! C’est fait ».
- Je vais le défendre avec vigueur... - La date de publication ?

Je ne peux pas vous dire. Ça dépend du Kremlin ...

Sollers me montre aussi son Carnet de nuit, sans me laisser l’ouvrir !

Lundi 23 janvier 1989
[...]
Les Petits Riens... Ils sont en lecture. Il a fait une « note « très favorable. Le manuscrit circule dans les innombrables estomacs de la maison ! Par tous les boyaux...
Pas de nouvelles. Sollers me promet de demander à « Antoine » ce qu’il en est ». Il le fera, mais pas plus. C’est bien la peine de connaître Sollers depuis 1981 pour que mon manuscrit soit à la merci de toute une secte d’inconnus, seulement appuyé par une « note de lecture » de sa part !
... C’est encore dans la poche

[...] Il me montre aussi son Carnet de nuit, sans me laisser l’ouvrir ! Tant pis, j’irai le toucher à La Hune.

Le verdict

Mardi 7 février 1989. - Certain du résultat, je vais au rendez-vous que m’a fixé Sollers. Il va me dire si Gallimard accepte ou non mes Petits Riens... Que j’en ai marre de ces puérilités professionnelles. Sollers s’amuse. Moi pas...

Le voilà !... Je vois sa tête, j’ai compris. Il m’entraîne au café. Déjà dans la rue, il m’annonce - bien sûr - que « c’est non ». Je fais mine de le laisser sur place. « Allez, salut »... Je lui tends la main. Un instant, il pense que je ne déconne pas.
- On peut quand même aller boire un jus de fruits... dit-il.
- Un porto !

Avec sa tête de penaud rougissant, l’air emmerdé mais un peu forcé, Sollers me raconte alors qu’il est allé dans le bureau d’Antoine Gallimard. .
- Et Nabe ?
- ...Non.
- Mais enfin...
- Non.
Et c’est tout. Il est reparti, mes Petits Riens entre les jambes. Ça me rappelle l’époque du Régal. Sollers se croit toujours plein de pouvoir chez Gallimard alors qu’il n’est rien. Il a déjà du mal à publier ses livres. Il me l’avoue lui-même.
- Mon seul cercle de liberté, c’est cette petite revue à la con qui sort tous trois mois et qui s’appelle l’Infini ...

Alors pourquoi s’avancer tant ? Vouloir des aphorismes et non pas des Zigags. Me faire bosser sur les Petits Riens pendant des mois. Tout ça pour rien. Il se doutait bien qu’Antoine Gallimard ne les voudrait pas.Il a réussi à me faire rater mon virage chez Gallimard ! Maladroit ou perfide ! Bien sûr, ça arrange l’auteur du Carnet de nutt que mes petites phrases ne sortent pas, au fond, mais je suis persuadé que en ce qui me concerne, Sollers agit davantage par maladresse et négligence que par calcul. Il se vante et fout tout par terre. Quand je pense qu’il y a un mois à peine il me disait : « C’est bon ! Chez Gallimard, il n’y a que le texte qui compte. Ils n’ont rien contre vous.

- Oui, il y a eu des pressions, me dit-il maintenant. C’est évident. Quand Antoine m’a dit : « Qu’il apporte un roman, on verra peut-être... » je ne l’ai pas senti convaincu. Il a dû se faire influencer. ] J’ en saurai plus par Quignard...

Tu parles ! Il ne saura rien, toujours à se croire plus malin. Mettre trente ans pour en arriver là : avoir un petit poste chez Gallimard et être incapable de publier ce qu’il veut...

- Oui, je considère ça comme un échec, un échec personnel. Mais que voulez-vous que je fasse ? Démissionner ? Aller me suicider au large de l’île de Ré ?
- Pourquoi pas ?

On rigole. Une jeune femme vient lui demander un autographe. Plus intimidé qu’elle, Sollers sort une carte postale de Picasso et la lui signe, tout timidement... Me voilà au point de départ. Refusé de partout.

- C’est tout à votre honneur, me dit Sollers, jouant les envieux.

Ça ne marche plus. Pour moi, quelque chose est cassé. L’inconséquence sollersienne a fait son temps. Il n’avait pas le droit de prendre ce risque. C’était couru qu’Antoine Gallimard veuille un roman. Il fallait que Sollers me laisse faire Zigzags II chez Bourgadier et qu’il ne m’emmerde pas avec les Petits Riens. Il a voulu m’avoir dans sa petite collection et il est incapable de m’y défendre. ]’ ai envie de ne plus rien donner à L’Infini . Inconséquent ! Vantard ! Dégonflé ! Je suis furieux contre lui. Il ne sait pas que j’ai encore une carte dans ma poche : Grasset ! Grasset, son problème  ! Si ça pouvait marcher ! La gueule qu’il fera quand je lui mettrai Rideau sur la table...
- Acceptez-vous de déjeuner avec moi ? me demande-t-i1...
- Je n’aurai pas faim...
- Allez ! Une petite omelette théologique, Nabus...

Lui s’en fout ! Il ne pense qu’à lui-même : Le Lys d’or chez Gallimard, Carnet de nuit chez Plon. Le reste n’a pas d’importance... Tout ce qu’il trouve à me dire c’est d’écrire pour Laffont une biographie de Lesage ou de Le Nôtre. « Il y a bien un Français du XVIIe ou XVIIIe qui vous plaise ! » Toujours avec son XVIIIe ! Espèce de Sagittaire superficiel !... Mais ma parole, il le fait exprès ou quoi ? Me méconnaît-il à ce point ? Je me fous de passer un autre siècle pour dire ce que je veux dire sur le mien... Ruse de Sioux pâle comme un visage ! Y en a marre de toutes ces pirouettes de marquise... Ca ne m’a pas réussi depuis un an de mariner dans la prudence et la stratégie ! Retour à la barbarie et à l’instinct ! Je me suis assez humilié dans des halls, de Denoël à Gallimard, attendant que Sollers vienne me raconter des salades !

J’ai à peine le temps d’annoncer la bonne nouvelle à Hélène que Tillinac arrive... Il vient voir l’exiguité de notre studio[...]

Epilogue

Jeudi 16 février 1989.
J’ai 30 ans, je n’ai pas l’âge de Sollers pour me ranger des voitures ( je ne sais pas conduire ! ), ni pour écrire des livres sur mesure. Ce que je voudrais, c’est que Gallimard me prenne un livre hard que je n’ai pas écrit exprès pour eux. C’est trop tôt, donc j’ai le temps, le temps de saigner ma veine polémique. Elle bout depuis plusieurs années ! Je suis comme ça...

Mercredi 22 février 1989. - Comme j’ai dit à Dachy que j’étais remonté contre Sollers à cause de son inconséquence à mon encontre [...] il a profité que je parte jouer au Petit Jo pour téléphoner à Hélène plus moelleux que jamais, et pour lui demander de me calmer. Comme si j’allais rompre avec Sollers ! Monsieur Dachy ne pouvait pas imaginer que j’ai toujours dit ce que je pensais à Sollers sans que cela nuise à notre affectueuse relation. Hélène, qui en a marre de vivre toutes ces péripéties littéraires (au point que nous avons décidé de foutre le téléphone dans le couloir), renchérit, se montre encore plus violente que moi, et rabroue le Dadaïste loukoumisant derrière mon dos.

Au même moment, j’étais moi-même accablé par les recommandations de Fabienne venue au Petit Journal [1] pour me démonter la psychologie sollersienne en ce qui me concerne, me rappeler toute l’estime qu’il a pour moi alors qu’il n’exerce qu’une tactique de pute pour les autres, la quatrième de Billie inoubliable à laquelle il faut que je me raccroche, la conscience qu’il a de mon talent qu’il veut laisser s’épanouir tout seul, de mon masochisme respecte, de sa propre lâcheté touchante, etc. Qu’ils se rassurent tous ! Je ne lui ferai pas de mal à leur petit Joyaux en sucre...



[1Là, où Marc-Edouard Nabe exerce un de ses autres talents, celui de jazzman

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document


1 Messages