Buste du Tintoret.
Venise. Église de la Madonna dell’Orto . Photo A.G., 13 mai 2013. Zoom : cliquez l’image.

Jeudi 17 octobre 1996
VOIR SUR PILEFACE

Avec la participation de
Philippe Sollers
Christine Buci-Glucksmann,

Tintoret, né en 1518 et mort en 1594, commence chez le Titien mais est renvoyé pour des raisons qui restent obscures. Malgré cela, il ouvre son propre atelier à 20 ans et se forge rapidement une réputation d’artiste ambitieux et innovant. Son œuvre Saint Marc sauvant l’esclave marque un tournant majeur en 1548, année où il intensifie sa production pour surpasser ses rivaux.
Tintoret, Saint Marc libérant un esclave, 1548 [1].
Venise. Photo A.G., 14 juin 2016. Zoom : cliquez l’image.


En 1549, Tintoret reçoit sa première grande commande pour l’église de la Scuola Grande di San Rocco. Sa persévérance lui permet de réaliser le décor quasi complet de la Scuola sur près de vingt-cinq ans, tout en acceptant d’autres projets ambitieux.
Tintoret, La Crucifixion (détail), 1565.
Scuola San Rocco. Photo A.G., 20 juin 2016. Zoom : cliquez l’image.

Ses compositions monumentales, comme Le Paradis, illustrent son style unique et sa rapidité d’exécution.


Tintoret, Le Couronnement de la Vierge, dit Le Paradis (première esquisse), 1564-1582.
143 × 362 cm. Musée du Louvre [2]. Photo A.G., 25-01-2017. Zoom : cliquez l’image.

Tintoret, Le Paradis, 1588.
Photo A.G. Venise, Palais des doges. 19 juin 2016. Zoom : cliquez l’image.

Tintoret, Le Paradis, 1588, détail
Photo A.G. Venise, Palais des doges. 19 juin 2016. Zoom : cliquez l’image.


Connu pour ses effets de lumière et ses perspectives audacieuses, Tintoret est un homme discret et dévoué à son art. Il passe la majeure partie de sa vie à Venise, où il laisse une empreinte indélébile sur la peinture vénitienne et italienne. Son influence perdure, inspirant artistes et amateurs d’art à travers le monde.


[1] Le tableau est visible à l’Accademia. « Il représente l’intervention de saint Marc, saint patron de Venise, qui, pour sauver un esclave qui allait être martyrisé de l’avoir prié, le rendit invulnérable aux supplices, selon l’un des épisodes hagiographiques rapportés dans La Légende dorée par Jacques de Voragine ».
[2] Le Tintoret réalise cette esquisse vers 1564 et la remanie pour le concours de 1582. Entre 1578 et 1588, Tintoret, Véronèse, Francesco Bassano, Palma le Jeune et Zuccaro sont les protagonistes d’une épopée artistique dont l’enjeu est autant esthétique que politique : obtenir, à l’issue du concours organisé par le gouvernement vénitien, de peindre le Couronnement de la Vierge, dit aussi Le Paradis, au-dessus de la tribune du doge dans la salle du Grand Conseil du palais ducal de Venise.

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