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La leçon de Marcel Proust

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D 29 novembre 2021     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Marcel Proust est né le 10 juillet 1871 à Paris. On commémore cette année le 150e anniversaire de sa naissance. En 2022, c’est le centenaire de sa mort le 18 novembre que l’on commémorera. Proust reste et restera donc dans l’actualité éditoriale déjà très abondante.
En 1963, date du 50e anniversaire de la parution de Du côté de chez Swann, le producteur Robert Valette, sur la RTF, demandait à huit écrivains de parler de l’influence que la lecture de Proust avait eu sur eux. Plus récemment, en 2013, Marc-Alain Ouaknin recevait Julia Kristeva dans son émission Talmudiques, sur France Culture, et, le 21 et 28 novembre 2021, Stéphane Zagdanski. Florilège.

Mais, auparavant, écoutons le témoignage de Guy Schoeller.

Comment lire Proust

Voici une « méthode » simple pour lire "À la recherche du temps perdu" que Gaston Gallimard (son éditeur) conseillait à l’éditeur Guy Schoeller, fondateur de la collection "Bouquins" chez Robert Laffont [1].

LIRE : Lettre du professeur Proust à son éditeur

Proust aujourd’hui

Une émission de Robert Valette et Georges Gravier.
Diffusée pour la première fois sur la Radiodiffusion Télévision Française (RTF) le 16.12.1963.
Extraits de « À la recherche du temps perdu  » lus par Pascal Mazzotti.

La leçon de Marcel Proust selon Roland Barthes

Si, de son vivant, Barthes n’a jamais consacré un livre à Proust, comme il le fit pour Racine par exemple, c’est sans doute parce que Proust hantait constamment sa pensée. Voici ce qu’il écrivait dans « Le plaisir du texte » : « L’œuvre de Proust est du moins pour moi, l’œuvre de référence, la mathesis générale, le mandala de toute la cosmogonie littéraire. »

LIRE : Roland Barthes, Marcel Proust. Mélanges (Seuil, coll. Fiction et Cie, 2020)

La leçon de Marcel Proust selon Michel Butor

Comment Marcel Proust a construit son grand œuvre, « À la recherche du temps perdu », comment Michel Butor l’a découvert, et la relation de l’écrivain à la mort.

« Pour moi, l’œuvre de Proust ne me donne pas, ne m’a pas donné du moins quand je l’ai abordée, ce contentement extasié. Je me souviens très bien lorsque j’ai lu pour la première fois Proust, il y a déjà un certain nombre d’années, j’ai eu beaucoup de difficultés à rentrer à l’intérieur de ce monde parce que y avait beaucoup trop de choses qui étaient étrangères à mon expérience d’alors. Tout le côté Faubourg-Saint-Germain, mondanités, Belle Epoque de l’œuvre de Proust, étaient pour moi des obstacles considérables ; c’est seulement au bout de mille pages, à peu près, que j’ai commencé à trouver ça intéressant et au bout de deux mille pages, j’ai trouvé ça passionnant. »

LIRE : La leçon de Marcel Proust selon Michel Butor

La leçon de Marcel Proust selon Louis-René des Forêts

Robert Valette – Pour l’écrivain, quelle est la leçon de Proust ?

Louis-René Des Forêts – Je serais tenté de répondre aucune. Ou tout au moins l’écrivain ignore quelle leçon il tire d’une œuvre car la littérature nous offre parfois des énigmes mais jamais de règle, il ne lui appartient pas de donner des leçons et en ce sens, on peut dire qu’elle ne saurait avoir de valeur enseignante, sinon dans le domaine de l’éthique ou bien là où elle met radicalement en question le langage.

LIRE : La Leçon de Proust par Louis-René Des Forêts

La leçon de Marcel Proust selon Marguerite Duras

« L’enseignement majeur principal, c’est l’existence même de Proust, que dans le monde moderne, une telle vocation ait existé, totale, et dans l’espace et dans le temps. C’est tout, enfin pour ma part, mais c’est l’essentiel. Supposons qu’un homme n’ait lu qu’une seule œuvre, celle de Proust, on pourrait imaginer qu’il pourrait lui-même en passer à l’écriture à partir de cette œuvre. Il serait pour ainsi dire contaminé, illuminé mais par lui-même, par sa propre existence et par la puissance, la lucidité de son esprit tout à coup. »

LIRE : La Leçon de Proust par Marguerite Duras

La leçon de Marcel Proust selon Gérard Genette

« Il me semble que l’œuvre de Proust constitue une réponse, et une réponse exemplaire, à la question de la difficulté d’écrire, ou si vous voulez, la question : comment peut-on écrire ? Plus spécialement la question qui était celle de Valéry, si vous voulez, comment peut-on écrire une chose telle qu’un roman ? Il y a chez Proust une particularité qui est bien connue mais qui est pleine de conséquence, c’est qu’il n’a jamais écrit et qu’il n’a jamais pu écrire autre chose que la recherche du temps perdu. Il a consacré toute sa vie à une seule œuvre. Pour comprendre le sens de ce phénomène littéraire, il faut peut-être reprendre les grandes étapes de l’élaboration de la recherche du temps perdu. »

LIRE : La leçon de Marcel Proust selon Gérard Genette

La leçon de Marcel Proust selon Francis Ponge

Dans cette émission, Francis Ponge évoque sa découverte des écrits de Proust : le choc du départ suivi d’une lecture exhaustive de l’oeuvre. Proust a été pour lui une confirmation qu’on pouvait dire ce qu’il a de plus particulier dans sa sensibilité. Il évoque aussi « l’audace [...] des phrases qui durent une demie page [...] c’était révolutionnaire ».

« J’ai abordé Proust de façon très lente et à plusieurs reprises. Au début, ça n’a pas été facile. J’ai d’abord trouvé Proust dans la bibliothèque de mon père, j’étais dans des études de première supérieure, j’avais beaucoup à faire à Louis le Grand, enfin ça n’a pas marché. Ensuite, et bien, il y a eu la guerre, la guerre enfin pour moi, j’ai été mobilisé en 18 et je n’ai, je crois, recommencé, à lire alors des fragments de Proust publiés dans la Nouvelle Revue Française vers 19, 20, 21 et cela m’a alors, peut-être parce que c’était que des fragments, probablement très bien choisis par Rivière ou Paulhan, c’était moins long, les fragments choisis étaient peut-être ceux qui pouvaient atteindre le lecteur, cela m’a touché. »

LIRE : La leçon de Marcel Proust selon Francis Ponge

La leçon de Marcel Proust selon Nathalie Sarraute

« Proust a naturellement pour moi comme pour tout écrivain une immense importance. J’ai lu pour la première fois la recherche du temps perdu en 1924, j’étais encore très jeune et ça été pour moi un véritable bouleversement, j’ai eu à ce moment-là déjà l’impression que toute la littérature courante était balayée et que quelque chose de tout à fait nouveau et de très important était arrivée, que la littérature était à un tournant. Depuis, cette impression n’a jamais changé malgré toutes les attaques, les critiques dont Proust a pu être l’objet. Il me semble toujours qu’il a mis au point une vision du monde, psychique, je dirai psychique parce que quand on dit psychologique, immédiatement tout le monde pousse des cris, c’est un mot qu’on considère comme désuet, qui n’est pas à la mode et qui est très mal vu. C’est la vision d’un univers vu à travers un microscope, avec un foisonnement extraordinaire d’états encore jamais exprimés, c’est un bouleversement complet de ce que nous pensions sur les sentiments, les sensations éprouvées telles qu’elles étaient décrites dans les romans qui avait précédé, c’est la mise au jour d’une substance physique, psychologique, absolument neuve et par le fait même de cette mise au jour de cette substance, tous les cadres du roman traditionnel ont craqué. »

LIRE : La leçon de Marcel Proust selon Nathalie Sarraute

La leçon de Marcel Proust selon Philippe Sollers

La leçon de Proust, çà évidemment c’est un domaine extrêmement vaste et elle peut se comprendre à beaucoup de niveaux différents. Je crois donc qu’il faut forcément, étant donné qu’on est en présence d’une œuvre aussi grandiose, construite, variée, indéfinie presque, il faut donc se limiter à deux ou trois choses précises et personnellement j’aimerais me limiter, au point fort si vous voulez pour moi de l’œuvre de Proust c’est-à-dire à ce qui demeure pour moi le plus mystérieux ou le plus ouvert vers l’avenir, ou bien à ce qui n’est pas complètement explicable pour moi dans l’œuvre de Proust. Et je vois d’abord dans la recherche du temps perdu que j’ai lue, comme vous dites , avec cette espèce d’extase qui doit presque être, comme vous dites, un euphorisant absolument extraordinaire, bien sûr, et je crois être un de ces nombreux lecteurs qui avait peur de terminer le livre parce qu’il n’avait pas envie, au fond, de lire autre chose, et bien, je crois que ce qui reste le plus inquiétant, le plus vivant pour moi dans l’œuvre de Proust maintenant que je connais à peu près bien, c’est tout de même ce que Georges Bataille dans un texte que je considère comme le texte le plus important qu’on ait écrit sur Proust et qui s’appelle Digressions sur la poésie et Marcel Proust dans l’expérience intérieure ce que Georges Bataille appelle justement l’expérience intérieure de Proust, c’est à dire que si vous voulez, pour dégager la leçon de Proust, j’aurais volontiers tendance à laisser de côté tout l’aspect romanesque, pourtant extrêmement important de son œuvre, j’aurais tendance à m’en tenir à une sorte de trame beaucoup plus secrète, à une sorte de ligne qui se dégage en définitive le plus au fond de cette œuvre et qui consiste dans ce que Bataille appelle l’expérience intérieure et qui je crois est une excellente formule. Qu’est-ce que c’est que cette expérience intérieure de Proust ? Eh bien, ce sont justement à intervalle régulier, non pas les morceaux même très connus sur la résurrection du passé et ce qui entraîne ces longues digressions sur la mémoire affective que tout le monde connaît très bien, mais c’est au contraire, comme dans le passage des trois arbres n’est-ce-pas qui est bien connu, c’est au contraire une espèce de milieu atteint par Proust qui est bien au-delà de ces questions extrêmement débattues de l’espace et du temps proustien. C’est un milieu où au contraire ou il semble que le temps et l’espace soient tout à fait résorbés ou dépassés et où l’on entre dans une dimension qui est pour moi celui de l’expérience intérieure, de l’intériorité elle-même et, c’est par là, me semble-t-il, que l’œuvre de Proust regarde vers l’avenir, c’est-à-dire qu’il me semble que par tout son côté romanesque, par tout son côté comédie spirituelle, si vous voulez, elle est évidemment extrêmement importante mais à l’intérieur même de cette pulpe extrêmement savoureuse, épaisse, etc., il y a cette sorte d’amande qui me paraît être une ouverture sur tout un futur de la littérature.
D’autre part, et justement peut-être parallèlement à ces moments forts, à ces temps forts de l’œuvre de Proust, c’est-à-dire, ces temps forts où il se trouve absolument en présence d’un monde qui n’est pas celui de la mémoire, qui est celui d’une espèce d’angoisse extatique si vous voulez, et, aussi, certains états qui sont des états d’insatisfaction à vrai dire, et où il arrive à une sorte de mystère, parfois beaucoup plus convainquant que les moments qui sont directement reliés à la résurrection du passé par exemple. Je fais toujours allusion à cet épisode des trois arbres qui est pour moi capital, comme il était capital pour Bataille, je m’appuie si vous voulez sur Bataille parce qu’il me semble que c’est le point peut-être le plus au fond lorsqu’il s’agit de Proust, mais enfin tout de même, par rapport à cette expérience intérieure et sans négliger l’ampleur de l’œuvre de Proust qui se développe avec beaucoup de niveaux différents, il me semble alors que là, il y a quelque chose de très important aujourd’hui comme leçon à tirer de cet engagement littéraire de Proust, complet et absolu comme vous savez, et qui même rend quelque chose d’héroïque lorsque on lit avec l’émotion évidemment qu’on ne peut pas ne pas ressentir devant ce combat qui s’achève dans la mort. Eh bien, il y a alors une théorie du livre, une espèce de posture par rapport au langage et au monde qui me semble alors absolument moderne et intéressante.
Qu’est-ce que dit Proust ? Proust dit, et c’est en particulier dans le temps retrouvé où nous arrivons si vous voulez à cet espèce de renvoi à l’œuvre toute entière qui se produit à la fin n’est-ce-pas, c’est au moment donc ou Proust commence à écrire qu’il a déjà fini d’écrire son livre donc ça produit une espèce de recommencement perpétuel de l’œuvre, c’est l’une de ses grandes fascinations, et c’est peut-être le moment aussi où il dévoile, peut-être de manière plus synthétique, certaines de ses grandes idées sur l’art, sur la littérature, sur le langage, sur le monde, qui sont d’ailleurs éparses dans toute l’œuvre elle-même. Alors, que dit-il ? Eh bien, il dit que l’écrivain doit se placer dans un état de lecture par rapport au monde, qu’il est le seul à pouvoir faire et que, la phrase très exacte est la suivante : le devoir et la tâche d’un écrivain sont ceux d’un traducteur c’est à dire que non seulement, la réalité est la réalité la plus profonde qui est celle justement de cette expérience intérieure dont je parlais puisque il revient à plusieurs reprises là-dessus avec des termes comme ceux de : mon cerveaux était un riche bassin minier que j’étais le seul à pouvoir exploiter, ou bien encore il parle des paysages de l’esprit, l’esprit a ses paysages, etc., bien. C’est donc à l’intérieur de cette expérience où le monde se trouve dans sa véritable réalité, donc dans l’intériorité, c’est donc une position d’écrivain, donc une position de lecture. Ce sont des signes qu’il s’agit de lire, c’est une attitude de déchiffrement, de décryptement. En cela il est peut être l’un des premiers écrivains, moderne en tout cas, à dire cela et à le dire aussi fortement. Il dit donc que, l ‘écrivain doit être non seulement un lecteur et peut-être le seul lecteur véritable qui existe, n’est-ce-pas, et que par conséquent, lisant le monde, il le traduit. Il s’agit donc d’une traduction. Écrire, écrire la recherche du temps perdu c’est traduire un livre, n’est-ce-pas, qui est le vrai livre, enfin qui est le vrai vie de même comme la vie de l’écrivain est la vraie vie, la seule vie réellement vécue.

Robert Valette – Mais partir à la recherche du temps perdu, est-ce qu’il ne vous semble pas que ce soit aussi partir à la recherche de l’esprit lui-même ?

Bien entendu, la recherche de l’esprit humain se dévoile constamment dans l’œuvre de Proust mais je dirai que même la leçon pour nous, pour des écrivains modernes, c’est que justement, on ne peut pas faire comme si le temps n’était pas retrouvé, et retrouvé par exemple par Proust ; ça introduira, si vous voulez, une leçon, presque grammaticale, mais pour en finir avec ces questions de lecture et de traduction, il y a encore un postulat, le troisième terme du syllogisme si vous voulez, d’abord le livre de la réalité est à lire, l’écrivain est le seul à pouvoir le faire, secondement il écrit donc il traduit, et bien le troisième terme est aussi intéressant parce qu’il dit, le lecteur, le lecteur de mon livre, le lecteur de ma traduction donc sera un lecteur de soi-même, n’est-ce-pas ? Or là je crois qu’il y a là, dans cette grande mythologie de la littérature moderne qui est celle justement de la création d’un livre qui passe par Mallarmé, par exemple, il y a une formulation extrêmement passionnante et ouverte justement sur une espèce de posture de l’écrivain par rapport au langage et au monde, et au lecteur, sans oublier le lecteur, bien sûr.
Or, à propos justement de cette recherche de l’esprit dont vous parlez par rapport au temps, je suis toujours passionné par les livres qui paraissent sur Proust, sur le temps proustien, sur l’espace proustien etc., mais, en effet, vous avez raison de le dire, il s’agit d’une comédie spirituelle, d’une recherche de l’esprit, or, ce qui me frappe également, c’est que, pour un écrivain moderne, enfin je crois, pour un écrivain contemporain qui a lu Proust, qui a lu aussi d’autres auteurs, et parfois peut-être plus essentiels à sa vie mentale ou intellectuelle, et bien, on ne peut pas faire justement comme si le temps n’était pas retrouvé. C’est-à-dire que le livre de Proust donc commence au moment où il finit, c’est le paradoxe bien connu de son œuvre, mais il renvoie fatalement, de toute façon, à un passé, et toute l’œuvre se déroule sur cette espèce d’un parfait continu et admirable qui couvre la totalité du temps, n’est-ce-pas, qui fait du temps cet imparfait indéfini. Et bien je crois qu’une des explications pour laquelle certains romans, beaucoup en tout cas de romans contemporains, sont écrits au présent, c’est peut-être, parce qu’on tire cette leçon de Proust. Et en tout cas, en ce qui me concerne, admettant si vous voulez le syllogisme proustien de la lecture, de la traduction et du lecteur se lisant soi-même, à la recherche de ce temps perdu qui en réalité une recherche de l’esprit, et bien je placerai délibérément cette tentative au présent, dans un temps qui serait justement le temps retrouvé.

VOIR AUSSI : Philippe Sollers et Marcel Proust

Proust : être juif entre la Victoire et la Madeleine

Pour son émission “Talmudiques”, diffusée tous les dimanches matin sur France Culture, Marc-Alain Ouaknin, accueillait le 6 octobre 2013 la psychanalyste Julia Kristeva pour réfléchir autour de la judéité de Marcel Proust, savamment nichée au coeur même de son oeuvre.

Invitée : Julia Kristeva, théoricienne de la littérature, linguiste, psychanalyste et romancière. Julia Kristeva nous fait découvrir les liens complexes de Proust avec la question de l’identité en général et de l’identité juive en particulier.

1. Une identité textuelle

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2. Le fil rouge de la judéité

Programmation musicale
L’air d’Eléazar, Rachel quand du Seigneur, par José Carreras, La juive, un Opéra en 4 actes, livret d’Eugène Scribe et de Jacques Fromental Halévy. On pourra aussi écouter la version de Caruso (1920) contemporain de Proust, que Marcel Proust a certainement entendu en concert.

Bibliographie

- Julia Kristeva, “Le temps sensible, Proust et l’expérience sensible”, Folio Gallimard, 2000.
- Julia Kristeva, “Pulsion du temps, Fayard, 2013.

LIRE AUSSI : Julia Kristeva, lectrice de Proust
Actualité de Julia Kristeva (2013)

Proust : Lire, écrire et vivre

2022 fêtera le centenaire de la mort de Marcel Proust. L’occasion de découvrir cet Everest de la littérature sous ces multiples facettes dont l’écriture est devenue l’aune à laquelle se mesure l’intelligence, la puissance et la beauté d’un style.

Les occasions de rendre hommage à Proust ne manquent pas : très récemment, le témoignage de nombreuses personnes pour qui les confinements successifs furent l’occasion de prendre enfin le temps de le lire est un signe qui ne laisse pas indifférent. L’œuvre de Marcel Proust n’a cessé de susciter des commentaires et des études qui ont beaucoup évolué à travers les époques, et l’on peut dérouler une historiographie de la réception, à la fois de la vie et de l’œuvre. C’est ce que nous explorerons en compagnie de l’écrivain Stéphane Zaganski lors de deux émissions dans lesquelles ces questions de lecture et d’écriture seront aussi mis en relation avec une autre entrée, moins évidente concernant cette œuvre, le fait que Proust était juif ; et que cette judéité fut un sujet important pour l’auteur de A la recherche du temps perdu.

Deux extraits des films César et Rosalie de Claude Sautet, et Le Mystère Henri Pick de Rémi Bezançon soulignent à quel point l’œuvre de Proust, bien que réputée difficile, est présente dans la culture dite populaire ou grand public.

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Canaletto, L’entrée du grand Canal de Venise, vers 1730.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Marc-Alain Ouaknin poursuit sa conversation avec Stéphane Zagdanski autour de Proust et de la lecture.

En 1906 Proust publie la traduction de Sésame et les lys de Ruskin dont la préface qu’il écrit à l’occasion de cette traduction deviendra l’un des plus beaux livres sur la lecture que l’on trouve aujourd’hui sous le titre Sur la lecture, souvent accompagné de Journées de lecture, dans lequel Proust expose sa conception de le lecture, dont de nombreux aspects sont en désaccord avec les thèses que développe Ruskin dans son ouvrage.

Cette conversation avec Stéphane Zagdanski est présentée dans un écrin sonore : la voix de Céleste Albaret qui fut la gouvernante de Proust et dont les souvenirs riches et émouvants, apportent sur l’homme et l’œuvre des témoignages d’une rare importance. Ici dans une Version de la Grande Traversée sur France Culture par Philippe Garbit.

L’invité

Stéphane Zagdanski est écrivain. Auteur de nombreux essais il tient aussi un séminaire que l’on peut suivre régulièrement sur YouTube ou d’autres plateformes https://anchor.fm/laggg. Depuis plusieurs années il construit une œuvre comme artiste plasticien, autour de la calligraphie et de l’écriture. Il est représenté par la Galerie Eric Dupont à Paris.

Il tient aussi un séminaire intitulé la Gestion génocidaire du globe.

Bibliographie

Stéphane Zagdanski. Le sexe de Proust, Gallimard, 1994, collection l’Infini.
Stéphane Zagdanski, L’impureté de Dieu. La lettre et le péché dans la pensée juive, éditions du Félin, 1991.

VOIR AUSSI : Trois conférences sur Proust (2016)

Archives sonores

Son ami et amant Reynaldo Hahn composa une série de dix chansons intitulés "Venezia". L’une de ces chansons s’intitule "La Barcheta" En voici deux versions. Dans la première nous entendons la voix de Reynaldo Hahn lui-même s’accompagnant au piano, une archive historique de 1909 :

La seconde version est celle d’Adrienne Savoie accompagnée de Michel Beauchamp à la guitare 7 cordes.



[1Extrait de Lire Proust, Paris, FR3, coll. « Océaniques. Des idées des hommes des œuvres », 1988. Pierre-André Boutang (dir. et producteur et interviewer), Michel Pamart (réalisateur), Claude Mauriac, Guy Schoeller, Danièle Gasiglia-Laster, Florence Callu, Jean-Yves Tadié, Bernard Frank, Marc-Édouard Nabe, Józef Czapski, Paul Claudel (enregistrement sonore) et Marcel Proust (auteur des textes lus).

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